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Diabète type 1

/!\ CE TOPIC PEUT VOUS FAIRE CHANGER D'AVIS SUR CLOTHO. PROCÉDEZ A VOS RISQUES ET PÉRILS! /!\


On y est. Mon planning me permet cette petite folie qui me tient à cœur. Depuis que je suis enfant, j'aime les sucreries. Un peu trop. Donnez-moi un paquet de bonbons et dans l'heure qui suit, peu importe sa taille, il sera vide. Ou sur le point de l'être. Pourquoi ? Parce qu'il soit doux, amer, pétillant, piquant, sucré, salé, chocolaté, craquant, ou même fondant, il nous ramène à l'enfance, cette période heureuse et bénie où nous n'avons pas de problème d'adulte, pas de taxe à payer, d'horaires à respecter pour aller travailler, pas d'embouteillages sur les chemins parce que c'est la foire annuelle des vaches. Il n'y a pas non plus les interminables 'quand est-ce qu'on arrive' lors des départs en vacances. Pas de soucis, simplement la dégustation d'un minuscule objet incarnant un rêve.

Après tout, qui n'aime pas les bonbons ? Qui n'aime pas les souvenirs liés aux bonbons ? Se remémorer quand sa mère lui préparait dans la cuisine familiale pour féliciter des bonnes notes à l'école ? L'excitation en voyant les liquides dans les casseroles ? L'impatience en sentant l'odeur sucrée qui se dégageait des contenants sur le feu ? Le désir de tremper les doigts lié à la peur de se brûler et la douleur qui en découle ? Puis enfin le moment tant attendu, celui qui valait toute l'attente du monde, celui où on pose nos lèvres dessus. Celui où le bonbon pénètre notre bouche, où ses arômes se diffusent dans notre palais. Ce goût sucré, qu'il soit acidulé, pétillant, fruité, boisé, vanillé, chocolaté ou bien d'autres encore est capable de raviver la foi en l'Humanité. Ce délice tout simple, ce plaisir basique qui emplit de joie le moment où il fond dans la bouche. Tout ça n'a pas de prix pour moi. Voilà ce que je veux partager avec cette boutique. Un instant de bonheur venant éclairer la dure réalité, même si ce n'est que pour quelques secondes.

Avec mon fruit, je suis désormais en état de créer moi-même des bonbons. Mais ça ne suffit pas. Je suis actuellement dans une rue passante avec mon stand de bonbons faits maison. Je peux changer la couleur, l'apparence et le goût sur commande. Qui mieux que moi pour créer des bonbons, donc ? Non, ne me parlez pas de Minaro. J'ai même des sachets, des récipients et des ustensiles, si certains veulent des épices, des pétillants, des bigouts … Si au départ le stand ne paie pas de mine, des tables alignés d'une dizaine de mètres de long avec six personnes derrière, des draps rouges et dorés sur les tables pour faire joli et les masquer, des saladiers et sachets par-ci avec des maryses, gants et spatules. Petit à petit, on attire du monde. Surtout que je ne fais pas payer. Je veux juste voir le nombre de personnes qui sont intéressées. Rapidement, il y a une queue qui se forme. J'en suis ravi. Les enfants comme les adultes se dépêchent pour avoir l'occasion de goûter ce que je propose.

Avec deux mains, mon niveau et ma faculté de faire plusieurs choses en même temps, je crée deux bonbons à chaque fois. Je laisse mes accompagnants s'occuper de les tremper dans les poudres pétillantes, noix de coco rapées … Moi, je crée la base, la forme, la couleur et le goût demandé. Évidemment, je ne peux pas porter de gants, sinon mon bonbon reste coincé dans le caoutchouc. Tout à gauche, il y a une pile de feuilles avec une petite boite. Un questionnaire de satisfaction, savoir ce que les gens pensent des créations, du stand, ce qu'on peut améliorer s'ils ont des idées pour aider … Je veux créer une boutique pour les gens, ne pas écouter leurs doléances serait contre productif de ma part. On passe la matinée au stand, puis l'après-midi et le début de soirée. Une fois que tous les civils sont passés, une autre file se crée et me fait sourire. Mes hommes sont là pour y goûter.

« Allez-y, faîtes vous plaisir les gars. »

C'est ainsi qu'une bonne partie de mon quartier se retrouve au même endroit, pour les mêmes raisons. Je crée une grande quantité de bonbon que je mets dans des bols. La texture est entre solide et liquide, ce qui permet avec des couteaux de les trancher pour prendre la quantité et la forme voulue. Il ne reste qu'à piquer une baguette dedans pour faire le manche, la rouler dans le goût, la couleur, la texture et l'effet qu'ils veulent. Moi, je tombe dans mon siège, fatigué. Mais une bonne fatigue, une de celles qui montre que vous avez été actif, que vous avez fait quelque chose qui vous tenait à cœur, que vous avez propagé un peu de bien dans cette dure réalité. Une petite larme perle de mon œil sans que personne ne la voit. Je l'essuie bien vite ceci dit. Je suis con-tent. Vraiment. Faire le bien, ça fait du bien au moral, j'avais presque oublié à quel point. Conquérir, conquérir, tuer, c'est bien un moment, mais ça n'apporte aucun épanouissement personnel, juste de la progression au trône du pouvoir, c'est tout. Moi, je veux juste assez de pouvoir pour être libre, qu'on me fiche la paix, et rendre heureux mon peuple. C'est tout. Ah oui, et faire tomber le gouvernement mondial, accessoirement. Oui, j'ai encore mon côté révolutionnaire, que voulez-vous, on ne change pas sa psyché si facilement.
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Brett
Brenda
Ellie
Yasuko
Ryouichi


Honte à moi, je n'ai même pas présenté mes cinq accompagnateurs. Il s'agit de cinq minks que j'ai trouvé en arrivant sur Rokade la première fois. Ils étaient maltraités, comme des animaux de cirque, alors je les ai acheté pour les libérer de cette vie. Je ne sais pas ce qu'ils ont fait depuis, mais quand j'ai passé l'annonce pour recruter des gérants de boutiques de bonbon à Armada, ils sont aussitôt sortis de l'ombre pour proposer leurs services. Ils n'avaient aucune idée de ce dans quoi ils s'engageaient, n'ayant jamais vendu quoi que ce soit auparavant, avant eux. Ils ont donc subit des cours intensifs durant les semaines qu'on durée le voyage depuis Rokade, en passant par le cimetière d'Epaves, Bliss, puis la Flaque pour enfin arriver sur cette île pirate. Pourquoi ne pas avoir pris des riches qui connaissaient déjà leur sujet ? J'aime les outsiders, en étant moi-même un. Mais aussi et surtout parce qu'en les ayant sorti de l'esclavage, leur ayant offert un foyer et la possibilité d'une vie meilleure qui ne dépendant que d'eux et de leur faculté, ils ont une dette envers moi.

Ils se sentent redevables et ils le sont. Ils ne me trahiront pas pour de l'argent comme certains nobles pourraient le faire facilement, l'avidité étant un péché très répandu. Bref. Je leur offre la chance de leur vie, et croyez moi qu'il ne vont pas la laisser passer. Ils vont la saisir à pleins crocs. Inutile de passer des heures à les détailler, vous les avez sous les yeux, alors démerdez-vous, j'ai une boutique à créer moi. Enfin, je dis, mais c'est une immense composée de plusieurs bâtiments et usines, et chacun d'eux va en gérer une, dans son intégralité. Durant les premiers mois, ils seront secondés par des gérants d'autres magasins, histoire d'être sûr qu'ils soit au point, peu importe ce qui arrive. Celui qui va s'occuper de la boutique que je vais créer en premier s'appelle Brett.

Bon. Maintenant, reste le plus important, la localisation de l'entreprise. Il me faut un grand espace. Un très grand espace dégagé où il ne fait pas trop chaud ni trop froid, facile et rapide d'accès pour la clientèle. Pour la concurrence, il n'y en a pas, donc je suis tranquille. Je ne veux pas créer une boutique, je veux créer de la magie, remplir le cœur des gens avec des petites choses magnifiques et éphémères. Je souhaite les faire retourner en enfance, leur permettre de s'émerveiller devant quelque chose d'aussi inutile mais tellement satisfaisant. Je désire qu'en mangeant une de mes créations, ils oublient leurs problèmes, ne serait-ce qu'un instant. Si je parviens à mettre un sourire sur les visages, à réchauffer le cœur de pirates endurcis, alors j'aurais gagné mon pari. Alors je serais heureux. Voilà ce que je veux. C'est du même ordre que lorsque j'étais marin et voulais devenir amiral en chef de la marine pour la réformer de l'intérieur, afin de la rendre plus souple, moins abrupte et clairement moins corrompue.

J'ai fait le tour de plusieurs endroits intéressants, mais il n'y en a qu'un pour qui j'ai le cœur de coup. Il s'agit d'une série de bâtiments, des boutiques qui n'ont pas forcément l'air pleines de vie. Je vais les voir un par un pour discuter avec eux et en apprendre plus sur leur situation. Chacun des dix patrons que j'ai vu m'a dit la même chose, ils ont du mal à rester ouverts et commencent à ne plus s'en sortir financièrement. Mon quartier n'est pas vraiment fait pour les chaussures, les antiquités, les zoos et autres bizarreries. On est ici pour les affaires, pour se faire forger une arme. Même si techniquement, ça devrait être à Izya de faire ça, avec ses capacités de forgeronne légendaire qu'elle a débloqué en pexant assez dans le nouveau monde. Comme quoi farmer l'élite, ça a du bon. Je devrais essayer un jour, je pourrais peut-être passer élite moi aussi, au lieu de faire-valoir. Je prends la température pour voir s'ils seraient prêts à vendre ou non. Une fois les réponses en main, je retourne chez moi réfléchir. Un appel au banquier s'en suit.

« Banque centrale des usuriers d'Armada, James à votre service.
Salut James. J'ai besoin de savoir combien j'ai sur mon compte.
Certainement. Puis-je avoir votre numéro de compte ?
1-46-64-28-292.
… Monsieur Tas'Natak, excusez-moi, je ne vous avais pas reconnu.
Combien ?
Un milliard et demi, à quelques dizaines près.
Hum. Je prévois un rachat dans les prochains jours. Mais j'ai besoin de faire des estimations. Envoyez moi quelqu'un pour s'occuper de ça s'il vous plaît.
Mais certainement monsieur. Il sera devant votre bureau demain matin à 8h. Puis-je faire autre chose pour vous ?
Des pizzas. Investis dans des pizzas.
… Non Ben, je ne prends pas un crédit pour acheter une pizza. …
Des pizzerias alors !
Oui, bon bah pas non plus pour une pizzeria. …
Mais tu veux bien investir dans des boutiques de bonbons pourtant.
Mais parce que c'est différent, les bonbons tout le monde aime ça. … Non, tout le monde n'aime pas les pizzas, la preuve avec l'ananas et l'anchois.
… Je vais devoir vous laisser monsieur. Bonne journée. »

Oups. Je n'avais pas raccroché, je crois. Boarf, on est plus à ça près. Je tape sur la main de Ben, mon bras-droit pour lui signaler qu'il a fait une bêtise. Il part bouder, sans pizzeria ni pizza. J'attends le lendemain avec impatience. Inutile de dire que la nuit n'est pas très réparatrice.
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7H30, je range un peu tout le fouillis sur mes tables. Je récupère les schémas, les détails, tout ce qui a trait à mon projet. 7H55, je sens quelqu'un sur le pas de ma porte. Je fonce ouvrir. Je suis tellement excité que je contrôle mal ma vitesse et me défenestre par accident. Je me relève, me dépoussière, puis je vais à la rencontre de l'homme en face.

« Bonjour monsieur. Je suis Gérard, chargé de vous accompagner aujourd'hui par la guilde des usuriers pour répondre à vos questions.
Bien. Suivez-moi. » Je nous amène dans mon bureau à l'étage. Je lui montre tout ce qui concerne l'entreprise. Il hausse les sourcils, prend les schémas dans différents sens, tourne et retourne les tableaux… Il prend une bonne demi-heure avant d'émettre un son.
« Bien. Je comprends mieux votre projet à présent. En termes d'argent, votre compte devrait largement suffire à l'investissement de départ. Maintenant, il reste la question du lieu, de la main d’œuvre puis d*/
J'ai déjà trouvé un lieu, potentiellement. Mais l'emplacement est occupé par des boutiques en perte de vitesse, pour la majorité. Les propriétaires seraient prêt à vendre pour certains. Mais je n'ai aucune idée des prix. C'est pour ça que j'ai besoin de votre aide.
Bien. Si nous allions voir pour évaluer tout ça ? »

Un peu de bonbon sur le sol et nous voilà parti en tapis roulant. Tellement plus rapide qu'en marchant. Tellement que je dois rattraper le comptable plusieurs fois, notamment dans les escaliers pour sortir de mon bureau. Ce n'est pas donné à tout le monde de gérer ce moyen de déplacement. Il m'a fallu quelques minutes avec mon logia de la terre pour y parvenir. Le trajet dure vingt minutes. Avant même d'arriver, je le vois inspecter les lieux sur notre chemin, les rues, la clientèle, les chemins d'accès… Une fois sur place, il observe tout avec un œil de faucon, aucun détail ne lui échappe.

« L'endroit est facile et rapide d'accès, assez ouvert pour installer votre entreprise. En rasant les magasins, la place sera nettement plus grande. Bien, passons à la concurrence désormais. » On rentre dans chacun des magasins pour leur poser des questions clairement orientées vers la vente de leur boutique. Trois heures plus tard, soit 18 minutes dans chaque établissement, on termine enfin les discussions qui m'ont parues interminables. Le comptable ferme les yeux et semble réfléchir intensément. Puis il les ouvre et me fixe.

« Bien. J'ai évalué chacun d'eux. Vous pouvez facilement les racheter un par un si vous le souhaitez. Mais ça vous coûtera nettement plus cher que l'option alternative.
C'est-à-dire ?
Vous les réunissez dans un endroit qui vous appartient pour asseoir votre dominance. Puis vous leur faîte une offre globale. Soit vous achetez tout pour telle somme et ils acceptent, soit vous n'achetez rien et personne n'a l'argent.
Mais … et s'ils ne veulent pas vendre ?
C'est leur problème, c'est ça le plus beau. Il y aura toujours des réfractaires refusant de vendre, estimant le prix trop bas. Et il sera bien sûr plus bas que si vous achetiez boutique après boutique. Très souvent, une majorité de personnes voudra vendre malgré tout. Mais vu que vous n’achèterez pas si quelqu'un refuse de vendre, il ne recevront pas d'argent et continueront même à en perdre. Ceux voulant vendre vont donc devoir convaincre ceux refusant. Ils vous retirent ainsi une charge de travail et du temps, que vous pouvez dépenser ailleurs. Tout ce qu'il faut, c'est que le prix proposé soit supérieur au prix de vente de la majorité, mais inférieur au prix de vente de la totalité des boutiques.

Par exemple, si toutes cumulées leurs boutiques valent 100 millions, on leur en offre un tout petit peu plus, donc 105 ou 110. Si une boutique vaut 15 millions, en l'achetant séparément, vous la paierez probablement 20 millions. Si la suivante vaut 20 millions, vous allez la payer 25 millions, etc. Tout cumul, vous allez payer bien plus cher avec cette méthode, plus de cinquante pour cent de plus que ce que valent réellement les entreprises. Donc au lieu de payer 110 millions, la somme sera plus vers 175 millions.

Ah oui. Sacrée différence quand même.
Cette méthode vous fait donc gagner du temps, puisque vous n'avez pas besoin de les convaincre, mais également de l'argent. C'est pourquoi je vous la recommande. Maintenant, n tablant sur ce que j'ai vu, entendu et pu estimer, je considère ce prix comme apte à les faire céder sans trop rechigner.
Ouah, il est… surprenant ce montant.
S'ils accepteront ou pas dépend majoritairement de la façon dont vous allez leur présenter la chose. Le prix est un accessoire, pas une fin en soi. Dans un contrat, celui qui dirige est celui qui impose, qui ne laisse pas le choix à son interlocuteur. Il faut les forcer dans une direction, leur faire comprendre que c'est dans leur intérêt à tous d'accepter. Et si vraiment vous vous en sentez l'âme, pour économiser un peu plus et leur mettre davantage la pression, pour chaque heure qui passe, vous retirez une certaine somme. Ce qui implique qu'ils vont se déchirer encore plus pour forcer les récalcitrants à accepter le contrat que vous leur proposez. C'est à vous de voir la méthode employée. Elle doit vous correspondre et ne surtout pas dénaturer avec votre personnalité. Si un barbare sanguinaire vient leur apporter une petite feuille avec une voix toute douce, les chances qu'ils la signe sont ridicules tant ça dénotera avec le caractère du barbare puisque les gens s'en méfieront encore plus. Le but est de faire un cheval d'espion. On plante une graine et c'est à eux de la faire germer. Concernant les autres dépenses, je suppose que vous avez déjà vu avec le personnel qualifié ?
Tout à fait. J'ai vu avec des charpentiers, des ingénieurs, des membres du génie pirate, des entrepreneurs aptes à réaliser les chantiers …
Et pour le personnel ?
Avez-vous vu où nous sommes ? Dans mon quartier. Trouver de la main d’œuvre qualifiée et pas cher ne sera pas un souci.
Bien. D'après mes estimations, pour les travaux, vous devriez tabler sur cette somme. Pour le personnel, celle-ci. Et pour le matériel, avez-vous prévu des sources ?
Pour le mat*/ … Heu … oui oui, bien sûr. Je serais idiot de ne pas y avoir pensé.
Je pensais bien. Voici la somme que je pense couvrira les frais. Et donc pour le montant final, le voici.
Ah oui, quand même !
Vous souhaitez un projet conséquent, l'apport financier doit suivre. Les rêves n'ont pas de prix, monsieur Tas'Natak.
Apparemment si, 600 millions de berry. Mais bon, c'est un petit prix à payer pour un rêve. »

On discute encore un peu, puis chacun part de son côté. Je réfléchis à la stratégie que je peux mettre en place pour forcer la vente sans recourir à la force. Cela laisserait des séquelles et fragiliserait la confiance que j'ai gagné auprès des habitants et travailleurs de mon quartier.
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Le lendemain, j'ai demandé à tous les commerçants de venir dans mon bureau pour discuter. Les rideaux sont presque tous baissés à moitié, les volets à peine entrouverts, la mèche des bougies diminue rapidement. Des verres et des boissons sont disposés au centre de la table, avec de quoi grignoter. Mais surtout, on trouve des feuilles avec des stylos répartis devant dix chaises alignés de chaque côté de la longue table rectangle. Après les avoir fait patienter dans le hall en attendant que tout le monde arrive, je les invite à me suivre dans la salle de discussion. Chacun prend la place que je lui ai attribuée. Diviser pour mieux régner, leçon 101 d'une négociation entre diverses parties. Je les ai placés en fonction de la somme que voudrait leur boutique, par ordre croissant. Ainsi, en regardant sur ses voisins, chacun verra une somme proche de la sienne.

« Bien. Merci d'être venus. Vous l'avez sûrement compris, si je suis venu vous voir hier avec un comptable, ce n'est pas sans raison. Je vais racheter vos boutiques e*/
Mais je ne veux pas vendre moi.
… Si quelqu'un me coupe encore, la discussion s'arrête là. » Ma voix est calme, mais ferme, chacun comprenant que le sujet est important. Et je marque ma dominance, en même temps. C'est important, ça fait gonfler certaines parties du corps humain. « Bien. Je vais donc racheter vos boutiques pour créer mon entreprise. Oui, j'ai besoin de la place de tous vos magasins. Vous êtes ici pour recevoir votre offre. » Je sors une épaisse mallette grise. Quand je l'ouvre, les yeux s'écarquillent. Ils n'ont jamais vu autant de gros billets réunis en un seul endroit.

« Mais puisque j'ai besoin de toutes vos boutiques, je vais racheter toutes vos boutiques sur la zone. Vous avez deux cents millions de berries devant vous. Cette somme est pour vous tous réunit. Soit tout le monde accepte et vous avez chacun votre part, soit personne n'aura rien, vos magasins continueront de dépérir et les rachèterai plus tard pour trois bouchées de pain rassis. À vous de vous mettre d'accord. Si un seul d'entre vous refuse, le deal tombe à l'eau. Si vous voulez augmenter la somme, le deal tombe à l'eau. Pour chaque minute qui passera une fois que j'aurais quitté la salle, cinq millions seront retirés de la table. Vous avez, chacun, devant vous une feuille avec un pourcentage inscrit. Il s'agit de la somme que vous recevrez de ma par en fonction de l'argent restant une fois que tout le monde sera d'accord. Quant à la méthode pour persuader ceux qui ne seraient pas d'accord… et bien, vous êtes des pirates, non ? Petite nuance, vous êtes dix actuellement, si par malheur ce nombre venait à diminuer, cela ne signifie pas que la somme des personnes restantes augmenterait. Chacun garderait le pourcentage prévu. Je préfère préciser, au cas où. À tout à l'heure. »

Je les laisse comme ça, quittant la salle pendant qu'un assistant rentre et ferme les portes derrière lui. Chaque minute, il va retirer cinq millions de berry définitivement, devant eux. Voir ainsi l'argent disparaître devrait les faire réagir encore plus vite. Après tout, l'Homme n'est-il pas l'animal le plus cupide qui existe ? Il ferait tout pour une poignée de billets. Et un million représente quand même une sacrée somme pour un patron. C'est entre vingt et cinquante mois de salaire. Donc perdre quatre mois pour chaque minute passée à discuter, les esprits devraient vite se chauffer et la 'discussion' être à sens unique. Je leur ai fait comprendre que se tuer ne ferait que gagner du temps, qu'en aucun cas leur part s'agrandirait. La seule chose qui grandirait, c'est la somme qui n'est pas retirée, donc ils gagneraient potentiellement plus, mais pas grand-chose. Alors qu'au contraire, ils devraient gérer par la suite les soucis avec la famille des morts, leurs employés, leurs gangs… Que des ennuis pour trop peu de bénéfice donc.

Quant à moi, j'ai les jambes croisées sur mon bureau, en train de siroter tranquillement mon diabolo fraise. Quelle merveilleuse invention cette boisson. Surtout quand la fraise vient directement d'un bonbon à la fraise crée par mon pouvoir. J'entends les propos gagner en volume, les arguments étant échangés. Je perçois leur agacement, leur colère, la nonchalance de certains, l'exaspération, le désespoir de voir autant d'argent disparaître à chaque minute de plus passée à discuter. Je me réjouis du spectacle tel l'esprit machiavélique que je suis. Une horloge a même été installée pour l'occasion. Et trafiquée pour que le temps passe plus rapidement, accentuant encore plus la pression qu'ils subissent.
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Une quinzaine de minutes plus tard, mon assistant ouvre les portes et vient me dire qu'ils ont accepté le contrat tout en me ramenant la mallette. Je lui dit de me les envoyer un par un, ce qu'il fait. Je donne au premier sa part, du plus gros au plus petit. Certains font la tête tandis que d'autres sont ravis de pouvoir se débarrasser de ce gouffre financier que représente leur boutique. Il y en a même un qui me regarde avec haine. Je devrais peut-être m'en occuper plus tard. Je réfléchis en même temps. Peut-être est stupide d'acheter tous les terrains d'un coup. Si jamais je change d'avis, ne peut pas construire, ne trouve pas de matériaux ou de vendeurs, le chantier pour rester pendant des mois voire des années, me faisant perdre un temps précieux, ainsi que de l'argent. Mais bon, c'est fait, donc j'assume. Une fois le dernier sorti, je souris. 120 000 000 pour acheter tous les terrains, ça me convient parfaitement. Jamais ils n'auraient eu les deux cent millions. C'était une somme énorme juste pour les allécher, leur faire miroiter un tel montant. Mais je savais qu'ils allaient s'entre-déchirer, perdre du temps à convaincre ceux ne voulant pas vendre. Je visais pour cent millions de toute façon, donc je suis dans les clous. Je me rapproche un peu plus de mon rêve.

Le temps de prévenir quelques personnes, la suite du projet est lancé. Comme pour chaque chantier, je lance un appel d'offre pour recruter de la main d’œuvre qualifiée qui suivra les ordres des cadres qui eux-même suivront ceux du chef de chantier. C'est lui qui dirigera et supervisera. Il déléguera aux cadres, ne pouvant pas être sur chaque partie, et eux participeront à la création. Je fais appel au même contracteur à chaque fois, puisque je sais que le boulot est à la hauteur de mes attentes. Sa voix rauque de fumeur décroche rapidement.

« J'écoute.
Paul, salut.
Ah Clotho, ça faisait longtemps dis donc.
Ouais, deux semaines ? Hahahahaha. Bon, je t'appelle po*/
Pour le chantier près des quais.
Yep. T'es dispo quand ?
J'me prenais quelq' jours dr'pos pour récupérer. Mais si t'as du taff, j'ai pas cracher dessus.
Demain ?
Impec.
J'te fais parvenir les plans dans la journée.
Par le cul de jatte de Billy ! T'es malade ? T'es mourant ?
Pourquoi ?
Bah tu prévois à l'avance ! C'est jamais arrivé. Fais gaffe, je suis cardiaque, la prochaine fois je pourrais en mourir.
T'es con.
Mais j'suis bon. C'est pour ça que tu m'aimes, avoue.
… Ok ok, j'avoue.
Bon, envoie les plans que je planche dessus. Plan, planche, t'as compris.
… Comme d'hab, en plus de ta main d’œuvre habituelle j'ai prévu quelques personnes en plus. Dirige les comme tu veux.
J'en déduis que c'est pressé comme commande ?
Disons que je rêve qu'elle soit ouverte. Mais pas dans le sens j'aimerais bien qu'elle soit ouverte. Dans le sens je fais des rêves où je suis dedans en train de vendre.
Boutique de quoi au fait ?
Ah ! Ça, c'est surprise pour l'instant.
Tu sais que je vais le voir sur les plans.
Et non. Toi tu ne t'occupes que de la grosse construction, eau, escaliers, jardin … Un décorateur d'intérieur fera la mise en place des objets dans la boutique. Donc si tu veux savoir, il faudra passer une fois le chantier finit.
Mouais. Je peux aussi demander.
Arrête de tricher !
Ok, ok.
Bon, on se voit demain.
Non.
Pourquoi ? »

Je raccroche le den den sans rien dire de plus. Toc toc toc. Il ouvre la porte, le den den encore en main, en train de maugréer.

« Surprise !
… T'es venu jusque ici pour m'apporter toi-même les plans ? Ça doit vraiment te tenir à cœur comme projet.
Ouais, c'est mon bébé à moi. Pensé, imaginé, designé, financé et créé par moi. Du plus gros au plus petit détail. J'en suis pas peu fier. Et j'ai tellement hâte de voir le rendu, tu ne peux même pas imaginer !
Je veux bien te croire. Tu n'as jamais utilisé autant de mots pour décrire une boutique.
Ça sera plus qu'une boutique. Ça sera une échappatoire à la vie monotone d'Armada, un rayon de soleil dans la vie des gens.
Et bah. T'es devenu poète en plus.
Non, juste amoureux.
T'as quelqu'un ?
Non. J'ai une boutique.
… Sans commentaire. Bon, tu me files les plans et tu dégage le plancher pour me laisser bosser en paix.
Ok. »

Je lui donne les plans que j'ai sous le bras puis je le laisse fermer la porte. Je fais mine de m'éloigner, mais dès que je peux, je me colle à la vitre pour l'observer. Oui, je n'ai jamais été ainsi, avec aucune boutique. Que ce soit la PPK, Revtavy ou les autres qui ont suivit. JAMAIS. Mais celle-ci … celle-ci représente tout ce que je veux, tout ce que j'aime. C'est un rêve d'enfant qui se réalise, alors forcément, je suis excité. Quand il me voit, il ferme les rideaux. Je peste, mais décide de partir.


Dernière édition par Clotho le Mar 30 Jan 2024 - 14:04, édité 1 fois
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* Dans la peau d'un chef de chantier *


« Hum. Ouais, ok. Et pourquoi… ah, je vois. Et ça… Attends, ça monte ou ça descend ? Et pourquoi un escalier horizontal ? Ohlala, qu'est-ce que tu nous a fait là ? Et à quoi ça sert ça ? Putain, il me donne mal au crâne le con. »

Je lève la tête pour respirer. Que vois-je ? Un Clotho sauvage à ma fenêtre. Je lui fais non du doigt avant de fermer les rideaux. Pas moyen d'être tranquille. J'sors une clope que j'allume et j'en quille aussitôt. Moins d'une minute plus tard, il ne reste que de la cendre, alors je retourne regarder ces plans. Je ne comprends pas bien à quoi ça va servir. Mais c'est pas mon rôle. Moi, je dois juste créer les murs et préparer pour que le suivant n'est que son taff à faire. Je passe un coup d'escargophone à mes gars pour les prévenir du chantier qui nous attend. Je me relève trois fois dans la nuit à cause d'un détail qui me perturbe sur ses schémas.Je ne comprends pas ce que vont faire la moitié des choses.

6h, le réveil sonne. Clope, café, clope, on récup les papiers, puis on sort. On s'refait une p'tite clope sur la route.
7h. Quand j'arrive au chantier, mon équipe est déjà là, installée autour de la machine à café portable qu'ils trimballent partout.

« Salut les gars. Z'êtes chaud ?
Tu nous a pris pour qui boss ?
Des tafioles savant pas foutre un pied d'vant l'autre, qui bavent en voyant une donzelle bien roulée et qui passent plus d'sous dans la machine à café qu'en pension mangeaire.

… Elle est bonne ?
Ça va. T'as d'jà fait pire.
Bon. Le chantier va pas être facile les gars, alors sortez les doigts du cul votre voisin, retroussez vos manches, et commencez à boire votre café dégueux. »

Je répartis leurs tâches, chacun a son poste, un job qu'il maîtrise parfaitement avec des dizaines d'années d'expérience. Ils bossent bien les bougres. Pour ça que je les garde aussi hahahaha. Mais pour l'instant, c'est l'heure des courses, chacun a sa liste.

7H30, les autres arrivent, ceux sans qualifications et qui viennent juste pour aider au transport et à l'achat de matos. Ils se font répartir en une dizaine de groupes chacun dirigé par un d'mes gars. L'un s'occupe du béton, donc sacs de ciment et eau. Les fins granulats, qui composent le ciment à 70%, avec un diamètre compris entre 0 et 0,08 mm, voilà ce que les ingénieurs ayant fait les plans ont prévu. J'ai vérifié les calculs pour les quantités hier, et les nombres font peur. Il a vu grand l'client. Les armatures aussi vont être balèzes à trimballer. Rien que ça, ça va bien nous prendre une semaine. Tiens, c'est quoi ce regroupement là-bas ? Je vais voir.

« Hey, arrêter de discuter, faut bosser. On vous paie pas pour vous branler l'cerveau.
Parce que c'est toi qui les paie peut-être ?
Qu'est-ce tu fou là toi ?
Je viens vous aider pour les gros trucs. Pas question d'avoir un chantier qui dure des mois. En une semaine max, vous avez fini. Bon, j'ai pris sur moi de commander les matériaux indiqués, donc ils doivent les avoir reçu. J'vous laisse prendre le ciment, je m'occupe des armatures.
Tu vas pouvoir le faire tout seul ou t'as besoin d'aide ?
… Tu m'a vu, Paul ? Ça pèse quoi ces machins ? Cent kilos la barre ?
On est sur du 40mm de diamètre, donc pour une barre de 12m, ça fait 118,380kg.
Ouais, bon bah ça va aller tranquille. Je ferais peut-être plusieurs voyages. Mais j'me démerde, t'inquiète pas.
Si tu l'dis. Bon aller hop, au boulot vous autres. Clyde, tu me répartis tes hommes, ya plus besoin de s'occuper de l'armature du coup.
Ça roule. »

Il doit vraiment être impatient pour venir nous filer un coup d'main. Il a l'air de vraiment tenir à sa boutique. Pendant qu'ils sont tous parti, ou presque, faire les courses, je reste avec un petit groupe. On délimite la zone de la première boutique avec des fanions. Putain. Ça a l'air encore plus grand en vrai que su papier… Qu'est-ce qu'il va nous foutre encore ? Drapeau après drapeau, on finit par avoir tout marqué. Le premier, à revenir des courses, c'est évidemment Clotho. Mais… c'est quoi ça ? Il n'a pas les barres sur lui, mais sur une espèce de flaque rouge qui avance derrière lui. Tu m'étonnes qu'il peut les ramener tout seul comme ça, il ne les porte pas. Je lui dit où les poser. Au premier coup d’œil, il a l'air de les avoir toutes ramenées d'un coup. Les gars ramenant les sacs de 50kg de ciment arrivent eux aussi, mais en peinant. Une file indienne très longue ramène les sacs. Chacun est posé sur la création de Clotho, comme il le demande. Les planches pour maintenir le béton arrivent enfin, suivit par les tuyaux d'eau pour mélanger le ciment et l'eau ainsi d'en faire du béton. Les derniers trucs à arriver sont les bétonnières manuelles. C'est-à-dire de grands récipients sur pieds dans lequel on va mélanger les ingrédients puis versé dans la zone délimitée préalablement.

Sauf que Clotho nous dit non. Il crée lui-même des récipients avec son fruit bizarre et nous dit de verser ça dedans. Ok, on verra bien. C'est sa boutique qui sera retardée si ça ne va pas. Plusieurs dizaines de bacs sont ainsi remplis. Il les ferme puis les secoue pour bien les mélanger. Une fois la structure correcte, avec mes instructions, il les soulève et verse le béton à la manière d'un tapis roulant. Il le répartit équitablement. Puis il recommence, encore, et encore, et encore. Un travail qui nécessite plusieurs dizaines de personnes et des heures est fait par une seule personne, en une heure. C'est donc ça la différence entre un héros et un être normal ? P'tain, j'voudrais bien être un héros aussi moi. Le temps que je gagnerais, la moula que j'me f'rais… Pour être sûr que tout soit à la bonne taille, il utilise son bonbon pour racler et répartir. Pratique son truc. Je pensais que ça allait coller, mais non, même pas. Faut croire qu'il fait ça sur commande. Vous croyez que j'peux l'embaucher ?

On s'occupe de la suite, percer le béton, le faire vibrer pour dégager un maximum de bulle d'eau, on applique de la mousse pour retirer l'humidité et éviter que ça ne craque plus tard... Bref, il ne peut plus nous aider, alors il s'en va. Il nous a quand même fait gagner énormément de temps. Le chantier fait quand même une bonne taille, cinquante mètres de côté. Malheureusement, même s'il ne voulait pas attendre, il va devoir s'y faire. Le béton met plusieurs jours à sécher, environ une semaine. Pourtant, dès le lendemain, quand on le teste, il n'y a presque plus d'eau ou de bulle d'air. Incroyable. Il a mieux mélangé dans ses bulles que nous dans nos machines. Je vais vraiment l'embaucher… Il revient nous aider à installer les murs, les poutres, le toit… Bref, ça va BEAUCOUP plus vite avec quelqu'un ayant sa force et ses capacités. Il nous fait tous passer pour des tocards...
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Avec quelqu'un comme moi, les travaux ont avancés bien plus vite que chacun ne l'espérait. Enfin, désespérait. Vu qu'ils sont payés à l'heure, finir en une journée au lieu d'une semaine les emmerde. En quatre jours, tous les gros travaux sont terminés. Au cinquième, je fais venir le designer d'intérieur et les hommes qui serviront de déménageurs. La majorité des objets a été rapprochée afin de réduire le temps de trajet, et donc d'ouverture de la boutique. Il suit mes plans, mais modifie malgré tout quelques petites choses avec mon accord. Je les aide le premier jour, puis je les laisse. Je veux avoir la surprise.

Je repasse des jours plus tard, quand on m'appelle pour me dire que tout est prêt. Que c'est finit. Qu'on y est enfin. Je fonce droit devant, j'escalade les toits à la verticale grâce à ma vitesse, j'enjambe les cheminées tel un ninja. Puis j'y arrive. Malheureusement, ma surprise est gâchée par ma vision du futur. La première boutique de la chaîne ressemble à une maison faite en sucettes avec plusieurs sucreries dessus et des sucettes géantes autour. Le bâtiment dans son ensemble est construit en pierre, mais jamais on ne voit cette dernière. Partout, elle est recouverte, que ce soit avec de la mousse, des bonbons, du papier peint, des tapis, des tableaux, des étagères… Le but est de donner l'impression que tout est vraiment construit en bonbon, donc le plastique est devenu le second matériau le plus utilisé. La face visible du bâtiment, la boutique, consiste en une suite de rayons.


Le but est de faire rêver les enfants de l'île tout en stimulant l'économie, la créativité de la future génération et d'accroître les résultats. Pour cela, chaque semaine, les professeurs organiseront un concours de connaissances sur les sujets vu dans la semaine. L'enfant ayant le meilleur résultat recevra la possibilité de créer une sucette qui sera en vente cette semaine. Les odeurs chatouilleront vos narines grâce aux diffuseurs subtilement installés. Tout est fait que pour vous n'ayez pas envie de partir et dépensiez votre argent. Pas forcément beaucoup, mais souvent. L'entreprise misera sur le long terme, d'où ses petits prix. Dans la partie cachée, à savoir l'usine, on ne créera que les sucettes à la chaîne. Mais avec amour, attention ! Voilà ce que je veux instaurer ici, avec cette entreprise. Le résultat visuel est à la hauteur de mes attentes. Je m'approche pour toucher le plastique, vérifier qu'il soit assez solide et ne se brise pas quand un enfant tombera dessus ou le cognera sans faire attention. Test concluant. Les couleurs criardes contrastent clairement avec les teintes monotones des environs.

« Alors, ça te plaît ? » me demande Brett qui vient d'arriver lui aussi.
« C'est parfait, comme je l'imaginais. Et vous avez déjà installé les sprays pour les odeurs de bonbon. »

Je pousse la porte de la boutique et rentre à l'intérieur. Des rayons et des rayons de bonbons, de confiseries, de sucreries, voilà ce que l'on voit. Ils ont réussi à se faire livrer à temps, on dirait. Plus loin, un coin pour déguster assit sur des champignons, répliques de bonbons. On y est enfin. Voilà mon rêve. La première partie ceci dit, j'en ai encore quatre à créer. Mais ça se profile bien en tout cas. J'ai des étoiles plein les yeux, des paillettes sur le corps et de la joie dans l'âme. Si quelqu'un faisait attention, il pourrait même voir une larme naître dans mon œil gauche. Maintenant, il reste l'ouverture de la boutique.

« Brett, tu es en place sur les tarifs, les offres, ce qu'on peut faire, la clientèle voulue, la formation, le programme et tes employés ?
Oui, on a vu tout ça ensemble avec Myu.
Bien. Avec son C.V. de commercial, il va pouvoir vous apprendre des techniques de ventes exceptionnelles. Prenez soin de l'observer attentivement et de tout noter. Ou mieux, filmer le avec un den den. »

Bien. Puisque tout est prêt, je programme l'ouverture dans deux jours, soit vendredi. Comme ça, les enfants pourront titiller leurs parents de vendredi après-midi jusqu'à dimanche soir. Comme technique de publicité, j'utilise mon fruit directement. Je crée une pancarte dans le ciel, soutenue par des piliers. 'Ouverture vendredi 9h'. Un rose bonbon pour la pancarte, et différentes couleurs pour les lettres en prenant la forme de divers bonbons. Par exemple pour les i, je fais une bouteille de coca. Pour le V, ce sont deux frites, le e est formé de plusieurs fraise tigidi… C'est assez gros pour être visible de loin, assez tape à l’œil pour qu'on ne puisse pas l'ignorer et assez appétissant pour que les gamins cassent les pieds à leurs parents pour aller voir. Publicité terminée. Les piliers de la pancarte sont assez épais pour bien répartir et supporter le poids plusieurs jours durant.

Vendredi 8h, on est dans la boutique. Les portes s'ouvrent enfin, laissant rentrer une quantité de gens impressionnante. Je ne pensais pas en avoir autant. Les demandes fusent de toute part. Il y en a trop, alors je distrais l'attention des gens en créant des choses avec mes mains et mon fruit. Je crée un petit train par exemple qui roule sur ses rails, défiant la gravité tel un escalier. Aussitôt, plus un bruit, tout le monde est captivé. Un clin d’œil à mes vendeurs qui se remettent au travail rapidement. Je garde le train plusieurs minutes avant de le transformer en plusieurs sucettes de différentes couleurs. D'un geste précis et rapide, j'en envoie une dans une main. Puis une autre, et une autre, ainsi de suite jusqu'à ce qu'elles soient toute distribuées.

« Veuillez suivre les flèches pour trouver les caisses. Si vous avez des questions, vous avez un vendeur près de chaque rayon. Pour les achats en vrac, les sacs sont en début de rayon, des balances et des pelles sont à disposition dans les rayons. Comme vous avez pu le remarquer, les bonbons sont classés par couleur pour faciliter votre choix. N'hésitez pas à demander de l'aide si vous en avez besoin. Bonne journée à vous mesdames messieurs. »

J'aide les vendeurs et les caissiers comme je peux. La journée passe à une vitesse folle. Les enfants commencent à arriver. Certains essayent de voler, mais ils sont très vite arrêtés et escortés dehors. Le vol est punissable de ban à vie dans mes boutiques, aucune exception. Ils devront regarder leurs amis se goinfrer dans la boutique désormais, et imaginer le goût des bonbons qu'ils vont rater. Oui, je n'ai pas de pitié. Cette entreprise est mon bébé, et personne ne lui fera de tort. Sauf moi, accidentellement. Le reste de la journée se passe sans encombre sinon. Vers la fin, la boutique commence enfin à désemplir. On se regarde avec les gars, puis on se relâche. On rigole, on pleure, on chahute. J'autorise même, à utiliser les bonbons comme arme de guerre. Il n'en fallait pas plus pour que la boutique se transforme en champ de bataille. Bleus contre noirs contre rouges, que la guerre commence ! Une heure plus tard, tout le monde est au ménage, fatigué de sa journée. Mais une bonne fatigue, une de celles qui signifie que tu as bien travaillé et qui t'apporte du confort moral.

Quand j'ai vu les yeux des personnes goûtant mes créations, quand j'ai senti leurs émotions au moment de croquer, ça m'a empli de joie. Mon rêve est devenu réalité. Enfin. Le petit moi est ravi par ce sentiment, tandis que le moi adulte est ravi de voir son tiroir de caisse rempli. Voici les émotions qui me portent cette nuit.
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