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Juste le temps d'une chanson - [Peeter]

Cry Baby
Cry Baby


Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 0
Intégrité: 0

Jeu 30 Sep 2021 - 15:18

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C’est ici que tu as décidé de poser tes valises.
Depuis quelques semaines déjà, tu t’es trouvée une place dans une charmante petite Auberge au centre de la Ville de Chom. Au début simple cliente, tu es rapidement venue donner un coup de main à l’accueil et pour le ménage des chambres. Toujours très volontaire à l’idée de rendre service et très souriante, tu as commencé à faire ta place ici et te faire connaître sans faire de vague pour autant. Toujours très douce et avenante, prête à venir en aide à ceux qui en ont besoin partout dans les ruelles autour de l’auberge, tu n’as plus une minute à toi. C’est l’idéal pour ne pas avoir à penser « pour soi ». Tu viens chaque matin aider la vieille Annie à mettre en place ses fleurs, ensuite tu vas chercher le journal pour le grand Robert à la hanche capricieuse. Parfois tu passes saluer Elisabeth pour qu’elle te raconte les nouveaux ragots de son immeuble, quand tu ne viens pas t’occuper des chiens du père Michel.

C’est fatiguant mais c’est simple, c’est ça qui te plait.
Malgré cette routine, tes journées ne se ressemblent pas, tu as le droit à de belles histoires et les gens sont vraiment bienveillants avec toi dans ce coin. Tu sais bien que la gentillesse va dans les deux sens mais ce n’est pas toujours aussi chaleureux là où tu poses tes pieds alors tu es heureuse ainsi… Ce soir, Basile arrive à l’auberge avec l’air bien embêté, il a des cernes longues, sombres et creuses. Songeuse tu viens lui apporter un verre d’eau fraîche, il te demande si Le gros Dan, le propriétaire de l’auberge, est là. Tu réponds en pinçant les lèvres que « non » il n’est pas encore revenu de ses courses sur la place du marché.

Il soupire un peu plus, dévasté par la nouvelle…
Tu n’as pas pour habitude de voir Basile dans cet état. D’ordinaire tu te serais contenté d’un sourire, sans oser te mêler de ce qui ne te regarde peut-être pas mais… Avant qu’il ne quitte la pièce, tu lui demandes : « Vous… Voulez m’en dire plus Basile ? Je ne sais pas si je pourrais vous aider mais je peux au moins vous écouter mais  avec un peu de chance, ça laissera  le temps à Monsieur Dan de revenir… » Touché, il revient avec un sourire maladroit accroché aux lèvres,  il te remercie de ta sollicitude et il finit par commencer sa confidence. Il te parle de sa taverne et ses finances en ce moment, qu’il a quelques soucis avec l’un de ses fournisseurs… Tu sais qu’il tourne autour du pot mais tu l’écoutes attentivement, remplissant son verre d’eau quand il se vide. Puis après de nombreux détours et quelques rires dépités, il finit par t’expliquer le vrai problème. Bella est malade, elle n’a plus de voix. Mais Bella, c’est son étoile, sa fierté… C’est les soirs où elle monte sur scène qu’ils font les plus beaux profits.

Basile hausse les épaules, finissant par se tasser sous sa fatalité.
Ce soir normalement, elle devait se produire à guichet fermés devant certains privilégiés. Il se voit déjà rembourser tout le monde… Tu pinces les lèvres, hésitante devant ta propre idée. Mais tu te lances, tu lui expliques que tu as passé pas mal de ton temps à chanter avant d’arriver ici. Évidemment, tu ne rentres pas dans les détails, tu te contentes de lui dire que tu pourrais voir avec Dan pour venir passer la fin de journée avec Bella pour qu’elle puisse juger si tu peux la remplacer exceptionnellement. Basile hésite, il regarde l’horloge à plusieurs reprises avant de se frotter la nuque, prêt à refuser ton offre quand Dan fait son retour les bras chargés. Tu t’empresses de venir l’aider, Basile aussi. Et il ne faut pas longtemps pour que le sujet revienne à la charge. Dan accepte de bon cœur après avoir donné une tape dans le dos, un peu trop violente pour le gabarit de Basile à son ami en lui disant que ça lui coûtera bien moins cher d’essayer ça avant de devoir tout rembourser.

C’est comme ça que tu pars à l’aventure avec Basile.
Tu arrives chez Bella, qui te saute presque dans les bras, ravie à l’idée de pouvoir faire de toi sa chose pour la soirée. Les robes volent dans sa loge, tu te fais chouchouter avec une douceur qui te détend rapidement. Bella n’est pas comme Belinda. Dans ses gestes comme dans ses mots, Bella est vraiment gentille avec toi. Tu te prêtes aux jeux, elle te montre les chansons, tu lui indiques celles que tu connais. Elle te montre la seule que tu dois impérativement apprendre pour ce soir. C’est une véritable course contre la montre, puis… Sonne déjà l’heure pour toi d’aller rejoindre le petit tabouret proche du piano. Les premières têtes arrivent, certains te regardent, d’autres te pointent du doigt et questionnent Basile qui s’est fait tout beau. Tu sens la nervosité qui vient t’envahir alors tu serres les mains et tu souffles. Ton regard s’égare sur la foule, comme si tu cherchais un regard familier, qui te rassure. Celui de « ton » capitaine. Mais il n’y a rien… personne. Tu prends cette triste réalité dans la tête, il ne sera plus jamais là. Les premiers accords s’élèvent, tu te redresses, ton regard s’arrête dans ses grands yeux fatigués, tu figes un instant, les notes du piano te ramènent sur terre…

Tu chantes la première chanson, puis la deuxième.
Tu chantes chacune des chansons pour lesquelles tu es là, dans cette belle robe noire, un peu trop moulante pour toi bien plus grande que Bella. Tu ne t’en soucies pas, tu passes entre les tables, tu te penches parfois, tu chantes et tu charmes, tu amuses et tu apaises. Certains t’admirent d’autres t’ignorent. Qu’importe, quand tu veux t’assurer que tout est bon, tu regardes vers le bar, Bella est au service, elle hoche la tête et tu repars. Parfois tu reviens sur les yeux de cet homme, tu n’arrives pas à les oublier, mais tu sais que tu ne dois pas trop les regarder. Les chansons finissent, c’est l’heure de la pause. L’alcool s’est invité, le repas aussi. Les esprits s’agitent et les sourires s’agrandissent. L’ambiance est bonne enfant, le volume un peu trop fort alors tu te mets en retrait. Tu reçois quelques félicitations, quelques encouragements et tu finis avec un verre frais entre les doigts. C’est si bon, de quoi tenir avant ta dernière ligne droite, cette dernière chanson qui te stresse tant. Tu la fredonnes dans ta tête, cette demande spéciale, payée en avance par celui qui veut l’entendre… Tu te demandes si c’est l’homme au regard qui dérange qui l’a demandé Mais évidemment… Basile n’a pas le droit de te dire, c’est un secret bien gardé.

Et quand tes yeux retrouvent encore ceux clairs de l’homme silencieux, tu ne les détournes pas pour une fois…
Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

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Intégrité: -15

Ven 1 Oct 2021 - 2:21

Mains dans les poches du long manteau qui me couvre le corps, une clope au bec, casquette bombée vissée sur le boulard, je marche sereinement dans les rues de Chom. Et je peux vous dire que ça fait un putain de bien, que de pouvoir traîner à l’extérieur sans craindre de se faire suriner au détour d’une ruelle. De juste flâner, avec insouciance si je peux dire, même si j’ai quand même une part de moi qui guette les alentours. Vieux réflexe de sale ordure, je dirais. Y’a que quelqu’un d’aussi pourri que moi qui pourrait comprendre ce que je ressens, y’a cette relâche générale niveau cerveau et muscles, mais y’a quand même ce dispositif de sécurité activé dans un coin de la cervelle.
Histoire de pouvoir réagir si un enfoiré de première déboule un poignard à la main, dans l’idée de me refroidir.
On est quand même bien loin du niveau d’alerte et de stress intensif qui m’accompagne habituellement. Je me sentirai presque léger, si seulement et seulement si je pensais pas autant à elle. Dire qu’elle hante mes songes est un doux euphémisme tant je suis obsédé par sa mort. Nuits et jours, à n’importe quel moment, quoique je fasse, elle est là. Son image, sa présence, je pourrais presque en sentir le parfum qu’elle portait la dernière fois que je l’ai vu. Tout comme je pourrais sentir l’odeur de sang qui s’échappait de son corps après que cet enfoiré de Chestair lui ai collé une balle dans la tête.

Non, je suis loin d’être serein finalement. Trop de choses qui se bousculent dans ma tête et j’arrive pas à m’en libérer, comme à mon habitude. C’est devenu ma marque de fabrique avec le temps, le fait de trop penser. Trop réfléchir à toutes sortes de choses, m’en faire des scénarios dans le crâne, la plupart se terminant catastrophiquement. Certains aiment dire qu’il ne sert à rien de ressasser le passé, que ce qui a été accompli doit être laissé derrière, se torturer avec les erreurs commises n’apporte rien de bon.
Des conneries. C’est bien plus facile à dire qu’à faire.
Pour le moment j’ai trouvé qu’un seul remède, qu’une seule thérapie efficace au mal qui me ronge. Drogue et alcool, délicieux cocktail fruité épicé qui te retourne le crâne, le secoue dans tous les sens pour te le propulser dans une autre dimension. Succès garantit, résultats visibles dès le premier essai. Après ça, t’es juste plus en état de penser.
C’est une solution de lâche, je sais oui. Mais pour le moment, j’ai rien trouvé de mieux. Alors cette fois encore, je pars me réfugier dans mes vieux démons, car il n’y a que dans leurs bras que je me sens en sécurité. Réellement, en sécurité.

Une auberge à la con dans laquelle je m’engouffre sans trop prêter attention aux peigne-culs à l’intérieur. Y’a une serveuse qui me souhaite la bienvenue, je lui réponds à peine d’un signe de tête et file à une table. Cul posé sur une chaise, j’occupe l’emplacement des paumés et des types sombres dans mon genre, ceux qui veulent pas qu’on les approche et qui préfèrent pleurer en silence et intérieurement dans un coin de la salle, une bouteille de rhum comme seule compagnie. C’est ironique comme ce genre de gars finissent toujours par s’attirer la sympathie d’une gonzesse naïve et beaucoup trop gentille, et surtout masochiste.
Il faut aimer souffrir pour tomber amoureuse d’un connard de première qui vous placera systématiquement au second plan, trop absorbé qu’il est par ses sombres projets.
La vérité c’est que ces pauvres filles se révèlent tout autant brisées que le mec aux allures de mauvais garçon et au lieu de recoller les morceaux pour en faire un joyau qui illuminera sa vie pour le restant de ces jours, cet abruti termine de les casser, avant de s’en détourner sans le moindre regard. Une espèce de cercle vicieux, puisque ces filles brisées vont devenir des femmes rancunières, traumatisées pour certaines, revanchardes sur la vie et les hommes. Et ce putain de cercle de haine et de souffrance ne va faire que de se perpétuer, alimenté par la connerie humaine.

On annonce la venue du pianiste, une célébrité ici à Chom, et plus globalement sur Inu Town. On le dit avoir fait nombre de tavernes, auberges et autres lieux de rassemblement des passionnés de la musique. Pas convaincu sur ce dernier point, mais eh, c’est pas moi qui suis chargé de faire sa promo’. Le type en question me laisse un peu sur le cul, c’est qu’il est pas banal. Lee Chevilles qu’il se fait appeler, je comprends pourquoi. Ce gars est pas plus grand qu’un mioche, c’est surprenant. Il arrive aux chevilles de la demoiselle qui l’accompagne ce soir. Très belle femme, d’ailleurs. Elle capte plus mon attention que le court sur pattes à ses côtés.
Je sais pas si c’est sa robe obsidienne ou ses formes séduisantes qui attirent plus mes yeux, mais quelque chose en elle capte mon attention. Y’a trop de choses en fait, difficile de faire un choix. Elle a de belles jambes, mises en valeur par sa tenue de soirée. Des cicatrices habillant son visage, pas celles qui vous enlaidissent, sa bobine en ressort sublimée, je trouve. Ses yeux vairons se marient bien dans le paysage, apportent à l’ensemble du tableau une touche captivante, presque envoûtante. Et cette chevelure…
Je préfère détourner le regard quand le sien croise le mien, un brin gêné, déstabilisé. Je n’ai pas connu ça souvent avec une femme, rares sont celles qui ont pu me faire perdre mes moyens d’un simple regard. Concentrer mon attention sur ce verre qui m’a été servi, sa bouteille posée non loin sur la table. Bois Peeter, c’est pour ça que t’es venu.
Elle, elle est ici pour chanter. Pas besoin qu’un vulgaire criminel dans ton genre vienne la détourner du droit chemin, pas encore une fois. T’en as assez fait comme ça, reste tranquille cette fois.

Mais dès les premières notes, dès les premières paroles chantées, quelque chose se produit au fond de moi, quelque chose se retourne, chamboule tout à l’intérieur. Elle n’a pas seulement un physique, elle a aussi une voix. Et cette voix réveille en moi ce que je n’aime pas, tout autant qu’elle me procure une sensation de bien être. Elle déclenche en moi cette sensibilité et cette empathie longtemps refoulées, car considérées comme handicapantes et dangereuses. Je ne veux pas ressentir ça et pourtant, j’adore l’entendre chanter.
Les souvenirs affluent, traversant mes barrières psychiques comme l’eau enfonce un barrage incapable de la contenir. Remonte à la surface un flot d’images qui serrent le cœur et nouent la gorge, allant même jusqu’à humidifier le coin des yeux. Mais les larmes ne coulent pas, elles ne coulent jamais. On ne permet pas ce genre de choses quand on est un criminel.
Les chansons s’enchaînent et les verres défilent, je ne vois plus le temps passer et profite de cet instant qui nous est offert. Certes, je me noie dans le passé, mais contrairement à d’ordinaire, je suis en bonne compagnie. De temps en temps, il y a cet échange qui se crée, ce croisement qui s’opère et ce moment de solitude qui nous englobe, rien qu’elle et moi, furtif. Je ne sais pas trop ce qui me prend, ni pourquoi je me mets dans un tel état pour une inconnue à la voix un peu trop plaisante, mais je vais jusqu’à payer quelques billets au patron pour demander à la chanteuse de nous jouer un chant qui me trotte dans la tête depuis quelque temps…

Quand la pause sera terminée, elle chantera pour moi. Sans le savoir, évidemment, j’ai tenu à préserver l’anonymat. En attendant, c’est plus fort que moi, je n’arrive pas à détourner mon attention d’elle. Et forcément, à trop la fixer intensément, elle finit par le remarquer. Sauf que contrairement aux fois précédentes, elle ne fuit pas mon regard, cette fois. Et l’échange qui s’installe aurait de quoi faire vaciller les jambes d’un Empereur, tant il est chargé en intensité. De longues, très longues dizaines de secondes à se fixer, se scruter, tenter de se cerner.
Il faudra finalement l’intervention du petit gars, Lee Chevilles, pour venir agripper un pan de la robe ténébreuse de la belle chanteuse et l’informer de la reprise de leur prestation. Tous deux retournent s’installer près du piano et dès les premières notes, je capte qu’il s’agit de ma chanson.

Captivé, je descends mon verre de rhum cul sec et écoute attentivement la suite.

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Juste le temps d'une chanson - [Peeter] Dessin11

Juste le temps d'une chanson - [Peeter] Hannem10
Je crois à la vengeance, pas la justice.


Dernière édition par Peeter G. Dicross le Ven 1 Oct 2021 - 8:16, édité 1 fois
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Ven 1 Oct 2021 - 7:16

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Son regard te fascine, le temps s’arrête…
Vous oubliez les convenances et la politesse pour ces quelques secondes de contact. Qui est-il ? Pourquoi ressens-tu autant de mélancolie et de souffrance derrière un voile d’intérêt ? Pourquoi tu n’arrives pas à te détourner. Il te fait à « lui » ? Ou alors est-ce la première fois depuis que tu découvres la liberté que tu prends le temps de réellement l’observer, ce monde qui t’es offert ? Tu n’es pas en mesure d’y penser sérieusement car il n’y a que ces yeux qui compte. C’est si différent d’ainsi les soutenir, c’est si intense. Mais le monde ne peut pas s’arrêter de tourner indéfiniment, la réalité va revenir te frapper en plein dans le ventre, enfin la cheville…

Oui, tu sais bien que le moment approche…
C’est ce moment que tu redoutes le plus, cette demande si spéciale. Qui ? Lui ? Un autre ? Tu sais que les minutes de repos se sont écoulés depuis trop longtemps. Mais tu ne veux pas bouger d’ici, tu ne veux pas risquer de voir ce regard se détourner à jamais. Etrange, d’ordinaire tu ne te soucies pas réellement de ce genre de choses, non ? Pourquoi lui ? Et cette chanson qui commence à te montrer aux lèvres même si tu n’en maitrises pas parfaitement les paroles. Tu souffles cette mélodie, tu redoutes cette profondeur et l’impact de cette tristesse… T’es une sensible Baby, ça te prend tellement dans les tripes que t’en oublierait presque de respirer… Puis il y a cette petite pression sur ta robe, tes yeux qui quittent à regret ceux de ton étranger pour revenir dévaler ta jambe dénudée pour retrouver Lee Chevilles et son regard fuyant, son air mécontent, un peu grognon en surface pour cacher la gêne qui orne ses joues… Il te dit « Baby, faut qu’on y retourne… S’il te plait… » Tu hoches la tête et il lâche ta robe.

Hélas, tu ne peux pas revenir chercher son regard…
Tu dois le quitter comme tu as eu le plaisir de le retrouver. Sans rien dire, sans rien faire. Ce n’est qu’un mirage, un sentiment étrange qui fait résonner cette vie que tu dois t’efforcer d’oublier. Ce besoin de pleurer pour les autres en oubliant de pleurer pour toi. Tu serres légèrement ta robe, Lee repose sa main sur ta jambe, il t’invite à te pencher vers lui. Rapidement, de ton mètre quatre-vingts, tu t’abaisses. Presque en boule face à lui, tenant ta jupe pour éviter de montrer ce qui ne se montre qu’en secret, tu regardes le pianiste en souriant toujours si tendrement, masque parfait pour ta nervosité… Mais lui, il sait, il a compris. Il pose sa minuscule main galeuse sur ta joue, il te dit qu’il a confiance en toi, que tu vas y arriver et que si jamais tu dérapes il fera en sorte d’en faire un plus grand succès. Tu souris et tu le remercies d’un sourire plus grand et plus doux. Il rougie un peu plus, avant de prendre un peu plus bougon : « Maintenant, Remonte sur scène et donne tout ce que tu as. »

Tu déposes tes deux mains sur le support de micro.

Lentement tes yeux se ferme, une grande inspiration et avant même que le piano se lance… Tu donnes les premières notes, les premières phrases. Sans forcer, sans pousser. Comme si tu venais de chuchoter la plus douce des confidences à ton auditoire, Comme si chacun d’entre eux en étaient le privilégié… Même Lee frissonne, il ne pensait pas que tu serais … prenante. Mais il enchaîne, comme la promesse maladroite qu’il t’a faite, il s’adapte à ta version. Tu donnes le rythme plus doux, presque mystique. Tu chantes comme si tu étais sur l’oreiller de celui qui doit te confier l’ensemble de ses peines, l’ensemble de ses souffrances. Plus tu chantes, plus tu te fais prendre à tes propres émotions. Ta voix de plus en plus forte, tu lances les notes avec une facilité déconcertante pour une femme si fine puis tu finis comme tu as commencé… La voix chuchotée. Le souffle te manque légèrement. Les mots deviennent presque secondaires, il n’y plus que cette mélodie et tes larmes qui franches qui épouse tes joues, ton cou…

Lee achève votre chanson les mains tremblantes…
Lui aussi n’est pas prêt d’oublier votre duo d’une nuit. Baby, ta voix est un trésor. Quand tu te libères, quand tu oublies tes chaînes, tu ne fais pas que chanter, tu transmets toutes ces émotions que tu as rencontré, tu relèves celles des autres pour mieux les protéger et les sublimer... Ta franchise et ta pureté s’élève quand tu oublies que tous te regardent, comme ce soir… A la fin, le silence s’installe devant toi. Tu es toujours là, toute droite sur scène, pleurant à chaude larmes en cachant ton visage de tes mains tremblantes comme le ferait la plus triste des enfants. Désormais tu n’as plus besoin de montrer tes larmes, tu peux les cacher dans tes mains légèrement tremblantes. Oui, tu es submergée par ta propre prestation.

Ton auditoire reste figé, personne n’ose bouger…
Comme pour éviter de te déranger, comme pour ne pas te brusquer. Puis il y a les premiers applaudissements… qui entrainent les autres et rapidement les sifflements… Cette acclamation redonne à sa pièce tout son effervescence et te ramènent sur terre. Basile prends la relève en demandant qu’on remercie encore une fois « La petite » qui est venue remplacer Bella ce soir et t’invite à quitter la scène en te guidant d’une main dans le dos. Tu t’inclines respectueusement, cherchant une dernière fois celui aux yeux clairs sans réussir à le voir. Tu quittes la lumière pour revenir à ton coin de comptoir, tu demandes un verre de soda sucré recevant en rougissant, en souriant, les compliments du serveur. Tu restes ainsi, encore secouée par ces sanglots, frottant le coin de tes yeux même si tu as le sourire et le rire facile. Tu apaises ton cœur, enterre cette émotion que tu n’as même pas essayer de maitriser. Lee se remet au piano pour finir la soirée, tu lui fais un signe de tête puis tu recommences à le chercher, lui et ses beaux yeux

Le petit Dessin de Lee-chevilles et Baby en plus grand:
 
Peeter G. Dicross
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Ven 8 Oct 2021 - 23:10

Lourd de sentiments, prenant, remuant, qui vous colle les panards aux planches du pont sur la montée, et vous largue dans le vide dans une gargantuesque chute libre à la redescende, de l’autre côté de la montagne. Si l'ascension de Reverse Mountain devait être décrite, c’est ainsi que les nombreux marins à avoir franchi cette gigantesque montagne rouge l’auraient fait. Renversant et terriblement excitant, à vous en faire frissonner l’intégralité des poils de votre corps. Pourtant ici, nul navire navigant sur les flots bleus, juste une bande de pauvres gars un peu paumés, fatigués de leur journée de travail, déprimés ou agacés, cherchant à s’évader l’instant d’un verre et d’une chanson.
Cette femme leur offrait plus qu’une escapade, elle les embarquait de force dans un majestueux bâtiment naval et depuis la figure de proue, conduisait l’équipage jusqu’au sommet de Reverse, sa voix enchanteresse donnant le rythme.
Je me suis pas vu fermer les yeux, balançant la tête en arrière, dans le vide. Le verre à la main, des pensées en bataille à l’esprit, envahissant l’espace comme une armée s’empare d’un pays. Incapable de faire le vide, de m’en libérer. Jusqu’à ce qu’elle se mette à chanter ma chanson, à pousser les notes sur les paroles que j’ai choisi d’entendre.

Oh…
Ça cogne fort dans le cœur, palpitant qui s’emballe plus que la première fois que j’ai abattu un homme. Un sentiment étrange qui m’envahit, d’une profonde tristesse écrasante, qui te prends à la gorge pour remonter jusqu’à tes yeux, tes narines. L’idée c’est d’y faire pleuvoir, dans ces zones que tu souhaites pas qu’il y pleuve. Encore moins devant tous ces gens, interdit de chialer devant des inconnus.
Mais bordel c’est dur de retenir les larmes de couler, sa voix me retourne les tripes et fait s’effondrer les nombreuses barrières érigées au fond de moi. Cette chanson, Talia avait pour habitude de me la chanter quand ça allait pas, vraiment pas. Je me souviens de la dernière fois comme si c’était aujourd’hui, comme si c’était maintenant. Elle, le dos contre le mur, assise. Bras et jambes ouverts pour m’accueillir, me faire une place au plus proche de son corps, de sa peau. Moi qui viens m’asseoir, la carafe posée entre ses seins, ses doigts caressant ma tignasse, ses jambes enserrant les miennes.
Ici, je suis à l’abri. Ici, je me sens apaisé, en sécurité. Et je m’endors, bercé par sa douce voix et la puissance de ces mots.

Mais elle n’est pas là aujourd'hui. Elle n’est plus là.
Ce n’est pas sa voix.
Ce ne sont pas ses bras, ses jambes, ses doigts.
Ni même ses yeux.

Elles sont totalement différentes et pourtant, le sentiment de sécurité est le même. Alors je vais l’écouter jusqu’au bout, terminer mon verre au son émis par ses cordes vocales et peut-être qui sait, ce soir, je dormirai bien. Enfin.
Toutes les bonnes choses ont une fin, de ce qu’on aime dire. Je pourrais pas être plus d’accord, mais surtout, les mauvaises sont éternelles. Le piano cesse d’émettre et la chanteuse s’arrête, en pleurs. Ça me fendrait le cœur, si j’en avais encore un. En revanche, ça m’intrigue. Qu’est-ce qui l’a mis dans cet état ? Elle semble si sensible, si fragile, qu’on voudrait monter sur scène pour la protéger de tous ces regards. Sécher ses larmes et apporter un sourire sur ce joli minois.
J’ai mon radar qui s’active, celui qui détecte les âmes en peine. Les cœurs en miettes, froissés, à l’abandon, perdus. Les gens comme moi ?
La foule acclame la prestation et c’est bien normal. Je bronche pas, pas trop mon genre de suivre le mouvement ou d’applaudir, même si j’ai apprécié le spectacle. Je continue de l’observer depuis ma table. Avant de quitter son perchoir, le précieux oiseau cherche en ma direction une dernière fois.

Je sais très bien pourquoi. Ce qu’elle ressent à chaque fois que nos visions s’entremêlent, innocentes. Pendant que ses collègues prennent soin d’elle au comptoir du bar, je me déplace, une main dans la poche de mon pantalon. Le manteau est resté sur la chaise, la température ambiante a foutrement grimpé depuis le passage de la belle aux mille et une cicatrices.
Le piano retrouve sa voix au moment où je me pointe au bar, dans le dos de la demoiselle qui ne m’a pas remarqué. Un maigre sourire étire le coin de mes lèvres à l’observer me chercher parmi les clients à table. Je ne sais pas ce que vous buvez, mais moi je vais prendre un rhum ambré. Le serveur m’accorde un hochement de tête, l’information est passée. Quand elle se tourne vers moi, je reste impassible. Presque dénué d’émotion, excepté que je suis capable d’en ressentir, les plus mauvaises seulement. Vous êtes vraiment douée, vous savez. Je ne pense pas qu’elle le sache, justement. Ou du moins, qu’elle soit trop humble pour se l’avouer.

C’est le problème avec les gens, l’humilité chez eux est répartie avec le cul. Si c’était un quelconque foutu dieu à la con qui s’occupait de la dispatcher au sein de chacun d’entre nous, je l’imagine faire ça les yeux bandés, à une main, l’autre occupée à faire tourner autour de son index un morceau de fer à la con. Une clé, la clé de la connerie. Parce que le manque d’humilité mène souvent vers la connerie, j’ai remarqué. Cette chanson… une seule personne est capable de la chanter aussi bien que vous… Elle doit probablement s’en tamponner bien sec, mais je sais pas trop pourquoi, je suis d’humeur à l’ouvrir. Enfin, elle en était capable. Y’a eu une petite mise à jour récemment, statut décédée.
Je m’enquille le verre à sa mémoire.

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Juste le temps d'une chanson - [Peeter] Hannem10
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Ven 15 Oct 2021 - 3:19


C’était bien trop pour une seule âme.
Tu n’arrives pas à te sortir ses accords de la tête, ce fredonnement qui reste vissé à tes lèvres alors que tes joues sont encore humides. Cette chanson, elle t’a soulevé le cœur, elle t’a écorché la gorge en sanglot devant la dure réalité qu’elle transmet. Les paroles t’ont bouleversée car tu t’es demandé qui pourrait réellement vivre cela, qui devrait porter tout ça… Et tu as fini par t'étouffer en pensant à ses yeux clairs et froids qui t’ont fixés un peu trop souvent que la norme depuis que tu as eu le plaisir de les soutenir une fois. Oui, tu as eu cette tristesse d’imaginer que c’était pour lui que tu chantais cela… Et tu n’avais qu’une seule envie c’est le porter à sa place le temps d’une mélodie. Alors tu as tout donné, tu as tout lâché. Évidemment, cœur sensible que tu es, tu as fini par pleurer et l’égarer.

Mais tu continues de le chercher,
Tu continues du coin de l'œil de détailler cette foule si agitée, sans réussir à le retrouver. Est-ce que tu te serais trompé ? Ce n’était pas pour lui que tu chantais ? Dans un sens, ça te rassure… Tu ne voudrais pas qu’il porte cela, tu sais ce que le chagrin fait aux hommes, surtout aux grands hommes. Mais il y a cette voix qui trace un frisson sur ta colonne, il est là. C’est lui, c’est forcément lui et ton cœur loupe une mesure et tu hésites à te retourner. Après tout, ça ne pourrait être qu’une autre de tes interprétations, c’est que le monde semble parfois un peu trop nouveau, tu ne fais encore parfaitement confiance à tes intuitions, personne n’a été en mesure de te dire que tu devrais. Alors tu savoures cet instant d’incertitude où tout peut exister. Lui et ses grands yeux bleus, prêt à parler toute la nuit pour te confier ce chagrin que tu dois exprimer puis soulager… Tu graves ce désir en fermant les yeux, un sourire venant maquiller tes lèvres puis tu inspires et tu te retournes pour constater la vérité.

Il est bien là devant toi.
Bien habillé, au regard toujours aussi froid. Tu le savais, tu as gagné. D’une manière détournée il t’invite à boire un verre, mais hélas tu ne comprends pas. C’est qu’un verre, tu en as déjà un, alors forcément toi, tu penses qu’il veut goûter ce que le serveur t’a servi en pensant qu’une femme n’aimera forcément que les choses légères et sans goût trop corsé, qu’importe la réponse. T’es restée plantée devant lui avec ton grand regard en amande complètement obnubilé, détaillant ses traits, passant de ses lèvres à ses yeux, de ses yeux à son nez, puis encore ses yeux et ses cheveux. Que cherches-tu Baby ? Tu te contentes de finir de l’identifier pour ne jamais, jamais l’oublier. Dans ta vie, il n’y a pas eu énormément d’hommes capables de graver ton cœur, alors il faut que tu prennes le temps de l’immortaliser et dans ton silence si parfait lui se contente de te complimenter.

Il te flatte et tu lui offres le plus heureux des sourires.

Ce n’est pas de la prétention, ce n’est pas non plus de la fausse humilité, c’est réellement de la joie. Simple et sans filtre, t’es heureuse qu’on t’offre un si doux compliment alors forcément les premiers mots que tu lui offres sont au final bien simples : « Oh ! Merci infiniment, je suis heureuse que vous, vous le pensiez aussi… » Car Lee aussi, t’a dit que tu étais douée. Deux fois en une soirée par des hommes que tu estimes, ce n’est pas rien. Oui l’homme aux yeux clairs ne devrait être personne mais son avis, puisque tu continues de croire que c’était pour lui que tu as chanté, il a toute son importance. Alors tu es heureuse, prête à lui proposer ton verre, car tu n’as pas oublié qu’il voulait y goûter, normalement, quand il t’explique l’importance de cette chanson.

Parfois il n’y a pas vraiment besoin de beaucoup de mots.
Toi tu n’as besoin de plus que ceux qu’il t’a confié avant de les noyer dans son verre pour comprendre. Tout comprendre. Elle devait avoir cette saveur particulière, cette importance éternelle, la chanteuse dont il vient de t’avouer le départ. D’une jour ou pour toujours, qu’importe. Elle n’est plus et il souffre de cette absence. Culpabilité ? Regret ? Est-ce-que tu devrais lui poser des questions ? Est-ce-que tu devrais l’inviter à te raconter des histoires ? Son histoire ? Mais ce n’est plus ton rôle, Baby. Il n’y avait que le Capitaine pour quémander tes larmes pour remplacer les siennes. Aujourd’hui tu n’es rien, tu n’es qu’une chanteuse douée qui a oublié de faire goûter son verre alors qu’on le lui a demandé… Enfin tu crois ? Tu ne sais plus, mais tu sens à nouveau ces larmes qui dévalent tes yeux pour orner ton sourire.

Sourire doux, calme, serein.
Tu pleures en venant délicatement effleurer le dessus de sa main tenant le verre vide avec le revers de ton index, une petite caresse avant de rire discrètement en venant cueillir de toi-même ces vestiges de chagrin volés. Oui, ce n’est même pas le tien. Tu pleures pour lui n’est-ce-pas ? Mais tu ne veux pas l’attrister alors tu ris en même en les essuyant une par une : « Dans ce cas, je suis encore plus heureuse d’avoir réussi à la chanter comme vous l’espériez… »

Puis tu reviens ses yeux, tu le fixes et tu finis par sourire un peu plus, comme pour lui prouver que tout ira bien désormais, que s’il le désire, tu seras là pour lui chanter cette chanson, tu devrais peut-être lui préciser, non ? Alors tu hausses les épaules sous la timidité, même tes paroles respirent l’évidence : « Si vous voulez… On peut se dire que désormais, vous n’aurez qu’à me demander quand vous avez envie de l’entendre, d’accord ? »

Parfois c’est aussi simple que ça, tu viens même faire une croix sur le dessus de sa main avec ton index, promesse faite quand tu réalises en te redresse, prise d’une soudaine lucidité en te retournant pour attraper ton verre et lui tendre, pétillante en une fraction de seconde : « Tenez ! A la base, Vous vouliez goûter mon verre n’est-ce-pas ? »

Baby, t’es encore à côté de la plaque mais c’est pas grave, on s’y fait à la longue.
Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

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Hier à 18:14

Elle est heureuse, mais les larmes coulent le long de ses joues. L’impression d’avoir raté quelque chose, d’être passé à côté d’une information qui me permettrait de comprendre le paradoxe de cette scène. Il y a ce sourire radieux sur ses lèvres, qui illumine son doux visage marqué par les cicatrices et qui suffirait à vous réchauffer le cœur, mais les larmes sont bien là. Elles dévalent sa peau pour s’écraser sur le comptoir. Elle est heureuse, mais semble chagrinée de l’intérieur. Elle m’intrigue.
Le contact de son doigt sur le dos de ma main m’arrache un frisson, les poils de mon bras se dressent, le rythme cardiaque s’emballe comme avant une bagarre et ma concentration vacille, mes pensées s’affolent. Il y a quelque chose en elle qui m’affecte, qui me procure plus d’effets que je ne le voudrais. Je n’aime pas ressentir ce genre de conneries, du moins plus maintenant, plus depuis Talia. Les femmes ont toujours eu cet effet pervers sur moi, elles forcent les barrières que j’installe et une fois mes émotions à nues, mon âme et mon cœur à leur merci, elles foutent le camp.

Elles dégagent vite, une marche arrière éclaire et sans regarder derrière. Elles me laissent seul dans la noirceur, entouré de mes démons, avec pour seules armes l’opium et le rhum. Elles fuient car elles me rendent dingue. Car l’amour détraque tout dans ma cervelle, fout tout en branle. Court-circuits à répétitions, fusibles qui pètent, colère qui éclate, doute et crainte pour saupoudrer le tout. Les femmes je les aime, mais elles ne peuvent pas m’aimer, pas comme ça.
Alors je me tiens à l’écart, depuis Talia j’évite le contact féminin si je sens qu’il pourrait durer plus qu’une simple nuit. Je me préserve des blessures du cœur et je les sauve de plusieurs mois en enfer, en compagnie du chien à trois têtes du maître de ces lieux. De monstre j’en suis un, aboyer je sais faire et mordre encore plus. Cette fille, jamais je n’aurais dû lui parler, nouer le contact. On aurait dû se contenter de ce contact visuel, de cette merveilleuse chanson qui aurait pu me faire pleurer si j’en étais encore capable, d’effleurer cette impression bizarre d’attraction entre nous.

Pourtant je suis là, à lui proposer un verre et à la complimenter sur sa voix. Je suis là comme un con, à me dire qu’elle est foutrement jolie, que ses yeux bicolores ont une foutue puissance attractive et que j’aimerai bien m’y perdre des heures en contemplation. Pire encore, un contact physique s’est opéré et de son gré en plus.
Peeter joue pas au con, tous les voyants sont au rouge. Vous avez fait mieux que de la chanter comme je l’espérais… Oui, car je n’attendais pas qu’elle se rapproche autant de la perfection, cette petite. Et je crois que c’est ça qui m’attire autant chez elle, qui fait valser tous les barrages m’empêchant d’ordinaire d’aborder une femme, qui me pousse à chercher sa compagnie. Et ce doigt qui effleure ma main… Je devrais la retirer, mais j’en ai pas envie… Pire encore, j’ai ce réflexe du doigt d’aller chercher le creux de la sienne, de main, pour lui rendre cette caresse.

Je suis en train de faire de la merde, mais eh, j’aime trop jouer avec les limites, flirter avec le danger quitte à m’y brûler.
Elle me propose de revenir la voir quand j’aurais envie d’écouter à nouveau cette chanson… Cette proposition me fait du bien à la tête, m’apaise l’espace de quelques instants, j’en ferme les yeux. C’est dangereux.
C’est d’accord. Mais à une condition. Parce que je ne peux pas simplement lui demander de chanter pour moi sur commande et la voir finir systématiquement dans un état pareil. Si vous chantez pour moi, vous devez me promettre de ne plus pleurer par ma faute. Car cette image me serre la gorge, de voir cet être si innocent fondre en larmes pour une ordure telle que moi. Si elle savait qu’elle genre de pourriture je suis réellement, la donne ne serait pas la même. Votre visage ne mérite pas que vous lui infligiez ça. Il est bien trop beau pour s’enlaidir de tristesse.
L’accord est scellé d’une croix tracée à l’index dont je mire la trace faite sur ma main, avant d’être coupé par la chanteuse qui me propose de boire dans son verre.

Je capte pas sur le moment ce qu’elle veut dire, besoin de quelques secondes pour rembobiner toute la scène depuis son commencement.
Soit je me suis mal exprimé, soit c’est elle qui a pas compris ce que je voulais dire.
Hm. Merci. Je décide de jouer le jeu, plutôt que de soulever le fait qu’elle soit dans le faux. Au fait, comment je dois vous appeler ? Je porte mes lèvres aux extrémités du verre et en boit une gorgée, légère, pour ne pas trop lui en prendre. Du soda sucré, ça me fait sourire. C’est bon... ça me rappelle mon enfance, quand on en descendait des litres après une partie de Craq’Les’Os. Sacré jeu, j’y ai passé des heures sur le champ aménagé en terrain, avec ma bande de potes, sur Kage Berg. Si vous aimez l’alcool, je peux vous faire goûter mon verre. Mais pas certain que le rhum ce soit vraiment sa came.

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Juste le temps d'une chanson - [Peeter] Dessin11

Juste le temps d'une chanson - [Peeter] Hannem10
Je crois à la vengeance, pas la justice.
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