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Il est bon mon poisson

Un nouveau jour, une nouvelle mission. Cette fois-ci, son coordinateur l’envoyait à l’infiltration d’un étrange marché aux poissons. Au sein même de Westblue. Des rumeurs circulaient chez les pirates et dans l’optique de détruire la gangrène sévissant sur cette blue, l’Agent Viper devait vérifier la véracité de certains on-dits.

Le marché aux poissons d’une petite île de la mer chaude accueillerait des échanges entre pirates, se refilant des dorées volées, bien planqué dans les cadavre frais des téléostéens, au nez et à la barbe des autorités locales. Et loin de savoir si ces derniers étaient corrompu ou simplement idiot, le gouvernement mondial chercha avant tout à y envoyer un agent de terrain pour infiltrer le fonctionnement de ce marchés participant à l’économie des hors-la-loi et à commencer à mettre ne place l’intervention de force de la marine lorsque la nature du marché sera confirmé. En tenue de civil, la jeune agente arpentait les allées du marché en regardant les différentes étales. L’odeur iodé lui prenait le nez mais derrière son masque de tissus, elle retenait un rictus de dégoût. Parmi la foule de pêcheurs, il y en avait un qu’elle cherchait plus que les autres. L’instigateur de cette activité suspecte, Morford. Un vieux pirate dont les années semblaient avoir polie les talents de recel. C’était au près de lui qu’elle devait s’investir pour intégrer son boulot et en comprendre les tenants et les aboutissants pour préparer au mieux son démantèlement.

Morford:

Ada avait dans son esprit le visage du vieux pirate. Elle savait à quoi s’attendre, à peu près. On lui avait dressé un portrait d’une époque lointaine où l’homme était encore véritablement recherché. Maintenant, ses affiches prônaient sur quelques tableaux d’affichage de chasseur de prime, à moitié recouverte par de nouveaux hors-la-loi bien plus actif et présent. Et pour cause, si Morford avait créé son petit marché ici, il n’avait que peu de raison de continuer d’alimenter sa réputation de forban et de chercher à augmenter sa prime. Après tout, il avait trouvé un coin tranquille pour s’en mettre plein les poches. Un coin où personne ne venait trop l'emmerder.

En se promenant, Ada regardait chaque poisson en arrivant à en reconnaître la grande majorité. Du Bar, au Lieu Jaune, en passant par la Daurade. Les plus communs lui revenaient facilement à l’esprit. Et cela lui serait particulièrement utile pour renforcer le rôle qu’on lui avait donné pour infiltrer le réseau de Morford. Et en parlant de lui, elle le voyait au loin échanger avec une jeune femme. Tout sourire, dans des discussions remplies de banalité, le pirate vendait son poisson à un prix plus qu’exorbitant pour quiconque venait d’ailleurs sur Westblue. Mais alors qu’elle plissait un peu plus les yeux, signe d’un intérêt certain, Ada se fit arrêter par un autre marchand.

- “Alors jeune fille, il est bien tôt pour se promener seul.”

L’agente se tourna vers l’homme, d’abord interrogative qu’elle ravisa bien vite pour éviter qu’il ne se méfie. Chaque marchand ici, bien qu’ils semblaient concurrents, devait tous travailler pour le pirate qu’elle visait. Alors les informations étaient précieuses, dans la bouche du chef comme du sous-fifre.

- “Je … “
- “Tu veux un bon poisson ? Ce Merlan a été pêché ce matin. Il est bien frais.”
- “Je n’ai pas d'argent.”
Répondit Ada devant le ton trop enjoué du marchand.

En tenue légère et large, de brun et de rouge, un peu salie par de la terre à certain endroit, Ada ressemblait plus à une vagabonde qu’à une agent du Cipher Pol. Elle avait quelque peu remixé le rôle qu’on lui avait confié mais si au final, cela finissait par marcher, c’était la seule chose importante.

- “Hmmm. Tu as quel âge ?”
- “18 ans monsieur.”


De la méfiance s’affichait sur le visage de l’homme. Avait-elle donné une valeur trop basse pour son physique actuel ?

- “Que fais-tu seul ici ?”
- “J’ai fugué. Je cherche un toit pour la nuit, et de quoi manger.”
- “Mais tu n’as pas d'argent ?”
- “Non monsieur.”


Et pour le coup, cela était complètement vrai. Ada était venue sans le sous, pour crédibiliser davantage son rôle de jeune fugueuse. Cependant, elle se retrouvait dans la nécessité de trouver un endroit où dormir et manger. Son ventre gargouilla bruyamment, rendant un peu plus crédible son récit.

- “Tu t’y connais en poisson ?”
- “Un peu. J’ai lu quelques livres.”
- “Tu sais ce que c’est que ça ?”
Demanda-t-il en pointant un poisson épais aux écailles grisâtres et aux reflets argentés.
- “Un thon ?” Ada mettait un peu plus d’entrain dans sa voix, elle devait convaincre cet homme.
- “Et cela ?”
- “Un Merlu ?”
- “Hmm, tu t’y connais un peu effectivement. Mais malheureusement, on ne recrute pas. Repasse une autre fois.”


Tiens, pas de place ? Une idée traversa l’esprit d’Ada. Si c’était seulement des gens qu’il fallait éliminer pour rentrer dans le groupe, alors cela pourrait s’arranger en une soirée. D’un coup d'œil furtif, Ada essaya d’imprimer dans son esprit les visages des quelques travailleurs qui se tenaient derrière le vendeur, transportant des caisses ou alignant du poisson sur les étales. C’était l’un d’eux qu’elle devait faire disparaître ce soir.

- “Merci quand même.”

Puis traînant des pieds, elle feignait la déception alors qu’elle était plus que ravie que cet homme lui offre la porte rêvée pour avoir une place de l’autre côté de l’étale.
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Ada avait fait le tour du village au moins deux fois. Cela avait été plutôt rapide, tant l’endroit était paisible et peu habité. Une centaine d'habitants tout au plus. Pourtant, elle était intriguée par quelque chose, le nombre de personnes au marché ce matin semblait bien élevé pour le nombre d'habitations. Et même si chaque maison accueillait une dizaine d'individus, elle comptait bien plus de tête que le village n’en contenait. Étrange. Pourtant, la solution lui vint bien vite. Arpentant les bordures du quai, Ada ne pouvait s'empêcher d’observer le nombre de bateaux marchands qui mouillaient ici. Une petite île, perdue au milieu de Westblue, semblait particulièrement prisée par les commerçants. Et cela ne pouvait qu’être en lien avec le présumé marché secondaire de bijoux volés.

Méfiante mais satisfaite, l’attention de l’agent finit par se porter sur autre chose. Elle devait rapidement trouver un endroit pour dormir, et de quoi manger. Ses yeux glissèrent alors sur les portes de la seule taverne du village, faisant également auberge, et bordant les quais des pêcheurs et marchands. Un bon emplacement pour avoir pour client exactement les hommes visés par l’agent du Cipher Pol. Parfait.

En poussant les portes de l’établissement, la Kindachi était loin d’être surprise par l’occupation du lieu. Après tout, si les informations qu’on lui avait envoyées vérifier était vrai, une grande partie des hommes présents étaient des pirates. Donc probablement des alcoolique notoires, noyant leur démon dans la boisson au lieu de payer leur dette au gouvernement mondial. L’attitude des lâches.

Elle avança jusqu’au comptoir, s'intéressant peu aux regards interrogatifs qui la dévisageaient. Elle vint s'asseoir sur un des tabourets de bois et rejoignit ses mains en silence.

- “Alors qu’est-ce que … Oh, bonjour jeune fille.”

L’apparence négligeait de l’agent semblait bien fonctionner.

- “Bonjour monsieur. Je voudrais manger, mais je n’ai pas d’argent pour vous payer.”
- “Oh heu … tu n’as pas d’argent ?”
- “Non monsieur …”
- “C’est honnête. Mais si tu n’as pas d’argent, je ne peux pas te servir.”


Les larmes commençaient à monter aux yeux de l’agent. Un cinéma bien rodé par les entraînements du Cipher Pol 5. Jouer la comédie n’était pas la tasse de thé d’Ada, elle était même plutôt mauvaise comparée à beaucoup de ses collègues. Mais ici, dans ce petit village perdu, d’une petite île tout autant perdue, l’adversité devait être particulièrement rare. Et les gens se faisaient donc très peu méfiants.

- “Mais si je ne mange pas monsieur, je vais mourir …”

Peut-être allait-elle trop loin ? Elle aurait dû relire ses phrases types d’enfants perdus avant de s’engager dans cette mission. Mais quitte à en faire trop, alors autant aller jusqu’au bout.

Le nez reniflant, les larmes coulantes, elle se jeta sur ses bras en geignant. La gêne habillait alors le visage de l’aubergiste qui, dans un premier réflexe, redressa la tête pour regarder les réactions de ses clients. Nombreux n’avaient pas encore prêté attention à la scène, mais quelques regards s'étaient tournés vers eux et s'interrogeaient, dévisageant l’homme derrière le comptoir.

- “Calme toi. Ça va aller, attends.”

Le ton paniqué, l’homme lui tapotait le dos avant d’ouvrir le petit passage menant à l’arrière du comptoir.

- “Viens avec moi.”

Tiens, quand on disait que plus c’était gros, plus ça passait. Ada était satisfaite de son cinéma. Pourtant, elle continuait sa scène, frottant son nez par dessus son masque noir. Elle suivit l’homme derrière le comptoir avant d’être guidée dans l’arrière boutique. Derrière elle, l’aubergiste referma la porte.

- “Il ne faut pas pleurer comme ça, ça va aller.”
- “Mais je n’ai nulle part où aller, je n’ai pas d’argent. Je voulais me faire engager sur le marché, mais ils n’ont pas de place …”
- “Je … heu .. est-ce que tu sais tenir un plateau ?”


Oh, était-ce une proposition de boulot que l’agent entrevoyait ?

- “Oui monsieur.”

Ada prenait un ton plus sûr d’elle, calmant les sanglots.

- “Alors, si tu travailles pour moi à la taverne, je veux bien te donner deux repas par jour et tu peux dormir dans l’arrière boutique. Le marché attire de plus en plus de monde et ça commence à être très compliqué de tenir l’établissement seul.”

Alors l’homme sautait sur l’occasion de recueillir une jeune fille perdue qui bossera pour lui sans même lui payer un berry en échange d’un toit et d’un peu de nourriture. Il était plus malin que l’agent aurait pu le croire mais cela servait bien ses intérêts, alors elle n’allait pas commencer à crier après cette pseudo charité.

- “Merci beaucoup monsieur.”  Dit-elle en reniflant un grand coup derrière son masque.
- “Appelle-moi Emile, tu commences maintenant.” Ajouta-t-il en lançant un tablier grisâtre et couvert de taches grasses. “J’ai beaucoup de clients ce soir. Tous les commerçants de poisson ne devraient pas tarder à arriver, et ils payent bien.”

Oh ça, Ada l'espérait bien.
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Revenant dans la salle principale, le nombre de clients avait déjà commencé à augmenter. Pourtant, ils n’étaient partis que quelques minutes. À croire que les pirates étaient définitivement de gros alcooliques. Le bruit qui jusque là était passable, devenait un brouhaha incompréhensible. Ada regardait les hommes s’installer puis l’un dresser la mains et trois doigts en hurlant :

- “Trois pintes patron !”
- “Ça marche !” Répondit Émile comme s’il avait compris quelque chose à ce charabia.

Tout du moins, pour Ada, ce genre d’endroit était bien loin de ses standards habituels. Et si sa mère la voyait, dans cette tenue sale et dans ce lieu de roturier, elle aurait été vert de honte. Mais heureusement, Ada ne restera pas bien longtemps ici. Droite derrière le comptoir, elle regardait l’aubergiste remplir des pintes de la boisson dorée préférée des forbans. Encore une chose qu’elle était incapable de comprendre.

- “C’est maintenant que tu commences, apporte leur la commande.” Dit-il en posant les trois boissons sur un plateau de bois circulaire et ébréché.
- “Bien.”

Quel travail dégradant mais en même temps, elle ne pouvait rêver mieux pour approcher les hommes de Morford et en mettre suffisamment à l’écart pour que son embauche devienne nécessaire sur le marché aux poissons. Cependant, elle avait beau arpenter la salle du regard, elle ne voyait pas les hommes qu’elle avait vu plutôt dans la journée sur le marché.

- “Dépêche-toi.”

Emile la sortit de ses réflexions en la poussant légèrement vers le centre de la pièce. Elle marcha alors jusqu’à la table et posa les pintes devant chaque homme en évitant leur regard curieux. Puis rapidement, elle fila pour retourner derrière le comptoir. Elle n’était que peu à l’aise et voulait éviter au maximum de marquer les esprits. Puis, dans un grand fracas, passa la porte les pirates qu’elle recherchait, suivit de sa cible principale.

S'asseyant à leur tour puis commandant nourriture et boisson, Ada vit l’aubergiste s’activer beaucoup plus que pour tous les autres clients à la seconde même où ces flibustiers avaient passé le pas de la porte. Avait-il peur ? Ou bien avait-il un intérêt à se comporter mieux envers eux ? Emile traitait-il avec les pirates du marché ? Ada ne pu retenir un léger sourire sous son masque noir. Cette histoire avançait si bien, si vite, qu’elle ne pouvait s'empêcher de jubiler. Et maintenant, on lui confiait même la livraison des boissons. Parfait.

Elle n’eut à attendre que quelques secondes pour verser dans trois des six pintes de la table de Morford, un poison de sa composition. Faisant effet dans les prochaines vingt-quatre heures, elle pouvait être sûr que, sans tuer, il collerait les trois hommes le buvant au lit pour une bonne semaine. Le temps de se rendre indispensable pour le vieux capitaine.

Une fois son méfait accompli, elle rejoignit avec hâte la table du pirate puis, détournant à nouveau le regard, posait les pintes au milieu de la table pour laisser le destin désigner les malades. Elle aurait bien accompli la chose avec tous les hommes de Morford, mais son but restait d’intégrer le groupe pour regrouper suffisamment de preuve pour faire intervenir la marine efficacement. Elle n’avait pas l’intention de tuer tout le monde sous prétexte qu’ils buvaient trop et avaient un comportement suspect. Car même certains agents du Cipher Pol auraient pu correspondre à cette description.

- “C’est bien gamine.” Félicitait alors Emile lorsqu’Ada revient au comptoir pour porter le plateau suivant.

Un double dose aurait été abusif et par ailleurs, l’agent ne voulait pas que les pirates fassent le lien entre le nouveau service à l’auberge et les hommes tombant malade. Alors, elle comptait y aller doucement sur le poison et réitérer les actions sur plusieurs jours.

Tranquillement, elle finit donc la soirée en portant des commandes d’alcool à des hommes et des femmes aux nez déjà bien rougis par la boisson. Puis elle alla se blottir dans un coin de l’arrière boutique, satisfaite de sa progression.
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Deux jours plus tard au milieu du marché aux poissons,

Deux jours, deux jours qu’elle empoisonnait l’eau puis la nourriture des pirates de Morford. Ils tombaient les uns après les autres sous les effets du poison maladif mais rien ne suffisait à libérer les places. Et cela commençait à être terriblement frustrant. Elle en avait envoyé combien tenir le lit ? Six, Huit, DIX ? Mais non, ils étaient toujours aussi nombreux, se multipliant comme des lapins dans une cage de deux mètres carrés. Foutus pirates. Ils arrivaient à entacher l’attitude de l'agent qui était devenu irritable en cette fin de matinée. Elle progressait dans les allées du marché aux poissons, car contrairement à plus traditionnellement, ce dernier avait lieu tous les jours, s’étendant sur l’entièreté de l’après-midi.

Elle regardait les hommes de Morford mettre en place les étales et allonger sur les tables de bois recouvertes de bâches imperméables les poissons pêchés dans la matinée. Si elle voulait une preuve concrète de ce trafic c’était de ces dorés qu’elle devait se rapprocher. Pourtant, l’entrée dans le groupe de Morford lui était encore inaccessible. Grommelant, elle se rapprocha de l’étale du premier marchand qu’elle avait croisé. Chaque jour elle apercevait une nouvelle tête l’aidant à tenir le stand alors qu’elle espérait toujours que personne ne se présente pour que le pirate lui propose enfin de bosser pour elle. Et alors qu’elle se rapprochait pour commander du poisson pour l’auberge, cette fois, elle fut surprise de ne voir personne aider l’homme.

- “Vous êtes tout seul aujourd’hui ?”
- “Oui, y’a une sale maladie qui traîne en ce moment, ça m’a sucré tous mes gars.”
Répondit-il avec l’air un peu dépité. “La même chose qu'hier ?”
- “Oui …”


Ada tendait le sac en toile que lui avait confié Emile pour que le marchand lui dépose le poisson. Elle gardait les yeux rivés dans les siens, soutenant son air désolé, la bouche en coin, alors qu’intérieurement, elle espérait à chaque seconde que l’homme lui propose du travail. Les secondes s’étiraient et Ada ne se rendit même pas compte que le pirate avait fini de la servir. Il lui tendait la main en attendant le paiement pour son produit.

- “Ca va jeune fille ?”
- “Oh heu oui …”


Les moments ratés d’Ada ne faisait que renforcer l’aspect maladroit de la jeune fille et donc, loin de lui porter préjudice directement, cela la crédibilisait davantage malgré elle.

- “Ca se passe bien à l’auberge ?”
- “Oui très bien monsieur.”
- “Appelle moi Taurin. Emile est un gars bien alors soit sage à ses côtés.”
- “Oui monsieur Taurin.”


Mais elle, elle aurait préféré être au côté du pirate, non pas parce qu’elle aimait sa compagnie mais parce que son investigation commençait à piétiner sec. Alors avec un regard légèrement insistant, elle tournait les talons. Une fois de plus elle avait echoué, mais au moins, les hommes commençaient à manquer, c’était un bon début.

- “Dit gamine, comment tu t'appeles ?"
- "Elsa monsieur."

C'était le nom qu'elle avait donné à l'aubergiste.

- "Si tu veux toujours travailler sur le marché, je serais ravie de te payer le double d’Emile.”

Oh, à l’origine il souhait qu’elle soit sage avec l’aubergiste et maintenant il essayait de la débaucher. Surement s’était-il rendu compte que sa sympathie ne l’aiderait pas à effectuer le rendement quotidien.

- “C’est vrai monsieur ?”

Ada se retournait vers lui avec un regard pétillant. Mais loin d’être par passion du poisson, ses yeux brillaient de l’espoir d’enfin pouvoir avancer dans son enquête. Mais pour le pirate, cela était pareil.

- “Combien te paye Emile ?”
- “Il ne me paye pas, mais m’offre le lit et le couvert. Enfin, pas vraiment le lit …”
- “Alors je te propose la même chose, mais en plus, je te rajoute 100 000 Berries la semaine. Ça te va ?”
- “Autant ?!”
Ada faisait faussement l’étonné, elle se doutait que ce qui payerait son salaire devait découler de leur activité malhonnête.
- “Bien sûr, et plus encore si tu travailles bien.”

Ada accepta alors en serrant avec force et entrain la main de l’homme. Puis rapidement, comme pour mimer une jeune fille impatiente, elle courru à l’auberge, le sac secouant les poissons qui étaient dedans, pour aller prévenir Emile qu’elle l’abandonnait. Après tout, elle avait trouvé bien mieux et elle avait hâte de commencer. Loin d’être passionnée par la vente de doré de la mer, elle voyait déjà l’investigation prendre une tournure bien plus intéressante.
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Une semaine plus tard au milieu du marché aux poissons,

Cela faisait maintenant des jours qu’Ada avait rejoint Taurin sur le marché, et pourtant, même si elle s'investissait au maximum de ses capacités, sans mettre à mal son identité, elle n’arrivait pas à gagner la confiance de Morford. Elle l’avait vu plusieurs fois, alors qu’il faisait des tours de ses étales et discutaient avec ses hommes, mais il n’avait pour elle qu’un regard méfiant. Et si Taurin se montrait gentil à son égard, il ne la laissait jamais trop approcher de certaines caisses qu’elle soupçonnait être rempli de trésors volés ou de poisson gavé de la ces dorées. Par ailleurs, assez régulièrement, il y avait des clients arrivant par bateau, qui demandaient des poissons à l’homme mais avec des adjectifs assez précis. Que ce soit du “poissons très frais”, ou “aux écailles brillantes”, à chaque fois, Taurin allait piocher, non pas sur dans les poissons exposés, mais bien dans les caisses qu’elle n’avait pas le droit d’approcher. Et cela ne faisait que renforcer les soupcons de la femme. Cependant, ce qu’elle aurait voulu, c’était de pouvoir partir en mer, tôt le matin, à leur côté. Car si avec le temps, tout cela commençait à devenir une évidence qu’il y avait un trafic louche sous les activités de ces pirates, elle n’avait pas encore de preuve que son raisonnement était réel. Mais les virés en mer étaient réservés aux membres compétents du groupe et Ada n’avait pas encore eu l’occasion de prouver sa valeur. Tout du moins, jusqu’à aujourd’hui.

Alors que, comme à leur habitude, Taurin plaçait les poissons sur l’étale pendant qu’Ada rapportait les caisses du port, un curieux étrangé faisait des tours du marché en observant les nombreux poissons présents. Pourtant, jamais il n’interrompait un vendeur. L’agente du Cipher Pol restait méfiante. Son regard se faisait plus prononcé alors qu’elle venait déposer la quatrième caisse de poissons et que l’étrange personnage se promenait devant leur étale. Puis d’un geste brusque, l'inconnu se saisit d’un téléostéen posé sur la table avant de partir en courant. Surprise mais pas déconcerté, Ada se mit à sa poursuite, sautant au-dessus de la table pour essayer de le rattraper. Et bien qu’elle ne pouvait pas utiliser le soru devant la masse de monde présente, elle se savait plus rapide. Effectivement, l’accoutrement négligeait de l’homme et son attitude suspecte et maladroite la laissait penser qu’il s’agissait d’un voleur à la volé mais du genre occasionnel. Et alors qu’elle zigzaguait entre les gens pour rattraper l’homme, elle tendit le bras pour attraper sa veste et tirer avec force dessus. Elle freina des talons, ramenant l’homme vers elle dans un geste brusque et puissant, avant de l’éviter pour le laisser tomber vers l’arrière sur le sol. Une fois à terre, elle s’assit à califourchon dessus, immobilisant ses bras alors que l’homme était autant surpris que terrifié. Elle attrapa le poisson avec force alors que le voleur se mettait à crier :

- “Rendez le moi ! J’ai besoin de cet or pour survivre !”

Un discours bizarre alors même qu’Ada yeuté le poisson en question et que rien ne laissait présager le présent d’or d’une quelqu’on forme que ce soit.

- “Comment ça “l’or” ?” Demanda-alors l’agente en faisant mine de ne rien comprendre.
- “Dedans ! Il y a des bijoux précieux !”

Ada tourna la tête pour venir scruter le poisson alors qu’une main impatiente lui arracha. En redressant les yeux, pleine de stupeur, elle reconnut Morford qui tenait l’animal entre ses mains et regardait également à l’intérieur avant d’afficher une mine rassurée.

- “Ce n’est rien gamine. On va s’en occuper.”

Et alors qu’Ada se relevait, deux hommes du pirate présumé vint soulever le voleur et l’embarquer alors que ce dernier criait à plein poumons de lui rendre son poisson. Puis d’une course impatiente, Taurin arrivait également.

- “Morford ! Je n’ai pas eu le temps de le rattraper. Je suis désolée.” Dit-il en se confondant en excuse devant le plus vieux poissonnier. “Merci Elsa d’être intervenu.”
- “Il pensait qu’il y avait de l’or dans le poisson …”

Et avant même qu’elle n’ait le temps de finir sa phrase, les deux hommes explosèrent de rire. Elle se sentit d’un coup mal à l’aise, et presque ridiculisée par leur action.

- “C’est un fou, il ne faut pas l’écouter.” Dit Morford avec conviction.
- “De l’or dans les poissons, n’importe quoi.”

S’il s’agissait de cinéma, alors les deux hommes avaient très bien répété la scène. L’expression décontenancée d’Ada ne les laissait cependant pas indifférent et Taurin finit par poser son bras autour des épaules de la femme pour la guider vers leur étale avant d’ajouter :

- “T’es quand même vachement drôle toi.”

Et Ada ne préférait pas répondre. Elle se sentait un peu humiliée et finit le journée par retourner la scène dans son esprit. Elle était sûre que le marché était vrai mais bizarrement, le doute commençait à s'installer dans son esprit.
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Le lendemain de l’incident,

Ada était secouée dans son lit de fortune. La tête encore embrumée, elle arrivait à distinguer Taurin dans la pénombre.

- “Hey Elsa, réveille toi ! Vite !”
- “Que se passe-t-il Monsieur Taurin ?”


Ada peinait à rester dans son personnage sitôt après le réveil mais se devait de ne pas lâcher un seul mot qui pourrait le faire douter.

- “On est invité à pêcher ce matin.”

Et alors même que le mot “péché” était entré dans les oreilles de l’agente, cette dernière ouvrit les yeux en grand. Comment et pourquoi ? Etait-ce son action du jour d’avant qui l’avait aidé à montrer sa dévotion pour le marché ? Ou bien ses talents pour arrêter les voleurs ? Elle ne savait pas vraiment, mais sur l’instant, elle s’en moquait. Elle se leva d’un bond alors que Taurin était déjà devant la porte.

- “Dépêche-toi, habille-toi chaud et je t’attends au port.”

Puis il disparut aussi vite qu’il était arrivé. Ada resta quelques secondes à s’interroger sur ce qu’il entendait dans “habille toi chaud”, elle qui n’avait pas vraiment de bien plus que sa tenue habituelle. Elle n’avait toujours pas touché aux berries que Taurin lui avait confiées pour sa première semaine à ses côtés, souhaitant les remettre au gouvernement mondial une fois que toute cette histoire serait enfin terminée. Alors elle s’habillait succinctement, avant de rejoindre le pirate au port et d’embarquer sur le bateau de Morford.

Lui aussi était là, tenant la barre alors que bon nombre de ses hommes s'affairaient sur le pont pour quitter le port et s’éloigner des côtés. Rapidement, ils se retrouvèrent en pleine mer, le vent à l’odeur iodé soulevait les cheveux de l’agente alors qu’elle regardait à l’horizon le soleil se lever. Taurin à ses côtés semblait impressionné par la situation si bien qu’Ada se demanda s’il ne s’agissait pas de sa première virée en mer également. Si cela était le cas, la raison de ses difficultés à se faire inviter à bord se dessinait très clairement dans son esprit. Elle avait pris pour “mentor” un homme qui n’avait pas véritablement la confiance de Morford. Pas étonnant qu’elle eut tant de mal à l’avoir elle-même. Elle soupira doucement, lorsque le bateau s’arrêta net au milieu de l’eau foncée. Tournant le regard, elle vit Morford quitter la barre pour descendre sur le pont avec sa longue vue. Si elle s’attendait à pêcher, elle n'avait même pas remarqué au sur le bateau, aucun matériel pour réaliser cette activité n’avait été sorti de la calle. pas un filet jeté à la mer, pas une canne dans les mains des marins. Seulement des épées affûtées.

L’agente se fit plus méfiante lorsqu’un homme à la vigie hurla “Bateau en vu, Capitaine Morford”. Le regard d’Ada se concentra alors sur le pirate dirigeant ce groupe, puis sur l’objet au loin qu’il observait avec son outil. Se dessinant à l’horizon, un bateau semblable au leur avançait droit sur eux. Les yeux se plissant, l’interrogation habillant son visage, Ada restait étonnée mais curieuse de ce qui se tramait au milieu de la mer.

- “Que se passe-t-il Monsieur Taurin ?”
- “C’est des partenaires commerciaux du capitaine. C’est ceux qui “pèchent” pour nous.”


Alors Morford n’était pas à l’origine des marchandises volées mais se contenter de servir de receleur … cela faisait beaucoup plus de pirate à arrêter d’un coup.

Rapidement, les deux bateaux se retrouvèrent côte à côte et alors qu’une large et longue planche était déposée entre les bâtiments pour les relier, un homme, aux allures de forban bien plus prononcé que Morford, vint à la rencontre de ce dernier. Ils se saluèrent d’une accolade avant de se serrer la main par la suite. Ada se rapprocha, suivie de près par Taurin, curieux de connaitre les échanges entre les deux hommes.

- “Je vois que tu as renfloué les rangs. Fais attention, le Cipher Pol est partout maintenant.”

Son regard se tourna vers Ada, et bien qu’elle ne laissait rien paraître, son cœur se mit à s'accélérer extrêmement rapidement. Elle sentait ses battements dans sa poitrine comme un tambour de guerre essayant de motiver des hommes au combat. Était-ce au courant de son rôle d'agent infiltré ? Non, comment le pourrait-il ? Pourtant, le regard insistant de l’homme ne calma la pression que subissait Ada que lorsqu’il détourna les yeux vers une imposante caisse que déposaient deux autres hommes de Morford à ses pieds.

- “Ah mon argent.”

Puis alors qu’il ouvrait la caisse, il laissait entrevoir un tas de pièces dorées et brillantes aux yeux de l’ensemble des présents.

- “D’où viennent les bijoux ?”
- “D’un peu partout, j’ai sillonné tout Westblue depuis la dernière fois qu’on s’est vu.”
Répondit le forban alors que d’un geste de la main il invitait les hommes de son bâtiment à rapporter à son tour une imposante caisse faisant un cliqueti bruyant.

Lorsqu’ils finirent à la poser au sol, ils l’ouvrirent à leur tour comme pour prouver leur bonne foi. Et alors qu’elle s’attendait à des poissons à l’odeur de mort, elle ne vit que des bijoux et des pierres précieux, entassés grossièrement dans le boite, sûrement pour donner plus de volume. Sous son masque en tissu, elle ne put contenir un sourire. Elle avait enfin un visuel plus précis de la situation et toutes les suppositions jusque là devinrent vraies.

Puis une deuxième caisse fut déposée, cette fois pleine de poisson. Sûrement ce qu’ils utilisaient pour dissimuler les bijoux et les vendre aux clients au courant du trafic.

- “Bien.” Ajouta Morford. “On se revoit dans une semaine.”

Puis d’un signe de tête, l’autre pirate envoya ses hommes récupérer sa caisse et repartir sur son bateau pour mettre les voiles loin d’ici. Leur organisation semblait tellement rodé et redondante, qu’ils ne leur auraient fallu qu’un échange rapide et trois caisses baladées pour s’être mis d’accord. Depuis combien de temps ce trafic tournait-il ? Et comme Morford l’avait invité à se revoir dans une semaine, combien d'intermédiaires pirates avait-il pour renflouer ses caisses de bien volés ? Des questions certes pertinentes mais qui n'intéressaient assez peu l’agent du Cipher Pol. Elle, elle était venue infiltrer les rangs de Morford et trouver la preuve du trafic. Chose faite. Maintenant elle était impatiente de prévenir la garnison de la marine de l’île la plus proche pour mettre en place une intervention.
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Trois jours après la virée en mer,

Au retour de la balade en mer, Ada s’était isolée dans le lieu où elle avait entreposé son baluchon pour en sortir un Denden. Elle avait prévenu le QG de Westblue de la réussite de la mission et de la nécessité de lui envoyer un groupe de marine pour l’aide dans la saisie des biens et l’arrestation des pirates. L’impatience l’avait pris et elle n’avait qu’une envie, que tout cela se produise bientôt. Cependant, on lui avait demandé d’être patiente trois jours de plus et de rester dans les rangs infiltrés le temps que les marines rappliquent. Alors elle s’était prise au jeu, cherchant à se rapprocher de Morford avant de finalement être déportée sur l’étale du capitaine. Il commençait à avoir confiance en elle. Elle dégageait une force et un caractère qui semblait lui plaire. Pour le plus grand plaisir de Ada. Et il avait même fini par lui parler de la cache où se trouvait une grosse partie de leur butin sans donner plus d’indication. Cependant, elle savait comment accéder au hangars où était stocké les biens volés revendus le jours suivants. Et cela serait suffisant pour prouver la véracité du trafic sur l’île.

Les jours lui avaient semblé long mais le moment de finir ce qu’elle avait commencé arrivée à grand pas. Le matin même, elle avait suivi Morford en mer. Et en revenant, elle avait pris le temps d’empoisonner l’eau et la nourriture des guetteurs de l’homme, scrutant toutes la journée l’horizon à la recherche d’un pavillon de la marine. Certaines qu’ils finiraient tous par tomber dans un profond sommeil, elle était allée se placer auprès de l’homme au sein même du marché. Observant les clients avec un sourire plus qu’inhabituel. Et alors qu’après plusieurs heures, elle voyait le bateau de la marine qu’elle avait appelé accoster au port et les hommes commencer à descendre pour faire le tour du marché qu’elle se trouvait plus que satisfaite. Elle observait avec attention le regard déconfit de Morford alors même qu’il savait que la situation devenait pour lui plus que compliquée.

Ah, quelle belle journée pour terminer une mission.
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