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No pain, no gain


- 20 000 lieux sous les mers –
- Quelque part entre deux eaux-



Le monde du silence… Notion humaine mais au combien fausse si l’on se permet de tendre l’oreille et de faire attention au fourmillement de vie qui compose les fonds marins. Le bruissement des nageoires… Le sonar des baleines… La murène qui racle doucement contre la roche de son abri… même le bruit quasi imperceptible des coraux en croissance. Un monde subtil. Un monde d’harmonie. Un monde de*/…

-Fin d’cheu d’cti d’miyard !

-Miyard !Queu kia mio gars ? C’tu fa touta foin d’poui des brasses qu’ça m’chteu les esbrouilles de fan d’caisse !
-C’pieu ma faute ! Marre d’aveur mes b’loches qui pointent la pélicule moé !
-Miyard ! Nom tin hostie d’flo d’tabernac’ mais queu qu’jai fieu ô mers pour meuritae ceu ?...
-Et piu c’tuy va qu’on r’file vers les hauteuls que l’mercul filoche. My caille moé !

-Miyard ! Gremeleumeleu



Hm, un monde de…
Hum, un monde de… ... Ô et puis merde.


Dernière édition par Toji Arashibourei le Mer 5 Fév 2014 - 18:48, édité 1 fois
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- Quartier général du gang des Hommes Poissons-

-Raskal ?
-Oui ?
-Je peux t'parler deux minutes s'teu plait ? Tranquilles pépères.
-Bien sûr patron. De quoi voulez vous que nous nous entretenions ?

Petit signe de la main qui lui intime de me suivre ; et en quelques pas nous voilà suffisamment à l'écart d'oreilles indiscrètes, bien que les regards eux soient toujours accrochés à nous comme autant de coquillages sur une vieille coque. Grand sourire donc et la voix joviale qui ne portera pas trop loin certaines humeurs que j'espère couver suffisamment. Raskal lui même me sourit d'un air jovial, visiblement ravi du tour qu'à pris sa journée. Il ne s’empêchera d'ailleurs pas de me le faire remarquer tout naïf qu'il peut parfois être. Quoique naïf ne correspond pas vraiment au personnage. Plutôt... insouciant.

-Belle entrée en matière patron. Je suis intimement ravi de la charmante scénette dont vous les avez gratif */...
-Tais toi et écoute.

Son sourire se fige tandis qu'il peut mieux voir la prunelle meurtrière qui habite mon œil. Le ton -lui- est toujours aussi champêtre. Un vrai p'tit parfum d'fleur à chaque putain d'syllabe.

-Le clan des trois rivières souterraines ?
- ...?
- ...?
-Oui ?

Le sourire se fige et c'est entre deux rangées de dents que je crache aussi calmement que possible :

-Tu m'avais jamais parlé d'ce foutu clan ! C'est quoi ces conn'ries ?!
-Ah, c'est donc cela qui vous turlupine.
-Me turlupine ? Putain j'te jure que tu vas arrêter de déconner sévère avec moi sinon j'te laisse à Skylla en guise de cadeau d'alliance. Vu ?!
-Soit.
-Alors je t'écoute.
-Et bien, il s'agit là d'un clan mineur n'ayant jamais jugé intéressant de se mêler plus en profondeur des affaires de skylla ou de ses ambitions. C'est en cela que je n'ai pas jugé utile de vous en parler plus longuement.
-Plus longuement ? Foutre roux et morte burne tu m'en as surtout pas souffler un putain d'mot !
-Mes plus sincères excuses envers votre gène légitime.
-Gremelleme...
-...
-De quoi nous casser les roustons ?
-Sept ans que je n'ai plus l'honneur d'être de la région, difficile de dire comment les choses ont su évoluer depuis.
-Nan d'accord mais grosso-merdo ?
-Sans aller jusqu'à susciter en moi les plus vives inquiétudes, il s'agit là d'une force à ne surtout pas mésestimer. Surtout si notre charmant Skylla se décide à nous les mettre dans les nageoires, ce qu'il ne manquera pas de faire d'une manière ou d'une autre.


Regard en biais à un Skylla qui lui même n'a cessé de nous observer ; et qui se payera même le luxe de nous faire un petit coucou de la pince aux airs bien hypocrites. 'Foiré ! Grands sourires en réponse donc, le temps n'est ni à la punition ni à l'aveu de déstabilisation. Ah tu veux encore  m'soumettre à une de tes épreuves à la con mon coco... ben tu vas voir c'que j'vais en faire de ton clan à la mort-moi-l'noeud. Qui zy viennent.



C'est alors qu'entre en trombe un homme-poisson visiblement au bord de la crise de nerf, qui prendra tout juste son souffle avant de lâcher d'un air terrifié :

-Les voilà !

Sous les regards étonnés et rapidement un brin sur la défensive de Raskal et moi, voilà tout le banc de têtard qui va se planquer comme il le peut dans la moindre anfractuosité et recoin d'ombre.



Et au loin un brouhaha de mauvais augure enfle peu à peu...
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Tous regardent la porte massive du hall, comme paralysés dans l’attente de ce qui ne devrait plus tarder à apparaître… Et avec un certain étonnement je me surprends moi-même à fixer les battants encore immobiles, obéissant aux mêmes lois de la curiosité et de l’appréhension que tout l’monde. Plus un mot… tous tendons l’oreille…
Légers bruits, prémices fugaces que la distance a encore du mal à laisser échapper. Puis peu à peu le brouhaha enfle. Des cris qui percent l’espace de plus en plus souvent. Nos oreilles les happent, s’en emparent et tentent de les déchiffrer. Puis, tel un grondement d’orage, les bruits prennent en force tandis que les derniers invités se rapprochent, chargeant l’air d’une tension qui se colle au palais et vous hérisse le poil. On entend maintenant clairement de nombreux éclats de voix, chaotiques, véritable cacophonie aux allures barbares, auxquels se surajoutent chocs et cliquetis métalliques. Une armée déferle sur nous ; invasion sauvage grondant des hautes plaines.
Les bruits emplissent maintenant tout le hall malgré l’épaisseur du bois et de la pierre… Ils sont là, juste derrière… Mais non, le brouhaha enfle toujours plus au fur et à mesure que la menace se rapproche encore. On a l’impression de les avoir juste sous son oreiller, mais non. Le tintamarre prend toujours plus de force. Hurlements, cris, éclats de voix et jurons entremêlés ; on ne s’entend même plus penser.


VLAN !!


Les deux battants de plus de six mètres claquent en s’ouvrant tel un immense livre !
Dont s'en extirpent ses plus horribles personnages.



-Miyard ! Salut cht’e compagnie ! V’zetes t’y joviasse d’ny voair ?
-Hey ! Me morch’ point sur l’arpion toai !
-Z’allez t’y pô stopper vot’ char là derrière ? Peussez pô ou v’lç qu’y ‘en a un qui veuh s’bouffiacer sa volée.
-Alors ? l’ont-y mon kilt ?
-Calîce mais attend, l’ont ni a meume pô eu l’temps d’demandeuh.
-J’avions point l’souvenènir qu’c’euteu si p’tio ici. Ou alors c’euh moai qui ai hachte d’grandit d’torrieu.

Brouhaha, brouhaha…

Raz de marée bleu et roux qui se déverse tandis que la digue a cédé, se répandant en un flot épais et bouillonnant, non sans avoir omis au passage d’écraser sans un regard les deux pauvres types qui se trouvaient derrières les portes prêts à leur ouvrir. Incrédules, nous contemplons sans mot ni geste la vingtaine de pygmées des profondeurs se propager dans les locaux avec des airs de touristes sans gènes, sûrs de leurs droits et de la gentillesses des autochtones et de leurs petits vases folkloriques. C’est tout juste si je n’serais pas étonné d’en voir un sortir un escargo-appareil photo pour se faire un souvenir au passage.

-Nan mais j’te jure fieu aviant ceu c’teu masse d’plus grand sacré chap’. Un panard dans l’baziard qu’ceux stalagmites z’y étions pô.
-Cré meuh nô c’toi qu’ty j’jacte nawouak. T’es ostie d’trop crépi c’tout, tu dix vagues c’tout.
-Masse de drôl’ment cozu la déco qu’ils nous zont t’y fait d’pio leu dernior fouais qu’j’en dis.
-Mouais, c’ty un poil d’brune tape dans l’œil que j’en dis moai.
-Qu’est-ct’y qu’tu m’reluques toé ? Ci t’y qu’tu veux ma pogne dans l’pif ?!

Brouhaha, brouhaha…
-Tiens Amish, Pogne donc ma tabernacle d’bazard à ph’to, ceuh pô tous les jours qu’on r’vient j’veudreu m’fiaire un chouette de souv’nir.



Ah. Qu’est-ce que j’disais hein.

En tous cas vu leurs airs à s’faire virer à coup d’pompe dans l’derche, c’est assez étonnant d’voir personne réagir, et plus encore de voir toute la clique à Skylla jouer les poissons d’roches et baisser les yeux à la moindre friction. Soit le gang des Hommes poissons n’est vraiment pas à la hauteur de sa légende, soit ces gars sont des terreurs. Des terreurs sans gène apparemment.
Puis y en a un dans l’lot qui sort pour ainsi dire, affichant un air supérieur et parfaitement assuré à même de faire passer ses compères pour de timides étudiants en bal de promo. En soit, rien que ça c’est un record faut bien avouer. Et niveau sans gène j’me pose en jury de luxe, catégorie internationale. Le meneur du coup à n’en pas douter, même si le lot tient plus du banc de piranhas en incessant tourbillon plutôt qu’une meute dirigée et fidèle.

Bref, le type se détache dans la cohue générale de ses confrères en pleine allégresse, les laissant à leur visite/rixes/cherchage de poux marins, ne rayez aucune mentions inutiles. En quelques pas le voilà planté devant un Skylla qui se donne le minimum syndical et prudent de grands airs, ce qui face à un nabot de cent cinquante centimètres est d’autant plus vexant qu’il arrive sans mal à vous prendre de haut. Perspective montante pour un regard condescendant, l’homme-écrevisse encaisse pour la bonne cause : la sienne.

-Salut Miyard, un plaisir de te voir ici, ça faisait longtemps.
-Miyard ! Chô p’tite tête, cieu t’y qu’ça roule pour ti et ta clique ?
-On fait aller, on fait all*/…
-Miyard ! Pô l’temps pour c’bazard, onn’ est pô v’nu s’faire des mamours d’peulitesses d’calîce.
-Hum. Et qu’est ce qui vous amène ici du coup, si c’est pas trop demand*/…
-Miyard ! Ceuh ty ce fazard d’couillon là qu’euh perdu son kilt !
-Meuh, môm’ peuh mé faute d’abord…
-Miyard ! Ouais alors du coup v’là ty pas qu’on est viénu mater ici s’il y était ti pas. On s’suis ?


Raskal et moi toujours en retrait un peu malgré nous contemplons une des petites énergumènes à l’air plus penaude que les autres, se cachant des deux mains ce que dame nature n’a pas daigné cacher sans l’aide d’un slip, propre de préférence. Derrière lui c’est tout son clan qui fait momentanément une pause dans son invasion pour se foutre allégrement de sa gueule, écopant au passage de nombreuses menaces qui ne feront qu’ajouter à leur motivation.


Brouhaha, brouhaha…
-Veux z’allions mirer ce que veux zallions mirer si j’vous met la pogne d’ssus nom de Véreux d’patente à gosse !
-Miyard ! ferme donc s’z ton claque m’mot ostie ! Ty m’euh ciez chauffer les esgourdes sur ltout l’trajeuh pour d’voir en plus à l’supporter ‘ci-fait.
-Beuh… c’est ty rien qu’leuh ôtres qui ne font qu’à m’chicaner.
-Miyard ! j’veux pio saveur !
-Euh… du coup vous venez voir si son… « kilt » n’est pas là ?
-Miyard ! V’là.
-Mais hum… il l’avait lorsqu’il est parti la dernière fois ?
-Miyard ! Mio semb' bien… mais pour c’que j’en c’connais. T’en dis quôa toai ?
-‘Tenant qu’vous l’jacter, me semble que je l’avais-ty ouais.
-Du coup, c’est assez peu probable qu’il soit là non ?

Long silence gênant…

Les gnomes bleus se regardent tous les uns les autres comme si soudainement une grande règle de la vie leur avait était cachée au début du jeu… Et comme tout mauvais joueur de qualité, ils réagissent en conséquent.

-Tabernacle j’vi l’avions dit que c’euteuh une idée d’ciboire d’fan d’calîce ça !
-Quoais ?! Tu t’fous, c’étions toais qui voulaeuh v’nir !
-Mô ?! Jameuh d’cte vie, c’étaeuh Yann qu’l’idée l’a poussé !
-Des tourpinouches d’tout ça ! J’suis pour rien dans ceuh affires moais ! C’ty vous zôt’ les torgnieux !
-Tu sais c’qu’il te jacte le torgieu !
-Queu ? Qu’euh-c’qui m’jacte le torgnieu !
-Il te calvaire ! Et va surtout t’mettre son harpion dans les gosses !
-V’s y que j’t’atteuh s’pèce d’sale mauvais parleur t’tabernac’ !

Brouhaha, brouhaha…

S’ensuit une joyeuse pagaille, ou tout à chacun semble s’efforcer de mettre ses idées dans le crâne de ses compagnons, avec un pied et/ou un coude en supplément de préférence. Véritable boule de membres et d’injures qui se débat dans la vase, avec seulement le fameux Miyard qui reste en retrait en se pinçant l’arrête du nez… Je jurerais avoir vu l’autre nudiste hésiter un instant devant cette réaction, avant de céder au plaisir de son instinct et de plonger dans la cohue avec joie coup de poings et jurons pittoresques ! J’crois même l’avoir vu tenter de chiper un kilt à l’occasion.



Skylla lui semble se délecter de la scène, tel le spectateur ravi de retrouver la représentation fidèle à elle-même. Par contre, il sera bien le seul vu la gueule de ses hommes qui semblent loin d’être rassurés à les voir s’entredéchirer de la sorte, voyant visiblement la chose comme un mauvais présage. Comme si d’une façon ou d’une autre ils avaient peur de remplir un peu plus le tiroir des victimes collatérales et défouloirs de mauvaise humeur.

-Miyard ! Zy reste plus qu’euh furter dans zun ôtre zone hein ?
-Héhé, il me semble bien ouais.
-Miyard, bon ben c’teuh un brin d’bonheur en tous cas. ‘Va juste faire un bout d’tour du coin d’teuh réserves ; v’là ty pas qu’tu voudreuh pô quitter des cheums sans un ptiot casse dalle pour la fache de descente hein ? Juste un ch’ti bout d’pain et une chtite lichette d’alceul hein, ty nous ceunais.
-C’est ça, juste un quignon… je vous connais.
-Miyard ! Bon ceuh ty peuh bientôt f’ni vous zôtre ?! On d’décarre !

Brouhaha, brouhaha…
-Vlan ! Bouffe ci dans l’pif !
-Ciboire d’calvaire !
-Aieuh ! Crétame d’acre gué !
-Rends meuh mon kilt ceuh l’mien spèce de Calvinisse !

Brouhaha, brouhaha…

Autant pisser dans un violon sans fond apparemment.



-Attend Miyard, y’a un truc que je voudrais te dire au passage.
-Miyard ! Queuh qui y a ?
-J’voudrais te présenter quelqu’un.
-Miyard ! Queuh c’que j’en ai à carrer d’ton queulqu’un ? J’ai une trogne à cheurcher l’amur ?
-Attends c’est pas ce qu’*/…
-Miyard ! Nan par c’que j’ai toutes les sardines et les mérous que j’veux  ok !
-Attends je*/…
-Miyard ! Bon ‘près si elle a des loches fachte de mastoc et qu’elle seuh ‘si bien voleuh qu’ma brave mater j’dis pas. J’désespère pas d’tomber un jour sur la blonde d’meuh vie t’vois.
Brouhaha, brouhaha…
-La blonde de sa vie au chef ça s’reuh un vieux bouc des mers ! Arfarf arf !
-Ahahahah ! Tiens prends ça !
-Ahrahrahr vrai !

-Miyard ! Vos gueules bande de sacripants ! SBAF !
Brouhaha, brouhaha…

-Bref : Thunder F. […]


Ah… on y arrive. Non pas que j’l’avais pas vu v’nir ou que j’le redoutais plus que ça, mais j’avoue qu’à choisir j’aurais éludé l’passage. Feu des projecteurs sur moi et Raska*/… ah ben non juste sur moi en fait vu comment cette charogne de dandy s’est écarté instantanément de vingt bon mètres en un éclair. Charogne.
Le chef des Feegles me toise alors d’un œil nouveau, où je peux deviner qu’il est loin d’être aussi bête qu’il pourrait le paraître. Regard dur donc, du genre qu’on balance à un intrus aux abords d’une frontière d’un air de dire « Tu viens faire quoi ici ? T’es qui d’abord ? Et t’as combien sur toi sans indiscrétion ? ».

Skylla laisse alors apparaître dans son dos un sourire éclatant de malveillance, avant de continuer d’un ton neutre sa présentation :

-[…] et il est venu là dans l’intention de soumettre à sa cause tous les clans hommes poissons.


Silence de mort. Plus un mouvement dans le hall.

La boule de coups s’est mise sur pause, bras encore levés et poignes toujours serrées, mais toutes les têtes et les regards braqués dans ma direction. Silence de mort ouais… avec les putains d’regards qui vont avec et qui m’font comprendre en une fraction d’seconde que : de un, non je ne suis pas le bienvenue ; de deux, le principe de soumission leur est assez désagréable ;  de trois, ils préfèrent foutre ensemble sur la gueule d’un seul étranger que bien gentiment entre eux…

La masse compacte de petits êtres rancuniers se déplie donc avec une coordination exemplaire sans le moindre bruit, sans qu’aucun d’eux n’aient à un seul instant quitté mon visage du regard. Vingt paires de pied et dix-neuf kilts avancent alors vers moi lentement et sans la moindre hésitation, serrant des poings et raffermissant leurs mains sur les gardes de leurs armes. Putain, il en aura pas fallu beaucoup…


… et de quatre : ça risque d’être ma fête sous peu.
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-Bon. Forcement dit comme ça…

La masse de regard noir s’épaissit encore un peu plus à chaque pas, tandis que les mètres nous séparant se font la malle pour voir si le climat est meilleur ailleurs. Et derrière, c’te  raclure de Skylla qui m’gratifie de sa plus large frimousse, tout jovial qu’il est d’sa mauvaise farce aux allures de meurtre. T’aimerais que j’y passe hein mon coco ? Et un petit coucou de la main supplémentaire en plus… manque pas d’air l’fumier quand on lui en laisse l’occaz’. Faudra garder l’collier bien serré si jamais j’lui pardonne son humour et que j’le laisse respirer après c’coup d’vache. Mais bon comme on a dit c’est d’bonne guerre ; et j’vais pas cracher sur une occaz’ de plus de montrer à toute sa clique qui c’est l’nouveau taulier. Feegle ou pas j’vais pas m’laisser souffler dans les branchies nom de moi.

Par ce que tu l’aurais dit autrement ?
Euh, non carrément pas.
Ah.
C’est parfaitement résumé en fait.
Alors du coup on fait quoi ?
On s’laisse aller vieil ami, on s’laisse aller huhuhu.

Ouais, pas d’raison d’paniquer et d’laisser croire une seule secondes aux autres spectateurs que l’grand Thunder F. –futur roi tout puissant des fonds marins- puisse avoir peur d’une bande de pouilleux à moitié à poil. Voir complètement pour l’un d’entre eux.



*Long soupire* comme si j’abandonnais l’idée même d’essayer d’m’expliquer par pure lassitude. Y a des fois où prendre la peine d’employer des mots relève du gâchis. La magie des poings s’montre bien plus communicative à pas mal d’occasion en fin d’compte.

-Et alors quoi ? Z’êtes pas contents les têtards ?

Un virage ? M’en fous j’accélère !

-J’suis l’nouveau patron que ça vous plaise ou */… !
-Miyard ! Tous l’monde, crevio moai ce kakarnak !
-Câlice !
-Acre gue d’foi d’tabernac’ !
-A meurt !
-Morzy l’œil !
-Bicyclette !


Et c’est avec une vitesse surprenante que toute la clique se jette soudainement sur moi, véritable raz de marée bleu, tout en jurons rapières et méchanceté ! Vingts teignes qui s’ruent sur moi avec l’impatience du gamin le lendemain d’fête, le côté tortionnaire de chat en plus. Le temps semble comme ralentir, me laissant un instant contempler les visages tordus de haine, d’ivresse et de plaisir mélangés, en oubliant même pour le coup de m’éclipser d’un Soru salvateur. Y a comme un truc d’hypnotique dans leurs allures de vieux pouilleux hirsutes. Puis s’éclipser c’est une affaire de révo ou d’tarlouze, ce qui revient un peu au même faut dire.
Nan le réflexe que m’offre alors la Bête sera de dresser à la vitesse de l’éclair un poing bien serré, sur lequel une face s’incrustera au ralenti, véritable démonstration sur les ondes de choc, la dynamique des fluides et la balistiques des dents. Le gars repart en arrière, emportant trois d’ses confrères avec lui tandis que le reste me tombe sur le rab’.
Première pluie de coups hargneux donc, que j’encaisse et esquive plus ou moins bien tandis qu’en quelques mouvements maîtrisés je traverse la masse pour mieux m’y soustraire. Deux trois coups de coudes et d’genoux sont offerts au passage par pure habitude, comme ça sans y penser, vous m’remercierez plus tard. Simple échange de bon procédés du coup, puisque dans l’affaire c’est pas moins d’une douzaine de marrons dont j’ai écopé sans pour autant qu’cela sans vraiment une gène. Quoiqu’ils tapent fort les bougres à tout bien penser. J’ai deux trois hématomes qui vont être vilain demain.

D’un bond je m’écarte de quelque spas histoire de temporiser, leur laissant l’occasion de se regrouper de leur côté et d’compter leurs plaies. Aller, doit bien y a avoir déjà cinq ou six sur le carreau, fallait v’nir me*/… ils se relèvent tous. Ben merde alors… On a pas du avoiner assez fort. Fait gaffe Toji t’laisse pas amadouer. Sont pas en sucre alors va pas les ménager non plus hein. J’serre du poing, et cette fois c’est moi qui plonge dans le banc de tueurs qui m’attend d’pieds fermes, et poilus en l’occurrence. Nouvel échange d’amabilités donc, où cette fois j’appuie un peu plus mes coups et où j’prends la peine de viser des coins sales ; du genre nuque, tempes, aine et creux du g’nou. Mes réflexes s’aiguisent à leur tour ; ce qui combiné à mon offensive réduira nettement l’taux d’avoine auquel j’aurais droit. Une lèvre fendu, quelques gnons dans les flancs et les cuisses… rien d’vital ou d’original pour ainsi dire.

Sauf que pour le coup ils ont du vach’ment plus morfler les sales… ah ben non en fait. Les re’vlà tous debout et plus motivés qu’jamais c’te bande de p’tites enflures. Tin mais ils sont fait dans quel bois ces gars là ? J’ai tué déjà des bœufs avec moitié moins d’force nom d’une couille en bois.


-Miyard ! Veuh lames en pognes les cheums, ty v’là qu’on veuh l’saigner l’puceau !
-Tous à chno rapieures !
-A mort ‘sties !
-Tabernac’ !
-Papermane d’fan d’cuche !
-Calvaire !
-Pastèque !


Concert de lame, et c’est toute une armée d’épingles version king size qu’on m’brandit au pif avec la visible intention d’jouer du vaudou sans passer par les intermédiaires. D’un bond désorganisé au possible mais laissant peu de place à l’esquive, voilà donc toute la clique qui fond sur moi, pointes en avant et fort accent derrière pour appuyer encore un peu plus fort ! Skylla doit déjà m’voir transformé en pelote, bien content qu’il est d’pas avoir à en découdre de lui-même. ‘Foiré, si tu crois m’faire peur.

Vingt lames me heurtent de toutes parts…

-Tekkai.


… et se brisent dans une pluie d’éclats scintillants et un joli concert de tintements cristallins !


(…)

Bah allez faites pas la gueule les mecs…

Sans déc’ vous z’avez jamais vu un tekkai de votre vie ? Tin’ merci l’pays d’bouseux j’vous jure…

Nan mais aller arrêtez d’me regarder avec ces yeux là vous m’faites presque d’la peine… Promis j’vous en rachèterai d’autres aller. Des belles rapières toutes neuves qui… qui… houlà.

Grondement inquiétant qui commence à monter de la masse ; et les regards peinés qui reprennent toujours plus vite la sinistre couleur de la colère… De la rage même. Une rage bouillonnante comme la Bête sait si bien la reconnaître.



Puis soudainement :

-MIYARD ! Viarge d’moses d’hostie d’fan d’câlice !
-Bonyeu d’bou d’calvaire !
-taboire d’tabernac’ !
-Sacréfisse d’enfant d’chique !
-Torbinouche d’crim !
-Abat-jour !


Une fraction de seconde plus tard, me voilà enseveli sous un monticule presque-humain !
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J’étouffe.

Par tous les enfers d’Impel Down cette foutue bande de croteux est en train de m’taper sur l’système en plus de m’taper sur le râble. V’là plus d’deux minutes que j’me retrouve avec toute la clique agglutinée ; et pas moyen d’m’en dépêtrer !  Deux minutes à prendre des avoines à tour de bras sans pouvoir en placer une en politesse, avec juste l’occaz’ de serrer des dents et d’redoubler d’jurons avec ces tarés. Cent-vingt putain d’seconde à manger sévère sans voir l’espace pour armer un coup digne de c’nom et pouvoir enfin décrocher cette chienlit ! Marre !
Surtout qu’j’étouffe moi sous cette connerie ! Entre la puanteur des loustic, ceux qui voudraient m’foutre le d’ssous d’leur kilt sur le pif et toute la vase que la cohue soulève ; pas moyen d’respirer une bonne gorgée d’flotte pure ! Et c’est sans compter leur putain d’accent qui commence à m’taper sérieux sur le coquillage là !! MARRE !

Et surtout y a pas un putain d’moyen d’les décrocher ces arapèdes ! Bordel j’en ai connu des tiques vicelardes entre les bordels mal famés et les services compta d’la marine, mais des qui s’accrochent comme ça jamais ! c’est qu’ils ont d’la force faut pas croire ; j’ai beau lutter d’tous mes bon dieu d’muscles j’arrive jamais à tous les décrocher à la fois ! Sacré job d’équipe qu’ils me font là même si j’ai jamais vu plus indisciplinée comme formation ; juste qu’ils ont les neurones qui doivent fonctionner pareil. Ou alors une sorte d’esprit d’groupe, de fusion des esprit dans le viandage ?... Allez savoir.

Humph ! Encore un qui profite d’un mince espace au cœur de la cohue pour me planter deux doigts entre les côtes. Argl ! Putain y en a un qui est en trai nd’me bouffer l’mollet j’en suis sûr ! Et pas moyen de l’en décrocher ! Tu vas m’lacher fumier ? Argl Bam ! Un coup de coude dans l’pif avant qu’un autre type ne m’appuie son torse peinturluré sur la face en m’empêchant même de jurer en simple guise de riposte. MARRE !

Alors comme se débattre comme un dément n’amène pas à bézef au milieu d’cette bande de sauvage et comme il est hors de question d’rester là à manger pour dix, l’est temps d’changer d’stratégie.



Ma main droite se glisse péniblement dans la masse de corps noueux et de vieux tissus sales, rampant péniblement le long d’mon propre torse jusqu’à l’avoir enfin au niveau d’mon plexus. Dans l’affaire y en a un qui a tenter d’me péter deux doigts à l’aveuglette, mais j’m'en tire juste avec un seul qui tire la gueule.
Puis, au milieux des coups qui ne cesse d’éroder ma résistance physique autant que spirituelle, j’attends. L’occaz’. Patiemment… me débattant par à-coups pour donner le change… un coquard de plus… pas mal d’écailles en moins… Et quand enfin devant moi le hasard de la rixe laisse entre apercevoir une infime ouverture : j’agis !

-Tsunami fist !

Mon bras se détend d’un seul coup, s'insinuant dans l’ouverture avec la délicatesse d’un forceps maladroit, broyant et poussant ce qui aurait la mauvaise idée de vouloir résister. L’onde de choc que je relâche alors éclate au sein même de la formation, dont le dôme gonfle alors, telle une grenade éclatant en une multitude d’éclats bleuet braillards. La résistance des mes adversaires fait face à cette puissance enfermée, qui ne demande qu’à s’échapper en déliant tous ces corps afin de m’ouvrir la voie. L’explosion est dévastatrice… mais c’est sans compter l’incroyable détermination et la résistance de cette bande de petits salopards. Le dôme gonfle donc, semblant un instant sur le point d’éclater, avant que la force déchaînée ne soit contenue à nouveau et qu’ils ne se renferment sur moi.


Plus motivés que jamais par cette attaque, les voilà donc repartis pour une nouvelle tournée de marrons et de coups bas. Argl… chaque coups fragilise un peu plus mes défenses, gratte ma résistance pourtant à même de résister à des coups de canon… PUTAIN ! J’en ai senti un essayer d’me saisir les roustons pour faire diable sait trop quoi !

Nan là c’est trop…
Trop.

Et si jusqu’ici la situation presque vacancière m’avait empêché d’sortir l’artillerie lourde, il est grand temps d’arrêter les conneries et d’prendre les choses à cœur et d’se donner les moyens d’arrêter cette chienlit. J’ai pas survécu à c’qui s’fait d’pire dans la piraterie et la marine réunies pour finalement m’faire surprendre par une bande de bleue bitte, au sens littérale du terme. La Bête gronde, et me voilà qui gronde sans frein avec elle.

Une main libre se plaque donc contre ce que je crois être un ventre, tandis qu’en moi se puisent des forces dont je prends rarement la peine d’avoir recours. La bête remonte à la surface, poussée par ma colère et mon envie d’en finir… Stop les conneries.

-Despote’s Palm.



En d’incalculables vibrassions la Bête se déverse autour de moi, d’abord dans ce ventre, puis dans toute la masse compact de corps entremêlés, jusque dans l’eau nous environnant. Invisible, furtive… le calme avant la tempête.

-Hihihi. C’te barre.
-Quoi qu’ya Yann ?
-Masse de guillis dans leuh bidoche cheum, hihi*/…

CRACK !!
-MIYAAAAAAARGL !...

Et soudainement c’est le monde qui éclate tandis qu’entrent en résonance chacune de ces ondes, hurlement fracassant de la Bête qui se répercute dans chaque chose, portée par l’eau encore mieux qu’elle n’avait l’habitude de le faire à l’air libre !

Les nabots bleus se dispersent alors dans l’eau à grands cris, balayés par la puissance du choc, foudroyés impitoyablement sans même comprendre d’où venait l’attaque ! Kilts sang et corps inconscients rebondissent ainsi sur les parois du hall, lui-même à moitié brisé par la puissance de la technique, avant de retomber lentement sur le sable. Tout un pan du fond s’écroule en un tremblement assourdissant, signant ainsi mon retour à la liberté. Je me redresse ensuite tant bien que mal, en me donnant tous les airs du monde afin de conserver la face et mon prestige, regard en fusion et aura toute déployée.


Mon œil se pose alors sur un Skylla , qui du fond de la pièce évite les monceaux de plafond qui lui tombent encore sur le crâne. Nos yeux se croisent… et je souris, de l’allure qu’à le chat devant le rat qui s’est cru trop nombreux, trop malin, trop fort. A tort.
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-Bien, je pense que le cas Feegle est réglé.

Tu n'es pas d'accord avec moi Skylla ?


Ma main se pose sur l'épaule du terrible homme poisson tandis que je m'arrête à ses côtés, parvenant ainsi à accrocher son regard jusque là perdu dans le spectacle d'un décor malmené et d'une foule de petits emmerdeurs bleus répandus. Sourire gêné qui lui sied si mal, lui même n'en revient pas.

Je me rapproche doucement du creux de son oreille, avant de murmurer sans lâcher une seule seconde mes allures de vendeur d'assurance vie.

-Par contre mon cher associé...

-...
-Je te l'dis comme ça gentiment, sans esclandre, histoire que tu n'perdes pas la face devant tes hommes...
-...
-Mais encore un coup dans c'genre et je te fous ma ranger si profond dans l'derche qu'à chaque fois que tu voudras ouvrir ton claque merde il faudra m'défaire les lacets avant. On s'comprend ?


Grand silence éloquent ; si jamais le message n'est pas passé comme il se doit il aura la bonne idée de n'pas en faire mine et encore moins d's'en offusquer. Prudent petit skylla. Malin petit Skylla. C'est bien.



Sûr que je n'aurais plus à m'répeter, je me détourne donc de lui pour me diriger vers un Raskal à nouveau sur le devant de la scène, réapparut comme par magie à l'instant même où la balance re-penchait en notre faveur. Prudent petit Raskal. Malin petit Raskal. C'est bien. Sauf que lui me connait bien, ayant appris par ces années de pillage et de combines communes à voir quand je suis serein, mais surtout à repérer les rares fois où je ne l'suis pas. Innocemment mais d'un ton qui ne manquera pas pour autant d'éloquence, une simple phrase lancée dans l'eau mais qui veut dire beaucoup :

-Forts intéressants en demeurant ces petits hommes bleus n'est il pas ?

Ou bien "Ça va patron ? Pas trop amochés ?". Raskal a appris à ne pas faire la pire des conn'ries : mettre le doigt sur mes erreurs ou sur une de mes difficultés. Le choix des mots pouvant régulièrement faire la différence entre fertilité et compost selon avec qui on traine. Ca lui vaudra d'éviter mes foudres au sens propre comme au figuré. Me voilà donc en train de dissiper le filet de sang qui me tapisse la bouche, faisant fi autant que possible des côtes fêlées, morceaux de peau arrachés et impacts en tous genres. Avoir un orgueil à tout épreuve a son utilité, même si votre corps n'vous en remerciera pas forcement le lend'main.

Un cigare Num.13 aux algues se cale du coup au coin d'ma bouche, dont la douce saveur iodée si savoureuse apaisera doucement le feu qui m'colle au palais et qui m'brule encore la poitrine. Grande inspiration salvatrice...

-Ouais comme tu dis. Pfuuuuu... Costauds comme pas deux, une putain d'chienlit.
-Dommage qu'il vous ait fallu les faire passer au trépas, cela eut été fort utile de les amener à partager nos plus intimes ambitions.

-Miyard ! Qui qu'ceuh qu'tu choum' de treupas nom d'un tabernac' ?


Hum ? Comment ? Nan mais oh c'est une blague ou quoi ?

-Miyard ! Tu escarbasses comme t'cheum, mais c'ti tôt né pour m'causer comm' qu'un creuveuh.

Le gars se mange une de mes plus féroce attaque de plein fouet et le voilà qui s'redresse en s'époussetant, la trogne en sang mais l'regard pas plus éteint qu'une luciole sous biphasé. J'savais qu'j'avais pas l'monopole de la face de marbre mais quand même quoi ! Ca fout un coup à l'amour propre de voir que c'type  est...

-Ostie d'calache ! C'est teuh qui qu'ya euteint le lumieurh ?
-Calavaire, jeuh point r'masser comme ci d'puis l'mariage de cti belle soeur.
-Hey, Va t'y lacheuh mon kilt nom d'teuh ?! Ceuh chti mieuh !
-Crénom d'stie ty ment c'euh l'miens d'puis qu'euh j'leuh veul ais c'ti mon peur !
Kilt d'famil' comme on dit !
-Beuh j'ai toujours frouai mé...


Un à un les voilà tous qui se relèvent, éparses mais entiers, certe avec des airs encore plus miséreux qu'auparavant mais bel et bien en vie. Incroyable. J'en reste comme un con...



Miyard en profite donc pour venir à moi, dont l'oeil ne cesse pas pour autant de passer de l'un à l'autre des plus incroyables saloperies que la vie m'ai donné d'voir. Je suis donc surpris de l'retrouver  au niveau d'ma ceinture, me regardant de tout en bas sans pour autant douter un seul instant d'sa faiblesse. Putain j'ai un moment l'impression d'me voir, le côté bleuet et odorant en moins. Et c'est putain d'déstabilisant en fait bordel ! Tac, le v'là qui en profite pour m'chiper mon cigare sans que j'puisse prendre la peine de réagir, se l'fourrant dans l'bec avant de le savourer à grandes bouffées goulues. Plus insouciant qu'un touriste en zone de guerre, c'est comme si rien d'tout ce qui v'nait de s'produire n'était arrivé. Derrière lui toute sa clique se remet tant bien que mal de l'aventure, retrouvant dans l'affaire ses chamailleries coutumières. J'en reste comme hypnotisé.

Puis un doigt noueux qui s'enfonce dans le mur de brique qui correspond à mes abdominaux.

-Miyard, c'euh quoi ton blase d'jà c'tie ?
-Euh... Thunder F.
-Miyard ! Thun... der... F ?
-Hum, ouais.
-Miyard ! T.F ? Tif ? J'vieux d'apleuh Tif, c'plus seuple euh moufter, ké ?
-Que.. quoi ? Nan mais attends là*/... !
-T'es mastard toué, pfiu ! T'euh fé d'boxe ti ? Hein ? Cheum !



Regard interdit vers un Raskal lui aussi dépassé par les événements. Ni lui ni moi n'avons l'agréable et douce sensation d'un sol stable sous nos pas, chose apparemment courante en présence de ces fameux Feegles. Je les ai vaincu et pourtant... pourquoi ce sentiment de ne pas être vraiment victorieux ?

-Miyard ! Calvaire d'bonnard 'teuh taf ! Pfuuuuu...

Grrr... tu vas les laisser te survivre ? T'humilier ?!
Attends je...
Tu quoi ? Tout le monde te regarde !

Mes poings se serrent malgré moi... Et aussi sec le regard de Miyard s'y accroche et lui redresse les poings comme en attente du puglilat. La putain d'impression que l'gars va m'sauter à la gorge même s'il d'vait perdre toutes ses dents dans l'affaire', juste comme ça par choix d'vie.

-Miyard ! Quoi qu'ya ?! Tu veux t'tartich' ceuh ? Vi ch'ti attends !
Vi ! Ch'teu déglingue moé !


Le gars y croit c'est clair... Et derrière lui toute sa clique qui comme par magie se retrouve à s'serrer des coudes pour avoir l'droit d'être le prochain à manger des gnions pour le sacro-saint principe de la provoque.

Crève les tous.

Mes muscles se contractent... Miyard se ramasse sur ses appuis...

*Soupire*

-Un autre cigare et un verre de gnôle les gars ?


Quoi ?!
-Quoi ?!
-Quoi ?!
-Miyard !
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(…)
-Hum… Êtes vous certain que cela va fonctionner ?

Haussement d’épaule, parc‘que dans l’cas présent faut bien avouer que j’en sais trop rien. Alors du coup on s’tait tout deux, et on observe sans un mot le cercle improvisé de cul terreux comploter à voix basses, avec de temps à autre une trogne rousse qui en sort pour vérifier d’un air patibulaire si y a bien personne qui espionne. Ca et un cul nu qui s’oublie aussi, plutôt dur à occulter comme vision…

Brouaha… brouahah…

Et tandis que se discute ferme la proposition que j’ai offerte à leur pseudo-chef,  passent entre leurs mains noueuses toute une flopée de cigares et d’ma liqueur perso, vite dilapidés par leurs appétits insatiables et leur manque totale de savoir vivre. Cette bande de p’tits salopiauds m’a presque dévalisé d’toute ma réserve personnelle ; et c’est tout juste si j’ai réussi à sauver un ou deux barreaux histoire de fêter la victoire dignement. Et vu la façon dont ils sont capables de se remplir le kilt du moment qu’on leur dit que c’est gratos ou qu’on regarde ailleurs, j’me demande si j’ai pas un peu sous estimer les frais quand je leur ai offert un an d’cigare et d’gnole gratos… Mon gros orteil gauche qu’il vont m’monter un trafic parallèle en r’vendant mes propres produit si j’les laisse faire. Enfin bon, si y a qu’ça pour m’mettre dans la poche toute la clique et recruter ainsi la pire bande de salopards des fonds marins, c’est pas cher payé.

D’autant qu’réussir à « mater » ces teignes ne peut être qu’un sacré bon point sur ma prise de contrôle des congénères civilisés de Mister Skylla, si craintifs en comparaison. V’là qui referm’ra la pince de c’foutu visc’lard. Et ouais ma p’tite écrevisse d’amour, dans la vie la torgnole ça apporte son lot d’solution, mais j’suis du genre à savoir varier de l’instrument ; la corruption aussi ça m’connaît. L’appât du gain, l’appât d’la gloire ou d’la vengeance. C’est rare les fois où on n’trouve rien pour ach’ter son homme. Et dans ces cas là, reste toujours la tarte aux phalanges.
C’est ça qu’là marine n’a pas compris… eux y n’voient qu’la droiture et la trique. Alors forcement quand tu partages pas le goût de l’ordre et qu’t’es allergique au nerf de bœuf, ben tu fous ton bronx, on pourra pas te l’reprocher. Et ça là haut ils veulent pas l’entendre, trop coincés dans l’amidon et dans leur sens débile de la justice.
Enfin bon sont pas les seuls r’marquez… Tenez par exemple, la révolution. Eux c’est carrément l’inverse. Connaissent pas assez la loi d’la torgnole. Un esprit clair pour diriger les moutons, voilà c’qu’ils veulent pas piger. Alors ça palabre et ça cause idéaux… et ça meurt.



-Êtes vous certain pour l’affaire du  pillage par contre ? Non pas que je doute de vous patron, mais…
-Hum ? Tu disais ?
-Le pillage.
-Ah ouais ! T’inquiète, ça fait parti du plan.



Le Plan. Du genre qui n’mérite pas des majuscules à chaque lettre mais au moins une au début. Du genre que j’ai planifié depuis un bon moment avec l’aide de l’expatrié et expert en politique intérieur qu’est Raskal. Du genre qui devrait normalement me permettre de, non seulement prendre le contrôle de l’île des hommes poissons et me catapulter à sa tête, mais surtout d’en maintenir un contrôle stable et lucratif à moindre effort. Car c’est pas que j’ai un truc contre la répression sanglante, mais j’préfère éviter d’être contre productif. Y a une sacrée différence entre faire régner l’ordre pour le compte de l’armée et jouer les politicards. Alors si j’veux placer mes billes pour m’assurer un terrain productif, va falloir la jouer fine. Tout en s’accordant évidemment avec les ambitions dévorantes et malsaines de toute la tripotée d’fous furieux que vont devoir grossir mes rangs si j’veux avoir une chance de renverser le roi et sa clique. Et putain ça c’est pas gagné !


Du coup, accorder aux Feegles le droit d’pillage de tous les magasins et entrepôts humains sur l’île aura double effet. Du un contenter cette bande de voleur. De deux, virer avec perte et fracas tous les humains de mon futur royaume sans pour autant m’salir les mains dans l’affaire. Ca paraîtra normal que ces rebuts de la civilisation s’adonnent au pillage ; et le peuple ne pourra qu’être ravi que ça ne tombe pas sur eux mais sur toute la bande de marchands-voleurs humains qui se les sont mis à dos depuis des années. Je n’aurais alors qu’à m’en attribuer le mérite une fois l’affaire tassée et le peuple prêt à l’entendre. Et si j’dois zigouiller toute la bande en prétendant qu’ils auraient outrepassé mes directives, histoire de calmer les foudres du monde, ben ça s’fera sans mal.

Ça c’est pour les feegles. Reste encore la place de Skylla et de son clan ; ainsi que des alliés qu’on ira chercher au cœur même du royaume. Mais avant ça… encore faut-il qu’ils acceptent.



Le silence semble se faire peu à peu sur le concile odorant, marquant ce qui semble être un accord commun, véritable exploit pour l’organisation feegle. Le Miyard se redresse donc en s’époussetant pour se donner un air le plus digne possible, avant de venir à moi dans un semblant de mimique protocolaire. Petit toussotement dans le creux de son poing… et le voilà qui me susurre en beuglant :

-Miyard ! C’ti geuh et mi ti qu’on k’ta jacter d’teuh deal.
-…
-Miyard ! Et v’li qu’on trouve ça tabernac’ d’pas correct.
-… ?
-Miyard ! Mes cheum et mi qu’on veut un ch’truc en pus !
-En pus ?
-Miyard ! Ti !
-… ?


Bordel, sont plus finauds que je n’l’aurais cru. Allez savoir c’qu’ils vont vouloir m’imposer c’te bande de voleur. J’sens qu’ça va encore me…


-Miyard ! On veut…
-…
-…On EXIGE meum’ !
-Ouais bon ben quoi merde ?! Z’allez la cracher votre pastille !
-Miyard ! Oui bon beuh v’li, on exige un c’hti n’vo kilt pour l’ptit cheum là.
-…
-Miyard ! Un bien bio. Ti neuf.
-…
-Avec des carreaux comme ti d’la cuisoche d’ma matère. Dites lui chef !
-Miyard ! ouais v’là !
-…
-Et avec d’bio rubands et des p’tites cord’lettes veurte et jeune ! Dites lui !
-Miyard ! J’lui dis !
-…
-Et avec /*…
-Miyard ! Ouais bien on a compris Ostie ! Va t’calacher d’tabernac qu’tu r’commences à m’siffler les turbines !
-Gromelemeleuh…
-…
-Miyard ! Alors ? Ton mot l’homme ?
-…
-…
-Accordé.


Grands vivats qui s’élèvent du clan en liesse, sûrs d’avoir mené une grande bataille avec brio et d’avoir su en tirer le meilleur profit ! Miyard s’essuie la sueur du front avec soulagement et fierté, allant jusqu’à ensuite serrer vigoureusement les mains du naturiste visiblement comblé. Skylla et Raskal n’en reviennent pas ; et moi j’dois avouer que j’ai du mal aussi. Des esprits simples aux besoins simples.




Et comme j’suis du genre à savoir jouer les grands du moment qu’ça m’coute pas trop cher, je joue la mise en scène jusqu’au bout en sortant directement d’ma poche mon escarghophone aquatique personnel, dont je décroche le tendeur tout en composant le numéro d’ma boutique SW.

-Mushi mushi ! Cigare et vêtement SW à l’écoute, que puis-je pour vous ?
-C’est l’patron. Passez moi Tata Janine, j’ai un taf' pour elle.
-M.m.monsieur Toji ? Je vais vous la chercher tout de suite !
-J’attends.

-J’vous mets mon meilleur homme sur le coup.
-Miyard ! Ceuh c’est ti grand seigneur !
-Ouais enfin meilleur homme… meilleur femme à la limite. Et encore…

-Tata Janine à l’appareil j’écouuuuuuute.
-Tata, c’est Toji.
-Toji-sama-chou ! Quel plaisir vous amène à mes douces oreilles ?
-Pas l’temps d’te faire la grande épopée, j’vais faire court. J’ai un client en face de moi et j’voudrais qu’tu répondes à ses plus intimes besoins.
-Hihihi, vous alors !
-Alors je… que… quoi ? Nan mais tu vas t’imaginer quoi là ?! Raaah j’parle de fringues s’pèce de folle !
-Hihihi j’avais compris.
-Fin bref ! J’te l’passe gremelemeleuh
-Ok, biz patron.
-Ah et euh… bon courage pour l’comprendre.




L’escargo-phone est tendu d’un air généreux, tout sourire et*/... SPLASH !

Putain mais sont tarés ces cons ! Pourquoi il me l’a éclaté d’un putain d’coup d’cailloux ?

L’œil exorbité et les veines à fleur de peau je r’garde les restes visqueux m’tapisser la main et mon uniforme, l’esprit quant à lui à deux doigts d’retomber du mauvais côté d’ma nature.

-Kakarnak de fan d’ciche ! C’ti pas un baveux qui va m’feur mon kilt foi d’moué !
-Mais l’escargo c’est pour parler avec l’artisan triple buse !! C’est pas lui qui va l’faire !
-Ah ? Oh… Ben f’ti l’dire avant hein…
-Jamais entendu parler d’un escargophone nom de… !!!
-Roh ça va hein, C’ti pô b’soin d’étaler vot’ science…
-…
-Miyard ! Tais toé Ostie…
-Mais euuuuh


-RASKAL ! Un autre escargophone avant que je n’perde définitivement ma bonne humeur !


Avouez qu’ça s’rait dommage.
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-Bon, l'affaire est réglée. Messieurs ?

Mini cercle d'hybrides aux idées claires mais pas forcement plus louables, Moi Raskal Skylla et Miyard nous regardons, complices tantôt forcés tantôt  forçant, maniganceurs patentés, comploteurs des fonds obscurs et nourrisseurs de sombres ambitions. Qui sait quand tout ceci éclatera ?.. Trop tôt ? Je n'pense pas. Chacun a trop à y gagner pour vouloir tout faire foirer d'ici que le Plan ne s'mette en place pour de bon. Ouvrir l’œil et le bon... garder la laisse et la carotte en pogne...

Nos regards passent de l'un à l'autre, parfois craintifs pour certains, souvent haineux pour d'autres... Je vois Skylla dont l'cerveau carbure à toute berzingue pour tenter de garder le contrôle et de sauver ses billes. Raskal dont le sourire flegmatique a bien du mal à se laisser craqueler malgré sa situation périlleuse sur ses mers natales. Miyard qui semble... ben difficile à dire sur sa vieille trogne de pomme racornie. Et moi, dont les bénéfices à venir refont naitre si aisément sur  mon visage buriné le sourire de l'envie et de l'excitation. Je la sens monter en moi lentement, goutte après goutte. Et la Bête et moi aimons ça.



-Hum, Reste encore le cas de Hanbanama...

La magie semble se briser en une fraction d'seconde sur ce simple nom. Le visage de Skylla montre une appréhension légitime, Raskal une gène mal camouflée ; et même celui de Miyard semble soudainement couvert d'une crainte que je n'l'avais pas vu abordé jusqu'au plus dur de notre combat. Et d'voir cette bande de meurtiers claquer des miques à la simple pensée de d'voir se frotter au noble général Hanbanama, protecteur du royaume... ça fait bizarre faut avouer.

-Il est si... ce général Hanbanama ?...

Long silence gênant où nul n'ose répondre. Déroutant. Raskal n'avait pas été avare de descriptions et l'histoire parle d'elle même, mais à ce point ? On le dit suffisamment fort pour protéger l'île de l'influence de toute la piraterie, et même des terribles Yonkous. Mais à ce point ? On le dit plus grand maître du karaté aquatique ayant jamais nagé depuis un millénaire. Mais à ce point ?!

J'ai une folle envie de rencontrer ce fameux Hanbanama. Pas toi ?
Si. De plus en plus.

-Disons que c'est à cause de lui qu'on a du rester cloitré ici depuis si longtemps...
-Miyard ! C't'un tabernac de balaise, meuh j'mi frotte pi...
-Il est fort patron, plus encore que vous n'pourrez l'imaginer.

Je les regarde tous trois, tout concentrés qu'ils sont sur la pointe de leurs chaussures... Bordel. J'me suis pas farci les pires raclures de Grande line, des flottes entières et un amiral pour danser la gigue des g'noux maintenant ! Vous m'avez pris pour qui les gars ? Ah elles sont  belles les terreurs des océans !

-Hanbanama j'en fais mon affaire.
Que j'plaque d'un ton dur comme l'acier.


Tous me regardent à nouveaux, oscillant entre l'espoir d’être délivré de cette menace et l'approche d'une menace encore pire et bien moins contrôlable : la mienne. Ils savent tous que nous jouons sans cesse avec le feu ; jeu dangereux même à plusieurs milliers de mètres sous l'eau.



-Mais avant cela il nous faut renforcer notre main mise sur les sphères de pouvoir du gouvernement actuel.
-Miyard ! Que ti ?
-S'octroyer des alliés de l'intérieur pour renverser le rapport de force durant la bataille et faciliter la prise de contrôle une fois le putsch achevé.
-Miyard ! Ah... Et ceuh n'concerne nous les cheum là ?
-Non. Contentez vous d'être là où je le dirai au moment voulu ; et de respecter ce que je vous ai dis tout à l'heure.
-Miyard !
-D'ici là buvez et mangez autant que vous l'voulez, c'est Skylla qui offre.
-Que !...
-Miyard ! C'ti vach' de joasse ça !
-Mais je !...


Des deux mains j’agrippe L'homme écrevisse encore interdit et son cher ami Raskal, les trainant avec moi d'une main douce mais aussi implacable qu'un étau loin des Feegles que je délaisse sans mal.

-Un problème ?
-Je... mais... Non.
-Bien.
-...
-Laissons les s'occuper plutôt que de venir foutre leur bordel dans nos affaires là où tact et doigté vont être primordial.
-...
-Skylla, d'après ce que tu as laissé échapper tout à l'heure tu aurais déjà ton petit réseau au sein du palais ?
-Euh... c'est à dire que... oui ?
-Félicite toi en, ça t'a sauvé la vie huhuhu !
-Héhéhé.
-Héhé... ?


On se regarde en laissant mourir nos rires, juste histoire que dans nos yeux Skylla puisse lire que l'humour n'était qu'à demi-ton. Puis...

-Organise moi une rencontre avec ces fameux ministres et cette princesse.
Discrètement. Séparément.


Plus qu'une demande, le ton est à l'impératif malgré une voix chaleureuse. L'homme ne s'y laissera pas tromper. Les choses vont commencer à réellement bouger... et là nous verrons où en est notre alliance.

-A tes... ordres.
-Hum ?
-A tes ordres... patron.
-Bien.

La chaine se resserre lentement sur son cou...

-D'ici là tu seras bien gentil de m’amener à mes nouveaux quartiers que je m'refasse présentable et que j'reflechisse à tous ça plus en détail.
-Tes quartiers ?
-Ouais tu sais, ton ancienne chambre.
-Ah... bien sûr... patron.


(...)


-Êtes vous sûr de bien pouvoir lui faire confiance ?
-Confiance ? Lui ?!
-...

-MWOUAHAHAHAHAH ! */ Aïe, putain de Feegles...
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