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Comment gérer un mal de tête ?

    Douce mélodie sifflotante des oiseaux, apaisante, repoussante des mauvais cauchemars qui perturbent mes moments de répits. Je ne sais pas où je suis, ni pourquoi je suis actuellement perdu dans les abysses de mes pensées… Suis-je en train de dormir ? Une forte luminosité vient interrompre mes questions. Les yeux fermés, mes sourcils se froncent et une douce chaleur me caresse le visage. Il s’agit certainement du soleil. La chaleur n’est mon truc habituellement, mais c’est agréable cette fois-ci, accompagné d’une douce brise matinale. Quelle heure est-il ? Si l’on reprend les différents éléments, que ce soit la brise matinale, les oiseaux qui chantent normalement assez tôt le matin, les prémices d’un lever de soleil… J’opte pour un début de matinée.

    J’ouvre enfin les yeux. Et mine de rien, mes sens sens fonctionnent toujours aussi bien, je ne m’étais pas trompé sur mes pronostics, la matinée est radieuse. Face à moi, alors que je me redresse tout doucement, anormalement secoué, je m’aperçois qu’un assemblage de fruits a été déposé pour moi. Mon ventre cri famine, ça tombe bien. Je commence à déguster tous ses bons fruits, me demandant où sont tous les types, pis surtout comment est-ce qu’ils ont fait pour en récupérer autant. La plupart se récupère assez facilement dans les buissons ou les plantations naturellement, certes, mais pour d’autres il faut quand même sacrement grimper. Je mange avec beaucoup de plaisirs dans l’espoir de retrouver rapidement mes camarades, jusqu’à l’heure encore inexistants.

    En me relevant, ma tête cogne légèrement, comme s’il s’agissait d’un lendemain de cuite. Qu’ai-je fait hier soir ? Pas le moindre souvenir me vient. Il pleuvait. Il ventait. Je suis parti à la recherche de Suelto et… Abruti ! Tout me revient. Cette décharge importante d’informations qui a surgit de nulle part, sans prévenir, l’était à tel point que je me suis retrouvé avec un trop plein de données impossibles à traiter d’un seul coup. Je ne sais pas encore ce que représentent toutes ces images, tous ses flashs, tous ces machins qui m’ont retourné le cerveau. Partagé par cet évènement : une partie de moi ne veut plus jamais revivre ça, et une autre souhaite maîtriser ce flux d’informations, la maîtriser et s’en servir à bon escient. Je ne reste pas moins un combattant, un guerrier, et quoiqu’il en soit, je dois admettre que cette capacité pourrait m’être plus qu’utile. Pis les deux personnes aperçues dans mes flashs…

    « Hm ? »

    Un. Deux. Trois hommes dont les odeurs me sont assez familières, me sautent dessus, armes en main. Je dégaine immédiatement la mienne pour parer leurs attaques. Une attaque surprise ? Je sers de cobaye pour les entraînements, maintenant. C’est marrant. En principe, je ne crains aucune attaque à l’arme blanche, alors je laisse tomber les bras et attends leurs prochaines attaques. Cependant, en me voyant agir ainsi, ils se mettent tous à sourire et à m’attaquer sans réfléchir. Je reste tout de même confiant, impossible que leurs lames m’atteignent. Ils les tournent malgré sur le côté non tranchant avant de m’infliger une attaque synchronisée qui…

    « Arg ! »

    Me couche nette. Ce n’est pas tant la puissance du coup qui m’a couché, c’est autre chose. Un truc, un système qui m’a complètement affaibli, et à tel point que je n’ai pas pu me liquéfier, me laissant dans une profonde incompréhension. Mon pouvoir ne marche-t-il désormais plus ?

    « Ragnar, Ragnar… Tu es devenu bien trop sûr de toi. C’est le problème des utilisateurs de fruits du démon de type logia. En effet, vous avez tendance à vous sentir invincibles, mais il existe désormais des tas de moyens de vous neutraliser, pour une personne lambda capable de rivaliser avec vous en combat rapproché. En l’occurence, ces soldats sont équipés de granits marins sur leurs lames, c’est pour cela qu’ils ont pu t’atteindre. » Constate Suelto en arrivant de nulle part.

    « Il n’existait pas de manières plus simples de me l’enseigner ? »

    « Le meilleur apprentissage est celui où l’on peut revenir sur nos erreurs, comme ce fut le cas à l’instant. Ne perds pas tes sens, tes facultés en tant que combattant, ton expérience au profit de tes nouvelles aptitudes. Le parfait combattant en ferait un parfait mélange, Ragnar. »

    Il marque un point. Je me suis laissé distraire par mes nouvelles capacités, malgré le fait que le danger me guette toujours d’un oeil attendrissant. La marine, superbement bien équipée en armement pourrait facilement me neutraliser avec ce granit marin, si je ne fais pas plus attention. J’ai pris une certaine assurance malgré mon nouveau côté perfectionniste, c’est un comportement que je dois absolument régler ce détail. Je me relève difficilement à quatre pattes dans un premier temps, laissant l’air de rien de l’encre s’échapper de ma main, cachée par les herbes environnantes. En à peine quelques secondes, je tiens les deux moustiques qui m’ont frappés comme un malpropre, l’encre s’est enroulée autour d’une de leur cheville, et de là je les retourne en élevant mes bras vers le ciel, leurs têtes à présent vers le sol, suspendus à mes longs bras tentaculaires. J’attends qu’ils aient le temps de flipper un peu, de deviner ce qui les attend, puis je frappe violemment le sol avec avec leurs corps devenus inertes au bout de deux coups. Je crois qu’ils sont biens sonnés. Certains diront que j’y suis allé trop fort, notamment ceux qui restent sans voix, tandis que d’autres rigolent comme des cons en trinquant. Je constate à cet instant que l’équipage est divisé en deux : les lopettes et les demeurés.

    Après ce triste constat sorti de nulle part, car effectivement, aucun de mes hommes ne m’a déçu jusqu’à présent, je file m’isoler dans les bois pour me remettre en question. Me remettre en question… moi ? Que m’arrive-t-il, bon dieu ? Je n’ai jamais eu besoin de me remettre en question, je me fiche normalement des conséquences de mes actes, alors bon. Seuls les cons ne changent pas, c’est ça qu’on dit ? J’en ai assez de me battre avec ma propre conscience, j’abandonne. Que ce fruit me bouffe de l’intérieur si ça lui chante, ça m’est égal. Et merde, me voilà encore en train de parasiter mon esprit de songes inutiles. Calme-toi, assieds-toi et recentre-toi. Je m’assieds aux pieds d’un arbre, j’aurais tendance à dire que c’est exactement le même que celui de la dernière fois, mais ils se ressemblent tellement que c’en est certainement un de ses jumeaux.

    J’ai besoin de fermer les yeux, de me relaxer, de faire le vide dans ma tête. Pas de pluie cette fois, c’est le retour de la chaleur tropicale à laquelle je m’acclimate à peine, et ce malgré les longues semaines passées ici. Je sens ma sueur se propager partout dans mon corps. C’est froid, c’est désagréable, ça coule très lentement le long de mon dos… J’entends ce son aigu provenant d’un moustique qui vole tout près de moi, avant qu’il ne se pose sur mon bras pour me sucer mon sang.  Je sens à peine la piqure, un léger picotement et plus rien. Quelques brises de la mer viennent ébouriffer mes cheveux, mais j’en profite avant tout pour en inhaler une grande quantité rafraichissante, pis surtout d’apprécier ce moment agréable. À cet instant, plus rien d’autre ne compte.

    En fin de compte, c’est beau de ne rien voir, vraiment beau. Je me rappelle d’une conversation avec mon amie, Yamiko. Je lui disais autrefois qu’être aveugle est finalement un cadeau des cieux, celui de ne pas voir toute l’atrocité de ce monde, de pouvoir imaginer un monde meilleur, mon monde. Depuis la récupération de ma vue, j’ai certes vue des choses inimaginables, mais tantôt belles, tantôt immondes… Celles qui persistent le plus étrangement, ce sont bien évidemment celles qui vous réveillent la nuit. Et encore une fois perdu dans mes souvenirs, un cri venu des fins fonds de la forêt attise ma curiosité.

    Qu’est-ce que cela peut bien être ?
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    Un cri. D’où et de qui provient-il ? J’imagine que c’est un cri animal, parce qu’en soit je ne connais aucun être humain crier de la sorte, enfin je crois… Il y a bien cette ménagère à l’époque où je vivais sur ma petite île de South Blue, mais… Huh ? Pourquoi est-ce que je ressasse ce genre de souvenirs que je pensais oubliés ? Mon enfance, c’est pourtant l’époque que je pensais avoir complètement oubliée, et pourtant, elle est belle et bien présente dans mes souvenirs. Je me demande comment se portent papi et mamie. Ça doit faire quoi ? Bien deux années que je n’ai pas eu de leurs nouvelles.

    Si je veux espérer contrôler ce flux d’information, je dois impérativement contrôler la portée et ne pas aller trop loin. J’entends à environ une centaine de mètres un truc assez imposant s’approcher. Instinctivement, je décide d’ouvrir les yeux, et à ma grande surprise, ma vision se déplace à vitesse lumière dans la forêt jusqu’à s’arrêter sur le fauteur de troubles, qui n’est autre qu’un énorme éléphant enragé.

    Aie.

    Mes yeux me piquent, mon mal de crâne arrive tout doucement, je referme les yeux pour sortir de là. Le sol tremble légèrement autour, je sens une ombre qui me protège du soleil, je comprends alors que la grosse bestiole se trouve en-face de moi. J’ouvre légèrement les yeux, délicatement, puis je reste scotché. Non par la terreur qu’impose la bête, mais plutôt par sa beauté et sa sagesse. Enfin sagesse, elle a plutôt l’air énervée, mais bon.

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    Je sors ma guitare accrochée à mon dos, confectionnée par Suelto avec du bois de l’île, ainsi que des boyaux d’animaux  - dont je n’ai pas voulu savoir l’existence - pour les cordes. Et mine de rien, malgré de grosses appréhensions, ce qui en ressort est plutôt intéressant. Pour tenter de calmer cet éléphant, je joue une douce mélodie, à la fois entraînante et apaisante. Dans un premier temps, l’animal n’est pas très réceptif et tape du pied. J’évite de croiser son regard pour ne pas l’exciter et continue calmement de jouer mon morceau.

    Musique:

    Je tape sur la partie en bois d’une main, tandis que joue avec les cordes de l’autre. Des oiseaux viennent s’installer sur mes épaules et si flottent également au rythme de la musique. Alors l’inspiration me vient, je commence à chanter ce qui me vient à l’esprit, comme le ferait n’importe quel chanteur. J’ai l’impression d’être en concert. Le gros machin s’allonge face à moi, avec des yeux biens plus attendrissants, accompagnés d’autres animaux qui se posent à ses côtés.

    Je chante pour le bonheur, pour la victoire, pour mon défunt ami, et surtout, pour l’espoir. L’espoir d’un monde meilleur. Je chante. Je chante sans m’arrêter, encore et encore, laissant des larmes s’échapper. Larmes de tristesse ? Non. De joie ? Aucune idée. Je chante seulement avec joie et plaisir, ce qui en découle de mon visage est un mystère, un de plus ou un de moins, rien de dérangeant.

    Pan.

    Un coup de feu de retentit. Les oiseaux fuient la zone les premiers, les mammifères à quatre pattes aussi, ne reste plus que l’éléphant et le défunt renard tué par le fusil de… Suelto ? Il n’a vraiment pas choisi le bon moment pour chasser. La grosse bête se relève folle de rage et fonce sur mon camarade. C’est qu’elle se déplace plutôt vite en plus. Mais Visconti est très rusé. Au lieu de fuir vers l’arrière, il file sur sa droite, puis sur sa gauche afin de ralentir son poursuivant avec des changements de direction.

    Il parvient me retrouver et se cache derrière moi. Fou de rage, l’animal ne me perçoit même plus comme un ami. Je range la guitare que j’accroche à mon dos, puis je sors mon fidèle instrument : l’harmonica. Je commence avec un coup assez bref, puissant et très aigu. L’animal se stop mais continue de s’agiter. Un second coup, elle s’arrête. De là, maintenant que j’ai son attention, je peux jouer sereinement. Un air doux, mélodieux, aspirant à la sécurité et à la tendresse. Rien ne lui arrivera.

    Lorsqu’il se sent enfin en sécurité, l’éléphant se pose, ses yeux deviennent lourds, puis il s’endort. J’entends par la même occasion le « chasseur » s’écrouler avec son butin. Faut croire qu’il s’est également fait avoir par ma musique hypnotique. Il n’avait qu’à boucher ses oreilles, ça lui apprendra. D’autant plus que c’est de sa faute tout ça, nous étions si bien avant son arrivée… Je saisis son renard mort et le laisse non loin du géant animal. Le réveil risque d’être des plus désagréables pour lui.
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    Au campement.

    J’observe attentivement le réveil de Suelto, de la même manière que lorsque j’apercevais l’éléphant arriver vers moi. J’esquisse un sourire. L’andouille de service est en train de transpirer comme un esclave de West Blue dans sa ferme… Heureusement pour lui, il est le premier à se réveiller, alors il prend toutes les précautions pour ne faire aucun bruit, jusqu’au moment où l’éléphant bouge légèrement et qu’il se met à courir en hurlant. Le cri, je l’entends car sa position n’est pas éloignée de la notre.

    Effectivement, quand j’observe assez loin comme maintenant, bien que ce soit un grand mit, je ne parviens pas à entendre ou à sentir des odeurs… C’est assez chiant. Lors de mes premiers flashs, bien que je ne contrôlais rien contrairement à maintenant - même si c’est un grand mot de dire que je contrôle -, j’étais tout de même capable de tout ressentir, tant au niveau de la température, de la pluie… En bref, tous mes sens fonctionnaient.

    « Chef… Chef… CHEF ! » Hurle un de mes hommes à l’oreille.

    « Oui ? Pardon. »

    « Vous aviez les pupilles rouges pendant un instant, j’étais inquiet. Puis ça fait quelques temps que l’on vous appelle. »

    « Pardonne-moi, Mokthar. Tout va bien. »


    Lui, c’est un mec qu’ils ont recueillis sur Aeden, et franchement, c’était pas gagné. D’aussi loin que ses superviseurs le savent, il a toujours vécu dans la guerre, le crime, la saloperie… Du coup, ça laisse supposer quel genre de type c’est. Et pourtant, depuis qu’il est du côté de la révolution, c’est une force calme. Il est poli, respectueux, toujours dans l’aide de l’autre, c’en est presque intrigant.

    Quoiqu’il en soit, je viens d’apprendre que mes pupilles deviennent rouges au moment où j’utilise le haki. Ma limite actuelle est d’utiliser un sens à la fois et à une portée assez limitée, à moins de mourir court-circuité à cause d’un manque de contrôle certain. Ne serait-ce que cette faible portée me pompe bien trop d’énergie. Je dois être capable de trier les informations pour ne recevoir que l’essentiel. Un peu comme un ordinateur lorsque l’on lui demande une recherche précise.

    Sauf que je ne suis pas un ordinateur.

    [•••]

    « Oy ! Rassemblez-vous ! » Surprend Suelto, en faisait signe de se rapprocher de lui. « On va faire un petit jeu. Un jeu normalement anodin en temps normal, mais qui peut-être dangereux sur cette île, j’appelle le jeu du cache-cache. Le but est simple-. »

    « On sait. »

    « Tu nous prends vraiment pour des idiots, Viscont’. »

    « J’te rappelle que tu n’es pas notre supérieur, alors tâche de nous montrer un peu plus respect. »

    « Holà ! Vous voulez vraiment que l’on règle ça à l’ancienne, les gars ? N’oubliez pas qui était le major de la promo, nullards. »


    Et les voilà en train de s’embrouiller pour une histoire de hiérarchie à deux balles. Finalement, nous ne sommes pas si différents des pirates, toujours en train de se foutre sur la gueule. J’ai l’impression que nous ne sommes que trois ou quatre à sortir du lot, et encore, ce n’est pas toujours vrai. Un équipage de brutes, qui se fait sa propre hiérarchie, mais dont seul le chef ne bougera pas de son trône.

    « Taisez-vous si la vie signifie encore quelque chose pour vous. » Envoyé-je froidement en direction des abrutis.

    Ainsi, ils la ferment.

    « Je vous laisse une dizaine de minutes pour vous cacher. La partie continuera tant que je ne vous aurais pas trouvé, le temps est donc illimité et le terrain sera l’île entière. En plus de vous cacher, vous devrez également survivre, car plus le jeu durera et plus il sera difficile de survivre. La coopération est bien sûr autorisée, mais se cacher à plusieurs est plus compliqué. Une quinzaine de minutes, c’est le temps que vous avez pour commencer à vous cacher avant que je ne vous cherche. »

    Même pas besoin d’annoncer le départ, ils partent tous s’enfoncer dans les bois comme des fous furieux. Seuls le vieux Robert, Mokthar, Maria et Suelto marchent ensembles, sereinement, sans précipitation. Ils ont l’air de plutôt bien s’entendre ces quatre là. Enfin en même temps, ce sont les tauliers de l’équipage, mes plus précieux hommes, malgré le fait qu’ils soient tous précieux pour moi. Même ce vieil homme qui me sert de médecin et qui ne sait absolument pas se battre.

    Mais maintenant… le jeu commence.
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    Il est temps pour moi de partir à la chasse. C’est l’occasion rêvée pour moi pour me permettre de perfectionner mes facultés, sans lesquelles à mon avis, je ne pourrais trouver tout le monde. Mais dans un premier temps, je m’enfonce dans la forêt en attendant simplement que les premiers se montrent d’eux-mêmes. Bien que je les ai laissé en autonomie, je sais pertinemment que certains se chient terriblement dessus à l’idée d’être seuls dans les bois.

    Ah.

    En voilà un qui sort de sa tanière en tentant de fuir un essaim d’abeilles. Il me voit et court aussitôt vers moi. Je lui fais signe de se baisser, je dégaine ma lame et balance dans le mouvement une lame de vent qui repousse au loin les malheureuses abeilles. Je tends la main à mon camarade pour le relever, puis je lui indique le chemin du campement en lui demandant de bien vouloir sécher ses larmes. J’esquisse un sourire.

    AAAAAH.

    Des cris. Où ça ? Je ferme les yeux. Je me concentre sur ces cris et rien que sur ça. Je balaye tous les sons superflus sur le chemin, les mouches, les abeilles qui… reviennent vers moi ? J’ouvre de nouveau les yeux, je me laisse ne devenir qu’une silhouette d’encre, dans laquelle les abeilles pénètrent, et se noient lentement. Lorsque je ne sens plus de vie en elles, je les pousse tout doucement hors de mon corps avant de reprendre ma forme naturelle.

    Plus de cris.

    Je suis bien trop lent. Il m’est impossible de me focaliser directement sur la cible ou le son. Alors je reste figé, les abeilles à mes pieds, les yeux fermés, en pleine concentration sur les alentours. J’entends les moustiques voler autour de moi, les araignées monter sur les arbres… J’ouvre finalement les yeux et je les vois, je vois ces moustiques voler, ces araignées gravir ces arbres. Mes yeux ne sont plus que des loupes, c’est merveilleux.

    Finalement, j’ai peut-être un truc.

    En effet, j’ai pu faire le lien entre ce que j’entendais et mes yeux. Inconsciemment, exceptés les moustiques qui sont reconnaissables au son des battements de leurs ailes, comment aurais-je pu reconnaitre les araignées ? La vérité est que mes supposés flashs sont en fait une combinaison des bilans de mes sens. L’odeur d’un élément, puis son apparence, puis son son, tout cela me permet de déterminer ce à quoi je suis confronté.

    Je me concentre. La tentation de projeter mon ouïe au-delà de mes limites actuelles me tentent, mais la partie risque d’être longue si je m’évanoui constamment, voire que je ne me réveille pas. Du coup, j’avance étape par étape, le temps de développe davantage mes capacités. C’est en m’exerçant sans relâche que j’y parviendrais.

    Oh, un bruit.

    J’ai un gros zoom sur un buisson, à environ une soixantaine de mètres où quelque chose a bougé à l’intérieur. Que dois-je faire ? M’approcher normalement au risque de devoir le courser ? Hum… Une idée me vient tout à coup. Une grosse impulsion vers l’avant, je réduit considérablement la distance, mais je suis maintenant découvert et ce dernier tente de prendre la fuite. Alors une trentaine de mètres nous séparent, l’identifie clairement le gros Orlando, à qui je balance une lame de vent au niveau de ses jambes, qui les balayent sur le passage.

    « Allez, retourne au campement, petit malin. Sergio s’y trouve déjà. » Dis-je en arrivant vers ce dernier.

    Le fait que des sons m’interpellent, projettent ma curiosité vers la cible, et ce sans fermer les yeux ce coup-ci. C’est que la partie devient intéressante. Malgré tout, ce cacha-cache s’annonce long, très long.
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