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Solution empirique


[Haha, me revoilà déjà ! La destination du naufrage m'a été donnée par Jo' ! Suite directe de Pareil, mais Empire, bonne lecture !]

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- C’est l’chef qui va être content !
- Pour sûr, regarde-moi ces babioles brillantes !
- Héhé, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un butin comme ça, c’moi qui vous l’dit.

Le jeune homme ouvre les yeux, difficilement. Un mal de crâne lui martèle les tempes, mais ça, il y est habitué. C’est la première fois qu’il ouvre les yeux depuis l’épisode tragique du Lame de Fond, coulé par Earl Grey et sa flotte. En fait, c’est même la première fois qu’il reprend conscience…. Nayami !

- Eh r’gardez ! Il est avec nous, solide, le bougre !

Nayami… Morte. Cette dernière image qu’il a d’elle le pétrifie d’effroi. Déchiquetée en deux, partiellement égorgée par les débris du navire volant aux éclats. Aucun doute possible, elle est définitivement morte.

- Alors mon grand, tu m’entends ?

Mais pourquoi ? Pourquoi cela doit-il finir ainsi ? Qu’a-t-il fait de travers, qu’ont-ils loupé ? Et pourquoi lui s’en est-il sorti ?

- Ah bah nan, y répond pas…
- Laisse le comater cinq minutes, y doit en avoir besoin. Et l’chef les préfère en bon état.

Alrahyr prend seulement conscience de son corps, enfermé recroquevillé dans une cage en bois. Il n’a presque plus de douleur au ventre, alors qu’un débris l'a transpercé de part en part. Combien de temps est-il resté inconscient ?

- Hep…

Il arrive à parler. Au moins, c’est déjà ça.

- Ah bah le v’là ! T’es un coriace toi, d’habitude les types qui arrivent ici sont déjà en décomposition ! D’ailleurs, ceux qui sont arr…
- C’était quand la nouvelle année ?

A partir de là, il prend peu à peu connaissance de son environnement. La pièce ressemble à une cale de navire, illuminée par quelques bougies réparties aléatoirement çà-et-là. Quatre types à l’aspect sale et désœuvré sont occupés à récupérer des débris et autres pièces plus ou moins abîmées entassées dans de grands filets trempés. Mais là, ils sont tous arrêtés, étonnés par cette première question.

Normalement, dans un cas similaire, on demande « je suis où », ou « qui êtes-vous », mais là, non. En fait, Alrahyr s’en tape complètement. Tout ce qui l’importe, c’est de savoir comment il a fait pour survivre jusque-là. Le reste… le reste ne compte plus.

- Bah euh… j’sais pas, genre une semaine ?
- Oh, plutôt deux non ?
- Pas sûr sûr hein, moi je dirais quinze jours.
- Eh, ça fait deux semaines ça !
- Ah ouaaaais !
- Boarf, t’es con !
- Moins que toi !

Et ils continuent ainsi à se chamailler, en se donnant des tapes avec les bouts de bois qu’ils ont sous la main.

Deux semaines ? Mais comment son corps a-t-il pu ainsi se guérir ? Cela n’a pas pu se faire tout seul…

- Vous m’avez trouvé quand ?

Ils arrêtent de se bagarrer.

- Tu poses des questions étranges toi…
- Quand ?
- En début de soirée, ça fait quatre heures j’dirais.

Ainsi, ils n’ont pas pu s’occuper de lui. Mais bon, ça n’aurait pas été compliqué à deviner, étant donné leur niveau intellectuel observé…

- Il y a d’autres survivants ?
- Ouaaais, plein !

Quelle chance ! Alors il n’est pas le seul, il va pouvoir comprendre la situation !

- Mais non abruti, il parle de ceux qui sont arrivés avec lui !
- Ah, pardon ! Bah non, personne, tous morts.

Bon… Niveau intellectuel encore plus bas qu’observé.

- Et c’était pas joli joli à voir ! Y vous est arrivé quoi ?
- Sale histoire…

Comment expliquer cela à de pareils bons à rien ? Evasion d’une prison de la Marine, saccage d’une caserne, fuite à bord d’un de leurs navires, combat naval totalement inégal et mise en pièces de la caravelle ? Même pour eux, c’est trop compliqué.

- Et est-ce que…
- Oh, arrête avec tes questions étranges, tu me stresses là !
- … ?
- Tu peux pas poser les questions habituelles ? Genre « j’suis où », « z’êtes qui » ? On n’est pas habitués à tes trucs bizarres là, on est perdu. Pas vrai ?

Les autres hochent la tête.

- Donc, pour faire simple, parce que t’as l’air un peu attardé…

Ah bah oui, bien sûr, c’est Alrahyr l’attardé dans l’histoire…

- Me r’garde pas avec ces yeux-là ! Alors, mon ami, bienvenue au ... Cimetière d’Épaves !

Le clochard donne un petit coup dans un pan de mur qui s’effondre lamentablement, ouvrant la vue sur un paysage d’enfer et de désolation. Un ciel noir nuageux, des éclairs qui fendent inlassablement les cieux, un sol recouvert d’épaves et de débris de navires en tous genres, un vent capable d’arracher ces frêles structures, et une pluie lancinante.

- C’est-y pas beau ? V’là not’ chez-nous mon grand ! Et vu que t’as l’air perdu, je vais continuer : ça, c’est une île composée que de débris de navires. Tous les courants des blues affluent ici, ce qui inclue toutes les épaves. Le sol, c’est que du bois, et ce que tu vois, c’est comme les icebergs : seulement dix pourcents. Le reste il est en dessous et il permet à tout ce fatras de tenir en place.

Alrahyr regarde successivement les quatre hommes et le paysage qui s’étend derrière eux.

- Et nous, on vit ici ! Cool hein ? Allez, on va te présenter à not’ chef, y va être content que tu sois réveillé !

Deux des clochards viennent tirer la petite cage en bois, posée sur des roues de fortune, dans laquelle est enfermé le jeune homme, pendant que les deux autres s’emparent des grands filets et de leur contenu branlant. Et dans ce contenu, Alrahyr remarque un scintillement reconnaissable entre mille : celui de l’acier Kaltershaft, sa création. Ses armes sont quelque part là dedans.


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L’étrange convoi sillonne les épaves, dévalant les débris, allant toujours plus bas. Alrahyr, prisonnier d’une frêle cage de bois, ne tente même pas de s’en libérer. A vrai dire, c’est à peine s’il considère être enfermé. Son esprit est totalement tourné vers le passé, vers ces événements tragiques qui se sont déroulés contre son gré.

- J’ai fait tout ce que j’ai pu, pourtant…

L’un des clochards se retourne, interloqué.

- Mmh ?
- Bah, laisse-le, il doit délirer…
- Reprend-toi mon grand, sinon tu feras pas long feu !

Tu ne feras pas long feu ? Mais que veut-il dire ? Peu importe. Résumons la situation : après la destruction du Lame de Fond, Earl Grey n’a pas dû pouvoir se rapprocher du navire mis en pièce pour s’assurer de la mort de l’équipage, certainement à cause de la tempête qui venait de se lever. Une chance donc. Et deux semaines après, le jeune homme est retrouvé, inanimé, au point de convergence des courants des Blues. Il est soigné, sa plaie est totalement cicatrisée. Chose extrêmement étrange étant donnée la gravité de la blessure.

Ainsi, tout l’épisode de ces quinze jours est totalement inconnu et le rétablissement d’Alrahyr est inexplicable. Pour le moment.

Chose étrange supplémentaire : s’il est bien sûr fortement marqué par l’échec total de ce pourquoi il a travaillé aussi dur durant ces derniers mois, c’est-à-dire la libération de Nayami, il surpasse bizarrement la peine de sa perte. Décidément, les événements qui se sont déroulés pendant les deux dernières semaines ont dû l’influencer d’une manière ou d’une autre. Mais il ne se souvient de rien, malheureusement.

Certainement un jour aura-t-il un sursaut de mémoire ?

- Tu m’ouvres la porte s’te plaît ?

Le petit convoi pénètre plus en profondeur, traversant des couloirs humides constitués de coques de navires retournées. Le passage semble être situé sous le niveau de la mer, pour conduire encore plus bas.

Nayami est morte. Les évadés de Lavallière sont morts. Alrahyr n’est définitivement plus dans la Marine d’Elite. Il n’a plus d’attache à Boréa, à part sa famille, certainement étroitement surveillée. En fait, le jeune homme n’a plus rien. A part une bonne expérience du combat, une connaissance du monde plus fine qu’auparavant, et un désir de le changer.

Les quatre clochards et leur chargement continuent leur avancée toujours plus profonde sous la mer, puis entrent dans une salle plus grande et un peu plus illuminée. L’un d’eux pousse une grande toile, dévoilant une zone plus confinée, au milieu de laquelle siège un petit homme bourru, enveloppé de haillons grisâtres. Son visage vieilli par la faim et durci par le climat de l’île n’exprime pas grand-chose, si ce n’est une sorte de contentement à les voir arriver.

- Vot’ grandeur…

Les quatre hommes s’inclinent jusqu’à poser le genou au sol.

- Qu’est-c'que vous m’ramenez de beau c’te fois ?
- Des matériaux de bonne qualité, des armes, et un gars bien musclé pour vot’ amusement !

D’un geste, le chef ordonne d’emmener les filets de débris dans une salle annexe, faisant également disparaître aux yeux d’Alrahyr le scintillement de l’acier Kaltershaft, qu’il a l’air d’être le seul à avoir remarqué.

- Est-il prêt ?
- Bein, à vrai dire… Pour quand ?
- Tout de suite.
- P’tet…

Le clochard s’adresse au jeune homme :

- T’es sur pieds ?
- Pour ?
- T’occupe. Tu peux tenir une arme ?
- C’est peut-être la seule chose que je suis encore capable de faire…
- Super, me déçois pas !

Il ouvre la petite cage, lui permettant de sortir. Une fois debout, il domine de plusieurs têtes tous ceux présents dans la pièce. Le chef reprend la parole.

- Il a l’air pas mal… Préparez-le !
- Allez viens, suis-moi…

Sans faire d’histoire, Alrahyr marche sur les pas du clochard responsable de lui. Après tout, il n’est pas en danger, alors pourquoi ne pas simplement suivre le mouvement et découvrir la suite. Toute cette île lui est inconnue. Cependant, on lui a demandé s’il pouvait tenir une arme. Bien entendu qu’il peut, mais dans quel but ?

- Me préparer à quoi ?
- A n’pas crever, tiens !
- Va falloir m’expliquer.

A nouveau, l’homme pousse un pan de toile pour découvrir une salle un peu plus longue, où sont entreposées quelques armes. Une vingtaine, tout au plus, de tous les types différents. Et, au milieu d’elles, un métal reconnaissable entre mille : l’acier impérial, la création des Kaltershaft. Tout y est : son bouclier et ses trois sabres. S’il doit prendre des armes, il sait déjà vers lesquelles il va se diriger.

- Ici, t’es chez not’ chef, dans les profondeurs du Cimetière d’épaves. Et dans les profondeurs, c’est la loi du plus fort. Sauf qu’on se bat pas entre nous : chaque clan oppose aux autres un champion lorsqu’il veut revendiquer sa domination, et le seul qui survit à la fin permet d’avoir le clan dominant jusqu’au prochain combat.
- Donc moi, je suis votre champion, c’est ça ?
- Ouais. On a eu chaud, on n’avait personne avant de te trouver.

Se battre. C’est probablement la seule chose qu’Alrahyr a envie de faire. Passer ses nerfs sur les autres. Surtout si ces autres sont là pour ça. Après tout, peu importe la raison, il voit là une bonne occasion de voir s’il a vraiment récupéré de sa blessure ou si ce n’est qu’en apparence.

- C’est quoi les règles ?
- Les règles ? Ha ! Simple : le dernier en vie gagne.
- En vie ?
- Si tu tues pas, ça compte pas. Pour gagner, faut tuer. Donc, logique, évite de crever. Sinon t’as perdu.
- Logique implacable…
- Hehe, t’es pas si bête en fin de compte, mon grand !

Situation ironique…

- T’as droit de choisir une arme, et une seule. C’est l’autre règle, ça. Tu prends un seul truc dans cette salle.

Une seule arme. Déjà, il est évident qu’il va prendre l’une des siennes. Et bien entendu, il ne faut pas tergiverser longtemps pour choisir la bonne.

- Le bouclier, là.

Il s’en saisit, retrouvant ce contact si agréable de l’acier Kaltershaft.

- Ok, en fait t’es un abruti… Tu veux pas prendre une vraie arme, genre un sabre ?
- Mon boulot c’est de me battre non ?
- Ouaip’ !
- Alors laisse-moi faire mon boulot.
- Ok, ok, te fâche pas. Allez, viens, ça commence dans quelques minutes, faut pas être en retard !

Les deux hommes sortent de la petite armurerie pour emprunter des couloirs toujours plus délabrés et humides les uns que les autres. Enfin, ils s’arrêtent devant une grande porte à travers laquelle on peut distinguer une sorte d’arène de fortune, délimitée par de frêles panneaux de bois, derrière lesquels un public en rage crie pour que le combat commence.

- Ah, j’allais oublier. Il y a huit clans.

Huit clans. En tournoi, ça fait trois combats à mort à gagner.

- Et tout se fait en un seul combat.

Pardon ?

- Huit dans l’arène, mêlée générale. Le dernier survivant fait gagner le clan qu’il représente.

Mêlée générale ?

- Allez, bon courage mon grand !

Le clochard ouvre la porte à la volée.


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Alrahyr pénètre dans l’arène, en même temps que les sept autres « champions ». Le public, mal protégé par les panneaux de bois, hurle son envie de sang. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici : tuer est la règle, survivre est la finalité. Les participants se tiennent en cercle assez large, s’observant d’un œil inquiet. Aucun d’eux n’a réellement compris ce qui l’avait amené ici, mais tous semblent parfaitement au courant de ce qu’il va arriver. Ils ne savent pas quand commencer.

Et tout commence lorsque l’un d’eux effectue un mouvement, provoquant une réaction en chaîne. Peut-être ne voulait-il que se gratter le bras, mais l’état de tension général pousse les autres à entamer le combat, de peur de se faire surprendre. Alors tout s’enchaîne. Pour Alrahyr, tout va très vite. Il sait se battre, et son corps ne semble rien avoir oublié. Dans cette arène branlante, sous le niveau de la mer, au milieu de tant de clochards tentant désespérément de survivre au fond d’un trou de débris d’épaves, il doit bien être le seul à réellement savoir se battre. Un jeu d’enfant.

Il n’a qu’un bouclier, c’est une arme largement suffisante pour un duel. Mais il ne s’agit pas d’un duel, il faut ici savoir affronter des ennemis sur plusieurs fronts. Alors, dans le doute, il doit récupérer un sabre.

Aubaine, son adversaire de gauche en brandit un. Le jeune homme lui chope son bras droit alors qu’il se précipite sur quelqu’un d’autre, ne semblant pas se préoccuper d’un « type avec seulement un bouclier ». Sauf que ledit bouclier, une fois le bras immobilisé en l’air, le démembre, arrachant littéralement l’avant-bras du reste du corps, en déchirant l’articulation du coude. Le sang se répand sur l’acier Kaltershaft, plus rougeoyant que jamais, son éclat rehaussé par le scintillement du métal si pur.

Alrahyr se saisit donc du sabre, ôtant le bras désarticulé. D’un coup, il tranche la gorge de l’homme devenu livide par sa perte, se débarrassant de son premier adversaire.

Alors qu’un autre le charge, il pare son attaque, se décale sur la gauche, et lui assène un coup sec de bouclier derrière la nuque. Mais, habitué à des adversaires plus coriaces, il ne lésine pas sur la force, et le cou fragile se brise sous l’impact, répandant à nouveau des giclées de sang sur l’arme fétiche du jeune homme.

Et le bal continu ainsi, rougeoyant, écarlate, plus sanglant que jamais, dessinant et redessinant des marques funèbres sur le bouclier d’acier. Membres arrachés, abdomens éclatés, veines et artères projetant leur contenu visqueux sur le sol de l’arène.

Le public s’est tût. Ou, plutôt, il n’a cessé de hurler, mais Alrahyr l’a ignoré. Mais, maintenant qu’il est le seul clairement encore en vie, ayant à chaque fois achevé ses adversaires d’un seul coup fatal, et sans avoir essuyé une seule blessure, il entend à nouveau la foule. Une foule qui se réjouit de cette horreur, horreur qui fait du bien au jeune homme. Cette possibilité de se lâcher, d’y aller à fond, de se donner à cœur joie dans la destruction pure et simple d’ennemis si faibles.

C’était un combat inégal. Mais plaisant par sa simplicité. Et cette foule en délire, cette foule qui hurle, qui crie. Qui crie un nom, un surnom. « Bouclier Rouge ». Alrahyr jette un œil à son arme, effectivement enduite de sang. Et un surnom donné dans l’arène, c’est comme une tâche de sang sur un tissu, on ne l’enlève pas, même en frottant fort.

« Le Bouclier Rouge ». Un nom qui lui va bien. Adepte de cette arme, responsable de coulées de sang depuis Boréa… Il apprécie.

La porte par laquelle il est entré s’ouvre à nouveau, et l’homme qui l’a conduit ici lui fait signe.

- Allez viens ! T’as géré mon grand !

Sans plus réfléchir, Alrahyr le suit. Le clochard le conduit à nouveau à son chef. Tout tourne bizarrement autour du jeune homme, l’adrénaline du combat n’étant pas dissipée. Il a aimé. Jamais il n’aurait pensé apprécier autant une suite de mises à mort comme il venait de vivre. Ce sentiment de réussite sans difficulté, de facilité. Cette pénétration si simple dans la chair. Décidément, son bouclier a bien été forgé.

- T’es quelqu’un, toi. T’nous as bluffés.

Le chef du clan pour lequel il s’est battu est devant lui, à nouveau sur son siège.

- C’quoi ton nom ?
- Alrahyr Kaltershaft.
- Compliqué à prononcer, pour nous…
- Le public l’a surnommé, tellement y z’ont aimé sa prestation ! « Le Bouclier Rouge », qu’y z’ont dit !
- Ha ! C’est qu’ça sonne bien ! Alra le Rouge… Le Bouclier Rouge… Si tu crèves pas la prochaine fois, ça va t’suivre !

La prochaine fois ?

- T’as l’air surpris… Allez, tu nous as bien aidés ! On est l’clan dominant jusqu’à c’que quelqu’un tente de te défier !
- Et ça veut dire quoi, que vous êtes le clan dominant ?
- Ma foi, ça veut dire qu’les aut’ doivent nous écouter, nous respecter et nous obéir !
- Et s’ils refusent ?
- Alors ils devront défier not’ champion, toi ! Tout passe par l’arène ici, y a un immense respect d’la tradition !

Le chef du clan est très fier de sa réussite. Alrahyr n’aurait jamais pensé se battre un jour pour quelqu’un de cette manière. Un combat à mort, pour la domination d’une poignée de clochard sur une autre. Pathétique. Pathétique, mais potentiellement intéressant dans l’idée.

- Ils sont grands, les clans ?
- Bah… Une tite vingtaine d’hommes et femmes par clan, donc grand maxi deux cent personnes qui vivent dans ces profondeurs…

Un bon départ, en somme. Deux cent personnes prêtes à suivre quelqu’un simplement parce qu’il est le plus fort, par respect. Par principe. Peut-être que pour une fois, ça lui ferait du bien de réussir à mener quelque chose de convenable. Le jeune homme a un important besoin de dominer, mais il a toujours failli à sa tâche. Jusqu’à maintenant. La loi du plus fort, parmi tant de faibles, peut l’aider.

Mais dans quel but ? Est-ce réellement utile ?

- Maaaaître, regardez c’qu’on vient d’trouver !

Un larbin gringalet arrive avec un petit coffre. Et Alrahyr connaît bien ce coffre. Et il le veut, ce coffre, pour son contenu.

- Montre-moi ça ?
- Attendez, c’est à moi, ça.

Le chef s’arrête dans son mouvement, interloqué.

- A toi ? Mais rien ici n’est à toi ! Par contre, toi, t’es à moi, le chef du clan ! Et c’coffre, il est à moi aussi !
- Faites une exception, en remerciement du combat que j’ai gagné.
- T’remercier ? T’es un esclave, un naufragé qu’on a récupéré ! Tu vaux rien !

La voilà, la raison. Alrahyr n’est le serviteur de personne ici, et encore moins de cette pourriture qui prend la grosse tête, s’attribuant des lauriers inexistant. Alors même ceux qui n’ont rien sont capables de causer tant de maux.

Un plan se dessine rapidement dans sa tête, alors que le chef ouvre le coffre, découvrant son contenu, écarquillant les yeux.

Tuer le chef de son clan, en prendre le contrôle par la force, récupérer le fruit, et dominer l’ensemble des clans. Après, on verra. Après tout, cette île est remplie de surprises.

- Ah ouais, j’comprends pourquoi tu l’voulais !

Alrahyr se rue sur lui, lui fracassant le crâne avec son bouclier. Il l’envoie valser au bas de son siège, et y prend place, avant que quiconque ait pu réagir dans la salle. Au passage, il s’empare du coffre, qu’il garde précieusement contre lui.

- Désormais, je suis le nouveau chef du clan dominant. Faites passer le mot aux autres clans.

Les clochards larbins vacillent lentement, se demandant que faire.

- C’est pas assez clair ?


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Alrahyr a réuni tous les clans dans les gradins de l’arène, s’en servant comme auditorium. Il est le seul sur le terrain de combat, encore rougi de la veille.

Le jeune homme, auto-proclamé chef du clan dominant, a passé toute la soirée à se faire expliquer le fonctionnement de cette organisation des profondeurs, à faire l’inventaire de toutes les possessions de son clan, et essentiellement des armes. La plupart sont basiques, mais il a pu isoler les meilleures. Enfin, meilleures… Disons plutôt, les moins rouillées et émoussées…

Mais surtout, il a passé la nuit à se questionner à propos du contenu du coffre. Durant sa formation au BAN, il a appris une bonne quantité de choses sur les fruits du démon, notamment leurs avantages et inconvénients. Et, après avoir pesé le pour et le contre d’obtenir un pouvoir totalement aléatoire, et sachant pertinemment qu’il n’aurait pas la possibilité d’en obtenir un autre par la suite, il a décidé de se lancer.

Après tout, les utilisateurs de fruits du démon sont craints et respectés ! Tout ce dont il a besoin… Prenant son courage à deux mains, il a réussi à le manger, aussi immonde que son goût puisse être. On lui avait dit que les effets mettaient un certain temps à apparaître, il ne s’est donc pas inquiété de ne percevoir aucun changement.

Mais ce matin, il a d’autres choses à s’occuper, notamment rassembler tous les clochards pouilleux des profondeurs pour s’imposer. C’est pour cela qu’ils sont rassemblés ici, dans l’arène, tout autour de lui.

- Hier soir, j’ai permis à mon clan d’être le dominant. Mais mon chef a échoué dans sa prise de responsabilité, ce qui lui a coûté sa place – et sa vie. Erreur que je ne ferai pas.

Alrahyr balaie l’assemblée du regard. Il se tient droit, ayant retrouvé la plupart de ses attributs : son bouclier, ses trois sabres, et un sugegasa amoché.

- A partir de maintenant, je suis autant le chef que le champion de mon clan. Si quelqu’un pense être capable de me battre, qu’il me défie, ici et maintenant !

Un brouhaha s’élève dans la foule.

- Mais n’oubliez pas, c’est un combat à mort. Une tradition que je ne manquerai pas de respecter.

Silence. Et au milieu de ce silence, un gros homme se dresse, sans un mot, une imposante masse d’arme en main. Il passe les panneaux de bois qui délimitent la surface de combat, défiant donc officiellement le jeune homme.

Et Alrahyr, lui, attend sereinement. Il attend le premier mouvement de son adversaire, qui ne tarde pas. Le gros homme fonce sur lui, faisant tournoyer sa masse d’arme. Mais au moment de l’impact, d’un revers de bouclier, le jeune homme envoie la boule de pics de l’arme de son opposant directement dans sa tête, l’envoyant s’écraser au sol, mort.

Décidément, ils ne sont pas très costauds ici…

- Quelqu’un d’autre ?

Silence. Sans coupure, cette fois.

- Si un jour, quelqu’un veut me défier, il n’a qu’à le dire. Je serai heureux de l’affronter dans l’arène.

Alrahyr a un petit rictus de satisfaction. Mais, encore… Réussir à dominer une assemblée de clans de clochards… Comment est-il arrivé si bas ?

Dans la suite de la journée, le jeune homme sort de cette cave, enfouie sous les épaves. Il part à la découverte des alentours, essayant de comprendre le fonctionnement et l’anatomie de l’île, accompagné de son larbin préféré pour lui éviter de se perdre.

En réalité, ils sont dans une zone totalement flottante, constituée exclusivement de morceaux d’épaves, qui s’entassent jusque très profondément dans la mer. Selon son guide, il y a de nombreuses caves de clochards comme celle d’où ils viennent, avec à chaque fois des sortes de clans qui ont leur propre fonctionnement, en général régi par la loi du plus fort. C’est, en fait, la zone la plus pauvre de l’île, où presque rien n’a de valeur, et où très peu de nouvelles épaves viennent s’y échouer. Si Alrahyr est arrivé ici, c’est par un simple hasard, très rare.

Plus loin, il y a la zone des « trésors », dominée par la présence d’équipages pirates qui sont là uniquement pour récupérer les débris qui arrivent quotidiennement, chargés de denrées relativement précieuses. En tout cas, précieuses pour cette partie du monde. Et, encore plus loin, sur la partie un peu plus « solide » de l’île, s’étend Lyon-sur-Loques, un endroit légèrement fortifié, abritant une communauté plus organisée que le reste de l’île.

Alrahyr a donc beaucoup à découvrir ici, et il va le faire petit à petit.

Soudain, au loin, un groupe se dresse, alors que le jeune homme se promène aux abords de la zone des trésors.

- Hep, toi ! J’te reconnais !

Une voix de femme. Mais le jeune homme, lui ne semble pas se souvenir. Le groupe s’approche, leur visage est découvert. Mais, même en cherchant bien, il ne parvient pas à les reconnaître.

- Alrahyr, c’est ça ? Alrahyr Kaltershaft ?

Comment cette femme le connaît-elle ?

- T’étais passé où ? T’as disparu il y a cinq jours !

Cinq jours ? Mais c’était… avant qu’il soit recueilli par les clochards, mais après le naufrage du Lame de Fond !


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Enfin, il va pouvoir comprendre comment il s’est retrouvé là, en vie !

- A l’attaaaaaque !

Surgissant de partout, une horde d’hommes armés se rue sur le groupe composé des nouveaux arrivants, du larbin pouilleux et d’Alrahyr.

- C’est quoi, ça ??
- Les pirates, qui défendent leur territoire, le bout de terrain qu’ils utilisent pour désosser les épaves et récupérer les denrées !

Effectivement, il ne s’agit pas des clochards des profondeurs. Ces hommes sont en meilleure santé, et mieux armés. Le petit groupe se défend tant que faire se peut. Cette fois, le jeune homme a toutes ses armes. Le Bouclier Rouge se défend, contre-attaque, esquive, bloque, pare, frappe. Cette frénésie ne l’a pas quitté. Mais pourquoi n’a-t-il aucune séquelle de sa blessure ? La jeune femme a l’air d’être une bonne première piste.

Mais, tandis que ses compagnons tombent comme des mouches, elle semble mieux savoir se défendre, et parvient à repousser ses adversaires, laissant le temps à Alrahyr de s’en occuper. Le larbin, lui, est recroquevillé dans un coin. Epargné car jugé inoffensif face à l’efficacité de son nouveau chef de clan, il n’est pas blessé.

- Les laissez pas s’en tirer !!!

Un des attaquants semble plus charismatique que les autres. Il donne des ordres, reste légèrement en retrait, voyant que sa vie pourrait être écourtée en demeurant trop proche du Bouclier Rouge.

- On essaie, chef !

Un bon moyen de mettre un terme à tout ça, et surtout de comprendre ce bordel sur cette île – parce que c’est bien un grand bazar –, c’est de capturer ledit chef. Alors Alrahyr décide de laisser la femme se débrouiller, car elle semble pouvoir survivre quelques instants sans lui.

Il semble s’envoler vers l’homme, bousculant au passage les pirates sur son chemin. Arrivé à son niveau, un petit duel commence, pendant lequel le jeune homme prend garde à ne pas tuer son adversaire. Vivant, on a beaucoup plus d’informations. Si si.

Et, alors que le chef est désarmé, Alrahyr en profite pour se jeter sur lui, le prenant à bras-le-corps. Mais son bras, lorsqu’il heurte le corps de l’homme dans le but de l’immobiliser, semble s’allonger de manière à faire le tour complet de sa taille. La victime de ce mouvement étrange n’est pas emmenée par la force du coup, mais a l’air de rester sur place. Mais Alrahyr, entraîné par son élan, continue sa route, et lorsque son bras a fait le tour complet du corps du chef, il se détache bizarrement, comme s’il était tout simplement passé au travers.

- Que… ?

Il regarde son avant-bras, arrêté dans sa course. Il a l’impression d’avoir rêvé, d’avoir été victime d’une hallucination. Alors il se retourne, et constate que son adversaire est effondré, au sol, entravé par une large barre d’acier qui fait le tour de son corps, à l’emplacement exact où le bras du jeune homme l’a attrapé l’instant auparavant.

Tout le monde s’arrête de combattre, observant la scène.

- T’es un utilisateur d’un fruit du démon ?

Alrahyr regarde son œuvre, les yeux écarquillés, ne parvenant pas à réagir à la question de la femme. Alors, c’est ça, son pouvoir ? Très intéressant !

- Aarghlllglglgl !

Sursautant à cause de ce cri, il lève les yeux vers elle : un pirate, profitant de l’occasion d’incompréhension générale, vient de lui transpercer la gorge.

- NON !

Pas encore ! Combien de potentiels alliés le jeune homme va-t-il perdre d’une manière bête comme celle-là ? Comment va-t-on répondre à ses questions sur les quinze derniers jours, maintenant ? Il ne reste plus que lui debout, et son larbin caché derrière des ruines de navire. Trois derniers pirates lui font face, et leur chef est immobilisé.

Pas de temps à perdre en réflexion, il a ce qu’il veut : un homme capable de répondre à certaines de ses questions. Alors il se débarrasse des gêneurs restants, rapidement, proprement.

- Allez, toi, debout.

Il force l’homme entravé à se relever.

- J’l’aime bien, ce pouvoir. Pas toi ? Etonnant… Bon, t’es un pirate nan ?
- Ouais…
- Alors t’as un capitaine ? Conduit moi à lui, sinon tu finis comme eux…

Il fait un geste vers les cadavres servant d’anciens compagnons au pirate, puis montre son bouclier.

- … à répandre ton sang là-dessus.


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Alrahyr pousse le pirate pour le faire avancer plus vite. Le petit larbin pouilleux les suit à distance correcte, n’osant dire un mot. Pendant le trajet, il en profite pour observer de plus près le lien métallique qui entrave son prisonnier. Aucune soudure nulle part, une pièce forgée d’un bloc, sans aucun défaut de surface. Au toucher, presque pas de rugosité, comme si l’ouvrage avait été poli. La forme est globalement dénuée d’angles ou de coins, sauf lorsqu’il a été nécessaire d’en placer pour épouser parfaitement le contour du corps à emprisonner.

C’est quelque chose… de très intéressant. Il avait entendu pas mal de choses au sujet de ces fruits lorsqu’il était au QG du BAN, mais jamais il n’en avait vu à l’œuvre. Et le fait de découvrir leur potentiel à travers ses propres faits est une expérience extrêmement perturbante. Pourquoi son pouvoir s’est-il déclaré comme cela ? Il n’a même pas essayé de faire quoi que ce soit dans ce but, pourtant…

Lors de l’affrontement, Alrahyr voulait simplement prendre le pirate à bras-le-corps pour l’empêcher de s’enfuir, mais sans le blesser. Une capture, en quelques sortes.



Après tout, c’est certainement cette volonté de capture, qui a déclenché le phénomène !

- Tu permets ?

Le jeune homme balance un violent coup de pied au niveau des cuisses de son prisonnier, par derrière, en se répétant à toute vitesse dans sa tête le mot « entrave ». Sa jambe heurte le pirate et l’envoie valser une dizaine de mètres plus loin, après de multiples saltos. La victime de ce sacré coup s’en remet comme elle peut, se relevant doucement.

- Oups…
- Mais c’est quoi ton problème, connard ?
- Hehe, désolé ! J’testais un truc !

Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné ? Tout y était, pourtant ?

- Va me falloir encore un peu d’entraînement…

Il s’est dit cela tout bas, mais le pirate le prend pour lui :

- Nan j’t’assure, c’était assez violent comme ça…
- Oui bon, c’est bon, la ramène pas.
- Tu maîtrises pas ton pouvoir, hein ?
- Hmpf… Et ça se voit tant que ça ?
- Une impression. Si ça te rassure, j’ai entendu dire que ça prend un certain temps. Les premières fois tu contrôleras rien, mais quand tu t’y seras habitué, tu seras le maître du monde !
- Mouais, en attendant, on va aller voir ton capitaine hein.
- On y est presque.

Effectivement, après quelques centaines de mètres à contourner les multiples épaves qui se dressent partout autour d’eux, ils atteignent un campement installé à l’abri sous une coque retournée.

- Cap’tain ! On a un invité !

Le prisonnier a gueulé assez fort pour que tous se retournent vers les nouveaux arrivants.

- Eh, vous faites quoi avec mon gars ?

Arrivé à hauteur, Alrahyr entame la conversation.

- Il est à vous, lui ?
- Ouaip’ !
- Votre petite troupe m’a attaqué et a tué des amis à moi, qui avaient des informations importantes à mes yeux.
- Qu’est-ce que j’en ai à foutre ?
- Donnez-moi une bonne raison de ne pas tous vous tuer maintenant, sur le champ.
- HAHAHA ! Il est drôle, hein ? Essaie, pour voir…

Tout l’équipage se met en garde.

- Cap’… Avant de faire une connerie, venez par-là voir ça.
- Hein ?

Le chef de l’équipage se dirige vers l’homme qui vient de parler. Celui-ci porte de petites lunettes, et est le seul à ne pas avoir bougé d’un pouce à la menace d’Alrahyr, trop absorbé par son journal.

- Regardez cette page… Il y a une photo de ce type en haut…
- « Alrahyr Kaltershaft » bla bla bla « évasion de la prison de Lavallière » bla bla bla « mise à sac de la caserne » bla bla bla « a vaincu le… »

Le capitaine se retourne vers le jeune homme, bouche bée. Quand il peut à nouveau parler, il prononce ces mots :

- Le Colonel Earl Grey ???
- Ah, et tenez, ils ont mis une prime sur sa tête.
- CINQUANTE MILLIONS DE BERRIES ?
- Ha, ça en fait un pactole, hein, capitaine ?

Cinquante millions ? Waow ! Quelle prime ! Malheureusement, ça risque d’attirer des chasseurs de primes assez puissants, tout ça… Il va falloir faire profil bas, en tout cas pour un moment.

- Ok, euh… une bonne raison pour que tu ne nous tue pas sur le champ, euh… Je cherche hein !

Après tout, c’est une situation assez confortable ! Alors il suffit de montrer une page de journal et une prime, et ils vous craignent ? Intéressant…

- Ah !
- … ?
- Nous, tu vois, on s’est échoué ici il y a pas mal de temps, et on veut juste repartir. Sauf qu’on n’arrive pas à rassembler les bons matériaux pour construire un navire, tu vois ?
- Il vous suffit de retourner une coque et de foutre un mat dessus hein.
- Nan, pas si simple. Tu vois, nous, on veut aller sur Grand Line, et pour ça, faut un bateau solide.
- Pourquoi, sur Grand Line ?
-
- Si tu me dis pas, c’est pas une bonne raison pour m’empêcher de vous tuer.
- Bon… On a un rêve. Là-bas, quelque part, navigue une île flottante.
- C’est bon, ça.
- Sois un peu sérieux, c’est de mon rêve que je suis en train de parler !
- Pardon…
- Je disais, une île flottante, constituée uniquement de carcasses de navires rassemblées entre elles. Elle vogue à travers tout Grand Line, et n’héberge que des pirates. Là-bas, ils sont protégés du Gouvernement et de la Marine et le seul maître à bord est un pirate immensément célèbre : Red.
- Qui ça ?
- Red !
- Connais pas.
- On t’a bercé trop près du mur toi ?
- On m’a juste jamais donné son nom !
- Red, c’est le dirigeant de cette île, Armada. Tout pirate qui va là-bas voit sa vie changer !
- Et comment tu comptes la trouver, cette île qui bouge ?
- Elle est sur Grand Line. Donc, d’abord, faut aller sur Grand Line. Et pour ça, faut un navire résistant. Donc, ce que je te propose, c’est qu’on coopère ensemble pour en construire un, toi tu nous aides à piller les matériaux des autres groupes alentours, et nous on les assemble. Ensuite, on ira tous à bord et on naviguera ensemble, vers Grand Line et Armada !
- C’est plus avantageux pour toi que pour moi, ce marché…
- Tu sais construire un bateau, toi ?
- Ouais…
- Qui puisse naviguer sur Grand Line ?
- Il lui faut quoi pour pouvoir faire ça ?
- Ha, tu vois, tu sais pas !
-
- Alors ?
- Ok, ça marche.
- Super ! Donc tu nous épargnes ?
- Si je vous tue, on va pas aller bien loin dans la construction du navire, abruti.
- Ok, ok, c’était juste pour m’en assurer !
- Bon, on commence par quoi alors ?
- Le plus important, c’est la coque. Faut se balader à travers l’île pour en trouver une en bon état.

C’est partit.


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- Maaaaître, Vot’ Grandeur, faudrait rentrer voir si tout va bien dans les profondeurs !
- Pourquoi ?
- Bah, z’êtes le chef du clan dominant !
- Ah ouais, j'avais oublié ce délire... Je te nomme mon second. Tu retournes à la colonie, tu vois si tout va bien, et tu t’occupes de réunir des matériaux métalliques, comme des clous et des vis, ainsi que les meilleures armes. Ok ?
- Oui chef ! Merci chef !

Et le petit larbin clochard repart en courant.

- Il est bizarre lui…
- Ouais, mais j’l’aime bien ! Et puis, ça va nous permettre d’avoir quelques matériaux intéressants.
- J’sais pas si on en aura besoin, il y a un équipage pirate pas loin qui a une bonne réserve. Ils s’amusent à tout récupérer pour empêcher les autres de quitter l’île.
- On va aller leur rendre une petite visite alors !

L’homme qui a servi de guide à Alrahyr pour arriver jusque-là sautille dans tous les sens.

- Heeeep, pourriez me libérer ?

Le capitaine se tourne vers le jeune homme.

- On arrive pas à trouver la serrure…
- Y en a pas.
- Un fruit du démon, hein ?
- Ouaip’.
- Normal, pour un mec aussi primé je suppose... Je ne m'étonne plus de rien ! Tu peux lui enlever ?
- Je sais pas encore comment faire…
- Malin ça…
- On critique pas, hein, pas si facile que ça en a l’air.

Puis, le pirate le prend à part et lui chuchote :

- Je… je sais que tu as largement la force de me prendre ma place, et si tu le fais je ne pourrai pas aller contre. Je ne peux pas te menacer pour t’empêcher de le faire, mais je voudrais juste te demander cette faveur : ne prend pas ma place comme capitaine. Je me battrai jusqu’à la mort s’il le faut, et j’en mourrai très probablement.
- T’en fais pas. T’as un équipage qui a confiance en toi, je ne pourrai pas prendre ta place comme ça. D’ailleurs, j’en ai pas envie.
- Merci…
- Par contre, t’as un second ?
- Il était dans ceux que t’as massacrés…
- Oups… Ou tant mieux. Tu me prends ?
- J’ai le choix ?
- Dans l’absolu, oui. Mais mets-toi à la place de tes futurs adversaires. Ma prime sera un bon moyen de te rehausser, en te plaçant hiérarchiquement au-dessus de moi.
- Pas faux. Vendu.
- Super ! Bon, maintenant, direction la réserve à piller !

Et l’homme toujours entravé de crier :

- Aidez-moiiiiii !

Et le capitaine de rétorquer :

- Laissez-le ici lui, on verra son cas plus tard !

Et l’équipage quasiment complet se met en marche.


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- Attendez, bougez plus…
- On y est ?
- Oui, et on tombe mal : tout leur groupe est là…
- C’est bien, ça.
- Pourquoi ?
- Parce qu’on aura tout le groupe d’un coup !

Et Alrahyr se lance du haut de la colline de débris, à l’assaut frontal de l’équipage décrété comme adverse.

- Mais c’est un grand malade ce type !

Normalement, ça n’est pas le style du jeune homme d’agir ainsi. Mais, là, quelque chose le motive. Le Capitaine lui a parlé d’une île où les Pirates créent leur propre loi, une sorte de communauté indépendante du Gouvernement Mondial. C’est quelque chose de fascinant. Alors il n’y a pas une seconde à perdre, il s’agit de construire un navire et de partir pour Grand Line. Quel que soit l’équipage.

Là, il en a trouvé un prêt à faire ce voyage. Alors il ne le lâche pas, et s’oppose à tous leurs ennemis. Et plus vite ce sera réglé, mieux ça sera.

Enfin, l’effet de surprise… c’est tout ce qui compte. Et là, ça a l’air de bien compter.

- Faut croire que tous les mecs primés sont des tarés…
- Bon, on va pas rester là à le regarder, on va l’aider, hein ?

Et tous entament leur course folle vers l’ennemi.

La bataille est… courte. Et personne ne fait de quartier. A part quelques égratignures et un ou deux morts, l’équipage s’en sort plutôt bien, en fait. C’est qu’ils n’ont pas l’air si mauvais !

Pendant qu’ils rassemblent les corps dans un coin et nettoient leurs armes et blessures, Alrahyr s’adresse à son nouveau capitaine.

- Au fait… Tu t’appelles comment ?
- Alessandro De Gama. T’as peut-être entendu parler de mon ancêtre, Vasco ?
- Non…
- Ah, un grand homme ! Explorateur du Monde ! Dommage que je n’ai pas réussi à suivre ses pas…
- On commence tous par quelque chose. Regarde, t’as un équipage, et bientôt un navire.
- Eh oui… La « Reconquista » verra bientôt le jour !
- Le nom du navire ?
- Ouais. Enfin, si ça te pose pas de souci.
- C’est toi le Capitaine.

L’un des membres de l’équipage, le type aux lunettes, alerte les autres.

- Hep, venez, ça devrait vous intéresser…

Il pointe du doigt le large, où une voile se dresse, dans la tempête continue de ce coin de l’océan.

- Il vient d’où, lui ?
- Vu le bon état et les couleurs, je dirais Luvneel, Capitaine.
- C’est pas bon, ça…
- Pourquoi ?
- Enfin, ça dépend pour qui… c’est probablement des révolutionnaires, ils viennent souvent ici voir s’il y a pas des zouaves à recruter parmi les clans des clodos.
- Des révolutionnaires ? Intéressant !

Alrahyr se souvient les quelques déboires qu’il a eus avec eux, à Boréa, lorsqu’il accompagnait Morneplume.

- Si t’as pas peur de te faire démolir le haricot, t’as qu’à aller les accueillir, haha !
- J’y vais de ce pas !

Tout l’équipage fait des grands yeux.

- Eh ! Mais non ! Mais non mais non mais non mais non ! C’était une blague ! Reviens !
- Non, ça m’intéresse ! Commencez à récupérer des matériaux, et trouvez une coque, vous y arriverez sans moi maintenant qu’il n’y a plus d’adversaire !
- Mais…
- Pas de mais ! Bon courage !

Des révolutionnaires, hein ? Mais c’est que cette île regorge de surprises !


-

[Fin de ce RP ! Suite ici : Le shnok picotte]
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