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Aie Confiiance [Fb 1625]



-Monsieuuur Spleen, c’est ça ? dit la jeune femme en replaçant les lunettes sur le bout de son nez.
-Exactement.
-Bien, prenez place s’il vous plaît. Le docteur Bâl va venir vous chercher.
-Merci.

Je m’installe donc sur une chaise, peu confortable, de la salle d’attente. Quelques magazines sur une petite table, magazines d’art, culinaire et des journaux. Pas de magazine people (un bon point). La déco est simple, un seul tableau sur le mur représentant l’horizon, des couleurs chaudes. Malgré la forte réputation du jeune psychiatre, y a pas foule. A croire que je suis le seul avec un cerveau malade. J’prends une revue, mes yeux scrutent les pages à la recherche d’un article potable. Rien. A moins d’aimer les recettes de grand-mères ou les tuyaux pour garder la ligne. Et j’en ai pas besoin. J’mange rien en ce moment et je dors peu, le stress de l’oublie peut être.

Derrière la porte en bois massif, deux voix se rapprochent. La première, neutre, monotone et posée, la seconde, hésitante presque chevrotante. Elle s’ouvre laissant apparaître un homme dans la trentaine, propre sur lui (costume-cravate-gomina), les cheveux tirés en arrière, des yeux bleus mordant la salle de son regard froid. Une certaine aura, calme et mystérieuse, se dégage de l’individu, presque envoutante. La couleur pourpre sur les joues de la secrétaire me laisse comprendre qu’il n’est pas à plaindre.


-Ce ne sont que des cauchemars, ne l’oubliez pas. Vous êtes plus fort qu’eux. N’oubliez pas de prendre les somnifères surtout. Ils vous feront le plus grand bien.
-Mer…Merci doc… Docteur. A… A… A la semaine pro… prochaine. Le patient traverse la salle en souriant à la secrétaire (qui n’a d’yeux que pour son médecin), je suis apparemment invisible aux siens. Mon regard est bloqué sur son dos grassouillet jusqu’au moment où mon nom est prononcé par le jeune homme. Il m’invite à le suivre, j’accepte (le contraire aurait été idiot).

Son bureau est grand, beaucoup plus grand que je l’imaginais. Effet donné par la bibliothèque qui recouvre la totalité de deux murs ? (peut être, j'suis pas décorateur d'intérieur). Et aucune place libre n’est disponible pour pouvoir y ajouter un autre livre. D’ailleurs, une petite pile prend son envole dans un coin. J’imagine que la majorité de ces ouvrages n’ont pratiquement aucunes images et, les quelques unes présentes, ne doivent pas être utilisées pour des gags. Au centre, un bureau en bois massif où tout est organisé au millimètre. Le crayon est parallèle à la règle, elle-même perpendiculaire aux ordonnances longeant son coupe-papier, etc, etc. Opposé à la bibliothèque, deux fauteuils rouges tirant sur le bordeau se font face (espace d’intimité ?). Aux premiers coups d’œil, je dirais qu’il s’agit d’un homme cultivé (et même plus que ce que l’on pourrait imaginer), d’organisé et méticuleux, peut être même à la limite de l’obsessionnel (j’imagine que ses livres sont rangés par auteurs et titres).


-Mon « antre » vous plaît ? Sa voix est posée, ses yeux traversent les miens comme pour lire mon âme.
-C’est un style comme un autre. Un ange passe.
-De quoi voulez-vous discuter ?
-Rien du tout. Mes supérieurs pensent qu’il est préférable que je vois un psychologue.
-Pour quelle raison ?
-…
-Allons, je ne suis pas contre vous. C'est vous qui êtes venu me voir
-Une petite amnésie. Et surtout par obligation.
-Voulez-vous en parlez ?
-…
-…
-Pas besoin, j’le vis bien.
-Bien.. J'ai des doutes. Mais si vous le dîtes, je veux bien faire l'effort de vous croire.

Le silence dura pendant un long... très long moment. Jusqu'au moment où :

Ding !

-La séance est finie, je vous revois la semaine prochaine.
-Pas besoin…
-Je dois faire un rapport à votre supérieur, c’est la règle. N'ayant rien à écrire, je ne pense pas que ça leur fasse plaisir. De plus, je suis persuadé qu'il est nécessaire de se revoir.
-merde… A la semaine prochaine alors.
-A la semaine prochaine... Zachary. Dit-il en appuyant sur le prénom


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Comme imaginé, les fauteuils rouges sont confortables et donnent une impression de proximité.

-Alors Zach, je peux vous appeler Zach ?
-Mouais.
-Bien.. Alors Zach, vous ne voulez toujours pas me parler de ce petit trou de mémoire ?
-Hum, c’est pas logique de vouloir parler de quelque chose dont on se souvient pas.
-Certes, certes. Parlez-moi de ce que vous vous souvenez alors.
-Moment, j’suis pas du genre à dévoiler tout ça aussi sec.
-Il le faudra bien un jour, non ?
-Certes, certes.
-Si je ne vous inspire pas confiance, je peux toujours vous indiquer un collègue. Mais je suis là pour aider.
-Rien à voir, j’aime pas parler de mes problèmes, c'est tout.
-Pourquoi cela ?
-Le monde a assez de problème pour que j’en rajoute une couche.
-Noble sentiment mais dangereux. Enfouir un secret, je trouve ce terme plus juste, n’est rarement bon.
-C’est pas faux.
-Et quel était votre métier ? Quelque chose me dit que vous n’êtes pas un marine de carrière.
-Bien vu doc’. J’étais détective.
-Et en tant que détective, n’avez-vous jamais eu un cas où le secret de quelqu’un avait des effets néfastes sur son entourage ?
-Hum… Oui et plus qu’une fois même. Je dois dire que vous êtes doué.
-Merci, mais je dois vous demander pourquoi.
-Pour mener votre interlocuteur où vous voulez.
-Vous avez du flair en effet. C’est mon métier : arriver à faire parler les gens sur des sujets qu’ils ne veulent aborder. Maintenant que mes intentions ont été découvertes, voulez-vous m’en parler ?
-J’ai pas d’autre choix de toute façon.
-C’est un point de vue. Le choix est subjectif, on l’a toujours et jamais à la fois. Je pourrais vous conseillez le très bon livre d’un collègue.
-Merci, mais non. La lecture n’est pas mon dada. Ça embrouille l’esprit de questions superflues.
-« La connaissance est-elle favorable ? » Un autre très bon livre si vous changez d'avis.
-Comme quoi… Un esprit simple peut aussi réfléchir.
-Pourquoi qualifiez-vous d’esprit simple ?
-Je n’ai pas passé beaucoup de temps sur un banc. J’suis un enfant de la rue.
-Mais la rue n’est-elle pas la meilleure école de la vie avec ses imprévus, ses relations humaines ? N’est-elle pas plus proche de la vérité ?
-C’est un point de vue.
Il décroche un sourire.
-Je vais vous faire par d’un de mes secrets. On ne m’a pas "inculqué" mon éducation, c’est mon choix. Je me suis auto-forgé. Tout comme vous, j’aurais pu devenir forban ou criminel. Mais notre distinction  naturelle du bien et du mal en a fait autrement.
-J’imagine que vous avez un livre « Le bien et mal est-il universel ? », non ?
-Haha, j'apprécie votre humour mais c'est à côté : « Bien et mal, différences, harmonies, relations ».
-Encore un titre à rallonge pour intello.
-Ce n’était pas mon choix premier.
-Merde, excusez-moi.
Dis-je avec une certaine honte et stupéfaction dans la voix.Vous en êtes l’auteur ?
-Oui. Vous êtes doué aussi.
-Merci, mais je dois vous demander pourquoi ?
Dis je avec un petit rictus qui s’afficha par la même occasion sur le visage d’Hanny.
-Pour détourner votre interlocuteur du point essentiel de la conversation.
-Haha, vous m’avez démasqué docteur.
-Je n’espère pas totalement alors, votre présence n'aurait plus lieu d'être. Mais revenons-en à votre amnésie. Dîtes-moi, quel est votre dernier et premier souvenir ?
-Mon premi… DING ! -Ah bah c’est fini.
-Quelle heure est-il ?... 11h56. Avez-vous prévu quelque chose pour cette après-midi ?
-C’est samedi, jour de repos. Manger un bout et flâner certainement.
-Que diriez-vous si je vous proposais de vous joindre à moi pour le déjeuné ? J’ai préparé un excellent rôti avec une sauce aux quatre épices pour deux personnes. Ce serait un plaisir de vous avoir à ma table.
-D’où les magazines culinaire.
-Bravo détective, vous faîtes honneur à votre profession. Alors qu’en dîtes-vous ?
-J'en suis avec plaisir. Refusez une telle offre serait irrespectueux.
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Nous montons quelques escaliers avant de nous arrêter devant une porte, d’un bois brun et poli, délimitant l’entrée de ses appartements. Le jeune docteur tire une clef de sa poche intérieure. Je n’avais pas remarqué jusqu’alors mais son ensemble est taillé au millimètre. Du sur mesure, tout comme ses gestes, qui sont nets et précis, sans fausses notes. Du pivotement de la serrure jusqu’à l’ouverture d’un vin rouge, sa partition est limpide de toute bavure. Le positionnement du porte-manteau, de son tourne-disque et même celle du bar est calculé. Lui laissant à chaque fois le temps de tout réaliser, pour qu’au dernier moment, il n’est plus qu’à savourer l’instant. Desserrer sa cravate, juste avant de poser son par-dessus. Mettre en route un vieux disque pour que celui-ci ne commence qu’à la dernière goutte de vin tombée du goulot. Une minutie digne des plus grands.

L’appartement est à l’image que je me faisais de lui. Organisé, précis et raffiné. Passant le doigt sur une étagère, aucune poussière ne s’y colle. La disposition des meubles est, à l’identique que celle de son bureau, c'est-à-dire, perpendiculaire. Le meilleur adjectif qui me vient pour le qualifier, à cette heure, est «droit». De cet homme, jeune homme, se dégage une certaine aura. Que cela vienne de ses mots, de son perfectionnisme, ou bien de son regard cherchant à percer les secrets de l’âme, une chose est certaine, une force inconnue semble le porter au dessus de la moyenne. J’ai vu des hommes s’imposer par leur force, ce docteur s’impose par sa seule présence.

D’un simple geste, il m’invite à le suivre dans la cuisine. A peine a-t-il fait coulisser l’accès qu’un doux effluve me parvient aux narines. Cela fait plusieurs mois que je n’ai rien senti d’aussi parfumé. Et ce ne sont pas les rations de la marine qui pourront dire le contraire. Pensant déjà être gagnant, je manque de lâcher  mon verre lorsqu’il sort le plat du four. A ce moment, l’odeur s’amplifie cruellement, faisant geindre mon estomac de mauvais cuisinier. Un rire étouffé émane de mon hôte. M’excusant sous les traits d’une blague, il m’invite à m’assoir pour entamer les hostilités. Après deux bouchées, il lance la conversation.


-J’ai ce petit jeu, une manie d’enfance, qui est de faire deviner le plat à mes invités. Avez-vous une idée ?
-Hum… A vrai dire, j’dirais du bœuf.
-Dommage.
-Mince, j’étais persuadé. Les épices font du bon boulot mine de rien.
-Tout est une question de timing. Ajoutez-les trop tôt, cela dénature le goût de la viande, trop tard et les saveurs n’imprégneront pas assez la viande.
-Vous êtes drôlement tatillon, non ?
-C’est un de mes aspect en effet. Mangez-vous Zach ?
-Oui, et c’est délicieux docteur. Je n’crois pas avoir déjà eu l’occasion de gouter quelque chose dans c’genre.
-Appelez-moi Hanny, s’il vous plait. Mais je parle en général. Mangez-vous ?
-Bien entendu.
-Avec envie ?
-Heu… hum…
Je baisse les yeux sur mon assiette.
-J’imagine que la réponse est non. Savez-vous d’où cela peut-il venir ?
-C’est vous le psychologue mais… à vrai dire,… j’ai bien un doute.
-Exactement, de votre amnésie. Maintenant, dîtes-moi Zach, voulez-vous en parler ?
-Ha, j’me suis bien fait avoir docteur.
-Hanny.
-Parlons en, parlons en si cela vous tient tant à cœur, Hanny.
Dis-je en insistant sur le prénom.
-Ne vous fâchez pas Zach, voyons. Ce n’était pas mon intention première. Mais pourquoi ne pas utiliser un moment agréable, hors du bureau, pour en discuter plus sereinement. Eviter le carcan de la thérapie. Cela vous gênait, je l’ai vu dans votre attitude. Et je dois dire que votre amnésie ne me semble pas si petite que ça.
-Et qu’est c’qui vous fait dire ça ?
-Vos cernes, votre faible appétit malgré les ovations du votre estomac et de vos papilles. Quelque chose coince et je suis là pour libérer ce poids.
-22.
-22 ?
-Mon amnésie est de 22 ans…
Je ne sais que dire, il m'a eu. Je veux bien faire partir ce poids, mais je n'ai rien à dire. Pas plus qu'un bonne nuit et bonjour j'ai perdu la mémoire.
-Je vois, peut être avez-vous besoin d’une aide supplémentaire.
-… Comme… quoi ?
-Avez-vous déjà pensé à l’hypnose ? . . .
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-Bien… maintenant, dîtes-moi, que voyez vous ?

-Ce que j’aperçois plutôt. Je cours derrière deux dos, l’un rouge et l’autre gris foncé, non pas pour les rattraper mais pour les suivre. La nuit est déjà avancée, les chaumières sont éteintes et les quelques clampins croisés ne sont plus en état de tenir debout. D’ailleurs, à part les derniers déchets recrachés par les tavernes, il n’y a pas un chat dans la rue. Je cours toujours mais sans connaître pour autant notre objectif. Nous sommes pressés par le temps, une intuition, un sale sentiment, je ne peux l’affirmer mais je le sens, au plus profond de mes tripes. Mes jambes brulent, je sue à grosse gouttes et ma gorge est sèche. Mais qu’importe, mon devoir est de suivre.

-Où vous trouvez-vous ?

-Les masures sont faites de bois, du bois solide et robuste, mais attaqué par le temps et le mauvais entretien. La rue est en terre et les trottoirs n’existent pas. La ville semble avoir été posée là depuis des lustres. L’atmosphère y est lourde et néfastes. Comme si le danger nous attendait à chaque coin de rues. Merde… C’est Jaya. Jaya, la catin aux dents acérées et à la rancune amère. Où les insouciants se font égorgés pour une poignée de Berrys et les plus méprisants sont roi… mon île.

-Et qui sont les deux hommes avec vous ?

-Je, je, je dirais Zach et Harry. Nous étions inséparables, copain comme cochon. Cette complicité était née de notre envie de changer. Changer cette île, pourrîtes jusqu’à la moelle, ne plus être entouré par les morts et le sang.  Oui ! Ce sont eux. Zack vient de se retourner pour voir si je suis toujours derrière eux. Je pourrais reconnaître ce visage entre mille, carré avec une forte mâchoire, les cheveux bruns refusant de suivre les lois de la gravité. Mais son visage est inquiet, ça me prend les tripes et me les retourne. Il était toujours le plus optimiste. On s’arrête, j’ai le souffle court et les jambes qui tremblent.

-Où vous trouvez-vous maintenant ?

-En dehors de la ville, plus précisément à l’orée de la forêt. Devant nous se dresse un entrepôt tout en bois, lui aussi, mais ressemblant étrangement plus à une grange. A peine le temps de reprendre haleine, qu’Harry tire sur les portes. Il fait sombre à l’intérieur, très sombre. On n’y discerne rien, du moins pas encore, le temps que nos yeux s’habituent. Mais un son, faible, parvient à nos oreilles. Des supplications étouffées par les  sanglots. On s’avance à l’intérieur, quelque chose ne me dit rien de bon. Je sens comme une présence… Quelque chose nous guette, une présence démoniaque…. NON ! STOP !

-Zach ! Que se passe-t-il ?! Que voyez-vous ?!

Merde ! J’y vais ! Zack derrière toi. Putain de con, ils sont deux. Harry ! AAAAAAAAH ! Laissez-la ! Humpf. RAaaaagh !!

-…

-Je… Je suis touché, j’ai mal. Si mal. Je sens mon esprit vaciller, je m’écroule sur une rambarde. J’essaye de me retenir mais mes jambes sont molles, je lâche prise. Je sens mon sang glisser hors de moi, happé par l’envie de connaître le monde. Za… Zack…Ha… Harry… pourquoi ? J’… J’ai mal et si...

-/CLAP/ Réveillez-vous /CLAP/

-HUuuuuun. Que… Que s’est-il passé ? Pourquoi suis-je en sueur ?
-De quoi vous rappelez-vous ?
-Je… Nous sommes entrés dans la grange et puis plus rien.
-Vous vous êtes battus pour une femme. Et vous avez été sérieusement touché. Rien de plus, rien de moins. (*Sauf pour tes deux soit disant amis. Mon petit doigt me dit que nous allons bien nous amuser tous les deux.*)
-…
-Voulez-vous un verre d’eau ?
-A… Avec plaisir.
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¤1 mois 1/2 plus tard, Appartement de fonction – 3h56 :

Allongé en position fœtal sur mon petit canapé, 1 place et des petites fesses, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. En réalité, cela fait trois nuits que je n’ai pas dormi. Ajoutez à cela les demi-douzaines nuits agitées précédent mon insomnie. Au final, j’ai les yeux rouges, des cernes de six pieds de long, une barbe mal taillée et le même peignoir qu’hier. Deux jours que j’ai été relevé de mes fonctions. Raison : Convalescence forcée. -Mon Cul ! J’ai bien vu la gueule de mes collègues et leur attitude quand j’suis parti. Et leur attitude, -Ha ! Des faux-culs Ouai ! De chaux silences gênés saupoudrés de regards méfiants sur mon passage. -J’suis pas fou, vous savez ! Quelqu’un a du lâcher le morceau, bravo le secret professionnel. Nan, à tous les coups c’est  Fairfax qui, à son habitude, a dû lancer une rumeur de derrière les fagots. A chaque fois c’est le même coup. Et pourtant, ça se propage comme des souris dans une fromagerie. J’lui souhaiterai bien un joyeux anniversaire remanié. -Joooyeux Anniiversaiiire ! Et PAF ! Un bourre-pif !

Partout la même chose ! Toujours un petit rat pour te frapper dans le dos… Et parfois, ces rats ressemblent plus à des colombes. Zack… j’aurais du t’écouter plus tôt. Tu avais essayé de m’ouvrir les yeux, je les ai tournés vers l’alcool et les femmes. C’était une période morte et j’ai préférai dilapider mes derniers pesos dans la fête. Jaya était bonne à l’époque. Je me demande bien à quoi elle ressemble maintenant. C’a du changer, mais à quoi bon… tu es mort maintenant. Je me rappelle de la grange maintenant et du jour où je t’ai abandonné. Tu es mort ce jour là j’imagine. -Putain ! Si j’avais été moins con.. Merde ! Tu serais toujours là, et je saurai où est ce traitre. Harry… j’espère que t’es encore vivant.. Et à ce moment là.. Je jure que je te ferais la peau. Nous trahir pour le pouvoir et l’argent. Nous qui nous étions promis de changer tout ça. D’éliminer les magouilles et de rendre Jaya un endroit plus calme. A croire que la folie des grandeurs liée à cette ville s’était emprise de toi aussi… -Salaud ! Comme les rats, tu as trouvé ton morceau fromage et tu t’es jeté dessus en retournant ta veste.

Je me redresse et attrape la petite boite orange posée sur la table. Seul repas de la journée, je dépose deux gélules dans ma main gauche. Hanny m’a dit une toute les dix heures.
-Au point ou j’en suis…Je gobe les deux pastilles d’un coup sec en m’aidant d’une petite rasade de whisky. Seule boisson depuis l’après-midi. Le dosage est plus fort et pourtant les médoc’ ne fonctionnent pas. -Somnifères à la con. Il a pourtant augmenté les proportions par deux fois. Qu’est ce qui se passe chez moi ? J’ai l’impression de virer dingue. Je revois en boucle cette scène, celle d’un frère Karlz plantant Zack d’une multitude de coups de surin tandis que son frère l’immobilise. Harry me retient le temps d'admirer l fin du show. Juste avant de m’offrir cette magnifique cicatrice. Une larme coule le long de ma mâchoire serrée. J’ai juste envie de… -RAAAAAAAAAAAAAGH !

-C’EST PAS BIENTOT FINI CE BORDEL ! J’APPELLE LES FLICS SI ÇA CONTINUE !


Dernière édition par Zachary Spleen le Jeu 6 Nov 2014 - 19:41, édité 1 fois
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¤ ½ mois plus tard, bureau du Dr. Bâl

-Maintenant que vous êtes bien installé, nous allons pouvoir commencer. Tout d’abord, je tiens à vous prévenir que cette opération n’est pas sans risque. Vous ne souffrez pas d’épilepsie, au moins ?  
-Nan et j’m’en branle, j’veux pioncer. C’est tout.
-Bien, bien. Il s’agit d’une méthode peu utilisée, car agressive, et… non reconnue par la majorité de mes confrères.
-Mais elle fonctionne ?
-Pas à tous les coups, malheureusement. Mais elle a déjà fait ses preuves.
-Bon… On commence quand ?
-Tenez buvez cela. C’est amère, chaud et salé, dégueulasse quoi. -Maintenant, regardez l’objectif sans fermer les yeux.

De l’objectif sort un flash répété. Pour être agressif, ça l’est. Hanny se balade autour de moi, la raison je ne la connais pas mais c’est légèrement stressant. Après tout, c’est lui le médecin, alors j’laisse couler même si je ne pense pas qu’il y ait une grande utilité là dedans. Je ne tiens presque plus debout à dormir 2 à 3 heures par nuits. J’ai perdu en équilibre, et ne dîtes pas que c’est l’âge j’ai pas encore de pied dans la tombe, presque plus de goût, même le dîner avec Hanny semblait fade. Le pire sont encore mes moments d’absence. Parfois je me réveille dans un lieu, en train de faire quelque chose dont je ne me souviens pas. Au début ce n’était pas trop grave, quelques secondes tout au plus, mais maintenant… maintenant… merde. La dernière m’a prise hier midi. Je n’ai émergé que tard le soir. Complètement paumé au milieu de la rue, je n’avais sur moi qu’un futal et mon manteau, les poches aussi vides que mon esprit. Mais qu’est ce qui m’arrive bordel ?! J’aurais préférer ne jamais explorer cette amnésie. J’aurai préféré ne jamais me réveiller ce jour là. Tout aurait été plus facile… tellement plus facile.

J’ai l’esprit qui commence à vaciller, la lumière n’est plus aussi forte. En tout cas, c’est l’impression que j’ai. Tout, autour de moi, semble synchronisé avec les flashs et la rotation du monde. Laissant derrière eux comme une trainée d’eux même. Une ancienne version n’ayant pas disparue, ne voulant pas disparaître plutôt. J’aimerai bien que la mienne disparaisse… je voudrais la réduire à néant, tout recommencer… Tout oublier… Ne pas me sou..ve..nir. Le monde se moque de moi, j’entends Hanny me dire de résister, de continuer et de faire la paix avec mon Moi. Mon autre moi, accepter l’histoire. Voir La Vrai version. Ne plus fermer les yeux… j’ai tellement sommeil.

Je suis complètement dogué. Qu’y avait-il dans cette boisson ? Quel jour sommes-nous ? Est-ce la nuit ? Je n’ai plus de repère, les flashs continuent de brouiller mon esprit. Suis-je seul dans la pièce. Je n’entends plus Hanny. Où est-il ? Que se passe-t-il ? … Une forme s’approche. Je tente de tendre le bras mais il ne bouge pas. Aucun membre ne répond, je ne peux même pas parler. Complètement amorphe je me laisse porter. Porter par les lumières, les sons et le lapin… Il est l'heure... je sombre.
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-Bordel de m…

Un mal de crâne à m’en décoller les cheveux, les bras tendus en l’air et la bouche pâteuse, j’ne sais pas où j’suis. J’émerge doucement du néant. Omniprésent, il a engloutit la pièce, mes pensées et mon âme. Je relève doucement le menton qui retombe instantanément sur ma poitrine. La tête trop lourde de tout je ne distingue rien sauf mes pieds, tendus à quelques doigts au dessus du sol. Immobilisé, mon corps décrit de petits cercles. Petits cercles insupportables, aussi bien physiquement que mentalement. Chaque aller-retour est un supplice, une torture et même, un travail à plein temps. J’prends enfin conscience de ma situation. Les mains et les pieds ligotés, j’suis suspendu comme un vulgaire animal prêt pour l’abattage. J’essaye de me rappeler comment j’suis arrivé ici… souvenirs 0 (pour changer).

Les ténèbres reculent petit à petit tandis que mes yeux s’habituent à la noirceur du monde. Le sol est carrelé et étoilé de tâches foncées. J’souffle, faisant apparaître d’la buée. Le froid n’était donc pas qu’une impression.  Un faible vrombissement attire mon attention. J’tente de me retourner, mauvaise idée, une douleur me prend les omoplates. De toute façon, il s’agit certainement du système de refroidissement. Ce dernier s’arrête laissant un silence morbide planer. Mais celui-ci est rapidement interrompu par un petit bruit. De l’eau coule sur le carrelage, ça vient de la gauche. Une profonde inspiration, un nouvel essaie qui me contracte tous les muscles mais avec un résultat cette fois. Malheureusement pour moi, j’aurais préféré ne jamais voir. Le savoir est amère. J’ferme les yeux, j’veux disparaître, mourir. Pourquoi tout cela m’arrive ? Qu’ai-je bien pu faire au karma ?

Le plic-ploc continue, ma peur grandit à chaque goutte tombant sur le sol. Je crie mais aucun son ne sort. Des larmes de rage et d’impuissance m’perlent aux coins des yeux avant de rejoindre le concerto. J’me concentre, j’essaye tout du moins. Me rappeler, je n’ai qu’une chose à faire… me rappeler… Si seulement c’était aussi simple. Aller ! Réfléchis ! Rappelle-toi !... Rien. Rien sauf un masque, un lapin mortuaire.

La mort… j’suis cerné par elle et ce, depuis ma plus tendre enfance. A ce moment précis, j'ne vois que les morts de ma vie. Zack et les criminels de mon passé. L'homme derrière moi avec la gorge tranchée, mon sinistre présent. Petite projection dans le futur, je n'vois qu'la mienne... ma mort, quel soulagement.
Toutes les lumières s'allument en un sinistre crépitement. Mes yeux brulent, j'deviens momentanément aveugle. Au fond, une silhouette se détache...


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Lugubre. Funeste.


Sephiria, jeune promue, constate le panorama le cœur tourmenté. Cela fait deux jours qu'elle navigue en direction de Logue Town. Elle et ses hommes, une vingtaine de matelots, se sont vu attribué une mission qualifiée de quelconque par ses supérieurs et qui, en soit l'est puisqu'elle consiste à surveiller les axes maritimes commerciaux les plus empruntés d'East Blue.

Toutefois, les choses se sont compliquées lorsqu'un brouillard crémeux et épais s'est déposé sur l'eau. Dans un premier temps blanc avec une visibilité nulle à cinquante mètres, la brume devient de moins en moins opaque à mesure qu'elle s'obscurcit, allant dans des teintes de plus en plus foncées. Temps inhabituel. Ambiance inhabituel. Tout le monde se tait. La moitié des hommes contemplent ce décor de fumée dans l'espoir de trouver un repère, l'autre moitié s'observent en se demandant ce que fait Sephiria seule debout sur le pont l'air songeur. Quelque chose en son for intérieur la perturbe et elle n'arrive pas à mettre la main dessus, d'autant que cette perturbation s'amplifie à chaque coup de barre vers Logue Town. Étrange.

Un cri perdu dans le vent. Frissons dans le dos.

-Qu'est c'que c'était ?
-Juste le vent, t'occupes.


Personne n'est rassuré mais, sans autre explication plausible, la majorité accepte cette idée tout à fait commode et confortable. Sephiria ne dit rien pour éviter la panique mais à l'entente du bruit son cœur fit un bond anormalement fort pour un simple souffle. Doux claquement des voiles, craquement sourd de l'armature du navire, clapotis réguliers sur la coque. Calme avant la tempête pour Sephiria, byzance pour ses hommes amoureux de la vie en mer.

Le ciel gronde. Quelques gouttes tombent.

Inquiète, Sephiria a besoin d'éclaircissements, le paysage n'offrant pas cette possibilité, ses compagnons de route le peuvent peut-être. Elle se retourne vers ses hommes et s'exprime d'une voix forte.

-Vous connaissez tous Logue Town ?
-Oui sergent !
-Qui y a habité ?
-Moi sergent ! Répond fièrement un matelot
-Combien de temps ?
-Toute mon enfance sergent.
-Écoutes moi bien et fais travailler ta mémoire, c'est très important. Sur tout le littoral, y a-t-il une zone qui n'est pas sous le contrôle de la Marine ?


Le matelot se vexe, originaire de cette île et très fière de son histoire, il voit cette question comme un affront. Mais, en vu du grade et de l’envoûtement de son interlocutrice, il se força à ranger son ego et à réfléchir profondément. Sephiria prend son mal en patience.

-Mmmh, sans hésiter j'aurais dit non mais maintenant qu'j'y pense... Il y a bien un endroit sur la côte où personne n'est allé, sergent, même pas la marine. C'est au nord de l'île si je me souviens bien. Un tout petit morceau de terre, ça faisait comme une presque-île sur la carte à l'école.
-Personne matelot ?
-Personne, sergent. Faut dire qu'il n'y a rien là haut. Ah si, un vieille bicoque qu'on m'avait dit.
-Une vieille bicoque ?
-Oui sergent, d'après la rumeur y avait une p'tite maison à l'abandon. Mais bon, ça date comme information !
-Très bien. Merci matelot. Mettez plus de mou dans la voilure, une tempête approche.


La pluie s'intensifie, roulement de tambours dans les nuages au-dessus du bateau. Soudain le voile brumeux se lève et, tel un rideau de théâtre au début d’une pièce, le décor apparaît devant les spectateurs. Un ciel noir plante l'arrière-plan, en aval des rochers taillées par le fracas des vagues avec à leurs sommets une forêt d'arbres dénudés de leurs feuilles mais pas des nombreux corbeaux voletant et croassant, remplaçant le vert lumineux par un sombre et funeste feuillage. Pour couronner le tout siège au centre de ce lugubre paysage un gargantuesque manoir avec deux tours jumelles rectangulaires formant l'entrée, aux briques rouges délavées par le temps et aux fenêtres minuscules. Crénelage, tuiles manquantes, barbelés sur le mur d'enceinte et grille d'entrée austère. Un lieu sinistre totalement oublié par tous où quelques expériences désapprouvées ont pu se dérouler en toute sérénité. Du navire, Sephiria et les matelots ne peuvent pas distinguer les barreaux aux fenêtres, les pairs d'yeux phosphorescentes qui les fixent depuis le dernier étage, les paroles insensées des patients traumatisés, ou encore les messages ensanglantés sur les murs.

-Une petite bicoque mh ? Ça ressemble plus à un asile cher matelot. De bonne envergure en plus. On va y faire un petit tour.
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Le lapin s’approche doucement. Ses yeux ressemblent à deux petites lucioles vicieuses. S’arrêtant à quelques centimètres, il scrute chaque partie de mon corps, se demandant que faire de toute cette viande. Gauche-droite, droite-gauche, gauche-droite, sa tête est un pendule décomptant les secondes de la folie. Un faible, mais inquiétant, rire me laisse présager le pire. Le monstre m’attrape les jambes et me décale. Le crochet me soutenant glisse dans un cri strident, un frisson de soulagement me parcourt l’échine lorsqu’il s’éloigne. Maigre récompense, je ne resterais pas indemne éternellement. S’approchant du cadavre, le lapin décroche le corps pour l’installer sur une table en fer souillée, elle aussi, de sang. Pourquoi l’attache-t-il ? Le pauvre bougre est mort. Il me présente l’homme comme pour me montrer le futur. Dommage pour toi, j’me suis déjà fait une idée. Bouffer les pissenlits par la racine ne sera qu’une libération.

Un sourire se détache de se visage froid lorsqu’un couteau, de la taille de mon avant bras, apparait dans sa main. Tu vas faire quoi ? Planter un mort ? Déjà vu pire… Si tu crois que j’vais mouiller mon froc ! Je souris pour lui montrer ma détermination, le couteau se dresse. Grand plongeon, l’arme se plante dans l’estomac, un cri déchire la pièce et mes tympans. L’homme a les yeux ouverts et beugle comme un cochon. Un renvoie me prend les tripes, je manque de vomir. Un liquide vermillon se répand tout autour de nous. Merde putain ! Il est vivant ! Deuxième coup, entre les reins, nouveau beuglement, nouveau suintement, nouveau renvoie non retenu. De nombreux spasmes parcourent mon corps. Complètement ligoté, je ne peux rien faire qu’admirer ce spectacle morbide. L’homme sanglote, pleur et crie. Il ne peut que participer, contre son gré, à cette sinistre exécution en comité réduit. Le psychopathe s’éloigne.


-hey ! Tiens bon ! Il est parti.
-Hyahyahyahahahahahaha ! Raaaaaghh ! Au secours ! Aidez-moiiiii !
-Chuuut, il va revenir. Tais-toi !
-HYAHYAHAYAHAYA ! ON EST MORT ! MORT ! MORT ! TUES-MOI ! VAS-Y ! TUES MOI ! J’SAIS QUE T’ES LA  HAHAHAHA!
-Mais ta gue…

Un objet froid se pose sur mon épaule me faisant fermer mon clapet. Rapide coup d’œil, différente de la précédente, il s’agit d’un sécateur taille XL. Se replaçant derrière la table d’opération, un large sourire sur le visage, il bloque la tête de sa victime, qui continue à crier, avec une sangle. Puis d’un geste net et précis, démontrant une certaine expérience, il attrape la langue et la tire de toute sa force. Le sécateur s’ouvre avant de se refermer le plus lentement possible sur le muscle. Les lames s’enfoncent doucement et du sang coule dans la gorge de l’homme laissant échapper des gargouillis étranglés. Coupée à moitié, l’homme ne peut plus crier sa douleur qui se transforme en sanglots, larmes et contractions musculaires. La douleur doit être insupportable, je manque de rendre une seconde fois.

Craquements, bruit de gaz, des flammes apparaissent sur ce qui semble être une gazinière relique. L’abomination revient à nous. La langue tombe au sol dans un sinistre claquement avant d’être piquée et transportée au dessus du brasier. Une odeur de viande cuite titille nos narines. Putain, il est en train de la cuire…  mais où j’suis tombé ? Un rire gras s’élève lorsqu’il arrache un morceau avec ses dents avant de mâcher sa récompense… Je… Je… tombe dans les pommes.
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-NNNNAAAAAAAANNNNIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!

Tous les matelots sont effarés face à la déclaration de leur sergent. Et pourtant il faut y aller, telle est la décision de Sephiria. Elle le sent car à la vue du manoir ses prémonitions se sont précisées.

-Il y a quelqu'un à l'intérieur, quelqu'un d'humain.

Et c'est tout. Sephiria ne peut s'exprimer plus car elle ne comprend pas elle-même sa sensation.  Une sensation de perte de l'humanité, ou, a fortiori, de la perte d'humanité. A ce moment, sentant la détresse des larbins, une fameuse réplique lui vient à l'esprit. Sans la dire, elle s'en inspire :

-Je ne force personne. Ceux qui souhaitent me suivre, suivez-moi. Tout ce que je demandes aux autres couards qui restent est de maintenir cette position coûte que coûte ! Nos vies en dépendent. Amarrez la barque !
***


Trois matelots ont décidé de l'accompagner, un pour se prouver qu'il a des cojones, le second pour impressionner et ainsi peut-être attirer l'attention de Sephiria, le troisième s'est carapaté à la vue de la grille d'entrée. Pas un bruit ne les atteint. Leurs pas sont anormalement étouffés. Outre la respiration haletante du sergent et de ses marins, un silence quasi-total retentit devant le manoir. Accablant et accabléé, Sephiria inspecte, surveille, écoute sans rien déceler. La peur s'accroche à ses boyaux, les serrent jusqu'à la limite du rejet, ce n'est plus une boule mais un trou noir au ventre. Seul côté positif ; cela la maintient alerte et attentive.
Derrière le portail de fer colossal, non cadenassée par ailleurs, règne un jardin morbide, broussailleux ou brumeux. Omniprésentes dans le parc, les hautes herbes entourent quelques arbres pourris jusqu'à la sève tandis que les allées sont conquis par les plantes envahissantes qui disloquent et déforment tous ces pavés soigneusement alignés. A travers la brume grise, Sephiria aperçoit au fond à droite du jardin un labyrinthe de grilles et de barbelées avec une sorte de terrain de basket au milieu ce fouillis métallique. Entre le portail et la porte d'entrée du manoir se trouve une fontaine, qui fut un temps sûrement majestueuse, mais qui aujourd'hui pisse du sang par les trous prévus à cet effet abreuvant ainsi le bassin déjà rouge noir. Des petits morceaux flottent, hélas trop loin pour que Sephiria voit ce que c'est.

Crrriiiiiiiiii

La Marine pénètre dans le parc par la grande porte. Le grincement du portail contraste avec le silence étouffé précédent car celui-ci est clair, net et résonne dans toutes les directions. Aux aguets, ils avancent. Le zéro absolu du son revient, pas un piaf, pas un cri, pas un rire, pas un tonnerre, seul la pluie interfère doucement et gracieusement.

Bluuurrrp

Et en voilà un qui vomit déjà. Le cadavre planté sur le sommet de la fontaine doit en être la cause, l'oeil droit et les intestins pendent, les deux bras manque à l'appel et l'habit qu'il porte ressemble à une camisole. Sephiria détache ses deux lèvres et articule difficilement comme si sa voix s'est atrophié :

-Ça commence à devenir glauque... Mais qu'est ce qui se passe ici...  

Bluuuuurrrrrrp

-Hou ! A yé j'crois que j'ai vomi tout mon p'tit-déj, on peut y aller.

Ils dépassent la fontaine et approchent de la grande entrée.

-AaaaaaaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH !!!!

SPROUTCH !

Un corps vient de s'écraser juste devant eux s'éparpillant en milles et morceaux en plus de les éclabousser de chair, d'os et de sang. La soudaineté de l'événement les paralyse, et pourtant leurs cœurs s'emballent.

Bluuuurrrrp

-Ah nan, il restait la bouillie de maïs.
-Ne tardons pas ici. Venez !


La panique cède face à la raison ; Sephiria repère ainsi une entrée en catimini sur la droite et s'y précipite suivis des deux merleaux. Sephiria enjambe le rebord d'une fenêtre brisée au rez-de-chaussée et arrive dans une petite pièce faisant office de bureau ; une chaise, une table, une lampe. Faible éclairage jaunâtre, sol et murs nus et craquelés, en plus ça fouette. Un document ouvert est posé sur la table. Tandis qu'elle l'examine, les deux matelots rentrent à leurs tours et commencent à regarder prudemment à travers l'embrasure de la porte en bois. La blonde survole le texte :

« […] lapin […] expériences chirurgicales […] lavage de cerveaux […] traumatismes […] divergences du projet […] typologie des folies […] sélection naturelle entre patients internés […] bains de sang […] agrandissement du crématoire […] hypothèse sur la prison confirmée, test concluant […] perte d'agents de sécurité […] mutations spontanées non désirées [...] »

Le feuilletage du document se continue jusqu'à la dernière page. Là, Sephiria stoppe son geste car le changement d'écriture la frappe, au lieu du trait de stylo fin et hyper-régulier habituel le style est, sur cette ultime page, chaotique et précipité. Le sergent se concentre pleinement sur le papier :

« […] la prison n'est plus sous notre contrôle, le chef de la brigade affirme le contraire mais les coups de feu et les cris perpétuels en provenance de l'aile Est parle d'eux-mêmes. Certains patients sont devenus incontrôlables, trop de doses, trop d'opérations [...] les scientifiques sont divisés sur cette question en trois groupes. Je me rallie au Docteur Bâl, d'autres au Docteur X, enfin les derniers considèrent que c'est allé trop loin et veulent partir. Ils périront pour cet affront. Nous les dégusterons pour cet af... »
   
VLAN!

La porte vient de se claquer violemment tirant Sephiria de sa lecture par un sursaut. Les deux matelots ont disparu. Angoisse. Elle regarde partout apeurée, effrayée. Ses vêtements se trempent de sueur. Elle se dirige vers la porte en tremblant. En posant l'une de ses mains sur la poignée, elle dégaine son épée de l'autre avec le plus de hardiesse qu'elle peut mobilisée. Elle rajoute à cette acte d'autorité une profonde inspiration en enchaînant sur une longue expiration de telle sorte qu' un maximum de courage est puisé en elle. Sephiria ouvre d'un geste sûr et bondit dans le couloir. Un coup d’œil à gauche. Rien. Un coup d’œil à droite. Personne. Seulement des murs et du sang.

Où sont-ils ?

Le stress remonte. Sephiria part à leurs recherches dans les méandres de l'asile. Au bout de deux minutes de déplacements furtifs à travers ce qui semble être le département administratif, une réflexion des plus sages émerge de son esprit tourmenté :

Mais quel est cet endroit de dingue ?

En effet, une odeur de putréfaction abondante, du sang sec figé sur les murs s'alterne avec du sang frais dégoulinant encore. Des couloirs peu éclairés, glauques. Des portes fermées à clef. Des cellules. Beaucoup de cellules avec à l'intérieur des... patients ? Non, ils ne sont plus humains, ils ont perdu la boule. Certains se cachent dans un coin ou sous un lit, complètement recroquevillé, tremblant d'une peur continue, d'autres se frappent la tête contre le béton sans interruption où le sang gicle. Et aussi des morts. Des morts transfigurés dans des fauteuils roulants, des morts sans mâchoires dans les conduits d'aération, des morts désarticulés sur le sol.

Sephiria continue son parcours, croise des détenus qui lui conseillent de fuir les « démons », de partir tant qu'il en est encore temps. Ils se disent tous condamnés, de quoi ? Elle ne sait pas. Au bout d'un long couloir particulièrement sombre, Sephiria identifie une salle différente des autres ; parquet, consoles et ordinateurs en état de dysfonctionnement ainsi qu'une grande baie vitrée au-dessus des engins informatiques donnant sur ce qui semble être une chambre à gaz plongée dans l'obscurité. Deux gardes morts jonchent le sol. Sans bruit elle entre dans la pièce, l'examine et trouve un trousseau de clés sur une des consoles. Elle s'approche et s'en saisit. Le trousseau comporte une douzaine de...

BOONNG!

-Iiiiii !

-NOURRIS MOOIII ! NOUUUUURRRIIIS MMOOOOOIIII !!!

BOOONNNG!

-Aaaah !


Un monstre humanoïde est derrière la vitre. Énorme, immense, ses yeux terribles phosphorescents montre un visage à l'aperçu exécrable et une massue gigantesque à la main. Sephiria, tombée à terre face à cette terreur, est tétanisée par cette créature aux bras ensanglantés, au corps couvert de cicatrices encore fraîche. Et sa bouche, large, démesurée où le sourire s'étale jusqu'aux oreilles manquantes finisse son portrait.

-NOU-RIS-MOOOIII !!! NNNOOUUUUURRRIIIIS MOOAAAAA !!!

BOOONNNG!


Troisième coup titanesque dans la vitre qui se fend. Le prochain coup sera le bon. Sephiria se reprend, se met à trébucher, recule à quatre pattes. Elle ne peut le lâcher des yeux. Il prépare sa charge. Sephiria sent le mur froid contre son dos.

C'est foutu

La bestiole charge, saute carrément tant la chair fraîche le stimule. Dans un dernier espoir, Sephiria se jette vers les consoles d'un coup de pattes.

La vitre se pulvérise. La brute, propulsée par son élan passe au-dessus des ordinateurs, emportant avec elle quelques écrans et un bout du mur. Alors qu'au même moment Sephiria se loge sous les ordinateurs. Fixant de ses yeux sa nourriture se faufiler sous lui, le bulldozer manque son atterrissage et tombe dos sur le plancher.

CRAAAC!

-NNOOouurrriiiis-mooooii...

Badaboum!


Sous ce soudain poids colossal, le parquet se rompt. Alors le monstre dégringole dans les sous-sols ténébreux du manoir et on ne l'entendit plus. Quant à Sephiria, elle se tient des deux mains à une planche encore valide, tout son corps pend dans le vide. Son sabre y est passé, son bras gauche est meurtri mais pour une bonne cause : la survie.

-Haannn... han... han... Y à quelqu'un ? Besoin d'aide...
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Tout ce tintamarre a attiré les curieux, les dégantés sans bras et les fous aux sages conseils. Dans cette petite pièce exigüe au sol fracassé chaque trou est rempli d’yeux excentriques, pas méchants mais dérangeants.

-Ne pas déranger les macaques…
-Pauvre fou ! Vous mourrez ici avec nous…
-Partez tant qu’il en est encore temps, je les retiendrai…


Ils errent sans but dans le manoir, ces âmes oubliés se font décapités quand ils vont au mauvais endroit au mauvais moment. A force ils se sont oubliés eux-mêmes et vivent à en mourir en espérant mourir pour vivre, mais ça, ils l’ont oubliés aussi. Rien, il n’y a rien à récupérer dans ce manoir d’Hadès.

Recroquevillée dans un coin, Sephiria s’est hissée par la force de ses bras, s’est redressée et planquée en position fœtal dans ce coin. Seule autour de macabres condamnés, elle se demande ce qu’elle fiche ici. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu’elle ressente cette envie irrésistible d’entrer dans ce lieu, alors que n’importe qui aurait pris ses jambes à son cou à la vue de cet asile, ce qu’ont très bien fait tous les habitants de l’île depuis des années et ses matelots depuis une demi-heure. Mais non, elle est rentrée, sauver une âme encore en vie qu’elle disait. Maintenant elle est perdue, perdue dans ce château, perdue dans sa tête, perdue dans son cœur. Elle ne sait plus où chercher. Elle veut sortir.

Soudain un râle d’agonie ébranle les murs. Tous les macchabés s’affolent, se bousculent et chuchotent avant de disparaître dans des recoins que seuls eux connaissent :
-Il faut partir…
-Il faut se cacher…
-Il arrive… Le mari fou arrive…
-Il arrive !


Sephiria se réveille de sa transe, il faut partir, voilà une phrase qu’elle comprend. Elle se relève et saute par-dessus le reste de vitre défoncée pour atterrir dans la pièce d’à côté aux allures de chambres à gaz.

-Où es-tu ma jeune mariée ? Oùù es-tu ?!

Et en effet, il arrive. Sephiria se crispe au son de cet écho, hideux et dénué de raison. Elle cherche une issue mais n’en trouve pas. Le sas est fermé, impossible de l’ouvrir.

-Ma délicieuse bien-aimée, ma belle !! Viens et je te cajolerais !

Il se rapproche, sa voix hideuse se veut mielleuse. Une issue ! Calfeutré et caché, une bouche d’aération se dévoile au-dessus du sas. Sephiria récupère une chaise, monte et commence à dégager la bouche. Elle  entend ses pas, une allure soutenue à la recherche de sa proie. Sephiria recouvre ce bruit inquiétant en retirant la plaque de métal qui bloque le passage tant bien que mal.
-Ooooh, mais ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais…

Il est là. En face. De l’autre côté du trou se tient un homme en costume deux pièces nœud papillon, chaussures en daim et prêt à se marier, quoique un peu ensanglanté et taré. Sephiria redouble de vitesse et soulève la grille. Par chance, le fou s’est immobilisé, car choqué par ce qu’il voit, et n’a pas l’air de comprendre que sa proie lui échappe.

-Un spécimen rare… très rare… Cela faisait longtemps… Mais ça fera l’affaire ! Tu seras, nan! Tu ES ma femme dorénavant ! Yahouhou ! Eh ! Nan ! Reviens !

Profitant de ses spéculations, Sephiria s’est jetée dans l’embrasure qui mène à sa liberté, seules ses jambes ne sont pas encore passées. Le mari fou s’élance dans le vide, manque de tomber mais se rattrape et se redresse avec une vigueur inouïe. Il fonce, attrape un pied de la belle puis tire. Toutefois, la belle sait se défendre et, d’un coup de talon judicieusement placé dans l'œil, frappe la bête qui vacille et lâche prise. Sephiria se met à ramper comme elle n’a jamais rampé de sa vie. Calant des coups d’œil rapides en arrière, elle avance à vitesse grand « v » en écoutant les complaintes de son fiancé déjanté :

-Reviens ! Mais je t’aime !!! Reviens ! Je te retrouverais et je t’épouserais !!! Ma beeelllllle !!!

Au bout d’une minute de cavale fatigante dans des tuyaux puants, Sephira n’entends plus rien et s’accorde une pause méritée. Son cœur bat à la chamade. Ce court moment de tranquillité lui permet de faire le point. Un gros truc tout moche qui souhaite la déguster. Bon ok, ceux-là n’ont pas l’air très malin, ils font du bruit et foncent sur tout ce qui bouge. En définitif, éviter le frontal mais sûrement facile à duper, peut-être même à esquiver. Ensuite, les morts-vivants qui se baladent plus ou moins librement dans l’enceinte du manoir. Ils font peur mais ne sont pas agressifs, néanmoins à surveiller quand il y en a un à proximité. Enfin, le « mari » fou. C’est un autre cas celui-là, plus agile, plus en possession de ces moyens physiques et intellectuels. Il a tout de même pété une durite mais il reste conscient de ses actes, du moins il semble conscient.

Désormais que les choses sont au point, Sephiria songe à bouger. L’odeur dans la bouche d’aération devient invivable. Par peur de tomber sur un cadavre en putréfaction après l’angle du tuyau, Sephiria examine à travers une grille l’endroit où elle peut sortir. Elle entrevoit un lavabo dézingué, un lit terne, un pot rempli d’immondices et une grille en guise de porte. Une cellule ? Il semblerait. Toutefois, les barreaux ne sont pas réguliers prouvant que la cellule est ouverte sur l’extérieur. Quel extérieur ? Ça Sephiria ne le voit pas et ça l’inquiète. Une inquiétude minoritaire face à l’immense oppression du système d’aération qui oblige à s’allonger dans la crasse, ramper à travers les os et respirer l’irrespirable. Ainsi, reprenant une lampée de courage dans un dernier souffle, Sephiria ose et se jette dans la marre aux poissons, autrement appelé la prison.
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Une porte, enfin !, j’m’y engage d’un seul bond comme un animal pris au piège. Derrière, un couloir avec, comme seule issue, une fenêtre. Ce ne peut être possible, nan ! Serais-je encore coincé ? Je m’y dirige au pas de course, le cœur battant la chamade. Je n’prête ni attention aux tableaux froids et moroses, ni à la poussière omniprésente, ni au papier peint délavé et encore moins aux mégots et détritus qui s’accumulent un peu partout. Je n’ai d’yeux que pour ma fuite. J’vais enfin quitter cet endroit de fou, retrouver la liberté et la paix. Un demi-centimètre de crasse s’est accumulé, avec le temps, aux carreaux. Je gratte, aucuns effets, il fait noir et la faible lumière intérieure m’empêche toute vision. Suis-je au rez-de-chaussée, au premier ou plus ? Aucunes idées et, bien entendu, impossible de l’ouvrir.

CRIIIIIiiiiiiiiiiiiiii

J’me plaque contre le mur dans un sursaut de terreur. Dans le faux, j’aperçois la suite du couloir. Invisible auparavant, il bifurque dans un angle droit vicieux. Suite tout aussi lugubre que le commencement. Deux portes, une fermée, l’autre, celle du fond, entre-ouverte. Etait-elle ouverte ou bien est-ce l’œuvre du lapin ? Un piège peut être ? J’reste immobile plusieurs secondes, jetant des coups d’œil derrière, devant, derrière, devant, je ne sais où aller, ni que faire. J’ai les mains moites, les jambes faibles, le souffle court. Je ne sais combien de temps je reste planté là, quelques secondes, une heure ? Je n’entends rien, je ne vois personne… Pour le moment tout va bien. Pour le moment tout va bien. Pour le moment tout va bi..ien. Des bruits de pas. Je m’enfuis. Peut importe, quitte à y rester autant avancer. J’passe dans l’autre pièce, la porte se claque derrière moi. Merde ! J’arrive pas à l’ouvrir, tant pis, continue, c’est la seule solu…


-Bordel de m**** du p*** borgne….

Comme dans un rêve, ou cauchemar dans ce cas-ci, le même passage, la même fenêtre la même bifurcation. J’avance à pas feutré, je transpire à grosses gouttes salées. Une odeur rance me prend au ventre et me retourne les tripes. Toujours la même crasse, les mêmes accès avec une différence. La première est entre baillée, la seconde est fermée. Bloquée par le plancher gondolé, j’colle mon œil. Il y fait plus sombre que dans un four. M’habituant petit à petit, j’entends de plus en plus fortement une respiration. Est-ce la mienne ?

-HAAAAAAAAAaaaaaa !

Je cours, j’empreinte la sortie maintenant ouverte. Les mains sur les genoux, je reprends mes esprits. J’ai bien vu ce que j’ai vu. J’me pince, aie, pas un rêve. Il y avait quelqu’un, décharné, les muscles à vif. J’en peux plus, mon cerveau va exploser. J’tombe à genoux, je ferme les yeux, j’attends. Avancer ? A quoi bon… Autant attendre la fin ici. Ce sera moins effrayant. Ce sera moins fatiguant. Ce sera plus rapide. En un mot : Libérateur…

-Hey ! Aller mec ! Hey ! Réveille toi c’est pas l’moment d’pioncer. Tu m’entends ? OH ! Ouai c’est ça ! Ouvre les yeux !. Hey ! T’inquiète pas ! j’vais te sortir de là. T’es en sécurité maintenant !
-T’es… T’es… T’es qui ?
-Un marine. Les secours arrivent, tu tiens le coup ? Mais d’abords, j’dois couper ces liens avant que l'autre rapplique.

Rapide coup d’œil, prise de conscience… ce n’était qu’un cauchemar caché dans un autre plus cruel encore.


Dernière édition par Zachary Spleen le Ven 28 Nov 2014 - 15:41, édité 1 fois
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Je tombe au sol comme une masse. J’ai les jambes faibles, plus faibles que dans mon cauchemar. Le marin se tient debout, face à moi. Il m’aide à me redresser et me tend une gourde. J’avale trois grosses goulées d’eau. Ca fait du bien par où ça passe. Pas loin de nous, l’homme à la langue coupée gît mort, étouffé par son sang, et commence à sentir. Comment est-il arrivé jusqu’ici ? De nombreuses tâches rouges étoilent sont habits blanc et bleu.

-Comment tu t’appelles.
-Spleen, Zachary Spleen et toi ?
-Bobby. On doit bouger et vite.
-Ouaip, mais qu’est ce qu’tu fous ici ?
-Je fais partie d’un petit groupe venu exploré les lieux sous les ordres de la lieutenante Forenlord.
-Et ils sont où tes amis ?
-Heuuu, disons qu’on a été séparé après qu’un gros ait essayé de nous damer.
-Le lapin ?
-Quoi ?
-Rien, méfie-toi du Lapin.

Une fois les portes passées, Bobby et moi nous retrouvons dans un réfectoire sans dessus dessous. Les tables sont renversées, les chaises cassées. Le sol est dégueulasse, recouvert de poussière entremêlée à ce qui semble être de la bouffe périmée, si ce n’est autre chose. Nos déplacements sont lents, à l’affut d’un bruit, d’une arrivée inopinée. Il n’y a que deux sorties. Le marine m’en indique une, il prend l’autre, afin de gagner du temps sur notre fuite. Je regarde par un hublot de la double porte : qu’un long couloir morbide. J’fais signe à Bobby de me rejoindre et passe de l’autre côté. Cependant, une poignée de secondes s’écoule avant que je n’entende des bruits de lutte. J’observe doucement part le même hublot et voit mon sauveur, en prise avec le Lapin. J’vais pour l’aider mais me retient juste à temps. A temps pour ne pas me faire repérer, mais trop tard pour l’aider. Une lame du sécateur vient de se loger entre ses deux omoplates et la pointe ressort de l’autre côté, transperçant ses poumons.
Merde… Merde… Le pauvre homme se fait trainer par un pied vers l’abattoir laissant derrière lui une piste de sang et des sanglots.
Pendant que je médite sur ma situation, j’entends un cri déchirer le silence. Ah… faut que j’bouge avant qu’il ne m’attrape de nouveau. Je cours aussi vite que ma fatigue le permet. Des plaintes, des pleurs et des râles d’agonie parviennent à mes oreilles. J’fais abstraction de tout ça, je ne peux pas m’arrêter. C’est bien trop dangereux et ma seule envie et de partir d’ici. Partir sans me retourner et ne plus jamais y mettre les pieds. Des escaliers ! J’m’y engage sans réfléchir et descends plusieurs étages. Avant d’atteindre le rez-de-chaussée, j’me bloque. J’entends des pas, des pas lourd et lent, des pas me faisant froid dans le dos. L’autre cannibale ? C’qui est sûr, j’irais pas vérifier. J’pousse une fenêtre et monte sur le rebord avant de me décaler. ÇA monte les escaliers. Les marches grincent à la limite du supportable, manquant de rompre à chaque instant. Retenant mon souffle, j’attends, un bruit et c’est foutu. ÇA se rapproche.


-MIAM MIAM MIAM ! FAIIIIM ! AI FAIIIM ! MAAANGEEEEER

D’un rapide coup d’oeil, j’aperçois le dos du monstre. Il n’y a pas d’autre mot : c’est un énorme monstre humanoïde aux oreilles manquantes. Sa carrure est impressionnante, son corps recouvert de cicatrices et brulures… Pfiouuu, j’ai eu chaud. Bon, maintenant, la fuite. J’me laisse tomber et atterrit dans une roulade. Où suis-je ? Alors… Des grillages avec barbelés, un terrain de basket, des altères, un banc recouvert de mousse, deux miradors… Une prison ? Mais c’est quoi c’t’endroit ?
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