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Convives invisibles

Baron Brixius
Baron Brixius

♦ Équipage : Héritiers

Feuille de personnage
Dorikis: 3669
Popularité: -297
Intégrité: -141

Ven 26 Déc 2014 - 2:50

Tu t'es toujours intéressé à l'Histoire, particulièrement à celle qui ne te concernait pas. Que penses-tu de celle-ci ? Il était une fois, John Yannick, un de ces bourgeois arriviste à la mord-moi-le-noeud, décida, sur un coup de tête propre à cette caste de charognard, de s'installer dans cette immonde vallée balayée par des vents glaciaux et tapissées de rocailles écharpées. Il y fit bâtir un somptueux manoir que voilà, et mourut avant même d'avoir eu le temps d'y siéger. Quelle histoire stupide ! Elle résonne bien fausse à tes esgourdes de noble déchu, Balty.

Ta proie est ici. Un vieux briscard vicieux et croulant qui cherche à s'offrir une deuxième jeunesse dans le lugubre palace. Dix millions de berries, une somme toute justifiée pour un pauvre homme bête, arrogant, lâche et pervers. Vous avez de nombreux points communs, Balty ! Toi, moi, ta lanterne, ta précieuse montre à gousset, tes rassurantes dagues... et un sac. Tu t'es dis qu'il pourrait y avoir de jolis trésors dans un repère aussi rustique et arrogant. Qui sait ? Je ne ferai aucun commentaire sur tes instincts de pilleurs de tombes. Moi, tant que ta rapacité te pousse à affronter ta lamentable peur du noir, je n'ai rien contre...

Magnifique demeure, vraiment. Gigantesque, impertinente dans sa prestance, miroir de la prétention de son ancien propriétaire, elle a poussée comme une excroissance dans un paysage monochrome, hostile et tourmenté. Il fait froid. Tu as hâte de te réchauffer à l'intérieur. Tu t'acharnes à ouvrir la porte principale, qui grince, qui couine, qui gémit sous tes impulsions, mais qui ne flanche pas d'un pouce. Brave porte, infiniment plus brave que toi.


Bah ! Je vais simplement me glisser par une fenêtre, et...

Et ? Et quoi ? Finis un peu tes phrases ! Froissant la neige sous tes pas, tu contournes à pas de velours l'enceinte de l'imposante bâtisse. Glacé par le froid, tu grelottes, et tu geins, et tu pestes contre toi-même, trop radin pour avoir investi dans le plus misérable des pulls d'hiver pour accomplir ta mission dans de décentes conditions. Tu l'envies, hein ? Ce bourgeois. Cela fait si longtemps que tu n'avais pas eu l'occasion d'admirer une architecture si fine et sublime, la quintessence de ce que savent nous pondre nos plus grands artistes... pour nobles. Tombée en ruine, plus ténébreuse que jamais, squatée par un trouble-fête, la maison n'a pourtant rien perdu de sa splendeur.

Un son cristallin, et un nuage de verre. Cette fenêtre vole en éclat. Bon sang, Balty, sois un peu plus discret ! Tu tiens à alerter toute la plaine que le bâtard de la famille Brixius est venu chasser le chacal dans la région ? Petit corps maigrichon, que tu glisses avec aisance, facilité et fluidité, à travers l'ouverture en évitant de t'ouvrir avec les copeaux de vitres. Bravo ! J'étais persuadé que tu te couperai, Balty. Oooh... Incroyable ! Tu as même réussi à faire passer ta lanterne sans la cogner contre un rebord ! Guérirais-tu de ta lourderie innée ?


Laisse-moi me concentrer.

Hinhin. Tel un animal perdu, tu balayes des yeux le hall de haut en bas, de droite à gauche. Le froid a remarquablement bien conservé l'apparence de la bâtisse, mais il en est tout autrement pour ses entrailles. L'humidité, le moisi, la déchéance avaient investi ces lieux bien avant notre minable boucanier. Tsss...

Hihihi !

Chien galeux ! Je déteste ce rire ! Il signifie que tu t'apprêtes à mettre la main sur les bien acquis par d'autres ! Déjà, tu te précipites à travers une double porte richement ornée, et en tâte la poignée plaquée or. Tu la tournes, plongeant ton regard vicieux sur la décoration. Mais rapidement, en ouvrant la porte, la panoplie de précieuse porcelaine laissée à l'abandon sur la table fait remonter et briller tes mirettes, brunes comme des selles. Quelqu'un s'est payé un repas ici, très récemment. Douce lumière qui écrase celle de ta bien faible lanterne, provenant d'un chandelier couronnant les restes d'un repas que je devine bien copieux. Il y a même DEUX couverts disposés sur la tablée mais ça, évidemment, tu ne le calcules pas. Occupé à estimer la valeur du service de cuisine. Imbécile ! Tu pilles la salle à manger, glisse dans ton sac de toile tout ce qui peut traîner sur la table. Possédé par la cupidité, on dirait que l'évidence parvient à t'échapper...

Que... Le chandelier est encore allumé ?

Pardonne moi mon rictus sarcastique, mais c'est si grotesque... C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ?

… Deux personnes ont mangé ici... Mais la proie devait être seule ?

Souligner l'évidence, oui... Tu sais faire, tu fais bien. Mais encore ? Tu deviens la proie du doute, déjà ? Allons... Monsieur Yannick est décédé, enterré, et je m'assurerais s'il le faut qu'il le reste, cet infâme parasite qui grappille, comme tous les médiocres de sa caste, les privilèges des sangs bleus. Dubitatif, tu es. Ton souffle ralenti, tes yeux coulissant d'un bout à l'autre de la pièce. Dubitatif, tu restes. Comme survolé par une étrange ombre. Tu m'oppresses de coups d'oeil. Car tu me vois, oui, tu me vois. Et tu m'entends. Mais je n'ai rien de plus à te dire, poule mouillée ! Si ce n'est qu'il va falloir que toi, mâle de la famille, tu te souviennes que pendent entre tes deux pattes gringalletes, tes attributs virils qui devraient te...

AAH !

Subitement, une bourrasque s'est invitée dans la pièce, emportant avec elle les faibles lueurs du chandelier aussi rapidement qu'elle a surgie. Soufflant les bougies, te replongeant seul en compagnie de ta lanterne et son sanctuaire faiblement flamboyant. J'entends d'ici ton palpitant survolté rebondir dans tout les coins de ta cage thoracique. Chacune de ses palpitations te donne la sensation d'une explosion dans la poitrine. Je suis bien placé pour reconnaître les signes d'un froussard quand j'en vois un. Hmm... Balty, dans ce domaine, je te concède que c'est en t'observant que j'ai tout appris.

Affalé contre un mur, empoignant ta poitrine, tu ne sais plus où donner de la tête. Tes yeux révulsés me laissent mirer ton paysage intérieur... Une tempête de peur, une averse d'idées noires, des orages nerveux qui te crispent, qui te foudroient, te tordent les muscles dans tous les sens. Froussard ! Vilain froussard que tu es... Tu t'agrippes à ton sac de toile, comme à un doudou. Le secoue, comme un hochet, en faisant résonner le fragile contenu pour te... rassurer ? Pathétique. L'avidité te ragaillardis ?


J... C'était un courant d'air... La structure de cette baraque doit être une véritable passoire. Décrépite et souillée par un roturier fétide. Ignoble taudis...

Fort de ton butin et d'un rationalisme simulé, tu poursuis ton chemin, lentement mais sûrement, et quitte la cuisine sans demander ton reste. Il y aurait pu y avoir d'autres trésors, dans le coin, mais... Tu me sembles un peu trop tendu pour y prêter attention pour le moment, couard. Tu files pousser la double porte en beau bois, rongé par le temps, dans un grincement lugubre qui te fait de nouveau frissonner. Un grand et joli couloir s'ouvre à toi, Balty, je suis certaine qu'il te rappelle les galeries de notre propre défunt manoir. Avec ses fenêtres grandes ouvertes donnant sur un jardin, ce vent frais qui envahit les lieux et fait virevolter les rideaux, la Lune qui balaye le couloir de rayons bleutés... rassurant, hum ?

L'air venait de là. C'est bien ce que je pensais.
Si troisième invité il y a, alors c'est un autre chasseur de primes qui se sera mis en tête de me voler la vedette... Rien d'autre. Peu importe ! Je purifierai tout ce qui se pose en travers de ma route !


Tu oublies deux choses, Balty : d'une, tu n'as PAS été invité, de deux, je suis là moi aussi.

Tu n'existes pas !

Bien sûr... alors tu te parles à toi-même, c'est ça ? Reviens à ce que tu fais, mulet. Tandis que tu traverses le couloir lentement. Un peu tremblant, crispé, claquant des dents. Le froid, la peur, les deux ? La flamme dans ta lanterne faiblit, Balty ! Il faut avouer que tu ne l'as pas ménagé depuis que nous sommes arrivés ici. Trop tard pour t'en vouloir, Balty, la chair de poule te possédait trop pour que tu puisses te passer de ton précieux halo de lumière. Je devine que tu pestes intérieurement. Mais ce genre de regret, tu ne l'extériorises pas. Ce serait avouer que tu as la clairvoyance d'une sibylle de foire.

Au bout du couloir, tu ouvres le portillon menant sur le jardin. Tu descends les petits escaliers de pierre, et te voilà entre les haies d'un square labyrinthique. Contemple ce dédale de buissons mourants, enneigés, gelés. Cet endroit est d'un triste ! L'ancien propriétaire des lieux devait avoir des passe-temps bien étranges, et un mauvais goût particulièrement prononcé. C'est bel et bien un jeu de noble que de se tailler un lieu de balade au tracé aussi tordu que son propre esprit... Notre bourgeois minable vivait au-dessus de son statut.
Après quelques pas, voilà la lumière qui te quitte. Ne te voici plus qu'éclairé que par la Lune, andouille. Tu laisses tomber ta lanterne, qui s'enfonce dans la neige.


Camelote...

Châtier le pauvre matériel et lui faire porter le chapeau de ton imprévoyance... Encore une marque de courage et d'intelligence, Balty. Tu fais fort, ce soir ! Tu crisses des crocs, dégaine tes dagues. Les serre fort entre tes paumes, comme des gri-gris. Pourtant, ce dont tu as peur, au fond, ces ombres fallacieuses que tu sens prendre vie tout autour de toi, ces monstres inconstants et imaginaires, se ficheraient éperdument de ces joujous d'acier et de sang coagulé.

Maintenant perdu au milieu du labyrinthe végétal, tu t'attends à croiser un esprit désincarné à chaque tournant. Prenant comme repère le toit de la chapelle, tu progresses lentement mais sûrement en sa direction. Des cracs ! Des fchhh... ! Des tocs ! La nuit est remplie d'étranges sons, Balty ! Ne te crispe pas à chacun, ou tu finiras par me faire un arrêt cardiaque avant d'avoir déniché ton homme. Ta raison te quitte, peu à peu, je le vois bien. Tes yeux grands ouverts, les oreilles alertes. Nous y voilà. Tu es persuadé que tu n'es plus seul dans ce jardin.  L'air glacial te caresse la nuque, tel une paume fantomatique. Rah, je plaisantais ! C'était une métaphore ! Tu dois bien connaître, ça, non, hein ? Tu as en du en lire plein dans tes stupides bouquins.

Te voilà en vue de la chapelle. Ton regard se fait plus résolu, on dirait que tu convertis ta frayeur en hargne. Tu snobes maintenant les danseurs noirs qui te narguent dans la nuit. Car maintenant, c'est vers une silhouette dans la brume baignant les alentours du sinistre bâtiment que se dirigent tes yeux écarquillés.
Oui, enfin ! Il est là. Il t'attend. Prétentieux, stupide, trop confiant, exactement la description qu'on t'en avait faite ! Tu sais ce qu'il te reste à faire ? Le poignarder, l'éventrer, lui prendre sa tête comme trophée et comme gage de bonne foi. Puis toucher sa prime, sacrifiant une nouvelle âme pitoyable sur l'autel de la résurrection de ta richesse et de ton rang. Tu as fais le plus dur, Balty. Et maintenant, tu t'avances vers lui à un rythme toujours plus effrenné, tel un prédateur qui a repéré sa proie.

Mais son dérangeant sourire te fige lorsque tu parviens quelques mètres devant lui. Tu flaires un piège.
Et sa voix caverneuse résonne dans tout le jardin et te fait vibrer tes oreilles prostrées par le froid.


Vous savez...
J'suis pas bien malin. Mais m'sieur Yannick est très intelligent. Et il me raconte des choses, plein de choses...


Hum. A quoi joue-t-il ? Sceptique, Balty ? Tu ne crois pas aux fantômes, toi, hein ?

Alors il a du vous prévenir de la façon dont vous alliez finir, minable !
Hinhinhin...
Une mascarade pour gagner du temps ? Ne me prenez pas pour...
Mon nouveau maître me demande de vous communiquer quelque chose !
Quoi ?
Il a arrêté votre montre.
Arrêté ma...

Sérieusement, Balty. Tu ne vas pas croire ses salades ? Tu ne vas pas... Allons bon. Tu sors ton bijou, d'un geste vif et nerveux. Tu l'ouvres, en mire le cadran. Que découvres-tu ?

Sei-seigneur...

TU TREMBLES ?! BALTY ! Ça fait des lustres que tu possèdes cette camelote ! C'est déjà un miracle qu'elle ait tenu jusque là ! NE LUI DONNE PAS CE QU'IL ATTEND, BALTY ! REPRENDS-TOI ! Tes yeux s'imprègnent de terreur, ton front devient une véritable fontaine de sueur et j'entends tes dents claquer. C'en est trop, je me montre à toi. VOILA, Balty, un vrai spectre. Comme d'habitude, c'est à ta vieille mère de réparer les pots cassés. Reprends-toi ! Vois ta proie se terrer dans la chapelle. Son rire sinistre raisonne dans le jardin gelé. Il se gausse de toi. Il a semé les graines du doutes dans ton bien fragile esprit. Balty...

Reprends toi, suis-le. Conclus ta mission. SOIS PLUS QU'UN HOMME ! SOIS UN NOBLE !

M-Maman...


Dernière édition par Balthazar B. Brixius le Ven 26 Déc 2014 - 2:54, édité 1 fois
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Baron Brixius
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Ven 26 Déc 2014 - 2:51

L'horloge là-haut, en-dessous des vitraux, te scrute. Minuit ne tardera pas à sonner l'apogée de cette trépidante nuit.

Rien ne vient perturber le silence de la petite chapelle, pas même ta respiration haletante de veau difforme déféqué prématurément par sa pauvre mère, Balty. Car tu retiens ton souffle, comme si tu étais en attente du verdict d'une quelconque force invisible sur ton propre futur. Les blasphèmes pseudo-mystiques du bouseux m'ont salement perturbé mon bâtard de môme ! Tu prends d'assaut le territoire d'un animal acculé, Balty ! Si tu ne te remets pas rapidement de tes émotions, c'est lui qui suspendra fièrement ta tête au-dessus de sa cheminée. Dieu sait quel niveau de mauvais goût un pervers déviant devrait atteindre pour décider d'utiliser ton faciès ingrat comme décoration...

Chhht, Maman ! Laisse moi m'acquitter de mon... Mon...

Encore une fois, tu démontres que ta capacité de concentration suit le thermomètre du lieu, Balty. Elle frôle le zéro, je veux dire. Tu saisis ? Qu'est-ce qui vole ton attention, encore ?

Il est là-bas. Ce fils de bouc incestueux. Terré parmi les ombres, tel le vieux rat fou qu'il est. Derrière le rideau...

Ce rideau de soie qui virevolte innocemment, derrière ces essaims de poussière et cette lumière glaciale qui peine à pénétrer les ténèbres de la miteuse bâtisse, t'aguiches dans un coin de la chapelle. Le confessionnal ! Se serait-il réfugié à l'intérieur ? Serait-il assez bête pour croire que trois planches de bois et un voile de soie le préserverait de ta fureur ? Ta traque se transforme en partie de cache-cache, dirait-on. Vous voici comme deux animaux timorés qui vous cherchez mutuellement des puces sans oser voler l'initiative... C'est d'un pathétisme et d'un authentique touchant. Alors, Balty, seras-tu le chat ou le rat ?

TU PERDS DE TA C-CANDEUR, FOUTU CA-CAFARD ! Si tu rampes jusqu'à mes p-pieds et implore la pitié de ton n-nouveau maître, la purge de ton âme viciée se fer-ra moins cuisante !


Un chat hésitant aux miaulements aussi tremblants que provocateurs... A l'avenir, évite de crier de nouveau, Balty. Ta peur transparaît dans ta voix.

Seul le craquement du plancher te réponds, ainsi qu'un infime murmure semblant se dissiper aussi vite qu'il ne t'a envahit ta cervelle embrumée par l'angoisse. Le rideau de soie continue sa danse macabre, proprement indifférent à tes vociférations. On dirait que même le mobilier se décide à te mépriser, Balty...

Tes lames alertes, tu laisses tes pas te porter vers l'insolent voile, tandis que progressivement, tes deux mirettes exorbitées s'habituent à cette maligne obscurité. Ne te fie pas à tes sens, ils ne feront que se jouer de toi dans un lieu aussi oppressant. Je t'aurais bien suggéré de faire appel à cet instinct animal qui s'agite en toi.

Mais il est trop tard. Une main franche mordant le rideau, tu l'écartes d'un trait, ne dévoilant... rien d'autres qu'un autre de ces nuages de poussières allergènes, je le crains, ainsi qu'un banc devenu demeure pour les termites. Le confessionnal est parfaitement vide.

Il se fiche de moi. Son agonie n'en sera que plus tourmentée ! Je dresserai ce damné chacal par le fer et le sang. Je lui ferai regretter d'être né. Il regrettera d'avoir pollué par sa seule existence ce monde qui m'appartiendra.

Ce rideau était tout de même bien excité, ... pour un rideau. Est-ce encore un courant d'air taquin ? Ou un adorable spectre joueur ayant trouvé une âme hystérique en guise de poupée ? Les vivants, comme les morts, se gaussent de ton sort, Balty.

... Pas de... fantôme.

Hinhinhin. Bouh !
As-tu entendu ? Ça recommence, mon petit tas d'immondices favori. Ces murmures transportés par les ténèbres. Aucun doute, notre ami hante l'église.

Tu soudes tes lèvres, car plus aucun mot n'est le bienvenue dans une situation aussi indigne. Tes naseaux ronflent, tu patines des sabots, le regard fou, avec la grâce d'un taureau émasculé. Bien décidé à tuer dans l'oeuf les lamentables tentatives d'intimidation du pirate médiocre qui joue avec tes nerfs.

Mais un bien vilain pan de ton esprit ne cède pas à cette rage vengeresse. Elle a la trouille, elle est inquiète. Elle se demande pourquoi il squatte les ombres sans même les exploiter pour attaquer, cet espèce de scorpion retors et insignifiant. Lâcheté ? Tu ne ressens aucune peur dans son étrange comportement. Sadisme ? Rien de plus que la routine pour toi, mais une mise en scène aussi minutieuse et patiente ne pourrait nourrir qu'un sadisme absolument exacerbé, que tu ne prêtes pas à ce vieux fou rachitique aussi perdu dans ses songes que toi.

Alors quoi ? Et s'il gagnait du temps, Balty ? Hinhinhin. Et si tu n'étais qu'un pion sur son échiquier ? Penses-y. Tu avais remarqué que les portes de la chapelle se sont refermées derrière ton dos ?

Vas-tu là encore incriminer le vent ?

Tu es bien docile, Balty. Tu cours vers son piège. La cupidité et la gourmandise ont trahi ta raison. Quel dommage...

Arrête ça. Arrête ça, Maman.

L'humidité te lèche cette peau crasseuse et écaillée qui recouvrent tes tripes pourries, et le froid fige autour de toi cette aura pestilentielle qui se dégage des asiles sombres, tranquilles et indifférents à la douleur qu'ils abritent. Tu pues, Balty, tu pues le fou, la dégénérescence. Tu contamines même l'atmosphère suffocante qui envahit la vieille église.

Tu tousses. La toux s'impose à ton rythme. Tu tousses, tu craches, tu racles sans résultats ta gorge. Tu tousses. Tu es à bout. Là, devant l'autel, à fouiner le moindre recoin à la recherche d'un fantôme, tu es à bout. Lorsque tes mirettes brunes de clébard battu balayent nonchalamment les rangées de bancs, tu te crispes. Il est là. Assis sur le seul banc qui semble parfaitement intact, au milieu des ravages du Temps, qui ne respecte même pas les lieux de culte ! Il mime le recueillement, il prie je-ne-sais-quoi, murmure ce qui doit sûrement être quelques insanités religieuses dans sa barbe... Quelle arrogance, ou quelle insouciance ! Je ne sais plus trop quoi penser de cet idiot. A-t-il conscience de sa situation ?

Ses yeux s'ouvrent lentement, puis se braquent sur toi, comme deux projecteurs t'éblouissant au milieu de cette obscurité. Et il parle, il te parle de cette voix monotone, dénuée d'émotions, basse comme un couinement de rat mais qui, au milieu de ce silence pesant, résonne comme un clairon.


Monsieur Brixius, vous courrez à votre perte. Je ne suis ni seul, ni démuni. Le diable habite cette chapelle. Vous pouvez encore fuir. Ensuite, il sera trop tard. Vous deviendrez la matière sacrificielle de la messe noire de monsieur Yannick. Et je serai le couteau qui se gorgera de votre sang ! ...

... c'est-à-dire que je vous mangerai. J'espère que vous avez bon goût, car je dois vous avouer que je hais viscéralement cette partie du rituel...

Bref, vous avez trente secondes pour fuir. A Minuit, le seigneur Yannick s'emparera de mon corps. Je ne serai plus qu'un outil sacré. Vous avez raison, vous savez, m'sieur Brixius. J'suis qu'un pouilleux.

Quel honneur pour moi de servir une cause aussi grande que le plan de Satan-sama...


J'étais donc dans le vrai. Notre sataniste d'opérette te volait du temps. Minuit sonnera donc dans une poignée de secondes, Balty. Je t'avoue que je fulmine ! Voilà un spectacle qui s'annonce réjouissant ! Deux âmes perdues dans les limbes de la folie, qui s'entrechoquent en éructant des fantaisies démentes pondues par leurs esprits malades ! Une comédie hilarante ! J'ai tellement hâte de savoir ce qui va advenir de toi !

Je... Je ne fuirai pas.
A votre guise. Quinze secondes...
Je vous aurai étripé bien avant que vous ne me touchiez d'une seule de ces hideuses mygales qui vous servent de mains !
Le principal, c'est que le sang coule ! Le vôtre, le mien, cela n'importe que peu nos seigneurs !
Je suis l'unique seigneur en ces lieux ! Tu remets en cause mon statut, fichu gueux ?! Je suis ton seul maître ! Ta fragile et misérable existence ne dépend que de ma volonté !
Que vous croyez ! Vous n'êtes qu'un humain, m'sieur Brixius !
Cinq secondes !


Hinhinhin. C'est très juste, tu n'es qu'un simple humain. Ruiné et vulnérable. Tu es probablement victime de la plus vieille ruse du Diable, Balty ! Il t'a persuadé qu'il n'existe pas. Réfléchis quelques secondes, si ce n'est pas trop te demander, si tant est qu'il nous reste ces secondes : Comment expliques-tu ta vie, depuis ta naissance maudite jusqu'à cet enchaînement d'ignominies qui t'ont coûté tour à tour ta santé mentale, ta famille, tes richesses puis ton statut, et finalement ta dignité et ton âme, sans faire intervenir la moindre puissance maléfique se délectant dans l'ombre de tes déboires folkloriques ? Hinhinhin !

C'est t-toi, Maman, mon Diable. C'est toi qui m'a transformé en... gnn...
Satan-sama ! Acceptez cette offrande ! La chair d'une malheureuse victime de ses propres démons ! Hahaha ! HAHAHA ! HAHAHAHAHA !

Ce rire strident semble sans fin, et s'enfonce en toi comme un pieu se fichant directement dans ton coeur déchaîné. Lentement, il se lève. S'engage entre les bancs, avance vers toi. La démarche assurée, le regard mordant. La guerre est déclarée, Balty !

Prépare-toi à embrasser les ténèbres, porc impie.
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Ven 26 Déc 2014 - 15:40

Ne vous prenez pas trop au sérieux, monsieur Brixius. Votre ancien rang n'est impressionnant que pour la basse plèbe ignorante que vous oppressiez.

Son ton a gagné en médisance. Son regard s'est durci, et le sourire qui se peint sur ce masque ridée qui lui sert de visage dégouline d'une soif de violence insatiable ! Ta petite proie joue au possédé ! Quel acteur remarquable. On le croirait réellement habité par un fou furieux qui ne s'est pas résigné à attendre gentiment dans sa tombe que l'éternité se passe !

L'empreinte du comte Yannick a probablement du développer une seconde personnalité dans cet esprit trop simplet pour en conserver une seule dominante. Détaches toi de cette sinistre mise en scène, Balty, restes cartésien. Il n'est pas plus possédé que toi tu n'es hanté... Hinhinhin !

Mais malgré tout, je vous souhaite la bienvenue dans l'outre-tombe ! Ô, Brixius, repas de notre vénéré empereur des ombres !
Laissez moi m'abreuver de votre sang !


Il n'est plus question de courses stériles désormais. Ce pseudo-Yannick te bondit dessus, filant entre les bancs, mâchoire grande ouverte, comme si parvenir à te mordre était son seul objectif, et que sa survie n'était devenue qu'accessoire. Tu lui fais payer son indécente témérité, tes poignards valsant dans le noir et tentant un estoc maladroit et tremblant directement dans sa gorge. C'est d'un bond quasi bestial qu'il quitte la trajectoire de ta riposte apeurée, se décale sur ta gauche et fais claquer ses dents à quelques centimètres de ton avant-bras.

Trop lent, tu es bien trop lent, Balty ! Notre cher possédé n'attend guère que tu te sois remis de ces douloureux frissons qui travaillent ton corps chétif. Décidé, décidément, à te goûter, il croque dans le vide une, deux, une troisième fois, se gaussant de tes dagues, dépassées par sa vitesse.

Il y a bien l'une d'entre elle qui lui caresse les tempes jusqu'aux joues pendant sa danse macabre. Mais ta proie semble avoir à peine remarqué que tu venais de la gratifier d'une hideuse balafre, tant elle est absorbée par son divin -maudit- dessein. Vouloir te dévorer. Quelle infecte idée ! En temps normal, même les vautours ne voudraient point de ta viande gâtée. On dirait que le diable est peu regardant sur l'origine de sa pitance, hinhinhin...

Défilant sous les rayons de lune malades qui percent hardiment les vitraux et les crevasses, tu luttes contre notre groupie du démon tout en menant un bras de fer contre l'obscurité qui t'empêche d'y voir clair en son jeu : et cette mâchoire qui surgit sans relâche de la pénombre te gonfle d'une adrénaline désespérée. Oh oui, tu es lisible, Balty, lisible comme un livre grand ouvert, un livre mal écrit à l'encre baveuse : la peur se lit sur ton visage. Le stress t'accable de ses prédictions.

Tu veux y passer, Balty ? La moindre erreur te sera sûrement fatale. Et tes réflexes émoussés par cette terreur grandissante en toi ne m'assure guère que mon gosse profane ne finisse pas la nuit au fond du ventre d'un psychotique cannibale. Tu as encore tellement de vendettas à mener, de convictions à brûler, de rêves à chaparder et de richesses à retrouver ! Je t'interdits de mourir tout de suite !

D'une roulade saccadée, tu te délivres de l'emprise de ton ennemi. Tu révises ta tactique ? Il serait temps, effectivement. C'est sous les bancs que tu te réfugies, au grand dam de notre hôte qui voit sa messe noire perturbée par les fantaisies d'un lâche !

Monsieur Brixius, allons ! Nous étions si bien parti ! Ne faites pas l'enfant, vous allez mécontenter notre public...

Te tordant comme un ver de terre sous les bancs, tu parviens à avancer, à t'échapper, à t'éloigner. Il est clair que tu as sous-estimé sa vélocité. Naturellement, qui aurait cru que la coquille viciée d'un vieux boucanier pervers soit capable de telles prouesses ? A en croire que le bonhomme se sent réellement possédé. Et que malheureusement pour toi, mon garçon, cette transe soit entièrement dirigée sur toi.

Tu fuis. Lamentablement. Outre l'opacité de cette obscurité, cette église offre une kyrielle de cachettes. Et ce n'est pas sous les bancs que tu dénicheras la meilleure, car déjà le vieillard, un à un, les soulève de deux mains vibrantes d'impatience, chantonnant doucettement une mélodie fantasque en une langue sorcière.

Ego dallum homo carne, satanas visitarum nos in noctis fiesta, miam miam...

Ton museau vient de faire la rencontre impromptue d'une famille d'araignée et de son domicile. Prévisible. Ton cri étouffé se propage tel une onde de choc à travers ce silence.

J'entends le petit fifils à sa maman contenir son martyr. Venez à moi que j'allège vos souffrances !
Il n'y a que des insectes sous ces planches, monsieur Brixius ! Seriez-vous l'un d'eux ?!

Ton égo heurté ne suffit pas à bousculer ta terreur et réveiller ton courage. Au contraire. Te voilà à quelques mètres du confessionnal. Un rapide coup d'oeil t'enseigne que tu disposes d'une fraction de secondes pour t'y abriter. Alors, que fais-tu ? Tu les saisis ! Et dans ta précipitation, c'est tout le banc sous lequel tu te camouflais qui se renverse dans un fracas blasphématoire. Foutu gourd ! Même poursuivi par la Mort elle-même, tu serais toujours autant gauche, vilain rat !

Roulé en boule à l'intérieur du confessionnal, tes esgourdes s'ouvrent grand, tes dents claquent, ta poigne se crispe autour des manche de tes dagues ensanglantées. Là-derrière, aucun mot, juste des pas qui font soupirer le plancher, de plus en plus fort, de plus en plus près. Ta position foetale te sert de garde. S'il déboule tout crocs dehors, tu lui planteras tes coutelas dans le gosier. Tu tentes de te convaincre de l'infaillibilité de ta pathétique tactique. Mais, bien piètre acteur, tu ne crois même pas en tes pensées.

Il s'approche, l'hérétique aliéné !
Son ombre se glisse sous le rideau. A toi de jouer, Balty. Souviens toi de qui est le chasseur dans cette funeste histoire, et...

La première lame déchire sèchement le voile de soie,
La seconde suit la première mais ne fend que de l'air.
Ta rachitique paluche arrache ce qui reste du rideau. Là, droit devant toi, un dérangeant vide. Le banc que tu as renversé n'a pas bougé d'un pouce.
Mais toi comme moi ne nous y trompons pas. Tandis que ton souffle s'affaiblit jusqu'à se faire moins audible que les murmures des fissures parsemant le temple, tu l'entends. Près, très près. Son haleine te parvient. Il t'attend. Il attend que tu décampes de ton terrier.

Hinhinhin.

La frayeur se teinte de frustration. Tu détestes être dominé. Cela fait bien longtemps que tu as dégringolé la pyramide sociale, Balty, et tu ne gardes de la noblesse que des souvenirs lointains et avilissants... dont je fais moi-même partie, malheureusement. Mais jamais tu n'as appris à vivre en-dessous de la plèbe. Jamais tu ne t'y habitueras. Jamais tu n'accepteras de devenir proie. Et cet égo qui ronfle en toi commence à prendre le pas sur tes instincts de survie primitifs...

Tu étires ton corps, debout et bien droit, tu avances en-dehors de ton abri.
Et un collet barbelé vient t'encercler la gorge, l'étreint, la saigne à blanc. Tes chaussures décollent du plancher tandis que tu perds pied, et tes jambes surexcitées s'agitent frénétiquement, semblant possédées par la terreur. Tu verdis, puis rougis, comme une tomate. Et dans un malheureux réflexe étouffé, tu balayes au-dessus de toi de ta furieuse dague rouillée, comme pour trancher ce fil invisible qui te transforme en pantin. Mais c'est un poignet que tu entailles. Un poignet glapissant, qui capitule aussitôt qu'il pleure son sang.

Tu t'affales lourdement sur le plancher, te vautrant entre une constellation de gouttes de sang...
Tu geins. Tu as eu chaud, Balty. La Mort t'a frôlé, tu le sais, tu l'as sentie. J'ai eu peur pour toi, un instant, puis je me suis souvenu que les meilleurs partent en premier. Et que ce ne serait donc dans tous les cas pas ton heure ce soir.

Tu détaches ton collet. Imbibé de ton hémoglobine, il tombe sur le bois dans un cliquetis macabre.

Ce n'est peut-être pas fini, Balty ! L'ennemi était perché au-dessus du confessionnal, mais il semble s'être de nouveau fondu parmi les ombres.

Ne relâche pas ton attention.
Il te maîtrise. Il t'a bien en main. Tour à tour, tu piétines ses pièges. A force, l'un d'eux finira par te tuer. Tu dois arrêter de te laisser guider par cette ordure, Balty ! Sors des sentiers qu'il trace pour toi, mon petit prédateur de pacotille ! Réfléchis un peu ! Mets toi à sa place ! Ta pensée s'est-elle à ce point rabougrie pour que tu ne prennes plus la peine de soumettre ta proie avant de la dévorer ?

Exécute ton devoir avec précision, bravoure et colère. La prochaine fois, peut-être qu'il ne te loupera pas.

A-aaa-rrk...
Par la sanglante gorge... Je m'en vais te plumer, putride vautour !

Joins la parole à l'acte, maintenant.
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Baron Brixius
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Ven 26 Déc 2014 - 21:47

Devant ? Derrière ? Au-dessus ? En-dessous ? A gauche ? A droite ? Avant de l'attaquer, il faudra d'abord le voir...

Mais tu l'imites. Et toi aussi, tu fais corps avec les ténèbres. Tout autour de toi, cette atmosphère oppressante devient peu à peu un allié précieux. Tu n'es toi-même qu'une ombre parmi les ombres, Balty, une ombre qui a perdu le Soleil qui le faisait exister. Devenir le néant alors que l'on est soi-même un morceau de vide, rien de plus aisé. Fugace et alerte, tu te glisses derrière le confessionnal. L'ennemi semble apprécier ce terrain. Peut-être devrais-tu le forcer à revoir ses plans en sortant de l'église.

Si tant est que la porte n'est pas verrouillée... Oh, ce n'est pas une excuse ! Ce bois complètement pourri, violé par les termites, ne tient tête au Temps que grâce à ces couches de glace qui lui confèrent une nouvelle vie. Mais ça ne reste que du destructible...

Tu ne pourras guère camper plusieurs éternités là-derrière, Balty. Tu es proie lorsque tu demeures immobile ! Te retrouver le cou suturé de minuscules trous rouges ne t'a pas suffit ? Voudrais-tu que la prochaine fois, il parvienne à t'arracher toute cette caboche remplie de mauvais sentiments ? Ah, tu paraîtrais bien fin, mon coq, décapité comme une vulgaire volaille, roi de la basse-cour qui ne chantera plus jamais !


La tête... La tête... Lui prendre la tête...

Tu le sais proche, tout proche. Après avoir prié les dieux du sang, tu serres contre toi tes deux dagues, comme deux doudous rassurants, et te hisse au-dessus du confessionnal, d'une façon balourde et bruyante, dans toute la disgrâce qui te caractérise. Et de ce promontoire, tu te rends compte. Dans le noir, tu y vois clair. Cette chapelle est petite et n'offre pas masse de planques potables. Les bancs, le confessionnal, l'autel. L'autel.

L'autel.

Une ligne de sang qui parcourt de bout en bout la bâtisse, depuis ton perchoir, jusqu'à l'arrière de l'autel.

Il est là-bas. Le gibier, saigné au front et au poignet, renseigne son bourreau sur sa position. Plutôt bien vu, Balty. Enfin, je retrouve la vilaine bestiole qui me sert de fils ! Celle aux instants primaires acérés, à la dignité sapée, qui puise son obstination dans l'orgueil et l'avarice !
Tu te laisses tomber de ton perchoir. Cette fois, pour la première fois de cette impitoyable nuit, tu sais où tu vas. Il était temps. Il était temps d'avoir un plan ! Tu rejoins tes amantes araignées par-dessous les bancs. Et tu rampes, encore, comme la limace vicieuse que tu es. Chacun de tes sens, furieux d'être dupés, redoublent d'efforts pour te maintenir au courant des mouvements de ta proie. Là-bas, rien. Le silence, le vide, un calme effrayant que rien n'ose titiller. Si ta cible est immobile, c'est probablement qu'elle t'attend, sûre d'elle, au creux d'un piège retors à base de pure cruauté...

Au nom du Diable ! Hinhinhin ! Au fond, tu es le seul démon en ces lieux, Balty, et tu cherches à le prouver !

Te voici juste devant l'autel. Le bloc de pierre te nargue, et masque ton monstre. Tu l'entends murmurer là-derrière, d'autres ignominies en patois maudit.

Et surtout, tu entends quelque chose qui racle. Un son sourd et putride, qu'on aiguise.

Ton impatience te perturbe. Bazardant le banc qui te protégeait jusque là, te voilà possédé par une bravoure inattendue. Dague en avant, tu t'élances, flairant la piste de sang avec l'avidité d'un chien de chasse.

C'est contre un long hachoir d'os hérissé de crochets acérés que tu te heurtes ! Cet ouvrage macabre surgissant de la pénombre t'effraies et te forces un réflexe de recul. Grâce auquel, béni soit le diable, tu échappes à un sort aussi sanglant que brutal.

Monsieur Brixius, nous voyons arriver là la fin de notre rituel. Merci pour votre participation !
Cette outil sacrificiel forgée à la gloire de Satan-sama prolongera vos souffrances, voyez-vous. Je ne vous laisserai pas le temps d'imaginer les dégâts que ces crochets peuvent occasionner à la chair humaine. Le mieux est encore de vous faire une démonstration !


Il ne s'arrête pas de bavasser, conscient que dans ta terreur, tu lui laisseras le temps de jouir de cette aura de folie furieuse qui envahit la sinistre chapelle. De tout temps, les édifices à la gloire des Dieux ont fédéré les petits humains à la recherche de réponses ! Que les petits gens rivalisent d'ingéniosité et de ferveur lorsqu'il s'agit de vénérer leur toute-puissance imaginaire. Mais on aurait bien tort de croire que les monuments du Mal sont moins épiques ! Une oeuvre d'art déviante et macabre que ce sabre d'ossement, j'en ai le souffle coupé !

Hinhin. Façon de parler... je n'ai plus de souffle.

Tu l'as entendu, Balty, il veut te tuer avec ce bijou de cruauté. Ne reste pas planté là ! Le voilà qui mouline en ta direction, la gueule grande ouverte. Surveille là, il n'est pas dit qu'il ne retente pas de te croquer un morceau en plein milieu de l'affrontement.

Hmmf !

Muni d'une arme aussi monstrueusement bien pensée pour déchiqueter la chair et broyer les viscères, il s'assure un toucher critique s'il ne parvient ne serait-ce qu'à te frôler. Reste concentré ! Mobile sur tes deux pattes, tu recules sous ses assauts, le guide à travers les rangées de bancs. Tu n'y arriveras pas en te contentant de fuir, Balty ! Réfléchis ! Réfléchis ! Il a une allonge et une force de frappe bien supérieures aux tiennes, mais il est arrogant, bestial, aussi fin que ses pseudo-croyances.

Te faufilant entre deux bancs, dont celui, renversé, qui avait subi la fougue de ta panique tout à l'heure, tu gagnes quelques précieuses secondes que tu exploites, je l'espère, à penser à une façon sécuritaire de mettre fin aux tourments de ce pauvre fou.

Tilt, Balty ?


Fanatique lobotomisé par quelques fantasmes noirs ! Tu crèveras comme tu es né. Perdu et en larmes !

Et ton pied vient s'encastrer dans le banc renversé, et le banc renversé vient s'encastrer dans les guibolles de notre hardi gaillard, qui, aucun doute, voit la fin s'approcher. Dans sa chute, il lâche son hachoir de malheur, dont les griffes viennent te frôler et te déchirer l'épaule.

Tu serres les crocs, les yeux fous.
Il s'apprête à te tomber dans les bras, désarmé, et le câlin que tu lui réserves sera particulièrement passionné !

Il a commis sa plus fatale erreur, celle qui lui arrachera la vie ! Ton poignard droit s'engage droit vers son ventre, carnivore, assoiffé de vengeance, il pénètre une première fois cette chair dure caractéristique des corps qui se sont toujours pavanées dans le vice. Voilà le châtiment purificateur idéal pour un corps souillé abritant une âme misérable ! Vivant comme une bête, saigné comme une bête ! Ne t'arrêtes pas en si bon chemin, Balty ! Donnes lui un avant-goût brûlant de l'Enfer qui l'attend !

Et ta lame rebondit, rebondit, rebondit sur son ventre que tu ouvres comme un bide de cochon. Mais ce sourire pervers ne quitte pas le visage de ta proie, il s'étend même jusqu'à ses oreilles. En pleine extase, il provoque le septième ciel. Et à chaque coup de poignard, son euphorie s'amplifie, jusqu'à atteindre les proportions d'un rire béat et comblé.

Prenez ce corps ! Le tribut de chair sera finalement le corps de ce pauvre démon cannibale !

Il chute à tes pieds, les yeux vidés. Il te mire de deux perles blanches révulsées ! Un frisson glace ton corps, et son extase se fait contagieuse, mon fier minet psychopathe !

J'ai vaincu, chiure de gouge ! Va donc devenir la catin de cet Enfer que tu vénères tant !
M-Meerci... M'sieur Brixius... Quelle prolifique nuit nous avons passés ensemble...

Ce pauvre diable est exorcisé pour de bon...
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Baron Brixius
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Ven 26 Déc 2014 - 22:48

Je le vois, il est là-bas.

Dans la neige s'étale comme une flaque ton sac de toile empli de richesses de l'odieux bourgeois qui comptait, probablement, se livrer à quelques exotismes sataniques dans sa demeure.
Sous ton bras, la tête. La tête de ta proie. Sectionner un à un les câbles qui la retenaient au reste du maudit corps n'était guère aisé, mais dans un élan de barbarie dégénérée, et fort de ta haine pour ces basses castes qui n'ont d'autres choix que de se tourner vers la criminalité pour y dénicher une raison d'exister, tu t'es appliqué à exécuter ce travail de boucher de manière relativement propre.

Hihihihihi. Un imposant butin. Aussi mérité qu'opulent !

Tu glisses le bourrichon de ta victime dans le sac. Et tu me mires, semblant chercher une récompense plus gratifiante que la prime d'une âme perdue et quelques babioles encore marquées par la folie de leur ancien possesseur. Quoi donc, Balty ? Que veux-tu que je te dise ? Tu veux des félicitations ? Un pardon ? Qu'attends-tu de ta vieille mère ?

Redorer notre blason est un travail de longue haleine. Ingrat. Sale, dégradant. Indigne de mon rang...

TON travail. C'est toi-même qui a mis en branle nos possessions, et qui a commis le plus profane et irréparable des matricides, sombre branque ! Essaye donc de te plaindre et je t'accablerai encore et encore de la liste de tes outrages, mon petit chacal. Tu n'as pas le droit d'avoir peur, ni de regretter.

Me vois-tu vraiment comme un démon ?

Certes, je me suis emportée, tout à l'heure.

Oh...

Tu es bien pire que ça. Tu es une souillure innommable pour la noblesse et l'humanité entière. Un abject rat qui a tourné le dos à jamais à sa dignité. Mais cela ne devra jamais être une raison pour mourir, nigaud ! Tu dois réparer ces affronts que tu ne te lasseras jamais de commettre, réinstaller notre famille sur la scène mondiale, et pondre un descendant !

O-Oui, Maman. C'est mon rôle désormais.

Tu ne vis plus que pour lui. Qu'attends-tu, Balty ? La route est encore longue. Ne perds plus la moindre seconde !

Ma quête me transporte au plus profond de la crasse des roturiers.

Tu fais passer ton sac par-dessus ton épaule. Ce sac rempli d'or et d'un trophée, d'une tête. Et à travers les glaciales chatouilles d'un blizzard nocturne, tu quittes, exténué, ce manoir maudit, qui, à ton image, est habité par les forces des ombres.
Va donc, fils indigne, poursuivre ta cavale, semer la Mort qui te guette à chaque instant durant tes fallacieuses missions !
Rien n'allégera ce fardeau dont tu t'es à jamais lesté !
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