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D-Generation X [Pv : Aze]

Comme une impression de déjà vu.
C’est ce qui me saisit immédiatement quand je reviens à moi, ouvrant les yeux sans même avoir pigé auparavant que j’ai pu les fermer. De tomber dans les vapes, ça commence à devenir un peu trop régulier à mon goût. Après avoir buté Anatoli, je me suis effondré à cause de mes blessures. Quand j’en ai eu fini avec Bambana, j’ai fini par tomber lorsque l’on fuyait à bord de son navire. Une fois encore, ma fiole a heurté le sol. Le dernier souvenir que j’ai en tête, c’est d’avoir gobé le fruit dans la grotte et d’avoir été pris de crampes, avant que ça parte en couilles.
Le fruit… ses capacités restent encore à déterminer, mais je commence à avoir ma petite idée sur ce que c’est. Un fruit qui te permet de contrôler le feu, si c’est bien ce qu’il s’est passé là-bas, y’en a pas cinquante. Il faudra juste que je demande à Kaen de me raconter plus en détails comment ça s’est passé là-bas. Encore faut-il que je sois en mesure de lui poser la question…

Je sais pas où je suis. Une piaule ? De ce que je capte en balayant la pièce du regard, ça y ressemble. Une chambre avec les cloisons en bois, l’image est pas très stable par moment, ça gigote. Comme l’impression que les fondations bougent, déplacées par le vent ? Non, c’est pas le bruit du vent que je peux entendre. Un grincement. Celui que provoque la rencontre entre le bois d’un navire et une vague en pleine mer.
Je me redresse sur les miches, histoire d’avoir une meilleure appréciation de ce qui m’entoure. Je suis en mer ? Sur un bateau alors ? Lequel ? Comment j’ai pu atterrir là-dedans ? Et Kaen ?
Grince des dents, j’aime pas être à l’ouest, je déteste me poser cinquante questions et ne pas avoir les réponses. Ce que je sais, c’est que je suis en sécurité pour le moment. La personne qui s’est fait chier à me sauver les miches de Drum a pris le soin de soigner mes blessures et de me tenir au chaud. S’effondrer dans la neige glaciale d’un pays pareil ça aide pas à garder sa chaleur corporelle dans le positif. Je vérifie l’état global de ma carcasse, y’a pas l’air d’avoir eu amputation d’un doigt ou d’une jambe, c’est plutôt bon signe.
Ce qui l’est moins, c’est que je sais pas sur quel rafiot je me trouve ni si Kaen est avec moi ou mort et enterré sous une dizaine de mètres de poudreuse.

Je vais pas attendre bien sagement ici de le découvrir, sors mon derche du lit et entreprend un petit tour de pièce histoire de voir si je peux pas glaner quelques infos. Rien. Torse nu, j’entrevois ma peau marquée par d'innombrables cicatrices, dont certaines datant de la mort de Bambana à peine. Fraîches, mais pas douloureuses. Des souvenirs, un rappel que la vie ne te fais aucun cadeau et guette le moindre signe de faiblesse pour te la mettre.
Rien à se mettre sous la dent, une pièce assez neutre. Probablement là qu’on fait pioncer les invités, ceux de passage. Va falloir aller mettre le museau dehors, alors.

Au moment où je me dirige vers la porte pour sortir de là, la poignée s’abaisse et l’espace auparavant clos s’ouvre à moi, laissant apparaître une silhouette dans l’encadrement. Mon premier réflexe est de porter mes doigts à mon pistolet, mais je constate qu’il m’a été retiré dans le processus. Ce qui est évident et je m’insulte intérieurement de ne pas avoir pensé à le chercher avant. A défaut de pouvoir coller une bastos dans le crâne de ce type, je compte sur mes poings et ma nouvelle aptitude pour lui refaire la gueule si jamais il se révélait être un ennemi. D’ailleurs, sa trogne me dit absolument rien.
Environ aussi grand que moi et pas bien plus épais, un trentenaire à la chevelure sombre et en bordel, qui me fait penser à moi sauf que la sienne à tendance à vouloir gratter les cieux tandis que la mienne retombe vers le sol. M’a l’air confiant, suffisamment pour se tenir seul dans cette piaule avec moi et seulement moi. C’est probablement aussi qu’il ne me connaît pas. Mains dans les poches, je sens pas forcément d’énergie négative se dégager de lui, rien qui me pousse forcément à me méfier de lui. Et c’est justement ce qui fait que je m’en méfie plus qu’un loubard à l’air patibulaire, ‘faut se méfier des faux calmes. J’en étais un à la base. – T’es qui toi ? On va pas commencer à se lancer dans des gros discours, c’est pas le genre de la maison.
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Navires en route vers leur prochaine destination, les Sandstorm Pirates se préparent pour ce qui promet d'être un pillage d’anthologie. Suite au passage opportun des troupes de l'Ex Corsaire Glutonny sur le Royaume d'Alabasta, c'est un Anton Finzz surexcité qui s'est empressé de contacter le Sablonneux via escargophone. Paraitrait que le prince héritier aurait été enlevé et que les Dévoreurs auraient semé une joyeuse pagaille sur les côtes. L'occasion rêvée pour frapper fort et rafler tout ce qu'il est possible de rafler. Le jeune capitaine pirate avait passé les dernières semaines à conclure des accords ici et là afin de s'assurer un soutien non négligeable lors de l'assaut et il espérait bien mener cette entreprise au bout. Parcourant le pont de L'Indompté, observant ses navires voguer dans le silence d'une mer calme, Saori vint alors le trouver.


Le type est en train de se réveiller Aze...

Bien… Merci Saori.


Faisant volte-face, Azeglio prit le chemin des cabines en silence. Pendant son absence, le nouveau médecin de bord avait prit la liberté de recueillir un oiseau égaré, en piteux état et de le soigner. Si ce parfait inconnu se trouvait toujours à bord, c'est que le sablonneux n'avait apprit son existence qu'une fois en mer et larguer un type en convalescence à la flotte n'était pas vraiment le genre de la maison. Grand optimiste, qui sait, cet homme pourrait peut être représenter un allié supplémentaire. Sa seule crainte étant qu'il venait peut être encore une fois de laisser entrer un loup dans la bergerie. Le gaillard avait dormi plusieurs jours, revenant à lui, il était désormais temps de l'interroger.

Approchant de la porte de la cabine dans laquelle le type dormait jusqu'à ce matin, le sablonneux pu entendre du mouvement et à l'instant même ou il ouvrit la porte, l'inconnu eut un réflexe qu'il ne connaissait que trop bien. Portant sa main à l'endroit ou il aurait d'ordinaire porté une arme, là ou un holster le prévoyait, il se rendit rapidement compte qu’il était désarmé. Le jeune capitaine des Sandstorm Pirates esquissa un léger sourire lorsque l’homme lui demanda qui il était.


Du calme.. si on te voulait du mal je pense pas qu’on se serait donné la peine de te guérir.


Une réaction normale en somme. L’homme restait silencieux, difficile de déterminer ce qui avait bien pu le rendre dans un si piteux état. Il avait manifestement dormi durant pas mal de jours et se réveiller dans un navire entouré d’inconnus ne devait pas être évident. Le sablonneux s’assit alors, ne quittant pas son invité du regard et tira le flingue de son interlocuteur, qu’il posa délicatement sur une table basse disposé entre eux.


Détends-toi.. vraiment… T’es à bord de L’Indompté et on vogue en direction du Royaume d’Alabasta. Par « on » j’entends mon équipage et moi même.. appelle moi Aze au fait. Et toi tu es.. ?


Lui rendre son arme ? Peut être était-ce là un excès de confiance de plus.. quoique dans son état, le sablonneux n’avait à priori pas grand chose à craindre. De prime abord, le type n’avait pas l’air très bavard, il semblait même plutôt méfiant. Et comment lui en vouloir ? De ce qu’il savait, Saori avait découvert le pauvre gars au milieu de la neige, épuisé, totalement gelé… Les cicatrices qui parcouraient son corps en disaient long sur le genre de vie qu’il semblait mener et Azeglio avait hâte d’en savoir plus à son sujet.
    Ça semble le faire rire, de me voir tout con devant l’évidence que je suis désarmé face à un type dont je sais rien, dont j’ai aucune foutue idée de ce qu’il fout là, ce que je fous là, ce qu’il se passe. Il a ce sourire du gars amusé de la situation, pas un brin inquiet par ce que je suis, ce que je pourrais être, ce que je pourrais lui faire. C’est la première fois depuis des lustres qu’un type se tient devant moi sans avoir les jambes qui flanchent, le regard qui dévie ou la langue qui s’emmêle de peur.
    C’est un sentiment étrange, de plus être le diable au yeux des autres, d’être considéré comme normal. C’est bizarre, de perdre cet ascendant psychologique que j’ai pris plaisir à installer. Ça me prouve surtout une chose, je suis plus sur les blues, je suis plus un gros poisson dans une petite mare.

    — Vous auriez peut-être pas dû me soigner. C’est vrai, ils savent même pas qui je suis, ce que je suis. Pourquoi prendre le risque de me soigner, de me faire monter à bord ? La confiance rend plus fort, l’excès de confiance rend plus mort. Et lui, il a pourtant pas la fiole du connard qui cherche un moyen de crever, alors quoi ?
    Je le mire poser ses miches, continuer d’étaler son excès de confiance, ou c’est juste un moyen de montrer qu’il me veut aucun mal ? Le flingue qui se pose sur la table entre nous, mon flingue qu’il avait pris le soin de me retirer, me fait tendre vers la seconde option. Je pourrais m’y retrouver dans cette façon de faire, à l’époque où je roulais pour Bambana et que je voulais recruter un gusse pour mon propre compte, j’avais ce genre de méthodes.
    Enfin, il a déposé mon arme, à aucun moment je l’ai vu déposer la sienne, d’arme.

    — Ton équipage ? Vous êtes des pirates ? Là mon pote, tu viens de te tirer une bastos dans le pied. Les forbans, d’une manière générale, ce sont des enfoirés de fils de chiennes à mes yeux, qui valent pas mieux que les mafiosos. Et si tu savais le sort que je réserve aux enfoirés de fils de chiennes…
    Je cherche pas à masquer ma réaction, à adoucir le ton ou atténuer mon expression du visage. Tu peux l’entendre à ma voix que j’aime pas ce que je viens d’apprendre et le lire sur ma trombine que j’ai plus envie de te trouer la carcasse qu’avant. — Aze… jamais entendu ton foutu blase avant. C’est ton nom complet ? Et si tu crois que je vais te filer le mien aussi simplement, c’est que t’es encore plus con que je l’imaginais.

    — J’étais pas tout seul là-bas, Kaen, il est où ? Et là, j’espère vraiment pour toi que tu me sortiras pas une réponse à la con, parce que ça risque de légèrement partir en couilles, si ça me plaît pas.
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    Avaient-ils eu tort de le soigner ? Possible. Difficile à dire à ce stade de la discussion. Contrairement à Demeza, Saori semblait avoir la mauvaise tendance à secourir les oiseaux tombés du nid. Le genre de décision bien merdique qui pourrait bien mener l’équipage sur le chemin de la discorde une nouvelle fois, ou pire… Mais pour l’heure, et pour une raison étrange, le sablonneux ne ressentit pas le moindre danger.. du moins jusqu’à ce que son invité comprenne qu’il avait affaire à des pirates. À cet instant la haine s’empara de lui, changeant l’expression sur son visage et l’atmosphère se tendit instantanément, ce qui poussa presque le jeune capitaine des Sandstorm Pirates à regretter de lui avoir rendu son arme. Enfin il se mit à parler d’un certain Kaen, censé se trouver avec lui sur Drum et malheureusement, Saori n’avait pas trouvé qui que ce soit d’autre.


    Ouais on est des pirates. Et ça crève les yeux que t’es pas ravi d’être ici. Mais pour le moment.. t’es coincé en mer avec nous mec. Donc tu vas devoir te contenter de ça. répondit Azerios avec un sourire en coin.


    Malgré son aversion flagrante pour la piraterie, cet étranger n’avait pas beaucoup d’option. S’attaquer au sablonneux et tenter de le tuer ? Il avait effectivement tout l’air d’un type de cet acabit. Oui, il avait l’air du genre de type qui ne ménage pas les choses et qui agit de manière impulsive.. voire explosive. Mais après ? Une fois le capitaine éliminé, quelle solution ? Dans son état il aurait été stupide, même suicidaire de passer à l’offensive et d’espérer l’emporter sur tout un équipage pirate en pleine mer.


    Kaen ? Connais pas.. désolé de te l’apprendre camarade, mais quand Saori t’as trouvé, y’avait personne d’autre.


    Nouveau sursaut de haine dans le regard, le sablonneux ne savait pas bien qui était ce Kaen, mais de toute évidence, il avait une certaine importance à ses yeux. Peut être était-ce une erreur de jouer franc jeu avec ce parfait inconnu, peut être que le jeune pirate paierai cet excès de confiance en lui par la suite. Mais en l’état, il brûlait s’en savoir plus au sujet de son mystérieux invité et surtout de déterminer s’il pouvait représenter une menace.. ou un allié, même si la seconde option semblait bien mal engagée. Il se releva et fit quelques pas pour s’appuyer sur le mur à quelques mètres. Il observa ses effets personnels du coin de l’œil, de prime abord, il semblait posséder la parfaite panoplie du gangster en herbe. Mais à y regarder de plus près, il avait bien la gueule d’un type qui avait de la bouteille. Et en parlant de bouteille, le sablonneux décida de tenter une approche différente. Il sortit une petite flasque de son veston et ramassa deux verres sur la table à proximité qu’il remplit de whisky.


    T’es quoi au juste ? Un porte flingue ?


    S’approchant lentement, Azerios déposa l’un des deux verres à côté du pistolet, et devant le regard suspect de son invité, il vida le sien cul sec. Verre vidée il fixa son interlocuteur en silence, attendant une réponse, un semblant d’explication sur son identité. N’importe quoi pourvu qu’il ne lui donne pas de raison de regretter de ne pas l’avoir laissé crever dans les étendues glaciales du Royaume de Drum.
      Est-ce que je vais réellement devoir me contenter de ça ?
      Est-ce que je pourrais simplement pas prendre ce flingue, lui trouer la carafe et foutre le camp de ce navire après y avoir mis le feu ? L’éventualité me traverse l’esprit, mon esprit se perd en imaginant le scénario et sa finalité. Probablement mort noyé quelque part en mer, ou mort après avoir buté ce type. Je dois pas oublier mon état actuel, mes blessures récentes et le fait d’avoir frôlé la mort deux fois en quelques mois. J’ai pas de quoi me permettre un tête à tête musclé avec ce gars, qu’importe ce qu’il est. Oui, j’aime pas forcément les pirates, mais ils sont pas les pires à mes yeux. Je sais aussi que le monde n’est pas seulement noir ou blanc, un marine n’est pas forcément bien intentioné et un pirate pas nécessairement un sale enfoiré de la pire espèce.

      J’attends, donc. J’observe, j’analyse et j’enregistre les informations que je peux gratter au fil de l’échange. Pour le moment ce que je sais, c’est qu’ils sont du genre à sauver un parfait inconnu d’une mort par hypothermie. Ca aurait été marrant ça, de crever après avoir bouffé un fruit qui me permet de foutre le feu.
      — Personne d’autre ? Je serre les dents, les poings se ferment nerveusement, j’en ai la douleur au crâne qui repart de plus belle tandis que je sens mon sang bouillonner. Seul ? J’ai été retrouvé seul ? C’est pas possible, ils doivent se foutre de ma gueule. Tandis qu’il se déplace dans la cabine, je mire le pistolet sur la table. La tentation se fait de plus en plus forte, mais surtout, je commence à me dire que ça pourrait devenir utile pour ma propre sécurité. Je sais pas qui ils sont, ce qu’ils ont pu faire de Kaen, ce qu’ils me veulent vraiment. — Cette Saori… je veux lui parler… J’étais pas seul. Et je vais pas simplement passer à autre chose en abandonnant un de mes plus fidèles alliés, un vrai ami.
      J’espère que c’est pas un foutu jeu tordu à la con, putain.

      Mais encore une fois, je sens pas d'animosité ou de truc malsain chez ce type, juste peut-être une curiosité un peu trop avancée alors que je le connais à peine. Comme l’impression que ma réponse ne suffit pas, qu’il veut en savoir plus. Chose à laquelle j’ai confirmation dans la foulée quand il ramène une flasque et deux verres.
      Je le zieute sans broncher, hors de question de boire le premier, question de prudence. Je le laisse montrer l’exemple et me garantir qu’il a pas glissé un poison à la con au fond de son alcool. C’est qu’après plusieurs longues dizaines de secondes une fois son verre vidé, que je m’autorise à descendre le mien de la même manière.

      Et bordel qu’il décrasse son whisky.
      La vache, il déconne pas avec ce qu’il s’enfile dans le gosier lui. J’en ai rarement goûté d’aussi bon, même lorsque Bambana m'envoyait négocier avec les grosses têtes.
      Je laisse ma gorge et mon organisme s’habituer à ce délice, avant de me décider à lâcher quelques mots. — J’étais. Je bossais pour une pourriture de mafieux avant de lui faire sauter le caisson d’une bastos. Là, ça répond en question et en même temps, ça lui pose les bases. Un petit averto’ pour lui faire comprendre que je suis pas non plus le premier péquenot ramassé sur Drum, au cas ou il voudrait jouer avec mes burnes. Maintenant, je sens bien que ça suffit pas à répondre à sa question.

      Un soupir de relâché en même temps que ma garde s’abaisse un cran, que je me fait moins alerte, sur la défensive. — Il va falloir un peu plus qu’un verre de ton foutu excellent whisky pour savoir toute l’histoire… La confiance, c’est malheureusement pas un truc que tu chopes en buvant un verre, mais de picoler entre quatre yeux permet de poser les premières pierres pour s’engager sur le sentier. Alors je pose mon cul, disposé à essayer d’y mettre du mien. Et puis, moi aussi j’ai des questions.

      — C’est quoi ton équipage ?
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      Un gangster hein ? Qui de surcroît aurait liquidé son patron. Détail aussi intriguant qu’inquiétant, mais cette confession avait le mérite de poser les choses : ce type était dangereux. Hochant la tête, le sablonneux se servit un autre verre puis il posa sa flasque sur la petite table avant de s’asseoir. Lui qui pensait obtenir des réponses à ses questions, voilà qu’il se retrouvait avec plus d’interrogations encore. Il semblait accorder une attention toute particulière aux circonstances de sa « récupération », mais malheureusement pour lui, Saori avait été claire, elle l’avait trouvé inconscient, grelottant dans la neige et bel et bien seul. Sur un principe de donnant donnant, le jeune capitaine pirate se retrouvait donc dans la position du type qui répond aux questions et il se prêta au jeu.


      Les Sandstorm Pirates, voilà comment on s’fait appeler. Il n’y avait vraiment personne d’autre là où Saori t’as trouvé.. tu peux me croire.


      Mais pourquoi ferait il une chose pareille ? Après tout, le type venait tout juste de se réveiller à bord d’un navire pirate, au milieu de parfaits inconnus. Et la confiance était sans doute l’une des choses les plus difficiles à acquérir. Au moins, il ne se retrouvait pas enchaîné en fond de cale d’un bâtiment d’esclavagistes. Le capitaine pirate le voyait dans son regard, son interlocuteur n’était manifestement pas convaincu par sa réponse. Malheureusement il allait devoir s’en contenter. Et lorsque ce dernier s’apprêtait à relancer le sujet, un bruit sourd retentit à l’extérieur provoquant une secousse. Quelqu’un ouvrit la porte à la volée et l’étranger posa sa main sur son flingue.


      On a de la visite ! lança Djaymily, sa carabine en main.

      Bordel de merde...


      Le sablonneux se leva d’un bond et quitta la cabine pour suivre son quartier maître jusqu’à l’extérieur. Une attaque ? Était-ce la marine qui les aurait suivi depuis le Royaume de Drum ? Sur le pont les hommes semblaient soucieux, tous suivaient du regard leur capitaine et nombre d’entre eux avaient dégainé leurs armes. La mer était de plus en plus agitée et le ciel s'assombrissait de minute en minute. L’impardonnable étant en fin de file, un navire non identifié venait d’apparaître sur sa trajectoire et opérait une manœuvre de blocus. Réduisant la voilure afin d'éviter un impact éventuel, le jeune capitaine pirate scruta les environs avec attention. Les autres bâtiments de la flotte étaient un peu plus loin et n’avaient sûrement pas remarqué les nouveaux arrivant dans l’épais brouillard qui se formait. À quelques miles se dressait donc un imposant galion, écoutilles ouvertes, paré à faire feu. Un drapeau inconnu flottait au vent et un gaillard vêtu de rouge s’avança soudain pour interpeller les pirates, se penchant sur le bastingage.


      Sandstorm Pirates. Vous avez quelque chose qui nous revient. Livrez nous Dicross immédiatement ! beugla-t-il pour pour couvrir le bruit des vagues.


      Dicross ? Était-ce le nom de leur passager convalescent ? Costards impeccables, borsalinos ou fedoras, à en juger par l’apparence de la plupart des hommes présents sur le pont en face, le passé de ce Dicross venait tout juste de le rattraper. La pluie commençait à tomber, le sablonneux poussa un profond soupir et se pencha à son tour sur le bastingage de son bâtiment.


      Et qu’est ce que j’y gagne moi dans tout ça ?! lanca-t-il.

      Ce que t’y gagnes ? Putain de pirate… Tu gagnes le droit d’avoir la vie sauve ! Livrez nous Dicross ou j’vous envoie tous par le fond !


      Les acolytes de beuglard se mirent à rire, galvanisés par cet excès de confiance. Et en réalité, ils se trouvaient en position de force, une trentaine de canons pointaient dans la direction de L’Indompté et les autres navires étaient trop loin pour intervenir. Le sablonneux évalua soigneusement ses options, si l’idée de jeter son invité en pâture à ces dégénérés pouvait sembler être la solution la plus simple, il n’appréciait pas du tout le ton employé par ce connard arrogant. Dicross surgit alors sur le pont, flingue de la main et à en juger par l’expression de son visage, il n’était pas ravi de voir tous ces types. Le capitaine des Sandstorm Pirates chercha alors le regard dé Djaymily, cette dernière se contenta d’un « non » de la tête et d’un air réprobateur. Il finit donc par se tourner à nouveau vers celui qui les tenait en joue afin de clore cette discussion.


      Hé les connards ! Si vous le voulez.. venez le chercher !


      Dans un geste rapide, le sablonneux dégaina ses deux revolvers et tira, imité par Djaymily et plusieurs gangsters furent aussitôt abattus. Se mettant à couvert, l’homme en rouge pesta avant d'hurler à ses artilleurs de faire feu. Mais à cet instant une violente vague frappa le flanc tribord du navire, inclinant ce dernier vers bâbord et les tirs échouèrent dans l’eau au lieu de frapper L’Indompté de plein fouet. Patrouillant autour du navire, Reyshu et les Ailerons Perfides n'attendaient qu'un signal pour agir et venaient de passer à l’action. Après avoir saboté la barre du navire adverse et dévié la trajectoire de ses tirs, les hommes poissons s’empressèrent de grimper à bord. Surpris les premiers gangsters furent sauvagement massacrés mais les occupants du galion ne tardèrent pas à riposter.


      Dicross !! VOUS ÊTES TOUS MOORTS !


      Profitant de l’inclinaison de son navire, le leader présumé de ces gangsters se décide à passer à l’abordage, bondissant sur le pont de L’Indompté, suivi de près par ses hommes et il frappa le sablonneux au visage avec force, le faisant chuter en arrière. La bataille venait de débuter, les premières balles fusèrent et capitaine des Sandstorm Pirates se releva rapidement, essuyant le sang qui avait perlé au coin de sa lèvre avant de se lança dans la mêlée, un sourire démoniaque fendant son visage.

      Le Rabatteur:

      Les Ailerons Perfides:
        Les Sandstorm Pirates, c’est que ça me dit pas grand-chose au fond, mais c’est normal. Je viens de débarquer sur Grand Line, avant ça les quelques infos que je pouvais tirer de cette mer d’un autre niveau concernaient essentiellement le milieu du crime organisé. Je peux te citer le nom de plusieurs familles mafieuses qui pèsent sur la Route de tous les Périls, mais ‘faut pas m’en vouloir si je reconnais pas la fiole d’un gros poisson pirate quand j’en croise un. Parce que quelque chose me dit qu’au fond, celui que j’ai en face de moi, c’est un gros morceau. De quelle taille exactement j’en sais foutrement rien, mais assez pour ne pas se faire soulever par le premier danger qui va pointer sur son rafiot.
        Et justement, le destin veut que cette impression soit directe mise à l’épreuve avec l’apparition d’un dit danger. Une gonzesse qui débarque dans la pièce sans prévenir, ma paluche qui s’empare du flingue par réflexe, l’autre qui annonce la couleur dans la foulée : ça va chauffer dehors. Oh ? Les pirates se font aborder par un autre équipage de pirates ? C’est que ça peut être sympa d’aller jeter un œil et apprécier le spectacle. Comme personne ne fait attention à moi désormais, c’est sans mal que je récupère chemise et godasses, enfile le tout avant de chercher mon chemin jusqu’au pont.

        Vilaine est la météo quand je fous le museau dehors, ciel sombre et orage menaçant d’éclater d’un instant à l’autre. Marrant comme la nature sent quand c’est sur le point de péter, toujours là à t’accompagner par une bonne pluie aveuglante ou des éclairs inquiétants. L’ambiance est pesante et je capte vite pourquoi quand j’entends une voix dont je me serai bien passé dans mon état actuel. Bordel de merde, ‘fallait qu’il ramène sa sale gueule ici et maintenant hein ?
        Domenico. De tous les enfants de fils de putains qu’on aurait pu m’envoyer aux miches pour avoir zigouillé Bambana, ils ont choisi le massacreur de rookies. Un bail que j’avais pas vu sa bobine scarifiée et je m’en serai pas plus mal porté que ça reste ainsi encore une bonne dizaine d’années. Domenico est le genre de gusse que tu veux pas affronter si t’es pas en pleine possession de tes moyens, comme c’est mon cas aujourd’hui. Mais je vais pas lui faire l’honneur de lui montrer que je suis affaibli, encore moins que je le pense capable de me refroidir.
        Je prends la discussion à la volée, alors j’ai pas la demande initiale en tête, mais la réponse du Capitaine pirate m’arrache un air surpris et un léger sourire. Je pensais pas qu’ils refuseraient de me livrer, je reste un étranger à leurs yeux, surtout que j’ai pas caché mon aversion pour ce qu’ils sont. Cet Aze m’a l’air d’avoir un semblant de valeurs auxquelles se tenir… Pas comme Ciolallo, littéralement en train de péter un câble parce qu’on lui refile pas ce qu’il veut et qui pensait pouvoir m’avoir sans risquer sa peau. Je prends très au sérieux ses menaces, je sais que s’il le peut, il nous butera tous comme il vient de le beugler. Mais je vais pas me laisser saigner à mort bien sagement, c’est pas le genre de la maison.

        Alors je le laisse gagner le pont du navire pirate, le laisse déclencher une bonne boite dans la fiole de son Capitaine et le vise de mon flingue dans la foulée, décochant une bastos à l’instant même où la silhouette du forban débarrasse le plancher.
        La partie droite de sa tronche de salopard s’enveloppe d’une couche sombre et ma balle ricoche dessus, sans résultat. — C’est quoi cette merde… ? Il ricane, se tournant vers moi avec la ferme intention de me briser les os. De l’électricité parcourt ses bras et il se jette sur moi, frappant les mains jointes, visant mon crâne. Je l’évite au dernier moment, ripostant d’un crochet du gauche dans les côtes, puis d’une frappe circulaire du pied droit, qui relâche de l’électricité au moment de le faucher. C’est à son tour de foutre le camp du paysage, décollant des planches pour venir s’écraser contre une pile de tonneaux proches du bastingage. — M’enterre pas trop vite, enfoiré. Ou fait au moins l’effort de pas me prendre autant à la légère, je suis pas le même type que t’as croisé y’a une pelleté d’années. T’as en face de toi l’enfoiré qui dégommé la famille Bambana, leur chien de garde y compris, avant de ramener mes miches de l’autre côté de la montagne rouge, je suis pas le premier connard venu. Et je pense qu’avec cette piqûre de rappel, il va se le remettre en tête.
        Moi, j’ai dans l’idée de lui faire sauter le caisson avant même qu’il puisse se remettre les idées à l’endroit. Je le pointe à nouveau de mon flingue, ajuste la mire, mais y’a trop de bordel qui passe et repasse dans ma visée, ça me donne pas un angle de tir dégagé. Les joies des batailles en mer, j’imagine. Des joies qui me font chier, sur le coup. D’autant que je ramasse un coup de pied de biche dans la foulée, pleine bouche, qui me fait vaciller sur le côté. Manque d’attention, putain de merde. — T’es un homme mort, Dicross ! Un mafioso de merde qui me dit ça, pied de bouche en main, le bout ensaglanté. Je saigne de la lèvre.

        Je range mon pistolet, grimace un coup et lui fait signe de se ramener. Il se fait pas prier et beugle avant de charger, mais de se faire intercepter par un forban qui en a profité pour lui enfoncer son poignard dans la jugulaire. Avant de lui même se faire fendre le crâne d’un coup de machette. Qui lui-même se faire sauter la cervelle par un tir de fusil survenu à l’autre bout du navire.

        Quel bordel putain.
        J’adore l’ambiance.

        Je me tape à la chaîne avec des gangsters, m’adonne à ce que j’ai toujours fait de mieux depuis que j’ai sombré dans la merde, répandre haine et violence, semer mort et chaos. L’appel du sang et de la bagarre réveille toujours en moi le salopard sanguinaire qui sommeille, enchaîné par un Peeter et ses remords. Certains disent que ma propre conscience est néfaste pour ma survie, mon évolution. D’autres disent qu’elle est cruciale à ma survie, pour ne pas que je sombre définitivement. Moi je crois que j’ai de moins en moins envie de l’écouter, cette conscience.
        Brise la rotule d’un salopard, retourne la lame d’un autre contre lui, l’y enfonçant bien profondément dans son bide jusqu’à ce qu’elle ressorte de l’autre côté. Haletant, fatigué des efforts fournis, je fouille la bataille à la recherche de celui que je recherche, Scary.
        Et en le cherchant lui, c’est un autre fauve qui me trouve, me rentre dans le lard comme un prédateur fond sur sa proie pour lui couper la retraite. Une masse qui chamboule mon champ de vision au dernier moment, rendant l’esquive impossible. Me plaque à terre après m’avoir soulevé avec aisance, pour mieux m’encastrer dans le bois.

        Enfoiré de merde que ça fait mal. Putain.
        Grogne, grimace, me relève avec difficulté. La silhouette du coupable se présente bien vite à moi, une espèce de grand gaillard qui se confond de proche comme de loin avec une bête, un tigre ? Tignasse blonde, barbe hirsute, des poils sur la gueule si longs qu’on se demande si c’est pas de la fourrure, mâchoire maculée de sang, et cette tenue… — Un peu serré la combinaison, non ? Pour toute réponse un hurlement bestial, sauvage. Pas très causant je suppose. Je blague, mais je serai pas foutu de dire si c’est une combinaison inspirée d’un fauve ou si ce cinglé a dépecé un tigre à dents de sabre pour s’en faire une seconde peau. La fourrure blanche qui entoure sa tête comme une espèce de capuche me fait espérer pour la première option. Dans tous les cas, ce type a l’air d’être un sacré cinglé, et je viens d’avoir un aperçu de sa puissance physique.

        D-Generation X [Pv : Aze]  Ppoc
        Hatyla, 2687 dorikis.

        — Toi, si je t’avais déjà croisé, avec la fiole que tu te tapes, je m’en serai souvenu…
        — Hatyla va te briser.


        Tout le monde en rêve, connard.
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        Les balles fusaient et le sang coulait à flot, les pirates luttaient farouchement contre les assaillants. Pas question de concéder quoique ce soit, poussé par une imposante vague, L’Indompté domina alors le navire adverse et les artilleurs en profitèrent pour faire tonner les canons, tribord, balayant le pont ennemi. Le sablonneux, revêtu d’une armure de fluide offensif, s’était jeté à corps perdu dans la mêlée, tranchant à tout va les gangsters qui étaient parvenus à passer à l’abordage. Épaulé par ses hommes, il prit rapidement l’avantage mais le leader de ce groupuscule était déterminé. Il ordonna à ses hommes postés sur les mâts de son navire de faire feu et la pluie bâtante fut agrémentée de balles cinglantes.


        À couvert !


        Tout le monde autour de lui plongea pour s’abriter tant bien que mal, mais certains tirs firent mouche. Rengainant ses lames d’estoc, le capitaine des Sandstorm Pirates se rua vers l’un des mâts de son navire mais glissa sur le pont, trempé par la pluie. Il termina sa course quelques mètres plus loin et se releva d’un bond. Nez à nez avec un type en costard, il agrippa son poignet par instinct et dévia le tir qui lui était destiné avant de le gratifier d’un coup de tête. Débarrassé du gangster, il esquiva de justesse un coup de machette qui se planta dans le bastingage. S’emparant de l’arme blanche, il taillada violemment son nouvel assaillant et envoya la lame dans le dos d’un autre gus non loin. Les canons de L’Indompté continuèrent de déchaîner les enfers sur le navire adverse qui riposta tant bien que mal, le sabotage des Ailerons perfide l’handicapait grandement dans ses manœuvres. Un coup rapide vint alors heurter la tempe du jeune pirate, le projetant au sol.


        Saloperie de pirates ! CREVEZ !!

        Bondissant tel un éclair, le rabatteur frappa dans un flash lumineux. L’assaut esquivé de justesse emporta un morceau du bastingage.

        Hé beeen.. tu plaisantes pas toi…


        Poings couleur charbon, le sablonneux partit à l’assaut, frappant durement son adversaire. Ce dernier contra coup sur coup grâce à son fluide offensif et contre attaqua dans un nouveau coup foudroyant, envoyant valser le capitaine des Sandstorm Pirates qui se rattrapa de justesse avant de passer par dessus bord. Sonné, il retourna au corps à corps, esquiva un nouveau coup, puis asséna un violent uppercut à son adversaire. Enchaînant deux autres coups au visage, il le chargea pour le projeter au sol et le marteler de ses poings noircis. Le rabatteur se saisit alors d’un surin et le planta dans l’épaule de son adversaire, ce qui lui permit de le repousser pour se relever. Dégageant douloureusement le surin de son épaule, le sablonneux le jeta au sol et se remit en garde. Le navire bascula alors sous l’impulsion d’une nouvelle vague, projetant le rabatteur droit sur lui et tous deux passèrent par dessus le bastingage, disparaissant du pont de L’Indompté
          La vague frappe au flanc du navire et c’est tout le bordel qui se trame dessus qui part en couilles, basculant dans le sens imposé par la mer. Les panards perdent leurs appuis, certains se renversent et les tronches heurtent le plancher du sol, rappelés sèchement à la réalité de la navigation. La route de tous les périls, on a tendance à l’oublier, mais c’est clairement pas un long fleuve tranquille. Des barriques glissent à l’opposé de leur emplacement, fauchant un ou deux guignols pas attentifs, pendant que je m’accroche d’une main au cordage comme si ma foutue vie en dépendait. Et c’est exactement de ça dont il s’agit, en vrai.
          L’autre animal humanoïde a préféré la jouer gros dur gros sauvage en pensant qu’il avait les quilles assez solides pour continuer de progresser pendant que le rafiot se fait enquiller par la pisse de Davy Jones. J’avoue que j’ai pas réussi à retenir un sourire moqueur quand je l’ai miré se fracasser contre le mât du bateau, plein fer, la fiole en avant. Si ça a pu lui casser un ou deux chicots au passage, peut-être que la prochaine fois il fera pas la même erreur que tous les merdeux qui prennent la mer pour la première fois, la sous-estimer. T’es sans doute un gros molosse effrayant et fracassant sur le plancher des vaches, tu vaux plus grand-chose ici, sur les eaux.

          Le fameux Hatyla grogne un bon coup, frappant sur le mât avant de se retourner, la fiole furibonde. Il m’a tout l’air d’avoir des problèmes de colère lui aussi, ce qui tombe bien, j’ai les nerfs à chaud moi aussi. Je repense à ce qui nous est arrivé sur Drum et la façon dont ça s’est fini, à la disparition de Kaen et du fait qu’il soit probablement mort congelé là-bas, pensant que je l’ai abandonné comme un enfoiré. Au fait que ce soit vrai au moins en partie, l’ayant abandonné contre mon gré, sauvé par ces pirates qui ont pas cru bon de vérifier si un autre corps traînait pas dans la neige, pas loin. Et à tous mes foutus problèmes en règle générale, j’ai assez de démons enfouis en moi pour que ça fasse l’affaire. Du coup, Hatyla me semble représenter un bon exutoire à tout ça. Alors quand il a fini de rager contre la nature, je lui fais signe de la main de se ramener, histoire qu’on entre dans le vif du sujet.

          Ce qu’il fait d’un crachat expulsé sans même regarder où il bazarde sa merde, se raboulant à grandes enjambées contrôlées, maintenant que le rafiot a retrouvé sa stabilité. La bête humaine traverse un duel entre pirate et un mafieux, envoyant valdinguer les deux zigues sans ménagement, avant de me brailler un truc incompréhensible mais énervé. Il fonce comme un fauve enragé et je le cueille d’une bonne mandale remontante qui percute son menton comme le maillet percute le clou. Il retombe en arrière, groggy, mais surtout surpris d’avoir autant dégusté. Eh oui saloperie, je cogne plus fort que j’en ai l’air.
          Du bruit sur ma droite, un katana au clair et la pointe qui pointe au ciel. Le petit salopard voulait me surprendre pour m’embrocher en douce, c’est mort. Je me tourne vers lui et le laisse porter son assaut, l’acier passe au travers de mon bide devenu enflammé, l’autre a tout juste le temps de réaliser que je lui fracasse le crâne d’un coup de tête. Couché, putain de raclure. — TU VAS PAYER POUR CE QUE T’AS FAIS A BAMBANA, DICROOOOSS ! Putain, ils sont tous à fond. Du coin de l'œil, je vois que le sauvage à crinière blonde se fout sur la tronche avec des forbans. Tant mieux parce que c’est trop bordélique ici pour le moment. Le nouveau gusse qui prend sa chance pour devenir le prochain héros de la mafia de North, c’est un gros balèze à gros bras et poings agrémentés de plaques d’acier.

          De gros poings qu’il lève bien haut dans l’espoir de les abattre sur mon crâne, histoire de concasser ma carcasse en un petit plis. Instant que je tire à profit pour charger mes poings et envoyer deux grosses colonnes enflammées s’écraser sur le gros tas de merde. Le type disparaît sous un torrent de flamme, façon cochon grillé pris dans le jet d’un lance-flamme, et n’en sortira jamais avant que je m’arrête de l’incendier. Encore debout après mon assaut, il semble tenir ainsi pendant plusieurs secondes, entièrement cramé, probablement déjà mort ou dans les vappes, avant que la main agacée d’Hatyla lui prenne l’épaule et mette l’impulsion nécessaire pour le faire tomber à la renverse. — T’vas crever sale traître. Il jacte peu lui, mais c’est toujours très violent. Comme un putain d’clébard enragé qui t’aboies dessus pour te causer.
          Sauf que l’heure est plus à la causette, mais à la castagne. On se jette l’un sur l’autre, s’agrippe les mains, engage un duel de force. Deux abrutis enragés qui tentent d’écraser l’autre par leur seule force. Et j’aurais nettement eu le dessus si j’étais pas convalescent, si j’étais pas fatigué, si j’étais pas si poissard. Puis l’autre c’est un sacré morceau quand même, pas le genre à se faire balayer en un revers de mimine. Lentement, je sens mes pieds glisser sur les planches, mon corps bouger malgré lui. Je perds du terrain, l’autre mastodonte me repoussant toujours un peu plus loin, sans pour autant parvenir à m’écraser totalement. Il pousse fort et si ça continue, il va finir par m’encastrer dans la paroi qui sépare le pont des cabines. Je pense même que c’est l’idée et qu’il était bien parti pour y arriver…

          Avant que je lui crame la gueule en lui crachant un jet enflammé à bout portant, au moment où il s’y attendait le moins. Il lâche immédiatement prise, s’écroulant au sol, les pognes sur la fiole en feu, hurlant à la mort. C’est que ça doit lui faire bizarre de gueuler pour autre chose que sa mauvaise humeur.
          Une balle fuse à mes oreilles pendant que je ramasse un sabre à terre, pointe de la lame dégoulinant encore d’hémoglobine. Un corps heurte mes panards en me relevant, le pirate à l’origine de ce meurtre m’adresse un sourire amusé, avant de retourner dans la mêlée. Reportant mon attention sur Hatyla, qui se roule en boule, ivre de douleur, j’achève son calvaire en lui enfonçant le sabre au travers de la gorge, après l’avoir fait tournoyer la poignée un instant entre mes doigts. C’était un sacré coup de salopard ce que je lui ai fait, mais laisse-moi te dire qu’avec toutes les saloperies qu’on m’a faites ces derniers mois, l’honneur je m’en carre pas mal. Maintenant, un combat à mort, c’est avant tout une histoire de survie, pas de fierté. Tous les moyens sont bons pour survivre, je vais pas cracher dessus.

          Maintenant que je suis débarrassé de la bête, mes yeux balaient le foutoir ambulant qu’est l’abordage à la recherche de la tête à l’origine de ce merdier.

          Où tu te caches Domenico ?
          C’est la question que je me pose pendant que je me fraie un chemin dans la mêlée, fracassant de mes phalanges ensanglantées ce qui m’empêche d’avancer.
          C’est la question qui tambourine dans ma tête au moment où un bâton d’explosif retombe à même pas un mètre de mes pieds, comme un foutu cheveu dans la soupe…


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          Un chaos indescriptible régnait encore sur le pont sous une pluie déchainée et même si à l'origine les gangsters semblaient être en surnombre, les Sandstorm Pirates se battaient avec une grande pugnacité. Un imposant porte-flingue commençait alors à jouer au démolisseur, balançant charge légère après charge légère, il balaya ceux qui avaient le malheur de se trouver à sa portée en riant. Reyshu se tourna alors vers lui pour en faire son affaire. Faisant tournoyer ses mais, il créa une masse d'eau qu'il projeta avec violence sur le golgoth. Ce dernier fut propulsé en arrière mais se relevant d'un bond pour la contre-attaque, il frappa durement le timonier homme poisson dans la tempe. Le saisissant par un pied, il le souleva pour le projeter un peu plus loin contre le mat. Certains pirates tentèrent alors leur chance, le poignardant sur les flancs mais ils furent bien vite massacrés. Véritable force de la nature, ce colosse ne semblait pas craindre la douleur. Dégainant un nouveau bâton d'explosif, il tenta d'allumer la mèche mais son sourire s'effaça lorsqu'il réalisa que l'assaut de Reyshu l'avait totalement trempé, rendant son arsenal inefficace. L'homme poisson revint d’ailleurs à l'assaut, frappant le ganster de sa paume en plein thorax. Du sang perla au coin de la bouche du colosse qui empoigna alors l'avant bras de son adversaire pour le faire ployer.


          Espèce de petit merdeux.. c'est pas un putain de poiscaille qui aura ma peau ! hurla-t-il en frappant Reyshu d'un coup de genou en pleine face. Je suis Rankor le démolisseur ! Et rien ni personne ne peut m'arrêter ! Vous allez tous.. commença le colosse.


          Mais avant même qu'il ne termine sa phrase, une hache vint se planter dans son crâne, scellant son destin en quelques secondes. L'homme s'écroula, dévoilant son assassin. Remontant tant bien que mal grâce aux cordages, le sablonneux se hissa par dessus le bastingage et retomba lourdement sur le pont. Chanceux d'avoir pu se rattraper à quelque chose, le capitaine des Sandstorm Pirates venait d'échapper à un plongeon qui lui aurait probablement été fatal. Se relevant lentement, reprenant son souffle, il balaya le pont du regard. L’abordage des gangster avait échoué, leurs corps sans vie jonchaient le sol. Il était grand temps de lancer la contre-offensive. Retirant la hache du crane de sa dernière victime, il se tourna alors vers ses hommes, silencieux, qui semblaient attendre les ordres.


          Camarades ! On va laisser ces connards nous envoyer par le fond ? Il est temps de passer à l'abordage ! Exterminons les ! hurla-t-il à ses hommes en brandissant la hache.


          Galvanisés par leur capitaine, les pirates rassemblèrent leurs forces, dégainèrent armes et grappins, puis se ruèrent sur le navire adverse. Le sablonneux chercha ce Dicross du regard, sans en trouver la moindre trace, avant d'aider Reyshu à se relever et de se joindre à l'assaut. Bondissant sur le pont du navire adverse, il lança la hache sur le premier adversaire rencontré et dégaina Oto et Kogarashi ses deux lames d'estoc. Bien décidé à ne faire aucun prisonnier, il s'élança dans la mêlé pour s'adonner à un véritable massacre, se laissant peu à peu gagner par la rage. Les Ailerons Perfides continuaient d'opérer autour du navire, le rendant bien trop instable pour espérer viser juste de ses canons quand L'Indompté continuait de faire feu en face, dans l'optique de le couler. Tournoyant dans une véritable valse d'acier, le capitaine des Sandstorm Pirates se mit à grimper les marches menant à la barre quatre par quatre pour atteindre une position dominante. Sur le pont, ses hommes vendaient chèrement leur vie, il tourna le regard au loin et un sourire se dessina sur son visage. Le reste de la flotte avait manœuvré pour faire demi-tour et venir leur prêter main forte. Essuyant ses deux lames, il les rengaina avant de retourner dans la mêlé, recouvert de fluide offensif. Le jeune pirate continua à se battre avec férocité, saisissant toute arme qui lui passait par la main pour envoyer ses adversaires en enfer les uns après les autres quand il fut frappé au flanc par un coup suffisamment puissant pour rendre inopérante son armure de haki. Se redressant aussitôt, il se retrouva nez à nez avec un Domenico fou de rage qui se jeta rapidement sur lui pour le marteler de ses poings couleur charbon. Les deux hommes échangèrent quelques coups jusqu'à ce que "Le Rabatteur" parvienne à se positionner dans le dos de son adversaire, passant son bras autour de son cou. Privé d'oxygène, le sablonneux se débâtit, tentant de se dégager mais sans succès. Plaqué au sol, ventre à terre, il chercha désespérément quelque chose. Tâtonnant sur le plancher trempé de ses mains il réussit à attraper ce qui semblait être une sorte de surin et s'empressa de le planter dans les côtes de son assaillant, et poignarda ce dernier à sept reprises avant qu'il ne finisse par relâcher son étreinte. Quelqu'un se jeta alors sur lui, libérant le pirate qui toussa bruyamment au moment de reprendre son souffle...


          Bor.. del...


          Se redressant tant bien que mal, le jeune homme ne parvint pas à voir qui venait de lui venir en aide puisque Domenico avait disparu de son champs de vision. Il fut rapidement épaulé par Reyshu qui l'aida à se remettre sur pied, repoussant les adversaires autour d'eux grâce à son karaté aquatique. Hochant la tête, le sablonneux passa sa main sur son visage pour en chasser ce mélange d'eau et d’hémoglobine qui troublait sa vue avant d'oublier le rabatteur et de s'avancer une dernière fois dans la mêlée, bien décidé à mettre un terme définitif à cette bataille.
            Les oreilles qui sifflent, un son strident qui perce le crâne sans interruption depuis maintenant plusieurs dizaines de secondes. Bordel de merde, c’est qui l’enfoiré qui a fait ça ? L’image floue, brouillée, vacillante, j’essaie de me relever tant bien que mal, à moitié ailleurs. C’est marrant parce que je viens de bouffer un fruit qui me rend insensible à la plupart des attaques directes, je peux prendre des balles, elles me passent au travers comme l’eau dans un égouttoir. J’ai bouffé un fruit qui me permet de déchaîner le feu des enfers, pourtant, c’est une foutue déflagration qui m’a balayé la fiole. Un vol plané à l’autre bout du pont, retombée sèche et douloureuse sur le dos, les bras étalés à l’horizontale, l’odeur de la poudre plein les narines.
            Je sais pas comment fonctionne exactement ce fruit, je sais pas ce qui fait que certaines merdent peuvent m’atteindre et d’autres pas. Ce que je sais, c’est que j’ai morflé sur celle-là. Un fou de la dynamite, c’est tout ce que j’ai pu capter avant de me faire sauter la gueule. C’est que je trouverai presque confortable la position dans laquelle je me retrouve, à l’écart du chaos de l’abordage foireux, loin de toutes ces emmerdes. C’est que je pourrais avoir envie de ne pas me relever, de piquer une longue sieste, peut-être même définitive qui sait, et qu’on me foute enfin la paix. Je ferme les mirettes, je respire un bon coup et je me détends, laisse aller mes problèmes. Si j’arrête juste de respirer, ça devrait se faire doucement mais sûrement, non ?

            Talia est pas de cet avis.
            Quand je ferme trop longtemps les yeux, c’est elle que je vois.
            Son esprit, flottant à quelques centimètres de son cadavre, cervelle explosée par la balle de cette saloperie de Chestair. Non, pas moyen que je dorme encore, le repos c’est pas pour maintenant…

            Fini de flemmarder Peeter, t’as du travail qui t’attends. Anéantir toute la mafia, c’est pas ce que tu voulais à la base ? Bah bouge-toi le derche, pour une fois que le destin te sers ce que tu veux sur un plateau. Un Domenico tout beau tout chaud, c’est pas inespéré comme chance ? Un peu trop même, de ce que je peux en dire, m’enfin.
            Je force sur mes jambes pour me redresser, réalisant que les combats se sont déplacés au navire ennemi. Dans le genre abordage qui pue la merde, je crois que celui-ci se pose bien. ‘Faut dire que c’est ambitieux pour des mafieux d’essayer de l’emporter sur un équipage pirates en pleine mer. Excès de confiance de la part du Rabatteur ? Je sais pas, mais à en juger les victimes qui tapissent les planches du rafiot, il est en train de perdre gros pour seulement avoir ma tête. La rançon sur ma poire doit être foutuement salée pour que des poiscailles de sa taille se donnent autant de mal. J’en attendais pas moins des familles mafieuses de North  Blue, elles sont pas habituées à se faire chier dans les bottes de cette façon. En soit, c’est déjà une énorme victoire pour moi.

            Mais pas suffisant.
            Parce que j’ai toujours autant la haine. Que j’ai toujours autant envie de me venger, et surtout… qu’elle continue d’apparaître chaque fois que je garde les yeux clos top longtemps. Elle n’est pas satisfaite, elle non plus. Je vais continuer Talia, j’en saignerai autant qu’il le faudra, promis.
            Fusée humaine, je m’écrase sur le navire mafieux après avoir bondi de celui d’Aze, largement appuyée par une propulsion enflammée. Ces flammes, je les localise au creux de mes mains, enveloppant mes poings d’un feu brûlant et vengeur. Des poings que je vais envoyer s’écraser sur la moindre pourriture qui croise mon chemin jusqu’à lui. Lui, c’est Domenico. Il me faut un petit temps pour discerner sa silhouette de pourri au milieu du foutoir ambiant, mais c’est fait. Et je suis pas surpris de le voir se foutre sur la tronche avec le Capitaine des Sandstorm. C’est qu’il a l’air de bien aimer la baston lui aussi, il commence à me plaire celui-là. Et on aura pas l’occasion d’approfondir la relation si rien est fait, parce que le pauvre type est en train de se faire étrangler comme un sagouin par l’autre chiasse, qui a vraiment pas perdu la main pour zigouiller des gens. Je m’élance vers eux, un peu court, c’est le pirate qui évite lui-même sa mort, surinant son vis-à-vis d’une façon qui me rappelle les règlements de comptes nocturne à Manshon, la belle Manshon.

            Bien joué mon gars, maintenant je prends le relais.


            Je rentre dans le lard d’un Domenico le souffle court, grimaçant, pissant le sang par de trop nombreux trous pour que ce soit insignifiant. Il l’a pas loupé l’autre. Ciolallo se sent pas bien et c’est normal, je sais pas comment je me sentirai à sa place si je venais de me faire poignarder à multiple reprises. — Tu te souviens de ce que je t’ai dit, à Manshon ? Quand t’es allé voir Bambana pour qu’il te file ton pognon pour avoir réglé le compte de Francesco. Tu te souviens ? Il a un peu de mal à parler, lutte déjà pour se relever, une main tentant de faire éponge sur ses plaies. Il m’adresse un regard haineux, furieux. Ce genre de regard que j’arbore quotidiennement.
            — Francesco était un frère, un gars bien, contrairement à nous.
            — C’était un maudit traitre… ! Comme toi !
            — C’était le type le plus honnête que j’ai connu dans cette foutue ville de merde. Et toi, salopard de raclure de merde, t’es allé lui arracher la langue et les yeux pour avoir craché le morceau pour sauver sa gosse…
            — Bambana le voulait mort et il le méritait, on aime pas les balances dans le milieu, tu le sais très bien, t’as dé — Je t’ai dit cette nuit-là de jamais te retrouver en position de faiblesse devant moi… parce qu’à ce moment là, je t’ai dit que je louperai pas l’occasion de t’arracher ta sale gueule de clébard…


            Il baragouine des conneries que j’entends même pas, crachant un mélange de bave et de sang dans sa rage. Pendant qu’on causait un peu, les pirates ont fait en sorte de me dégager un terrain sûr, un cercle pas bien grand, mais suffisant pour lui régler son compte dans les règles de l’art. Un cercle qu’ils maintiennent en se positionnant entre les mafieux et nous, s’assurant qu’aucun ne vienne interférer dans le duel. Parce que j’ai beau avoir perdu le sens de l’honneur d’un combat mano à mano depuis bien longtemps, cherchant avant tout à tuer le plus rapidement possible sans y passer avant, quand il s’agit de venger un frère, je m’assure de bien faire les choses.
            Scary est blessé, il en reste pas moins un combattant et un tueur aguerri. Cela tombe bien, ça en fait deux et ils se font face. Annulant mon pouvoir, j’éteint le feu pour me retrouver avec mes poings, ma tête et toute ma carcasse, les seules armes possibles ici. Il ne lui reste plus rien non plus, juste son envie de survivre. Moi, plus que survivre, j’ai envie de tuer. Encore un, encore une grosse tête à faire tomber. Une de plus. Pour Talia, pour moi, mais surtout cette fois… Pour Francesco.

            Deux chiens qui s’écharpent la trogne, c’est pas joli à voir. Combat rude, lourd, violent, sanglant. De grosses patates qui cognent fort et plient la chair, heurtent les os dans le but de les briser, les fissurer jusqu’au prochain passage, jusqu’à le faire céder et entendre le craquement sinistre de la fissure. Domenico a un physique plus avantageux, mais il est plus lent et ses blessures ne font qu’accentuer ce détail. Moi, je suis plus vif, mais moins frais que d’ordinaire et chacun puise dans ses réserves pour brûler ce supplément d’énergie qui lui fera refroidir l’autre. Parce que des tueurs, ça ne s’arrête qu’une fois le pouls de leur cible à l’arrêt, qu’une fois le pauvre type dans le collimateur trépassé.
            Quand je lui balance mon coude en pleine bouche, qu’une dente saute et son corps vacille dangeureusement vers l’arrière, je sais qu’il en a plus pour longtemps. On s’est échangé les coups comme deux boxeurs lors du grand soir pour devenir le numéro un incontesté. Deux  boxeurs sans gants ni règles, en pleine rue. Je sais pas si je sens plus la douleur ou c’est juste qu’il reste plus une zone de mon corps qui n’y goûte pas déjà, mais ses frappes me font plus rien. Les miennes terminent peu à peu le boulot.

            Mes phalanges tapent la pommette, ses appuis partent en couilles, les jambes deviennent du flan, je lui balance un dernier coup de coude plein museau qui le fout à terre, inconscient. Coup de coude dans le museau, le coup signature de Francesco.
            Regarde l’ami, contemple comment a fini l’enfoiré de fils de chienne qui a osé t’arracher la vie.

            La famille lui a fait payer.

            Epuisé, haletant, l’impression que l’air se fait rare, qu’on s’est chargé de le retirer et l’enfermer quelque part, je cherche du regard Aze.

            J’ai la gueule entièrement refaite de bosse, bleus et boursouflures. Le sang qui dégouline de mes plaies et un oeil à moitié fermé. Les poins ensanglantés tremblottants, le palpitant qui bat plus fort qu’un taureau en rut et le goût de mon propre sang en bouche.

            Je capte l’attention du Capitaine.
            Le mire, immobile, silencieux.
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            Le tumulte de la bataille laissa rapidement sa place à la douce mélodie d'une mer déchainée. L'Indompté avait cessé de faire feu et les autres navires de la flotte avaient encerclé le navire ennemi. Si la plupart des gangsters avaient été réduits au silence, les survivants semblaient avoir jeté l'éponge... Au milieu de ces pluies diluviennes, l'équipage des Sandstorm Pirates venait de triompher. Le Sablonneux poussa un profond soupir avant de s'appuyer contre le mat pour reprendre son souffle. Balayant le pont du regard, il croisa ceux de ses hommes, hochant la tête avant de finalement l’apercevoir. Celui que ces étrangers semblaient vouloir récupérer coûte que coûte. Celui que Saori avait jugé bon de soustraire à une mort certaine au milieu des étendues glaciales du Royaume de Drum. Le fameux Dicross se trouvait à quelques mètres de lui, assit au sol, couvert de sang et d’hématomes. Il fixait le capitaine sans piper mot, de son unique œil encore ouvert, haletant lentement comme s'il venait de livrer le duel de toute une vie. Étendu sur le plancher imbibé, à côté de lui, le leader présumé de cette belle bande de salopard avait lui aussi rendu son dernier souffle. Dicross avait manifestement fait sa part. S'occupant rapidement des blessés, les hommes d'équipage s'affairaient ça et la, tandis que le sablonneux s'approchait de ce nouveau compagnon d'infortune en boitant légèrement. Tous deux restèrent un bref instant à se fixer en silence, sous cette pluie battante. Le visage complètement déglingué, ce type semblait s'accrocher à la vie comme si rien ni personne n'était en mesure de le mettre à terre. Jetant un dernier regard au corps inanimé de Domenico, se demandant ce que sa mort pourrai bien provoquer par la suite, le capitaine des Sandstorm Pirates finit par tendre la main à Peeter.


            Dicross donc.. ? Je crois que désormais.. on est dans le même putain de bateau toi et moi.


            Le truand fixa alors la main tendue en silence, comme s'il réfléchissait à ce que la saisir impliquerait. Et à raison, en ce bas monde, il était parfaitement inconscient d'accorder sa confiance au premier venu, surtout s'agissant d'un pirate. Mais en l’occurrence, en refusant de le livrer aux assaillants, le sablonneux avait prit la décision de faire un premier pas en avant dans cette nouvelle relation. Peeter finit par fermer son dernier œil ouvert avant de se décider à empoigner la main du capitaine pirate. Ce dernier l'aida à se relever, tous deux grimaçant de douleur. La bataille avait été particulièrement rude, d'autant que dans de telles conditions météorologiques, il était impossible pour le sablonneux d'utiliser les propriétés de son fruit du démon. Et en parlant de pouvoirs de maudits, le jeune homme aurait juré que son nouveau camarade d'infortune en était lui aussi doté...


            Regardez vous... Vous avez vraiment une sale gueule tous les deux.


            Surgissant à leurs côtés, Saori s'empressa d'examiner les blessures de son capitaine, mais ce dernier l'orienta plutôt vers Peeter qui semblait avoir bien plus dérouillé. Il profita de cet examen pour donner l'ordre à ses hommes de récupérer tout ce qui pouvait l'être à bord du navire de gangster avant de le quitter et d'abandonner les derniers survivants à bord. Le sang avait suffisamment coulé pour cette fois d'autant que laisser des survivants dans son sillage restait le meilleur avertissement qui soit.

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            Tout le monde se mobilisa rapidement, la cargaison des gangsters fut saisie, les blessés furent transportés à l'infirmerie de L'Indompté, les morts respectueusement rendus à la mer et une petite demie heure plus tard, la flotte poursuivait sa route, le navire ennemi disparaissant à l'horizon. Rejoignant Saori à l'infirmerie, le capitaine des Sandstorm Pirates la trouva en compagnie de Peeter. L'homme, couvert de bandages pansements et autres joyeusetés en avait profité pour questionner le médecin de bord sur les circonstances de son sauvetage. Malheureusement, la belle n'avait aucune information au sujet d'un éventuel acolyte. En effet, l'étranger était bel et bien seul lorsqu'elle l'avait trouvé. Appelée ailleurs, elle prit congés, laissant le sablonneux avec Peeter. Un peu plus tôt, Reyshu avait d'ailleurs témoigné de l'efficacité de ce dernier au combat. Au cœur de la bataille, il s'était semble-t-il battu comme un lion enragé, ce qui n'avait pas manqué de l’impressionner. Le timonier avait même insisté lourdement sur le fait qu'une paire de poings telle que la sienne serait un atout non négligeable pour l'équipage. Plongeant sa main dans son veston, il en tira sa flasque de whisky, dévissa le bouchon et prit plusieurs gorgées.


            Parait que tu t'es battu comme un diable. En tous cas t'as l'air d'avoir de sacrées emmerdes aux trousses et j'imagine qu'en me rangeant de ton côté, ces types risquent pas de m'apprécier non plus. Je vais aller droit au but.. on est sur un coup et on aurait bien besoin d'un gars de ta trempe. J'vais pas te promettre mondes et merveilles.. je te propose simplement un renvoi de service. File nous un coup de pouce avec notre projet.. et en contrepartie j'assurerai tes côtes contre les mafiosi de North Blue. Inutile de dire que t'auras ta part du magot hein ?


            D'après Reyshu, les types qu'ils venaient d'affronter bossaient pour une famille de la pègre de Manshon, il avait même croisé le "rabatteur" une ou deux fois lorsque lui même roulait pour So Shark. Et ce Domenico était à priori le genre de type envoyé pour trouver et ramener les gros poissons. Le mystère qui entourait ce Dicross n'était pas prêt de se dissiper. Mais chaque chose en son temps, un jour viendrait peut être ou il se livrerait sur les raisons de sa cavale. Pour l'heure, ce que le sablonneux voulait savoir, c'est s'il pourrait compter sur lui pour le casse de Rainbase. Et devant le silence de son potentiel nouveau compagnon de route, il lui tendit sa flasque, le whisky de qualité ayant toujours été un bon allié.
              Ensemble dans le même merdier ? J’ai pris le temps de la réflexion avant de montrer mon accord, c’est que c’est surtout les circonstances qui ont forcé la chose, que je leur ai ramené mes emmerdes sur leur bateau. Mais ce qui a fait que je décide de faire confiance à ce type et son équipage, c’est que de ces emmerdes, ils ont décidé de les combattre plutôt que de me laisser seul le museau dedans, comme un con. Je veux dire, ils venaient à peine de me rencontrer, se sont retrouvés avec un équipage mafieux aux miches et m’ont pas largué derrière eux pour fuir le problème. Ils m’ont aidé à faire face et à survivre encore une journée de plus, ils ont pas fait semblant, y’a qu’à zieuter l’état du Capitaine désormais boiteux pour le constater. Je crois que ça mérite bien de leur accorder au moins une partie de ma confiance. Pour le plein, on attendra de voir ce que ça donne sur le long terme.
              Alors je tends la pogne et prends la sienne pour me relever, le fixant droit dans les yeux, l’air solennel. — Dans le même foutu bateau, ouais. C’est signé, j’embarque avec les Sandstorms Pirates pour au moins une partie du chemin, on verra bien jusqu’où ça me mènera. Je réfléchis pas trop aux conséquences dans l’immédiat, au fait que je vais devenir un pirate aux yeux du monde à présent, non plus un membre du crime organisé. En soi, ce sera juste troquer une casquette de salopard pour un tricorne de saloperie.

              Celle que j’ai identifié comme le médecin de l’équipage a tôt fait de nous rejoindre, souhaitant panser les plaies de son Capitaine. Rapidement, il la réoriente vers moi, jugeant que mon état prioritaire sur le sien. Certes, je dis pas non, je suis pas très frais. C’est que j’ai beaucoup donné pour venir à bout de Domenico. — Je me demande comment tu fais pour encore tenir debout… C’est une bonne question, parfois je me pose la même question. La marque des foutus clébards enragés qui veulent pas crever ? Qui ont trop la rage contre ce monde pour accepter de se coucher ? Ou c’est juste que je m’autorise pas encore à caner. — Je peux seulement te donner les premiers soins ici, il va falloir que tu viennes avec moi à l’infirmerie pour qu’on s’occupe du reste. Jetant un oeil au Capitaine, puis à la femme me faisant face, je comprends à leurs regards que y’a pas moyen d’y couper. Je dirais bien que j’ai vu pire, mais ça semble pas négociable, alors j’accepte simplement mon sort d’un soupir ennuyé et emboîte le pas de la doc’.


              ***


              Assis sur un des tabourets de l’infirmerie, me voilà de nouveau entre les mains de la toubib’, celle à qui je dois déjà la vie une première fois et qui me rafistole encore un coup. Je profite de l’occasion pour la questionner sur ce qu’il s’est passé sur l’île enneigée, d’en apprendre un peu plus sur le comment ils m’ont tiré de là. Et comment ça se fait qu’ils ont pas trouvé mon camarade qui était logiquement censé se trouver juste à côté, aussi mort de froid que ma pomme. Mais plus elle donne des explications et des détails sur leur sauvetage, fruit du hasard au passage, plus je pige bien que c'est réellement ce qu'il s'est passé. Et comme contrairement à la première fois qu’on a échangé là-dessus, je suis plus calme et moins suspicieux, j’en profite pour faire ce que j’ai pas eu le temps de faire tout à l’heure, ce que j’avais pas vraiment envie de faire tout à l’heure. — Merci de m’avoir sauvé la peau sur Drum. Sans elle, je serais resté là-bas à l’état de glaçon humain pour le restant de mes jours. Elle ne répond pas, comprenant à mon regard que j’ai pas fini de causer. — Je te crois pour Kaen… c’était la merde là-bas, entre les tempêtes de neige et le froid, c’est déjà un fout miracle de m’avoir trouvé. Un foutu miracle oui, ou le karma qui s’amuse à me garder en vie pour que je continue de souffrir, d’en prendre plein la tronche. J’ai perdu un frère sur Drum, ça fait que me piétiner les morceaux de cœur rafistolés entre eux à l’arrache, mais aujourd’hui j’ai de quoi m’apaiser un peu l’esprit pour contrebalancer cette perte. J’ai perdu un frère, mais j’en ai vengé un autre. Kaen serait fier de ça, les autres aussi. Talia aussi.

              — Crois bien que si j’avais trouvé ton ami, j’aurais tout fait pour le ramener au navire et le sauver aussi. Je le sais bien maintenant, je le sens bien. Je la pense sincère, malgré le fait que ce soit une inconnue, une pirate. Moi aussi je suis un inconnu, moi aussi je suis un sale type, un criminel, ça m’empêche pas d’avoir une certaine ligne de conduite. J’hoche simplement de la tête, lui laissant terminer les premiers soins sans la déranger plus. Ça répond à certaines questions, mais ça en apporte une pelletée d'autres, dont la principale reste : où est-ce que ce foutu Kaen est passé ? Je médite un moment là-dessus pendant qu'elle termine de me soigner, gardant le silence et imaginant tout un tas de scénarios pour expliquer la disparition de mon ami. Je les ai pas tous mentalement exploré que le Capitaine des pirates refait son apparition, me tirant de mes pensées en passant la porte de la pièce.
              Une discussion était inévitable, reprendre là où on en était avant d’être interrompu par Domenico et ses hommes. Et cette fois, Aze préfère y aller direct et m’étaler le topo’ plutôt que de chercher à y aller en douceur. Je suppose que ce qu’il a vu durant le combat l’a aussi convaincu sur ma fiole que moi sur la sienne.

              M’empare de la flasque à mon tour, enquillant deux pleines gorgées qui finissent de donner à mon organisme tout ce dont il avait besoin pour entamer sa phase récupératrice. Paraît que je me suis battu comme un diable… moi j’ai plutôt l’impression de toujours me battre contre lui, qu’il est toujours en moi, tapis dans la pénombre, cherchant à s’emparer de ce qu’il reste de raison en moi. — Tu viens d'inscrire ton nom sur la liste des ennemis de la mafia de North Blue, ouais. Et probablement sur celles de bien d’autres familles ailleurs sur ces terres, quand les nouvelles circuleront. Ça a même pas l’air de lui foutre la trouille ou de l’emmerder, au contraire même. A en écouter sa proposition, il pense être capable de gérer ce problème. Un échange de services, son aide contre les prochains enfoirés que m’enverront la mafia contre ma contribution au grand coup qu’il prépare. Dis comme ça c’est très flou, je sais même pas de quoi il s’agit, mais lui non plus a pas l’air de savoir dans quoi il s’embarque en s’opposant aux familles de North.
              Maintenant, j’ai nulle part où aller ni aucun moyen de me tirer en solitaire. J’en ai pas forcément envie dans l’immédiat, je me suis plus ou moins déjà engagé à les suivre pour l’heure. Ce qu’on fait là, c’est plus ou moins de discuter des détails, de ce que chacun peut gagner à m’embarquer sur le rafiot.

              Je lui rends sa flasque, le regard dénué d’émotion. — C’est quel genre de coup que tu prévois ? Un sourire aux lèvres, le Capitaine s'empara de la flasque, en bu une pleine gorgée avant de se lancer dans les explications de son plan...
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