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Les fantômes du passé

Whiskey Peak – Année 1628

Perchée sur le rebord d’un mur qui surplombait le port de Cactus Town, April dégustait la délicieuse papaye qu’elle venait de s’acheter grâce aux quelques berrys qu’elle avait récolté en faisant les poches de quelques manants peu regardant de leur porte-monnaie. Son pécule n’était guère développé et elle n’était pas prête de quitter cette ville peuplée de légumes vivants.

Echouée sur Whiskey Peak suite à son évasion de Jotunheim, la jeune femme aux cheveux blancs était désormais coincée sur cette île qu’elle ne connaissait pas. Et bien qu’elle n’ait pas vraiment de but précis, elle savait que rester sur cette île n’était pas ce qu’elle voulait. Depuis sa rencontre avec un odieux pirate avec lequel elle avait partagé quelques aventures, elle s’était laissée séduire par une carrière de pirate et n’avait désormais plus qu’une idée en tête : Trouver des membres d’équipage fiables pour créer, ensembles, une grande famille.

En somme, la famille qu’elle n’avait jamais eu suite à son emprisonnement au sein de l’Iceberg alors qu’elle n’avait que six ans. Jugée responsable pour un acte odieux envers on petit frère, elle ne gardait que des bribes de souvenirs de ce temps… Incapable de dire elle-même si elle avait, en effet, commis cet odieux meurtre. Tout ce dont elle se souvenait, c’était l’effroi qui s’était emparée d’elle lorsqu’elle était arrivée dans cette prison glacée. La peur qui l’avait habitée jusqu’à ses os chaque jour passé dans l’enfer de Jotunheim. L’appréhension qu’elle avait ressenti lorsque la prison avait été attaquée.

Pour faire simple, April vivait dans la peur aussi loin qu’elle ne puisse s’en souvenir. Et aujourd’hui marquerait le début d’un nouveau chapitre dans le même registre, un chapitre qui commença avec l’arrivée d’un énorme bateau au port de Cactus town…


- - - - - -

Voyant l’afflux des nouveaux arrivants, April fut tout d’abord intriguée ; comme la plupart des villageois se trouvant à proximité. Restant perchée sur son rebord, elle regarda alors les hommes et femmes descendre du bâtiment marin, se dispersant peu à peu au niveau de la ville au fur et à mesure qu’ils sortaient. Rarement seuls, ils se baladaient souvent en petit groupes. Chacun d’entre eux n’avait pas forcément l’air féroce ni méchant, mais ils dégageaient une certaine assurance. Et, bien que l’expérience d’April en terrain « libre » soit très faible, elle sut le reconnaître, se demandant alors qui pouvaient bien être ces hommes.

Ce n’est qu’en voyant l’un d’eux qu’elle fut parcourue d’un frisson incontrôlable. Le temps étant pourtant clément aujourd’hui, cela n’avait rien à voir avec la météo. Non, la vraie raison était qu’elle le reconnaissait. Ces cheveux noirs tirés en arrière, ce regard si particulier… Il était de ceux qui avaient facilité son évasion en se battant avec les gardes de Jotunheim. Dans un sens, certains auraient pu considérer qu’il faisait partie de ses sauveurs.

Mais pas elle.

Car en le voyant, son passé la rattrapa bien soudainement. Le froid de sa cellule, la méchanceté des gardiens, la soif de vengeance de ses codétenus… Tout cela lui fit l’effet d’une piqûre de rappel, rendant ce souvenir si réel qu’il paraissait s’être déroulé la veille alors que plusieurs mois s’étaient déjà écoulés. Ne souhaitant pas revivre ce souvenir, elle détourna alors le regard tandis que l’homme avait, consciemment ou non, posé son regard sur elle.

Rangeant le reste de sa papaye dans son sac, elle sauta alors du rebord et entreprit de quitter la zone portuaire en marchant d’un pas hâté, la tête baissée, les yeux remplis d’effroi… Il fallait qu’elle s’éloigne à tout prix de cette personne…

De ce passé.
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Quelle idée de s’en être pris au Don des Saints. De tous les endroits sur terre, celui-ci faisait inévitablement parti de ceux à éviter quand on était révolutionnaire. Ragnar et sa troupe en décidèrent autrement. Comment leur donner tort ? Ils survécurent et réalisèrent leurs objectifs. D'un tempérament plutôt confiant, l’Atout ressentit malgré tout de la crainte face à la sous-amirale. La peur de perdre la vie ? Non. La perte de son équipage, la fin de l’aventure, demeura à cet instant bien plus effrayante que sa vie en elle-même. Ressasser ces souvenirs provoqua de brefs tremblements chez le révolutionnaire.

« A quoi est-ce que tu penses, chef ? demanda Yami, flasque à la main. » Sortit de ses songes, Ragnar retrouva subitement cette vivacité et cette ardeur dans son regard. Il sourit en constatant que son épéiste ne perdit rien de ses bonnes habitudes d’alcoolique. « Je songe simplement à l’avenir, mon cher ami, rétorqua l’empereur.
- Et donc ? Qu’est-ce qui nous attend ?
- Mh. Une guerre enneigée.
- Ah ? On retourne à Jotunheim ? demanda Yami d’un air songeur.
- Hélas, je crois qu’il faisait plus chaud à Jotunheim. » Le visage du petit curieux se crispa et but une rasade de son breuvage pour se réchauffer le cœur. L'Atout le rassura en lui signalant que l’équipage devra se reposer et se ressourcer avant de retourner au front. Suelto, Kardelya et Yukikuraï partirent réaliser d’autres préparatifs. Seuls Yami et Rogers, en plus de quelques autres soldats, se trouvaient à bord de ce modeste navire commercial. Cette dernière, la récente recrue au tempérament bien trempé, essayait tant bien que mal de se familiariser avec les nouvelles capacités de son fruit du démon.

« Autrefois, dit-il en se rapprochant de sa camarade, je me trouvais sur Little Garden lorsque j’ai eu la bonne idée de manger un de ces fruits maudits. Un climat chaud, tropical, me liquéfiait sans que je ne le décide. Tu t’imagines devenir liquide contre ta volonté ? » D’un naturel très expressif, Canaille put observer son chef se tordre de douleurs en repensant à ce mauvais séjour. Mais plutôt que de perdre du temps à se parler dans le bec, le révolutionnaire dégaina ses deux dagues et invita ses deux comparses à l’affronter. « Voyons ce dont vous êtes capables, fit-il en les invitant à l’attaquer. » » Victoire ou défaite importait peu. Seul s’entraîner comptait.

***


« Terre en vue, hurla la vigie, Yami. » Ragnar ressentit une vive joie contenue à l’intérieur de l’épéiste. Il songea probablement aux canons qu’il se boirait aussitôt arrivé. Whisky Peak. Une île sans particularité, dénuée de tout intérêt. Ragnar s’y était une fois retrouvé en accompagnant le dénommé Clotho. Qu’était-il devenu de ce dernier ? Il l’ignorait et ne semblait pas s’en soucier plus que cela. En se plongeant un peu plus dans ses souvenirs, le révolutionnaire se rappela un petit peu de ce qu’il y avait de mieux à faire dans ce bled, à savoir picoler pour oublier que l’on s’ennuyait comme des rats morts. Et puis les légumes qui gesticulaient... très peu pour lui. Puis n’ignorions pas que l’île au cactus était aussi le QG des chasseurs de prime.

Le navire amarré au port, le trio s’en alla rapidement explorer les lieux. Enfin, une exploration, il s’agissait surtout de trouver un endroit où s’hydrater. Et trouver un endroit où dormir et où se restaurer. S'il y avait eu Suelto ou Kardelya, peut-être l’Atout aurait pu s’en tirer à se la couler douce, mais avec ces deux collègues du jour, peu probable. Ragnar réalisa soudainement que beaucoup les regardaient avec insistance. Constatant qu’il n’avait rien mis pour dissimuler son identité, il comprit ces nombreux regards. Quel sot, pensa-t-il. Ne manifester aucune agressivité ni aucune crainte. C'était probablement la meilleure chose à faire.

Cependant, un regard le traversa plus que les autres. Un regard d’une jeune femme blonde. Un regard à la fois triste et enragé. Il poussa légèrement son mantra pour sonder les émotions de cette demoiselle. Peur. Rage. Rejet. Fuite. Détresse. Ces émotions envahirent l’Atout qui les accepta volontiers. Lui, qui pensait s’ennuyer, trouva finalement une petite distraction. De toutes les personnes autour du trio, ce fut la seule à émettre autant d’intensité dans ses émotions. C'était le moment de disparaître. D'un geste de la tête, il indiqua rapidement la cible à ses deux soldats et ils entreprirent de la suivre. Puis soudain, sans que personne ne s’en aperçut, Ragnar disparut de la circulation et de la masse. Personne ne le remarqua. Yami et Canaille, habitués à cet exercice, continuèrent leur travail comme si de rien n’était.

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Gagner ou perdre comptait peu ? En tout les cas c'est perclus de douleur et un brin maussade qu'elle termina cet exercice. Elle en était arrivé à la conclusion que Kenora Makuen mise à part, ce serait un véritable suicide que d'affronter Ragnar, l'atout de la guerre révolutionnaire, en combat singulier. Ses mouvements étaient fluides, rapides, précis ... Pire que ça, puissants aussi. Ils avaient tout fait pour le déstabiliser et lui faire perdre la partie, peine perdue. La supériorité numérique ne comptait guère peu contre un homme de son calibre. Le travail d'équipe aussi ... Quand à la chance, elle n'en avait jamais eu et n'avait toujours compté que sur son propre talent pour réussir ses coups d'éclats.

Bref, c'est avec quelques contusions et un sourire forcée sur le visage qu'elle rompit les rangs, se fendant d'un salut protocolaire entre camarades révolutionnaires.

Elle se dirigea vers sa cale, car elle attendait un coup de den den de la part de Cesare, l'amourette qu'elle avait depuis quelques temps avec le Cavallero, Butin de son petit nom dans l'organigramme de l'Ourouboros -une organisation pilotée par son chef de la police secrète des gris, Rafaelo Auditore - et frère jumeaux de l'atout le plus dangereux de l'armée, même si elle doutait qu'il puisse vraiment tenir tête en puissance brute à son capitaine, Ragnar. Tout Assassin fut-il, il avait une limite, surhumaine, mais une limite qui avait dût dicter sa position actuelle.

Elle se changea en attendant le coup de den den tant attendu de son compagnon, et se détendit en buvant du whiksy, et en fumant des cigares.

Oui, ce genre de femme ...

***

Whisky Peak, elle lui dédia l'un de ses nombreux verre du breuvage éponyme, en se disant que cet arrêt au stand pour recharger le Pose du navire, avant de rejoindre Le Libérateur, navire de guerre et principale bâtiment de l'atout guerrier, allait être une douce accalmie avant un ailleurs beaucoup plus risqué et frisquet aussi. Elle ne connaissait pas encore sa capacité à réchauffer son cops via la forge qui se trouvait en elle, et qui lui permettait de ne jamais plus souffrir du froid. Elle ne tarderait pas à le découvrir, et ses ennemis à leur dépends. Chaque avantage est bon a prendre, surtout dans une guerre contre le pire Empereur qu'il soit, le Malvoulant. Teach. Manfred D. Teach. Le nom faisait déjà peur, et le bonhomme encore plus. A bien y pensé, elle se demandait pourquoi ils se mêlaient de la petite guerre guerre entre pirates. Il avait beau être un fieffé salaud, Manfred n'en restait pas moins sensiblement égal en mort au Gouvernement Mondial.

Encore une ironie mordante, se dit-elle, tandis qu'ils se frayaient un chemin jusqu'à l'épicentre de l'île et de sa ville portuaire et principale. Ils allaient devoir ruser, pour ne pas se faire repérer par la Baroque Works -encore une organisation qui profitait de l'hégémonie de l'EMM et qui venait de sortir de terre, ou plutôt de mer- et ses vigoureux chasseurs de prime. Déjà, Ragnar se baladait à découvert, mais Canaille restait confiante. Il y'avait peu de loustics capable de tenir tête à leur trio, certains avaient testé, et pouvaient en attester.

- Yami, passe par les toits, couvre nous, fais ce pourquoi on t'aime mon vieux, fit-elle, tournant la tête dans la direction de la jeune femme au cheveux d'albâtre que lui désigna Ragnar. Le temps de tourner le visage d'un côté et de l'autre, son chef avait disparu, tandis qu'elle disait quelque chose comme : On la prend en tenai... Bruh. Elle détestait quand il faisait ça, mais comme cela lui faisait autant plaisir qu'un mois de décembre neigeux à un enfant de cinq ans de leur jouer ce tour, elle ne disait rien, et laissait faire.

Vivre et laisser vivre, tout ça. D'ailleurs, elle poursuivait machinalement l'inconnu dans le dédales de rues de Whisky Peak en se demandant ce qu'avait fait l'inconnu pour mériter pareille poursuite. Elle courut plus fort néanmoins, obéissante comme un bon soldat, un bon chien révolutionnaire.

- Eh vous ! Fit-elle à l'attention de la jeune fille, engoncé dans une armure qui la ralentissait, elle était toujours un féroce et véloce rival pour April. Oui, vous ! Continua-t-elle quand elle arriva presque à hauteur de la jeune pirate. Arrêtez vous, on ne veut pas vous faire du mal, par Freeman, arrêtez de courir bon sang !

C'était vrai quoi, personne ne lui avait ordonné de la descendre. Fallait-il encore que l'ancienne prisonnière soit au courant ...


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Whiskey Peak – Année 1628

Hors de souffle, totalement paniquée suite à la vision de cet homme, la jeune April ne ménageait pas ses efforts et courrait à travers les rues de Cactus Town, tentant d’échapper à cette vision qui l’avait replongée quelques mois en arrière…

Tournant tantôt à gauche, prenant un chemin de traverse lorsque cela était possible, l’ex détenue espérait de tout cœur qu’elle n’y retournerait pas. Son regard avait croisé le regard du Révolutionnaire, lui faisant parcourir un frisson glacé le long de la colonne vertébrale. Elle qui pourtant avait su développer une si bonne résistance au froid se sentait envahie par cette sensation si désagréable, ce sentiment la ramenant dans sa cellule de Jotunheim.

Bousculant un marchand qui ne l’avait pas vue, elle ne prit même pas le temps de s’excuser, trop préoccupée par l’arrivée de ces individus qui ne portaient avec eux que malheur et souvenirs gravés dans sa chair. Quelles étaient les probabilités pour que cet homme qui avait combattu à la prison de Jotunheim se retrouve sur cette île précise ? Quelles étaient les raisons de sa venue ici ? Elle n’aurait su le dire, évidemment. Tout comme elle n’aurait su expliquer pourquoi sa vision l’avait autant effrayée…


- - - - - -

Appuyée contre un mur grâce à sa main gauche, la jeune femme était pliée en deux, tentant de trouver un second souffle alors que son cœur battait la chamade. Et alors qu’elle se sentait à l’abri et suffisamment éloignée, elle entendit alors une voix de femme crier dans sa direction. Elle semblait s’adresser à April, comme si elle tentait de lui faire comprendre que la Marble n’avait rien à craindre d’eux.

Il ne lui en fallut pas plus pour se remettre à courir. Que pouvaient-ils bien lui vouloir ? Si elle était si insignifiante, pourquoi s’étaient-ils mis à sa poursuite dans les rues de Cactus Town ? Voici tant de questions qui ne trouvèrent pas de réponse dans l’esprit de notre future capitaine, continuant de courir à en perdre haleine jusqu’à ce qu’elle ne tombe…

Sur une impasse.

Elle était bloquée et entendait les pas de la femme se rapprocher. Faite comme un rat, son cœur tambourinait dans sa poitrine, lui faisant presque mal. Pourtant, elle ne perdit pas ses esprits, et malgré le prétendu « danger » qui semblait s’approcher d’elle, ses esprits revinrent en même temps que les bruits de pas s’accéléraient.

Redressée, elle vit alors arriver une femme à l’allure plutôt particulière. Emmitouflée dans son armure qui semblait bien trop lourde pour elle, elle arrivait à son tour dans la ruelle, sans doute contente que cette course-poursuite ne touche à sa fin.

< Que me voulez-vous ? Pourquoi m’avez-vous suivie ?! Je vous reconnais, vous étiez là à Jotunheim ce fameux jour… >
Ici, elle ne parlait pas de la fille en face d’elle mais plutôt de celui qui était à ses côtés quelques minutes auparavant lorsqu’ils débarquèrent. Cet homme si puissant qu’il pouvait attaquer une base de la Marine et en ressortir indemne. C’était de lui dont elle parlait, c’était de lui dont elle se souvenait.
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Sous sa forme liquide, Ragnar n’éprouvait aucun mal à filer ses proies dans lieux bondés de monde. Cette femme aux cheveux albâtre fuyait dans les ruelles les plus obscures de Cactus Town, pour le plus grand bonheur de ses poursuivants. Quand enfin elle s’enferma elle-même dans une impasse, les révolutionnaires allaient enfin en apprendre davantage. Après avoir gambadé sur les toits des habitations, Yami arriva du dessus, derrière la demoiselle. Canaille se trouvait en-face d’elle. Dos au mur, paniquée, la jeune femme sembla reprendre de son aplomb pour prendre la parole.  

Jotunheim ? Rogers n’était pas présente lors de ce calvaire. Et Yami ne participa pas à l’infiltration de la prison. En d’autres termes, la seule personne visée n’était autre que Ragnar lui-même. Plus tôt, au port, si elle put identifier Ragnar, elle identifia également ses accompagnants, pas étonnant qu’elle ait pu faire le lien. À la surprise générale de tous, l’Atout se trouva adossé au mur, à la gauche de l’étrange rencontre. Comme la première, son pouls s’emballa de nouveau. Le révolutionnaire n’était pas un tendre, encore un moins un être doté d’une grande patience.  

D'un mouvement à la fois léger dans le geste, brusque dans l’intensité, il saisit le col de la blonde et la plaqua contre le mur en-face de lui. Il la toisa d’un regard sombre, curieux, scrutant son intimité la plus profonde. Ni Izya, ni Reyson n’osaient évoquer de nouveau l’assaut de la prison de glace. Cet épisode resta gravé dans les esprits de chacun malgré la forte volonté de l’oublier. À part les deux pirates cités ou les révolutionnaires présents - à savoir Rafaelo Di Auditore, personne ne devait en parler. Qui d’autre le ferait à part un agent du gouvernement ? En même temps, un agent grillerait-il aussi facilement sa couverture ?

« Qui diable es-tu, malheureuse ? » Leurs routes n’auraient sans doute jamais dû se croiser. Contrairement à d’autres de ses camarades, pour le bien de sa cause, Ragnar n’hésitait à réduire des vies à néant. C’était bien pour cela qu’il se trouva à l’aise aux côtés de Yami et Rogers qui, comme lui, réduisaient les nuisibles au silence. « Rares sont les personnes qui peuvent se vanter de prononcer les événements de Jotunheim ainsi, reprit l’Atout d’un ton moralisateur. Et toi, malheureuse, tu te permets de cracher sur les vies sacrifiées en hurlant à tout va que tu crois me reconnaître ? Sais-tu ce qu’il nous en coûte si des personnes mal attentionnées nous surprenaient à avoir cette discussion ?
- Chef, il y a un problème dans son récit, intervint Suelto en dégainant doucement sa lame.
- Je le sais, rétorqua Ragnar sans détacher son regard sur sa prise. Comme le dit mon ami, il y a une grosse incohérence dans ton récit. Au moment des faits que tu exposes, je ne disposais pas de cette apparence. C’est même pour cela que je fais d’aussi peu de précaution en venant à visage découvert. »

Rogers elle-même comprit que cela posait effectivement un sérieux problème. Cette prétendue rescapée semblait réellement effrayée, alors il décida de ne pas user de la pression pour obtenir des réponses. Du moins, pas aussi intense que d’habitude. « Je te laisse quelques secondes pour mettre de l’ordre à tout ce capharnaüm. Au-delà de ce temps, si ton histoire ne me convainc pas, mon ami fera de toi un lointain souvenir, conclut-il en désignant Yami. » Malheureusement pour elle, ce n’était pas les sympathiques révolutionnaires, mais bien ceux que le gouvernement traquait sans relâche et qui devaient sans cesse être aux aguets.  

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Gauche, droite, en dessous, par dessus. Elle poursuivit inlassablement la jeune fille sur quelques centaines de mètres avant qu'un cul de sac ne lui bloque le passage. La course était enfin finie. Canaille fit bruyamment tonner le métal contre le sol rugueux de l'impasse, son casque se fichant dans le sol comme s'il était bien trop lourd, ou bien trop aiguisé. Elle s'entrainait encore à maîtriser son corps et ses capacités à son plein potentiel, rien de moins sûr. De la vapeur s'échappant de ses oreilles quand elle vit Ragnar au même moment que la jeune fille qu'elle poursuivait. Elle parut presque aussi étonnée qu'elle. Vraiment, les pouvoirs de ce fruit étaient conséquents. Elle commençait tout doucement à savoir pourquoi il avait une prime de plusieurs centaines de millions de berrys, le capitaine. Elle apprenait à le connaître depuis le Don des Saints, depuis qu'il l'avait secourue, elle et son œil balafré, qu'elle ne retrouverait peut être jamais la vue de ce côté, du moins, c'était ce qu'elle se disait pour ne plus avoir d'espoir, pour ne plus souffrir non plus d'un point de vue psychologique, de la perte de son œil. Une partie de sa chevelure commençait à revenir au noir habituel, tandis que de longues mèches blanches pendaient de l'autre côté de sa tête.

Elle avait l'air furieuse, avec son bagout, sa fumée, son air farouche, ses godasses cloutées, son armure à peine refroidie et déjà suffisamment alambiquée pour ne ressembler à aucune autres de son genre ... Ses cheveux et ses cernes, ça en faisant un pincée de plus. Une pincée de trop peut être ? Jotunheim. Elle avait lut les dossiers, Cesare Di Auditore lui ayant raconté quelques détails inconnus de tous également. Ragnar semblait tendue, et elle ne comprenait pas pourquoi, mais se sentait évincé du jeu. Comme si sa présence était transparente comme une fine couche de gel, ou du verre trempé. Pourtant, se méfier de l'invisible, est l'une des première leçon de la peur primale de l'homme. Prendre garde la nuit, sur les sentiers inaccessibles, à tout ce qui pourrait vous dévorer, sans que vous ne le sachiez vous même.

- Ragnar...
Il ne l'écoutait plus, discutant avec la jeune fille et Yami... Elle se tourna pour faire le guet de droite et de gauche, de haut en bas, et couvrir les arrières du groupe. Manquerait plus qu'un chasseur n'ait repéré la petite troupe. Canaille devait peser elle aussi son pesant d'or, maintenant. Elle devait avoir signifié sa désobéissance, et signer son propre arrête de mort par ses mauvaises actions dans une île contrôlée et habitée par les Dragons Celestes.

Quand ils verraient ce que l'on avait fait à leur réserves d'eau potable, il serait sans doute déjà trop tard. Ce qui chagrinait le plus la jeune femme, était qu'il y'allait avoir immanquablement des dommages collatéraux... Enfin, la cause était plus grande que la mort d'un petit groupe d'esclaves, non ? Elle se posait encore des questions quand elle reporta son attention sur le petit groupe ...

- Tu n'aurais jamais dû parler de Jotunheim, jeune fille, tu sais... Un secret ne vaut l'or qu'on lui prête que si on le garde précieusement près de son coeur ...Fit-elle en direction de la jeune femme aux cheveux blanc cassé, comme la moitié de la chevelure de son homologue révolutionnaire. Elle se dit que cela aurait pû être elle ... Non ...Jamais cela n'aurait pû. Jamais.

Elle n'avait jamais été une proie, une victime. Elle était un chasseresse, une guerrière, une fille faite d'acier et d'un coeur de pierre. Elle ne pouvait se laisser attendrir, même si l'amour que lui portait Cesare lui donnait des ailes, même si la victime lui ressemblait beaucoups... Même si elle trouvait cela injuste.

Elle devait continuer à se battre, jusqu'au bout.
Pour la cause.
Jusqu'à la victoire.

Révolutionnaire.


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Acculée dans la ruelle, elle vit tout d’abord la fille portant une armure la rejoindre, à croire que les lois de la physique ne s’appliquaient pas à elle tellement elle avait été rapide à la rejoindre malgré son lourd équipement. April, qui était sur la défensive vit ensuite arriver la troisième personne du trio qu’elle avait repéré. Cette dernière était venue depuis le haut, s’assurant ainsi que l’ex détenue ne puisse pas s’échapper. Ils avaient un beau travail d’équipe, on voyait bien que ce n’était pas la première fois qu’ils s’occupaient de pourchasser un individu.

Et tandis qu’il en manquait encore un, April vit alors se matérialiser, à ses côtés, celui qu’elle avait reconnu. Enfin, reconnu était un bien grand mot. Si son physique tel qu’il était à l’heure actuelle ne lui parlait pas vraiment, c’était plutôt dans ses mimiques, dans sa démarche et surtout dans son regard qu’il lui avait rappelé ce fameux jour à Jotunheim. Impossible pour elle d’oublier cet enfer glacé qui avait été, ce jour-là, le théâtre du démarrage de sa « nouvelle vie ».

< Que.. ?! >
Avait-elle eu le temps de dire avant de se faire plaquée contre le mur, agrippée par le col par celui qui lui avait fait ressentir de l’effroi seulement par sa prestance. Il enchaîna alors les paroles vers la jeune femme qui se retrouvait prise au piège, encerclée par ces trois individus dont elle ne connaissait, au final, pas grand-chose. Mais cela semblait déjà être trop, si l’on écoutait attentivement les paroles de celui qui semblait être le chef.

Il lui fallut garder sa concentration à son maximum pour capter toutes les paroles qu’il prononçait. Son esprit semblait comme dans un étau, comme oppressé par une force qu’il ne semblait pas comprendre, ni discerner. Cela viendrait-il de cet homme ? Était-il une telle pointure ? April vivait-elle, dans cette ruelle, les derniers instants de sa vie ?

< Je ne comprends rien à ce que tu dis… Je n’ai… Craché sur… Personne. >
Essoufflée, elle semblait avoir du mal à récupérer ses esprits suite à la pression qui l’asphyxiait. Et comme elle ne maîtrisait plus rien, une sensation de froid l’entoura alors. Comme si ce qu’elle avait vécu pendant près de dix années semblait refaire surface, à son insu.
< Je ne sais pas pour qui tu me prends, mais je ne suis personne. Je m’appelle Marble D. April et j’étais à Jotunheim ce jour-là. Alors oui, je t’ai reconnu, mais je ne l’ai pas crié à tout-va ! >
Sa voix devenait étrangement aigüe, elle tentait cependant de garder pied ; façon de parler ; dans la conversation. N’étant pas bête, elle savait qu’elle était à la merci de ces trois individus qui ne semblaient pas des enfants de chœur. Cependant, elle n’avait rien fait de mal, son seul faux-pas avait été de paniquer en voyant cet homme qu’elle crut reconnaître.

Mais pourtant, la femme en armure prononça quelques mots qui interloquèrent la pirate en herbe. Les évènements de Jotunheim étaient-ils secrets ? Risquait-elle quelque chose en les ayant mentionnés ? Tant de questions sans réponse qui s’accumulaient dans son esprit et provoquaient chez la jeune femme une perte de contrôle sur sa capacité, refroidissant alors l’air autour d’elle bien à son insu… Le chef du trio en étant le premier témoin.

HRP:
Technique utilisée

0° Spirit
Code:
De par son enfermement de près de 10 ans à Jotunheim, le froid fait désormais partie intégrante d'April qui a réussi à le dompter. Ainsi, elle est capable de faire ressentir à toute personne à proximité une sensation de froid très désagréable pouvant les déstabiliser, voire leur causer des maux de tête intenses.

Utilisée de façon excessive, cette capacité peut se retourner contre April.
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Ce nom n’évoqua absolument rien à Ragnar qui prit le temps de se replonger dans cette prison de glace. Mais excepté les cadavres, les étranges gardiens, Jonas Mandrake et l’Amirale Kenora, rien d’autre ne lui vint à l’esprit. Elle se trouvait à Jotunheim. Elle l’avait vu. Faisait-elle partie des survivants de cette prison ? Fut-elle prisonnière ? Alors en pleine réflexion, le révolutionnaire fut soudain caressé par une douce sensation de fraîcheur. Douce, car elle n’était pas maîtrisée. Elle voulait le repousser, le déstabiliser, mais cela manquait de puissance. Puis l’Atout aimait le froid.

« Contrôle-toi, dit une voix qui secoua la demoiselle. » Ses paroles furent accompagnées d’une légère vague de haki royal pour calmer ses ardeurs. Son regard la pénétra et lut en elle comme dans un livre. C’était du moins l’effet qu’il désirait donner. « Si tel est comme tu le dis, tu es au moins autant en danger que moi. Tu dois apprendre à contrôler tes pulsions, à te dissimuler, à observer avec discrétion et faire preuve de discernement. Les évadés de Jotunheim sont activement recherchés. Et crois-moi, ma chère, ce ne sont pas les gentils soldats de la marine qui viendront gentiment te remettre dans une cellule. Des chiens du gouvernement bien plus féroces. Les types que tous les primés craignent. Alors, rends-moi un service, contrôle-toi et tires-toi de cette foutue île de chasseurs de primes. »

Ragnar lâcha délicatement sa prise sur la femme aux cheveux d’albâtre, aussi physique que psychique, puis recula de quelques pas pour s’adosser au mur d’en-face. Yami faisait toujours guet pour s’assurer que personne ne vienne déranger cet entretien. Cette femme aurait donc profité de la grande bataille pour s’échapper. Ce fut à la fois l’occasion rêvée et un risque considérable. Elle sut tirer son épingle du jeu et cela put en dire long sur la personne. Le facteur chance était évidemment toujours présent. Elle devait néanmoins quitter cette île dangereuse pour n’importe quelle personne recherchée.

Yami se retourna vivement vers nous, restant cependant relativement calme : « Chef, ça rapplique en masse là. J’sais pas trop si deux groupes veulent régler des comptes ou s’ils veulent nous empêcher de fuir en arrivant d’un côté et de l’autre. J’te confirme que personne ne nous a suivi. » Un règlement de compte ? Il fallait l’espérer. Ils ne pouvaient quitter l’île avant le chargement du log pose. Ragnar pourrait rester caché comme un rat d’égout, mais il pensait surtout à ses camarades. Cependant, il était certain de ne pas avoir été suivi et faisait entièrement confiance à la vue de Yami qui couvrait leurs arrières. Il n’était pas la vigie pour rien. « Prépare-toi toujours au pire. Comme aujourd’hui, par exemple, où tu rixes de te retrouver en plein milieu d’une rixe. Si tu penses avoir déjà vécu le pire, rassure-toi, car le pire reste encore à venir, conclut-il en laissant s’échapper un léger rictus. »

Dissimulés derrière des poubelles, dans leur étroite ruelle, les révolutionnaires et la rescapée de la prison de glace observèrent patiemment le regroupement d’individus. Ils se tinrent prêts au cas où se défendre deviendrait leur seule et unique échappatoire. Les affrontements n’étaient pas rares sur Whisky Peak. Duels ou combats de gang faisaient partis du quotidien ici. Il fallait espérer que ce soit bien l’un d’entre eux. La main posée sur la garde de son meitou, Yam’ était prêt à trancher le premier homme dangereux. Quant à Ragnar, à l’instar de Yami, il plaça ses deux mains sur les gardes de ses deux dagues, prêtes à l’emploi.



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Marble D. April, ou une douce ritournelle, une jeune femme fraîche à peine sortie de l'enfance, lui semblait-elle, son comportement, et son manque de contrôle lui donnait cette impression, en tout cas. Canaille ne suivait plus vraiment la conversation, ayant bien compris que toute la concentration de la fameuse April, était tournée vers son chef et compatriote, Ragnar Etzermut - à raison et comme de juste, comme s'il aspirait toute la lumière autours de lui, et que son ombre grandissait à mesure que le temps passait. Elle le voyait mûrir, grandir, s'étirer même, avec une sorte de tendresse semblable à celle d'une soeur. Oui, ils avaient des liens de plus en plus profonds, et elle s'en réjouissait. Elle avait toujours manqué d'amour, et se trouvait comblée en ce moment.

Son chef lui portait un amour poli, courtois, sincère aussi ... Et Césare était là pour la passion dévorait son coeur et lui donnait des frissons, des papillons dans le ventre et une boule dans la gorge. Elle ne pouvait pas demander plus, et ne l'aurait voulu pour rien au monde de toute manière. Elle était l'excuse du secret, une révolutionnaire dure à cuire, qui avait de grandes idées. Elle ne voulait pas compter trop d'intimes dans sa vie, au risque de les perdre un jour, ou de les mettre en danger par sa simple existence. C'était donc tout naturellement qu'elle avait opté pour ceux de sa caste, et de son camp ; Ils étaient au moins conscient du danger qu'il y'avait à la fréquenter, et en acceptaient pleinement les risques.

Un jour peut être, son nom ferait trembler le GM, et le Cipher Pol éplucherait sa vie à la recherche de leviers, d'un moyen de pression sur sa personne. Ce jours là, elle aviserait. Et ce jours semblait inexorablement approché à grand pas, à mesure qu'elle suivait Ragnar. Elle avait déjà une prime qui avait poussé au dessus de sa tête. Une prime qui n'était qu'une peccadille contrairement à celle du Capitaine des Libérateurs. Elle vivait dans son ombre, s'épanouissant dans sa grandeur, et poussant telle une mauvaise herbe ; Qui avait apprit à germer dans les pires conditions, et qui ne rentrerait jamais dans le rang.

Ce fut dans ce genre d'état d'esprit qu'elle accueillit la nouvelle de deux groupes se dirigeant vers eux, l'un du Nord et l'autre par le Sud. Ces ruelles coups gorges avaient eu raison de leur vigilance, et aveuglé par leur suffisance, et la tournure de la conversation, ils n'avaient rien vu venir.

D'un côté des Chasseurs de Primes, de l'autres la garnison de Whiskey Peak, comme s'ils marchaient ensemble main dans la main, venait vers eux. Il ne fallut que très peu de temps à canaille. D'ailleurs, ses camarades avaient eux aussi flairé le pot aux roses. On devait avoir reconnu Ragnar malgré son "camouflage", le suivre et appeler les renforts. Canaille passa une tête depuis une poubelle, et ne vit aucun signe d'éclaireur. Soit les renforts étaient confiants, soit trop peu méfiants.

Tandis qu'ils arrivaient sur eux, elle commença à faire fondre du méta à l'intérieur de son corps. Puis comme un volcan en éruption, elle suinta des perles de métal depuis tout les pores de sa peau. C'était prêt ! Ce positionnant dans la ruelle pour se faire voir du premier groupe, tandis que le second semblait lambiner, elle fit jaillir du métal en fusion liquide de son corps, et il s'étala sur le sol autours d'elle à la manière d'une pâte visqueuse et odorante. Des vapeurs s'échappait du métal crépitant, qui faisait encore des bulles, interdisant aux chasseurs d'avancer sur quelques mètres.

- Venez, on tente notre chance par une sortie vers le Sud, je pense qu'on va pouvoir s'en sortir contre quelques soldats armés ! Qu'elle lança, tandis que les chasseurs s'approchaient en sprintant dans leur direction, ayant compris qu'ils étaient repérés, et qu'ils ne pouvaient plus compter que sur la vitesse et plus l'effet de surprise.

Canaille commença à avancer en direction du peloton qui leur bloquait la route vers le port, et pria pour que son ami Ragnar fasse la différence, à son habitude.


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EARTH WITHOUT ART IS JUST HATE.
THIS IS MY LAST CHANCE TO SHINE ;
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Whiskey Peak

Totalement impuissante, elle se sentait écrasée. Comme si son esprit n’était que celui d’une enfant, comme si tout ce qu’elle avait enduré n’avait aucune espèce d’importance face à la prestance de cet homme qui l’avait prise en grippe. Et bien qu’il se montrât menaçant, il relâcha plutôt rapidement sa prise. Cependant, April ne se sentit pas tout de suite en sécurité, car les mots qu’il employa lui glacèrent le sang.

Elle le savait. Elle avait quitté un Enfer Glacé pour en trouver un autre. Elle savait que cette vie serait une interminable fuite vers l’avant, qu’elle ne serait jamais tranquille et que toujours, elle devrait jeter des coups d’œil par-dessus son épaule. Cependant, elle ne voyait pas vraiment d’issue possible à ce genre de situations, tout cela n’était qu’une boucle sans fin.

< Si seulement c’était aussi facile… >
Fit-elle tout en se massant le cou alors que l’inconnu venait de la libérer de son joug. Elle se sentit immédiatement plus légère, moins oppressée. Aussi bien physiquement que psychiquement, il semblerait qu’elle n’était plus dans le collimateur de l’homme qui savait se transformer en encre. Sans doute un mangeur de fruit du démon…

Mais l’ex détenue de Jotunheim n’eut pas le loisir de trop s’attarder sur ce phénomène, car apparemment, selon la vigie de leur équipage, deux groupes se rapprochaient de leur position. Sans doute avaient-ils percé que les nouveaux arrivants sur l’île n’étaient pas de simples touristes… Et après il se permettait de faire la morale à April ? Elle n’était certes personne, mais au moins elle ne s’était pas faite poursuivre quelques minutes après son arrivée sur l’île.

Et tandis que le temps semblait compter, celle qui avait fait la morale à April quelques instants auparavant, la fille en armure lourde, se mit alors en action. Elle démontra alors toute l’étendue de son pouvoir, ce qui choqua April. On lui avait dit que les utilisateurs de fruits du démon étaient plutôt rares… Et là, dans la même ruelle, elle se trouvait en présence de minimum deux. Deux individus du même équipage qui semblaient avoir un lien hiérarchique.

Ce fut à ce moment qu’elle comprit quel genre de pointure se trouvait à ses côtés dans la ruelle. Et tandis que le dénommé Ragnar lui intimait à toujours se trouver sur ses gardes et à ses préparer au pire, la fille en armure prit les devants dans la prise de décision. Affirmant qu’il fallait tenter de partir par le sud, elle fit ensuite jaillir une substance qui ressemblait à de l’acier fondu. Cette dernière se déversa alors devant elle, bloquant le passage du groupe arrivant par le Nord ; qui semblait être celui des chasseurs de primes.

< Mais qui êtes-vous… ? >
Soupira-t-elle tandis qu’elle suivait le mouvement.

Elle n’avait pas d’arme sur elle, étant partie sans sa lance pour ne pas attirer l’attention, elle se retrouvait donc complètement démunie face à une potentielle attaque. Seule, elle ne pourrait rien faire et elle se rangea donc aux côtés de celui qui, juste quelques instants auparavant, l’avait torturée afin de savoir qui elle était et ce qu’elle lui voulait. Elle n’avait pas vraiment d’autre solution, pas vrai ?

Et tandis que les soldats avançaient dans leur direction, la jeune femme sentit la peur prendre possession de son corps. Et encore une fois, alors même qu’elle ne le souhaitait pas et malgré les conseils du chef d’équipage, elle se fit envahir par le froid. Comme si Jotunheim refaisait surface… Une fois encore.
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Foutus chasseurs de prime. Ragnar apprit aujourd’hui qu’il ne lui était plus permis de se balader aussi ouvertement dans les villes peuplées de personnes quelconques. Il n’avait pas encore certains réflexes indispensables quand on avait son statut. Connu pour son aspect combatif, Ragnar l’était aussi pour sa discrétion et sa capacité à s’infiltrer dans des lieux sécurisés, à l’instar de Mariejoa ou encore Jotunheim. Aujourd’hui, après la mission au Don du Saint, il fit preuve d’une légèreté qu’il payait en ce moment même. Ils étaient cernés. Sur les toits se trouvaient également des chasseurs. « Ce n’est même pas la guerre qui causera votre perte, mais bien mon manque de vigilance, murmura-t-il. » Les chasseurs ne l’avaient pas suivi. Ils ne pouvaient pas le suivre. Non. Ils avaient suivi Yami et Canaille, qu’ils avaient vu en compagnie de l’Atout au départ. Se refaire le film n’avait que peu d’intérêt et Canaille le comprit. Du moins, ce n’était son genre de rester dans l’inaction et de réfléchir. Elle décida de barrer un passage et de prendre l’autre.

« Calme-toi, bon dieu, dit Ragnar à la jeune blonde. Tu nous transmets toutes tes craintes. Nous avons déjà assez à gérer avec les nôtres, n’en rajoute pas, veux-tu. » Yami pouffa de rire. En effet, Canaille a connu des situations bien plus difficiles pour s’inquiéter de cette broutille. Yami, quant à lui, était ivre la plupart du temps, les émotions n’étaient que joyeuses dans l’ensemble, parfois mélancoliques, mais aucune inquiétude ne traversait son esprit. Et Ragnar, amoureux des champs de bataille et des massacres, ne ressentait qu’un moyen de se distraire davantage. Mais ses responsabilités et son devoir l’empêchaient de pleinement se satisfaire de cela. Il décida un signe de tête à Yami et les deux hommes suivirent Rogers. Avec leur nouvelle invitée.

« Qui sommes-nous ? La dernière fois que l’on m’a posé cette question, je n’étais qu’un pauvre clochard dans les rues de Logue Town, fit-il en souriant. Savoir qui nous sommes pourrait également causer ta perte. Certains nous aiment, d’autres nous détestent. De mon point de vue, nous agissons pour un monde meilleur, mais surtout juste à l’égard des populations les plus démunies et des esclaves. Mais nous sommes considérés comme des criminels. Au regard de certains, notamment de ceux que l’on dérange, nous ne sommes que des terroristes anarchistes. Je laisse à chacun la liberté et la sagesse de faire un avis. » Yami avala une gorgée de sa flasque en envoyant un regard reptilien vers son supérieur. En effet, ils étaient quand même très souvent fourrés dans des champs de bataille et des assassinats de masse… Comme le disait souvent Ragnar, toute lutte nécessitait des sacrifices. Plus elle était importante et plus grand sera le nombre de morts. Celle-ci était importante.

L'Atout passa devant sa troupe et fut le premier à quitter la ruelle. Le temps se figea pour le révolutionnaire qui, en dérivant ses yeux d’un côté et de l’autre, identifia le nombre d’ennemis présent. D'autres encore arrivaient de part et d’autre. S'ils entraient dans un affrontement contre tout ce beau monde, ils n’en ressortiraient plus jusqu’à l’arrivée de renforts supplémentaires. Il dégagea une légère brise du fluide royal qui sonna l’ordre de ne plus bouger à ces gens bien armés. Les révolutionnaires continuèrent leur course vers une autre ruelle en-face. Il se tourna ensuite vers Marble : « Dis, connais-tu un endroit sûr où se planquer ? J’aimerais éviter un bain de sang. » En fait, il n’était même pas certain que tout le monde puisse s’en sortir si ce bain de sang se produisait.

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Le métal en fusion faisant son office, la réponse qu'attendait April tomba comme un couperet, ferme et définitif. Si elle ne connaissait pas le visage de Ragnar de par les affiches de recherches placardés à chaque coin du monde, c'était qu'elle était trop innocente, ou bien trop candide, enfin bref, qu'elle n'avait pas à savoir qui il était. Pour sa part, Canaille ne connaissait pas une gloire aussi inopportune dans sa vie, et se contenta d'ouvrir le passage, faisant circuler ses comparses, son armure les protégeant comme elle le pouvait, des tirs rageurs et des insultes et autres provocations leur étant adressées. Le métal se refroidissait à vue d'œil, comme neige au soleil d'été à midi tapante, et se contractait en grinçant. Bientôt l'accès serait de nouveau praticable, et les uns et les autres attendaient se moment avec plus ou moins d'impatience.

Elle fonça alors que les premiers hommes essayaient déjà de passer en mettant des tissus autours de leur chaussures, mais s'embourbaient encore dans le métal liquide, juste à température ambiante, qui leur arrivait comme une couche épaisse de quelques centimètres, jusqu'au bas du mollet. En attendant, ils prenaient de l'avance, et rattrapant aisément la Marble, elle lui répondit alors d'un sobre : Tu peux m'appeler Canaille, Canaille Rogers. Et toi, t'es qui en faite ? lancé alors que Ragnar atteignait la première ligne du blocus pratiqué par la marine. Habituellement une telle manœuvre, tant de fois répétée et réglée comme du papier à musique, aurait dû venir à bout de la plupart des dissidents du monde connus. Mais Ragnar n'était décidemment pas un lascars comme les autres, un capitaine aux capacités extraordinaire, qui mettait de son âme dans les choses qu'il faisait. Son cœur -ses envies-, son âme -son vouloir- et son corps, étaient en parfaite adéquation, et elle accueillit la vague de Haki avec un sourire, trop habituée à le voir l'utiliser sur ses ennemis -leurs ennemis.

Elle était prête à soutenir à tout moment la jeune fille aux cheveux blancs, si elle devait défaillir devant tant de puissance mentale, bien qu'elle ne soit pas dirigée contre elle. Elle lui glissa de toute manière, comme si c'était pour de faux, et qu'ils s'amusaient bien tous ensemble : Ca y'est, mossieur nous sors son gros haki ! T'en fais pas fillette, la sensation de mal être passera, et tu n'en ressortiras que plus forte, plus résistante, plus résiliente. Consciente que si c'était sa première fois avec le côté royal de Ragnar, elle pouvait avoir des doutes sur ses propres capacités. Canaille savait, elle, que l'on apprenait avec l'expérience du terrain, et que même un échec pouvait receler une leçon importante à se remémorer chaque jours. L'humilité. Ragnar mettait tout à plat avec son charisme écrasant, et ses capacités hors normes. Il y'avait deux finalités à cet état de fait ; Soit l'on ressortissait de cette épreuve grandi, avec une envie encore plus forte de progresser pour l'atteindre, pour atteindre son niveau d'excellence. Soit l'on déprimait, et l'on abandonnait le combat de notre vie une bonne fois pour toute.... Chacun son style, en tout cas Canaille avait beaucoup progressé depuis que l'Atout était venu la sortir du pétrin dans lequel elle s'était fourrée, à cause de Manshon.

Elle se demanda si Jack Longdrop était toujours en vie, mais l'instinct présent la rattrapa quand elle trébucha sur corps inanimé, mais vivants, de l'un des officiers de la marine. Elle se remit à courir plus vite encore, et à dépasser tout le monde, consciente qu'ils étaient dans le pétrin, mais voyant un moyen tout trouvé d'échapper au charnier.

- Regardez, voilà notre porte de sortie jusqu'à trouver la planque idéale !
Dit-elle en tendant le doigt à perpendiculaire de la rue, vers la droite, sur une rue qui semblait bien agitée. Il était bientôt midi à Cactus Town, et comme toute ville portuaire, le ballait incessant des calèches tirées par des sortes d'animaux aussi marins que terrestres, avec une grande coquille sur le dos, comme un gros berlingot - ses bonbons dont la légende racontait qu'ils étaient nés sur Parisse, sur patte.

Ses animaux étaient plus vifs qu'ils n'en avaient l'air, et l'on voyait défiler le ballet du déchargement de navires commerciaux, par cette rue qui menait à l'un des greniers de la ville, ou les riches propriétaires de ses biens les stockait avant de les vendre, ou bien les consommer. Elle se précipita, espérant que tout le monde suivait le mouvement - malheureusement pour April être vu avec des révolutionnaires ne pouvait que lui causer du torts, sans retardataires ni chutes.

Elle courut, jusqu'à atteindre l'un chariots qui était chargé de foin jusqu'à la gueule, et se glissa à l'intérieur, un tour de passe passe que lui avait apprit Il Assassino, pendant sa courte formation d'Excuse du Dragon de la police secrète. Elle passa la tête pour voir ou en étaient les autres, et s'en surprise qu'elle vit arriver Ragnar plus vite qu'une balle de fusil, ou un cheval au galop, et qui hésita quelques instants à la suivre : Tu vas pas faire ta princesse ! Allé hop on file et on discute pas ! Dit-elle en riant à moitié, sachant pertinemment qu'il fallait être directif avec le grand révolutionnaire, quand sonnait l'heure de la retraite ...


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