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Il rêvait d'une meilleure journée


Comment avait-il échoué ici ? Il se demanda où est-ce qu’il avait atterrit quand la réponse lui sembla évidente. Une dense campagne qui dissimulait en son centre une majestueuse capitale, une ville développée d’où l’on voyait des montgolfières et des trains traverser le continent vers d’autres horizons. La vie dans la campagne s’était bien développée, les bâtisses renforcées et bien plus confortables. On sentait qu’il y faisait bon vivre, ce qui n’avait pas toujours été le cas. Comme promis, Hubert n’avait pas délaissé ces contrées verdoyantes et riches en vivre.

« Parisse. », dit le révolutionnaire en humant l’air frais et pur.

Tant de choses s’étaient déroulées en ces lieux. Ragnar regrettait certaines choses et aurait probablement agit différemment aujourd’hui. Mais les jeux étaient faits, l’île prospérait et vivait maintenant en autarcie, bien loin des manigances gouvernementales ou de la guerre opposant le révolution à son ennemi juré. Certains voyaient cela comme une défaite, mais Ragnar le percevait comme une véritable réussite. Le fait de posséder est absolument anti-révolutionnaire. L’Homme ne possédait rien selon lui. Être capable de rendre tout un royaume démocratique libre, autonome, était pour lui l’une de ses plus grandes réussites. Et pourtant, ce fut probablement sa première mission en tant que Guerre.

Que de souvenirs.

Seul au beau milieu d’un grand champ de blé, avec pour seul bruit le chant des oiseaux pour l’accompagner, Ragnar se demanda si c’était une bonne idée de remettre les pieds à la capitale. Alors qu’il marchait pourtant en direction de celle-ci, il s’arrêta. Non pas qu’il hésitait, mais quelque chose le dérangeait. Un bruit de fond, régulier et discret, tambourinait dans ses oreilles. En réalité, ce son n’était quasiment pas perceptible, sauf pour les sens aiguisés de l’Atout qui se sentait constamment en danger. Un rythme cardiaque. Il n’était pas seul dans ce champ de blé. Ce n’était pas le cœur d’un paysan en plein effort. Non. Là, c’était le cœur d’un chasseur se rapprochant discrètement de sa proie avant de l’abattre.

« Mes félicitations pour m’avoir suivi jusqu’ici. Qui que tu sois, je te suggère de te montrer si tu souhaites éviter le combat. Si non, prépare-toi à croiser le fer, car je ne compte pas mourir aujourd’hui. »

Un pas. Puis un deuxième, un troisième et voici une femme qui se découvrit. Lorsqu’elle fut suffisamment proche, l’Empereur se figea et ses yeux s’écarquillèrent, comme s’il venait de voir un mort. Et ce fut le cas.

« Apache… Mais je te croyais m- »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, la demoiselle lui balança un direct du droit qui envoya valser le révolutionnaire sur quelques mètres.

« Elle est bien morte. », conclut-elle en craquant ses doigts.


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Un long et fastidieux combat avait début sur les plaines de Parisse. L’Atout en était sincèrement navré pour le travail réalisé par l’agriculteur de ce champ. Ils étaient en train de détruire tout ce labeur. La seule satisfaction était qu’ils se battaient au corps à corps, causant ainsi moins de dégâts. La demoiselle comprit que son adversaire faisait tout pour l’attirer ailleurs, mais elle se laissa entraîner volontiers. Le révolutionnaire semblait perturbé. Ce style de combat ressemblait comme deux gouttes d’eau à celui d’Apache. Sans compter la ressemblance physique qui était troublante. Elle frappait fort, se déplaçait avec une agilité féline et une rapidité à en faire pâlir plus d’un. Ragnar profita d’un instant pour bloquer ses poings et se rapprocher d’elle.

« Qui es-tu ?
- Ton bourreau. »

Après cette réponse, elle éjecta l’Atout d’un coup de pied en plein l’abdomen. Il comprit alors qu’un dialogue n’était pas possible. Cette femme lui en voulait et il n’avait pas la moindre idée du motif. L’immobiliser restait la seule option d’en savoir davantage. La différence entre les deux résidait dans l’état d’esprit. Apache frappait avec la volonté d’atteindre un idéal, un objectif de longue date, peut-être l’espoir d’offrir un monde meilleur à quelqu’un… Ici, cette furie frappait sans vergogne avec une rage inexpliquée. En sondant son esprit, l’Empereur perçut le doute en elle. Un objectif obscur, peu engeant et douteux. Un idiot serait allé au bout sans se poser des questions, mais un cerveau se cachait derrière ce colosse.

POUIC.

Elle tomba dans le piège. Tout au long de leurs échanges, le révolutionnaire avait disséminé de nombreuses flaques d’encre. Des piques solidifiés en sortirent et piquèrent la jeune femme. Elle gémit mais elle avait connu bien pire. Le but n’était pas de faire mal. En effet, les piqures injectèrent une certaine quantité d’encre dans la peau de son adversaire. Des lassos d’encre vinrent des nombreuses autres flaques créées, saisirent les membre de l’enragée et l’immobilisèrent. Et d’autres piqures furent réalisés successivement. Avec sa force herculéenne, Ragnar savait qu’elle ne resterait pas immobilisée bien longtemps, mais étant donné la quantité d’encre injectée, il espérait naturellement la tenir en laisse un certain moment.

« Lâche ! Libère-moi !
- Je pourrais. Cependant, je serais contraint de d’arrêter de manière définitive. Tu as fait suffisamment de dégâts et je n’ai pas de temps à perdre avec une demoiselle qui n’est pas capable de s’exprimer autrement que par la violence.
- Venant d’un des plus grands criminels de ce monde. Ca frise le ridicule.
- J’ai donc si mauvaise réputation ? Dans ce cas, tu sais que je ne rigole pas. Parle et peut-être songerais-je à te laisser la vie sauve. »
Elle se calme rapidement, comprenant qu’elle faisait fausse route en agissant de la sorte. Ce n’était pas dans sa personnalité d’agir sous l’impulsivité. Sa sœur, oui. Pas elle.

« Tu es la dernière personne à avoir vu ma sœur en vie, Ragnar. Qu’est-ce que tu as fait d’Apache ? », dit-elle d’une voix tremblante, entre la tristesse et la colère.

L’Atout fut à la fois surpris par cette annonce et replongea aussitôt dans la nostalgique. Des souvenirs remontèrent à la surface.

« Je n’ai malheureusement pas été la dernière personne à l’avoir vue. Elle serait sinon toujours de ce monde. D’après mes informations, elle a été prise au piège par Edward Minaro.
- Cette pourriture n’aurait jamais pu tuer Apache !
- Pas de manière loyale. Elle a été empoisonnée. Cette ordure a empoisonné à peu près tout ce qui pouvait être bu ou mangé. Personne n’en parle car toutes les traces ont été soigneusement effacées. Mais comme toi, je suis parti du postulat que Minaro était incapable d’infliger la moindre égratignure à Apache. J’ai longtemps recherché son corps, je suis tombé sur ce navire vide, perdu au milieu de la mer… Si tu veux avoir une chance d’enterrer dignement ta sœur, tu dois retrouver Edward.
- Il va sans dire que cette pourriture mourra de mes mains.
- Si tu veux un conseil, oublie. »

Elle arqua un sourcil.

« Pardon ?
- Ce n’est pas Teach qui conserve les corps de ses victimes. Edward est certes de la même espèce, mais son mode opératoire est différent. Le corps de ta sœur a probablement… rien de que l’imaginer me fout en rogne. T’as compris l’idée. Je pense qu’il n’en reste rien. Seuls les souvenirs vivront encore en chacun de nous. »

Il rebroussa chemin et aspira toute particule d’encre présente dans les alentours. Myriam retrouva toute sa mobilité.

« Attends ! Quels ont été les derniers mots que ma sœur a prononcé avec toi ? »

Ragnar s’arrêta et prit quelques temps pour réfléchir. Ce soir-là, avant de se quitter, ils avaient longuement discuté :

Finalement, tu as raison, Ragnar. Le monde n’est ni beau ni moche. Ceux qui l’obscurcissent ne sont rien d’autres que de pauvres et vils personnages protégés par des armées d’hommes et de femmes, qui se sacrifient au nom d’une sacrosainte guerre. Aussi bien pirates, révolutionnaire, politiciens et officiers, tous sont pourris par une idée de changement. Mais toi, tu vois plus loin. Tu acceptes que des membres de ta cause puissent se tromper de combat. Tu œuvres uniquement pour un monde libre et non pas forcément pour imposer un nouveau système. Mais dans ta quête, tu seras toujours ralenti par ceux qui profitent de cette non-liberté.

« Je pars en guerre. Chacun de ces vieux cons prendra une balle dans le derche. Ça passera aussi bien qu’un suppo’. »

Myriam sourit. C’était sa grande sœur tout crachée.

« Merci, Ragnar. »


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Finalement, Myriam et Ragnar marchèrent un long moment ensemble. Cette dernière s’était même proposée de rembourser les dégâts causés. Elle semblait ne pas manquer de moyens. C’était probablement l’avantage qu’avaient les grands pirates. Un moindre avantage, puisque le révolutionnaire n’aspirait pas à une vie où il devait posséder de nombreux biens, aussi bien financiers que matériels. Et certainement pas humains.

« Comment m’as-tu retrouvé ? Je veux dire par là que rares sont ceux qui me savent en vie. », demande le révolutionnaire, réellement curieux.

La pirate sourit de nouveau.

« Avant de se rendre sur Treize, Apache m’a dit qu’elle était très excitée de retourner au front. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi celui-ci plus que les autres. C’est alors qu’elle m’a parlé de toi. Étant donné la description, je n’ai pas cru un seul instant que tu aies pu périr de manière aussi futile.
- Heh. T’es bien la seule à l’avoir pensé. Ils m’ont déjà remplacé ! T’y crois, ça ?
- Un chieur en moins dans leurs rangs, j’imagine.
- En attendant, ils en chient grave sans moi. Certains pleurent encore ma prétendue mort. »

Ils traversèrent quelques villages, puis de nombreux autres champs, avant d’atteindre une sorte de limite entre la ville et la campagne. Une vue assez époustouflante et un contraste des plus étonnants. Parisse s’était superbement bien développé depuis son absence. Il avait souvenir d’une ville en ruine, puis en chantier, mais tout cela était maintenant loin derrière. L’architecte avait fait le choix de conserver le paysage initial et simplement de rebâtir à partir des ruines. C’était un choix payant puisque la capitale était maintenant resplendissante. S’il n’existait que la montgolfière du vieil Hubert, d’autres s’étaient maintenant rajoutés au décor. Ragnar se demanda si son ami avait encore le temps du cuisiner dans son restaurant. Peu probable étant donné ses fonctions.

Des trains circulaient dans la ville, mais aussi au-delà, rejoignant la pour relier d’autres royaumes du monde entier. Parisse était devenue si grande, si puissante. Sa splendeur était la preuve que n'importe qui pouvait survivre sans le Gouvernement Mondial. Suffisait d’avoir du courage et de la volonté. Certes, ils avaient vécu de plein fouet les conséquence d’une guerre opposant l’Armée Révolutionnaire et le Gouvernement Mondial, mais ils ont su tirer profit de cette guerre et des dégâts causés pour déclarer leur indépendance, comprenant qu’aucune des deux factions n'avait mieux à offrir que ce qu’ils possédaient déjà eux-mêmes : des hommes et des femmes prêts à construire leur propre vie. Quelle satisfaction ! Ragnar souriait sans même s’en rendre compte.

« Pourquoi est-ce que tu souris bêtement ?
- La dernière fois que je suis venu, cette ville était en ruine. Les rats étaient plus chez eux que les habitants. La population était coupée en deux, l’une soutenant la révolution et l’autre le gouvernement. Un véritable massacre. Après notre victoire, on m’a gentiment demandé de me retirer. Je l’ai fait avec très grand plaisir. Regarde-moi ça ! »

Myriam observa la ville quelques instants. Sans émotion. Sans imaginer une seule fois le sombre passé de la capitale.

« Et maintenant ? Qu’est-ce que tu comptes-tu faire ? Te pointer là-bas ?
- Certainement pas. Si un primé met les pieds dans la capitale, c’est l’arrestation immédiate, même si je connais personnellement le président et tous les grands personnages du pays. Et avec toi en plus, c’est cuit. Mauvaise idée.
- Alors quittons cet endroit.
- Oui, tu as raison. Laissons derrière moi mes gloires du passé. Parisse s’en sort parfaitement bien sans ma présence. »

L’Atout fut étonné de l’expression « quittons », mais il reconnut sans mal qu’il était temps.
« Nous avons un duel à finir.
- Plaît-il ? Il me semble que tu étais complètement à ma merci. Tu as perdu.
- Une revanche, alors ?
- J’ai certaines choses à régler, Myriam. Ensuite, je te promets de te retrouver. J’aurais probablement besoin de tes services. »

Drôle d’amitié naissante qui avait débuté sur un coup de poing dans le pif. Mais c’était digne de Ragnar. Et c’était souvent signe de liens solides. Il appréciait beaucoup Apache et, tristement, il sentait qu’il apprécierait davantage sa frangine. Ces derniers échanges prouvèrent qu’elles avaient le même tempérament. Une copie conforme de celle qu’il avait connu autrefois. La cadette était peut-être plus rusée. Quoi qu’Apache, excepté avec Edward, était aussi maligne. L’Atout était ravi de voir la flamme qui brûlait dans les yeux son amie et rivale, brûler dans les yeux d’une autre. Celle-ci, Ragnar ne la laissera pas mourir.


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