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Voyage au centre de la terre [solo]

Plus que cinq jours de recharge. Je me suis roupillé de quoi récupérer de la bataille et après l'inspection de ma blessure, qui semble en bonne voie de guérison au cas où ça te tracasse, je me suis recyclé les cadavres de la bataille. Tous en soute du navire de la marine fait nôtre. On a deux vaisseaux maintenant, le grand tout beau encore appelé Mujinzoo, et le plus petit mais quand même classe du Commandant, le Green Lantern. Leur cale bouffe a été vidée et on y a stocké les corps, pas un spectacle pour les mineurs. Ceux qui bossent dans la mine, pas les autres. Y a pas de gosses ici du reste, que des travailleurs.

Me suis rassemblé les légionnaires sur ce qui sert d'agora mais pas seulement, les mineurs aussi étaient invités. Les gars ont vu les nouveaux tauliers bousiller les uniformes qui servaient à plus ou moins servir de stabilité autoritaire dans le coin, sont inquiets concernant les règles des lieux maintenant qu'un proprio s'affirme. Je rassure. On ne s'est pas pointé juste pour le plaisir de défoncer de l'uniforme. Dès que la Légion a pris l'endroit, je m'étais promis d'en faire quelque chose. Une nouvelle organisation.

Je signale aux civils que tout ce qui est ici m'appartient désormais, mais que je ne vais pas les léser dans l'histoire. Quitte à prendre plus de cinq jours, on va leur bricoler une nouvelle condition de vie et leur offrir un système de sécurité point de vue qui trouve quoi. En gros, on fait pot commun et on partage. Les gars sont un peu sceptiques, normal, mais je leur garantis que c'est viable si bien contrôlé. Et ça le sera. Plusieurs de mes gars sont en ce moment en route pour ici. Deux navires bossant habituellement sur les Blues vont débarquer des renforts et servir de nouvelle figure d'autorité et de travailleurs supplémentaires. En gros, je leur explique que des colons se pointent et qu'ici ça ne va pas se résumer à une grosse caverne qu'on creuse à la recherche d'une légende. Je réponds aux questions, je prends les noms des civils retranscrits pas un de mes hommes qui sait écrire et je signale à tous ceux qui ne sont pas sur cette liste qu'ils ne sont pas autorisés à bosser dans ma mine. Faudrait pas qu'un petit malin pense qu'il peut extraire des trésors pour sa pomme, le partage c'est pas une option.

Le reste de la journée se fait de lois dictées, de papiers signés et de duplicatas. On donne à l'île du Capitaine John son système de fonctionnement et on régularise le tout. Chaque salarié est payé une somme fixe par mois, cent mille berries. Ca paraît peu, mais personne ne paye de logement ni l'accès aux sanitaires. C'est offert à tous et construit par la collectivité. Au final, chacun s'en tire avec de quoi bouffer normalement trois fois par jour et a même un surplus pour les fringues, le Mondial ou ce qu'il veut. Je leur ai troqué un rêve de fortune contre une vie normale, mais bien réelle. Après, faut construire les logements, rendre l'endroit viable et le protéger des futures représailles du Gouvernement quand il comprendra que Green n'avait pas qu'un souci d'escargophone. Ce jour-là, l'île devra être autonome, prête à se défendre. Pour ça, faut du pognon, beaucoup de pognon. Et pour ça, faut que je trouve le trésor du Capitaine John.



***
Trois jours que je fouille. Je pensais que ce serait plus facile que ça. Sais pas quel genre de type était Johnny, mais pas une tanche niveau cache-cache. Je me suis aidé le premier jours d'une poignée des meilleurs mineurs pour me dire qui a creusé où. Pas fastoche de rassembler les souvenirs du travail de masses dans cette termitière, mais la pierre parle bien. Les traces de pioches se datent comme les coupes d'arbres. Il me faut remonter cent ans en arrière. Je suis ralenti par les conneries d'une partie des taupes. Comme l'embauche n'était pas sélective, on a eu du judicieux comme du pouilleux dans le forage. Qu'on creuse au mauvais endroit m'en tape, mais qu'on efface des traces plus anciennes et nettement plus précieuses, ça m'irrite doucement. t'aimerais qu'on fasse tomber de l'encre sur une carte ? Ben c'est comme ci. Au moins, ici le soleil ne me brûle pas.



***
Rakham le Gris arrivera dans deux jours avec tous les rescapés de Dead Mood. Nous, on a le log rechargé depuis aujourd'hui. On pourrait se barrer, mais à quoi aurait servi de battre la marine ? Si c'est pour laisser le chaos derrière-nous, autant rester chez soi.

J'ai confié à Sergueï les instructions à remettre pour les colons. Lui ai raconté comment on a foutu le feu à la ville de Dead Mood pour en sauver les autochtones, emprisonnés dans leur misère. Cet endroit sera un nouveau départ pour eux. Il sait aussi que je ne vais plus revenir chaque soir de mon expédition, c'est à lui de maintenir l'ordre durant mon absence. A ce propos, l'ai fait Chevalier avec quelques autres. Ce vieux a beau avoir vécu plusieurs vies, tu le sentais fier comme un gosse quand il a été promu. Les autres légionnaires le respectent, il a le profil pour continuer à monter. Sa besogne sera notable durant ma période de fouilles. Il sait qu'il faut remplacer le grand mât pété par une volée de rames solides et "vider" le navire marine comme un fruit en faire une grosse coquille qui servira de chambre à Braff. Malgré les recherches, aucun gars n'était capable de customiser suffisamment le Mujinzoo pour en faire un navire deux fois plous grand, deux fois plus apte à accueillir un géant. "problème de quille" qu'on m'a dit. Il faudrait construire une quille de base plus grande pour servir de meilleure armature. En attendant de trouver ça à Erbaff, le premier navire géant hostile se fera réquisitionner.

Etant donné que Ducon porte bien son surnom, il lui est impossible de diriger son propre navire, même pourvu de rames. J'ai passé beaucoup de temps avec Bardock (rebaptisé Barbaque), notre monstre marin dressé par Shinji et il s'avère qu'il a un facteur d'obéissance très proche de Nobunaga. Je suis parvenu à lui faire comprendre pas mal d'ordres, il sera le bête de trait du Lantern. C'est le seul moyen de vivre en harmonie avec Braff, je ne veux pas qu'il coule notre vaisseau principal parce qu'il a vu une fourmi passer entre les lattes du plancher.

L'armement repris à la marine servira à protéger l'île d'envahisseurs. Il ne manque plus que les troupes des Blues et les colons pour transformer cet endroit en village.



***
Je me demande ce qu'ils foutent en surface. D'ici, on ne pourrait les entendre. Ca fait une bonne semaine que je les ai quittés. La flotte ne manque pas parce que je sais où en trouver, mais contrairement aux Mondes souterrains, il n'y a aucune grosse bête à bouffer ici. Je me suis prudemment rationné et j'ai bien fait, mais me faut assez d'énergie pour rester alerte à chaque instant. Toute trace pourrait mener au trésor. A ce propos, je suis dans un endroit où, d'après les champignons, on a creusé il y a quelques décennies. encourageant, en supposant qu'à l'époque peu de personnes ont eu l'audace de forer si loin. Les ravages du temps ont fait s'effondrer quelques galeries et j'ai dû prendre quelques raccourcis en bastonnant la roche pour rejoindre un autre canal. Je pense pas m'être trop éloigné du cap, mais dur de donner un âge à de vieilles cavités. Johnny devait avoir un zoan nyctalope, sinon jamais il n'aurait pu tenir dans cet endroit. Si je tombe sur un dragon gardien de trésors, te dis pas comment je serai heureux de manger chaud.



***
Ha ha ha, à défaut d'un dragon, suis tombé sur un autre machin. Ca m'a réveillé avec un bruit de grattement et de petits clapotis. Puis ça respirait difficilement, j'entendais les narines racler à chaque vent un tas de trucs qui devaient butter à plus ou moins long terme. Le truc m'a repéré dans le noir et le silence total, chose qui m'a surpris. elle m'a bondit dessus et j'ai plus ou moins isolé la tête pour l'empêcher de me cranter avec ses dents. Après quelques coups de poings dans le museau, ses poils étaient trempés de sang et ne faisait plus aucun bruit avec son nez. J'ai identifié la boule de poils au toucher. C'était bien un être humain. Elle avait au cou une médaille de la marine et les os de la cage thoracique si palpables que ça devait faire des mois que le lascar tournait en ronds dans les souterrains. En le buttant, je l'aurai délivré de sa folie. Pas bon pour un surfacien de rester trop longtemps dans le noir, ça a toujours fini par les rendre fous. Et dire qu'on a les mêmes ancêtres.



***
Ce con m'a fait faire un cauchemar, premier depuis des lustres. Je me suis retrouvé en face du Minotaure et même si cette fois j'avais mon corps de maintenant, je le fuyais dans un dédale de galeries. Son souffle encombré me filait et quoique je fasse, je sentais qu'il était tout près. Si je m'étais retourné, il m'aurait eu, alors j'ai fui comme jamais je ne le ferai plus. Au réveil, je me suis rassuré. La bête est morte et dépecée, je la porte sur mon armure et j'ai la force de son sang en moi. Ca ne m'aide pas beaucoup pour le moment.



***
Si je suis sur la bonne route, John n'était pas un zoan. La galerie que je dois prendre pour continuer est inondée et impossible de savoir jusqu'où. Je suis là à attendre devant ce puits comme un con, comme si la dame du lac allait en sortir et me dire si je peux y aller confiant. Les zones inondées, c'est une hantise. Si je m'élance là-dedans, je n'ai plus qu'à espérer pourvoir trouver une poche d'air dans les minutes qui viennent. Si c'est pas le cas et que ça donne vers un cul de sac ou encore des kilomètres de boyaux, je suis mort. Si le tunnel rétrécit et que je me coince, je finirai pas cracher l'air de mes poumons et me noierai. Crever devant un adversaire qui mérite ma peau, j'accepte. Me faire avoir bêtement parce que je veux un trésor, c'est tout de suite moins prestigieux. Mais si je rebrousse chemin, qu'est-ce que j'y gagne à part du temps perdu ? Si c'est la bonne route comme je le pense, m'en détourner pour chercher ailleurs revient à abandonner. Allez, faut prendre le minotaure par les cornes. Vu le temps depuis lequel je macère dans les couloirs, tremper un peu ne peut pas faire de mal.

J'ai pris la fourche du bas. Ha ha ha, c'était la bonne. Je pense que je me serais noyé dans un trop long couloir si j'avais naturellement pensé qu'il fallait remonter. Dans l'endroit où j'ai débouché, les champignons sont inconnus. Ils luisent dans la nuit comme des saloperies de fées. Savais pas s'ils étaient comestibles, dans le doute, j'en ai bouffé. Ben c'était pas mauvais, puis ça me fait un premier vrai repas depuis des lustres. Ramper, creuser, déplacer des pierres toute la journée pendant des jours avec juste de la flotte et quelques champis en guise de bouffe, ça m'a causé quelques vertiges. Bilan, me suis endormi plus d'une fois sans le vouloir et je ne sais pas depuis quand je suis coincé dans ces galeries. J'ai emporté une bonne ration des champis lumineux, pour grailler mais aussi pour servir de lampe. Ca fonctionne sous l'eau en plus. en fait, je dirais même que ça doit aller sous l'eau pour bien fonctionner. Connais pas l'explication, mais on dirait que cet organisme se recharge avec l'humidité. Il doit se nourrir de petites bêtes présentes dans la flotte, ou un truc du genre.



***
On approche du but. J'ai entendu de nouveaux bruits au fond du tunnel. J'ai d'abord cru qu'un autre merdeux débaroulerait pour tâter de mes phalanges, mais cette fois c'était différent. J'ai entendu de la musique. Truc primaire hein, à base de percussions et de rythmique simple, mais quand même bien balancée. Si ça taquine du tambour, ça a de la peau à employer en instruments. Et s'il y a de la peau, il y a de la viande pas loin. Je dois avouer qu'avec ce noir constant, ce rappel de mes années famine et le fait que les cavernes soient désertes, je sens mes instincts refaire surface. Un bon petit casse dale me calmera pour les jours suivants.



***
Chhhut, ça se rapproche.



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Impasse. Une de plus. mais cette fois, je sens rien autour. Ni salle annexe, ni vibrations, rien. Je suis au coeur du monde, dans la salle de son oubli. Ca craint un peu, parce que je ne pourrai pas refaire le chemin inverse. Plus assez d'énergie. Sais pas si trouver la viande va m'aider, mais je suis bien là pour ça. Je dois tout reconstruire. Pour vérifier que j'étais bien là, je hurle, je me crée un compagnon avec l'écho qui pense exactement la même chose que moi. Ouais, on va pas remonter, trou du cul. T'es tout maigre, t'es tout faible. Il avait toujours tort ton paternel ? C'est pas dangereux la surface ? Impossible à survivre ? Comment tu veux savoir où aller quand t'as plus aucun ennemi à combattre ? Le cadavre de ton adversaire, c'est la balise de ton évolution, le panneau d'une route que t'as prise. Ici, y a pas de route, pas de repères. Rien d'autre que toi et ton écho. Tu es ton seul ennemi.

Mais il y a forcément eu quelque chose ici. Quelqu'un l'a bien creusé ce putain de tunnel. Si tu le fores un peu plus, t'auras dépassé ce mec-là. La pierre est devenue si dure à péter que tu as l’impression de laisser des bouts de peau dessus à chaque coup, mais tu t'en cognes. Tu frappes de rage, de colère, d'ambition. Tu veux battre un record qu'aucun autre ne peut constater. Le mec qui est mort ici avant toi, il doit te voir, c'est forcé. Tu bousilles sa dernière oeuvre, il doit te maudire. hé hé, ben tant pis pour ta gueule, fallait pas présumer de mes forces. Je vais continuer à briser ce mur jusqu'à ce que les os soient à nu. C'est le moment de jouer son propre tamtam.



***
Je viens de me réveiller, les poings en sang. J'ai rêvé que je crevais dans une impasse, sauf que c'était pas un rêve. J'ai du mal à recoller les morceaux. Il est possible que je sois en train de tourner de la carte. Derrière moi-il y a des squelettes. Pas de moi. Des pirates, je pense. Les tissus sont brunâtres et moisis, mais le cuir des ceintures et les restes de bijoux autrefois rattachés à des lobes d'oreilles me font penser que c'étaient des forban. Rien à bouffer sur eux bien sûr, pas même sur leur os. J'ai pris le temps de fouiller chaque recoin et suis tombé sur une carapace de bigorneau. J'ai essayé de voir si un truc bouffable vivait encore dedans, mais la coquille s'est mise à me causer. Toujours le même truc.

" Testament de Bozo, 1538. Je pense. Nous sommes peut-être en 39 maintenant, cela fait si longtemps que nous n'avons pas pu avoir des nouvelles de la-haut. Cette expédition menée par le Capitaine Baggy a tourné au cauchemar, j'ignore combien d'entre nous sont enfermés ici suite aux multiples pièges de la route du trésor de John. Les premières centaines de volontaires n'ont servi qu'à désamorcer une partie des nombreux pièges des lieux. éboulements, chausse-trappe, murs inondés, poches de gaz, et j'en passe. La configuration du terrain a coupé les communications entre groupes et nous nous sommes tous perdus. Tous sauf nous, en fait. Un ironique hasard a voulu que nous découvrions le trésor. Inutile.

Cette stèle ne nous offre rien d'autre que des gribouillages indéchiffrables. J'ai failli la fendre de colère, mais Pierrot a retenu mon coup. "C'est le trésor de John, l'écriture doit indiquer où on peut le trouver". Alors, j'ai relevé les symboles sur mon carnet de bord, et nous nous sommes mis en route pour le retour. Les lieux avaient changés. Vous ne vous en rendez pas compte durant la descente, mais les couloirs coulissent et vous vous retrouvez bloqués. On m'a traité de fou pour avoir affirmé ça, mais je sais que j'ai raison. Pensent-ils qu'ignorer le son des tamtams les fera survivre ? Tous des fous.

Je n'ai rien. Pourquoi un testament alors, puisque je n'ai rien à offrir ? Une information, une seule. Elle permettra à qui aura eu le folie des grandeurs de réussir là où l'épuisement m'empêche de le faire. Les murs vous éconduisent quand une lumière leur signale votre présence. Gardez torches éteintes et vous découvrirez à tâtons comment rejoindre la stèle. Moi, c'est vers la sortie que je me dirige.
"

Le carnet auquel il fait référence a pourri, inutilisable. Je laisse les champis lumineux là et je reprends la route.



***
Je me sens mieux, nettement mieux. Ca fait deux bonnes heures que j'ai plus l'impression de m'épuiser de l'intérieur et que je sens même un regain de forces dans mes mains quand elles s'appuient sur les murs. Les champis lumineux étaient très bons, salvateurs même, mais leur effet secondaire diminuait ma force et ma résistance. Me blesser en frappant des murs, jamais ça me serait arrivé en temps normal. J'ai perdu ma puissance à force de bouffer ces machins sans m'en rendre compte, ça inhibe la vitalité. Depuis que j'ai écouté le bigorneau, je sais aussi que ça me murait dans des cul-de-sacs. Dans le noir, ma route est claire, limpide. Je file vivement vers cette pierre que je sais issue de mon peuple, de l'Histoire Oubliée.



***
La semelle fait un autre bruit sur le sol. Plus sec, plus net, plus répandu. La galerie est devenue un vrai couloir, avec des mures lisses et un sol stable qui ne descend plus ni ne monte. Dans cette veine en forme de cloche, j'avance avec la chaleureuse impression d'avoir atteint mon but. La façon dont le décor a été taillé m'est familier, il me rappelle ma terre natale. Mon peuple a bâti cet endroit, j'en ai la certitude. Après ce lon corridor sans fin, j'arrive dans une plus grande pièce. Immense. Son plafond se perd dans l'obscurité et on pourrait reconvertir la salle en stade tellement l'espace s'affirme. Il n'y a rien d'autre ici que des cercles imbriqués au sol formant un système giratoire autour d'un gros bloc de pierre. La fameuse stèle décrite par Bozo.

J'avance dans le noir total, et découvre ce que je viens de décrire. Chaque pas me fait capter ce qui m'entoure et je m'arrête à portée du bloc. Ma main passe sur sa surface et je sens la poussière s'accumuler sur mes doigts. Je m'en fiche, seule compte l'identification des symboles. Je passe patiemment sur chacun d'eux et projette le message dans ma tête. C'est une épitaphe

" Ci-git l'âme d'Asclépios, mort pour donner vie à son Arme. Pluton n'est plus une solution."

Et c'est signé par Asc. Dans le genre mystique, j'en ai pour mon fric. Je palpe le reste de la pierre, mais rien d'autre n'est écrit. Après m'être essuyé les paluches sur le futal, je me mets à tripoter le sol à l'endroit des cercles. D'autres glyphes, correspondant à des fragments de mots. En faisant les poussières dessus, je découvre qu'il y a du jeu à chaque cerceau. Ca sent l'énigme. Il me faut quelques heures pour faire le tour de chaque zone pour en relever les choix possibles à imbriquer devant la stèle. Je m'endors, je me réveille, et je continue. Je trouve d'abord la fin. Asclépios. Puis crypte d'. Sitôt le code formé, un bruit de pierre coulissante se fait entendre et la stèle s'élève. Sous elle, une cage d'ascenseur. J'entre et attends. Un bruit identique s'élève et je me retrouve sous la salle de l'épitaphe. C'est parti pour la crypte.



***
J'ai à peine eu le temps de remarquer deux points lumineux qu'une main froide et solide comme du granit m'empoigne par le cou, me soulève (hein?) et me plaque contre un mur. Je donne un coup de coude dans ce qui doit servir d'avant-bras à l'enfoiré qui m'agresse, mais ça ne bronche pas du tout. Pire encore, je ressens comme une décharge dans tout le corps au moment du choc. Pas le bon plan le contact direct, je m'appuie sur mon dos et lui balance mes pieds joints dans la bide. il recule sous le choc, fait quelques lourds pas en arrière, mais ne tombe pas, pas même lorsque je pense forcer le déséquilibre en risquant un gnon en pleine face. Nouvelle décharge, je suis trop faible pour tenir le choc. Il se reprend, me rabbat contre le décor et je récupère mon souffle en vue de retenter de le fracasser, même si c'est sans grand espoir tellement je suis épuisé. Les lumières s'approchent de ma trombine, la chose m'inspecte sous toutes les coutures et me laisse retomber. Je la sens repartir plus loin dans la pièce.

Hey, ducon!

Me relève et suis sacrément en rogne de me faire accueillir comme un parasite. Ce type doit me penser assez cave pour ne pas pouvoir le bousiller dans le noir. De fait, il y est à l'aise, mais moi aussi. Je rassemble mes forces, donc beaucoup de trucs, et charge ce connard pour lui offrir un magnifique glissé de la gueule sur tout le reste du couloir. Je m'arrête net en entendant un sale son de pereuse et en captant aux vibrations que ce truc est braqué vers moi. après sa menace d'empalement, il repart.

Wo wo wo, t'es quoi toi ? Asclépios ? Si tu voulais pas que je radine dans ta crypte, fallait trouver une énigme un poil plus complexe.

Ca ne cause pas. a la place, il fait un truc qui asperge toute la salle de flotte et là je vois que les murs s'allument tout seuls, comme les champis d'en haut. Fait subitement si clair que je ferme un oeil pour encaisser le choc. Le clos stabilise l'ouvert et au bout de quelques secondes, je peux y voir normalement. Sous le stade de glyphes, il y a un tas de grands caissons en métal collés les uns aux autres par rangées entières à perte de vue. Suis sur une passerelle éclairée surplombant tout ça avec mon agresseur qui s'avère être un cyborg. Un peu comme ceux que sortent le Gouvernement, mais en plus archaïque. Au lieu de plaque d'acier épousant les formes humanoïdes et de latex pour els tronches, le machin là est entièrement en métal et avec des tas de rouages qui tournent tout le temps. Il fait même de la fumée de truc, tu dirais un puffing tom monté sur pattes. Comme j'ai le choix entre le suivre ou sauter de vide pour voir si les caissons amortissent la chute, je le suis.

On débarque dans une petite salle avec un tas de machines à vapeur sur deux des murs. j'admire un peu le complexe du complexe sans trop essayer de capter pourquoi ça tourne, ça roule ou ça fait de la fumée de temps en temps. Gueule d'acier remarque enfin que je suis là et me fait face. m'apprête doucement à devoir retenter la mandale quand il se met enfin à jacqueter avec une voix comme passée à travers un ventilateur.

Suspicieux.Vous n'êtes pas John.


Ben dis donc, tu parles d'une flèche. S'il doit emplâtrer tous ceux qu'il veut identifier, il a intérêt à ne pas remonter à la surface.

Tout juste ma gueule, suis le Roi Minos.


Courtois. Enchanté Majesté. Formel. Je m'appelle Ascii. Gardien du docteur Asclépios.

Ah ben bon à savoir ça, j'imagine que c'est toi qui as signé l'épitaphe.


Intrigué: Comment connaissez-vous notre langue ? John a affirmé que plus personne ne la parlait.

Longue histoire ma gueule, longue Histoire même ha ha ha!

Amusé. Tentative d'humour réussie. Votre blague était drôle.

Il précise sa façon de causer parce que ses mots partent lentement et restent monotones. Puis impossible de savoir à sa gueule comment il réagit. Je me marre pour deux et je poursuis.

Ok Ascii, on est où là et c'est quoi le trésor de John ? Suis venu pour le prendre parce qu'on a besoin de pognon en surface.

Evasif. Le trésor n'est pas un trésor. Menaçant. Vous ne profanerez pas cet endroit.

Hey, calme-toi Ascii, suis pas là pour qu'on se fâche. Encore que je te dois un étranglement. Cet endroit semble important pour être connu en surface comme le lieu où Johnny a planqué son butin. Se fait finalement que la stèle est peut-être le véritable trésor, mais ton boss a créé Pluton non ? C'est l'une des armes de mon peuple. Si tu sais où Asclépios planque Pluton, faudrait me le dire.

Sceptique. Que feriez-vous de cette arme ? Détecteurs de mensonges activés.

J'en sais keud'. C'est l'héritage de mon peuple, mais on ne sait plus ce que c'est ni comment s'en servir. Tout ce que j'ai appris, c'est que les ponéglyphes servent de balises pour qui pourrait un jour remettre la main dessus. Faut savoir causer la langue pour s'en servir alors même quand les gens en trouvent, bien souvent ils ignorent ce que c'est.

Insistant. Que comptez-vous faire des Armes ?

T'attends pas à ce que je te dises "m'en servir avec responsabilité pour faire régner la justice" pour te faire plaisir. Si je mets la main dessus et que ça marche, le Gouvernement actuel va en chier sévère.

Surpris. Quelle franchise. Déçu. Vous ne pourrez pas la trouver.

Pourquoi ?

Résigné. Je ne peux vous donner l'emplacement de Pluton. Vous n'en n'êtes pas digne.


Je serre le poing, mais l'utiliser ne m'avancerait pas. Ca me met quand même les burnes de travers de me voir refuser l'aide d'une machine parce que je compte employer une arme de destruction pour la même raison que celle qui a permis sa construction. Faudrait l'offrir à l'ennemi pour être jugé digne par Ascii ? Déconnons pas non plus.

Là, tu me vexes mon grand. Tu m'empoignes à la première entrevue, tu ne m'offres ni à boire, ni à bouffer malgré la longue trotte pour te rendre visite et là tu m'insultes. Sais pas si t'es tellement bien placé pour me donner des leçons de dignité.

Désolé. Désolé.

M'en tape de tes excuses. Je me suis accroché pour parvenir jusqu'ici en me disant que ça en vaudrait le coup, et finalement je vais crever sur le chemin du retour parce que l'annonce du trésor de John est bien une arnaque.

Navré. Il n'y a aucune nourriture pour un humain ici. Coupable. Mais je peux peut-être vous servir de l'eau.


Tracasse, j'en ai de la flotte. C'est la bouffe qui me manque.

Désapprobateur. Le trésor de John n'est pas à John. Explicite. John a découvert cet endroit et compris son importance. Inutile, et pourtant sans prix. Le trésor de John est le trésor du monde entier.

Ouais, enfin celui du Gouvernement si ça s'ébruite. Sais pas si t'es au courant, mais en surface on butte à vue quiconque évoque le siècle oblitéré.

Abattu. Alors, John a échoué. La vie est pourtant si précieuse. Fier. Je protégerai cet endroit jusqu'à la fin. Intéressé. Vous pourriez m'y aider.


T'aider ? Tu veux me robotiser ?

Amusé. Non, pas du tout. Sérieux. Je peux protéger cet endroit des pirates et pilleurs te tombes. Mais quiconque connait l'Histoire Oubliée peut passer les défenses. Le Gouvernement pourrait apprendre où trouver l'emplacement de Pluton en parvenant ici. Triste. Ce serait une catastrophe.

Ouais, là j'te rejoins. Tu veux quoi alors ?


Neutre. John a parlé d'un trésor en ces lieux pour y amener de nombreux pirates. Cette mesure de sécurité s'est fragilisée avec le temps et peu de gens protègent encore cette tombe. Embarrassé. Si vous acceptiez de garantir la sécurité de l'île, je vous permettrais de rejoindre la sortie.

Je réfléchis.

En gros, ma vie contre ta sécurité ?

Correcteur. La sécurité du monde.

Ouais, ben je peux pas.

Alerte. Pourquoi ?

Parce que j'en suis pas digne. Tu me prends pour un con quand il s'agit de m'aider dans ma quête, par contre faudrait que je t'obéisse pour le salut du monde ? Désolé bonhomme, mais je suis pas ton soldat et tu peux pas me filer que les miettes de ton gâteau. Si tu veux qu'on bosse ensemble, va falloir y mettre du tiens.

Méfiant. Que demandez-vous ?

L'emplacement de Pluton.

Réfractaire. Vous demandez le monde pour avoir le droit de le servir. Pourquoi seriez-vous plus qu'un autre apte à l'aider ?

Parce qu'il faut tenir le monde dans sa main pour lui apprendre à tenir debout.


***

J'ai vachement perdu de masse et on me trouve une gueule encore plus morbide que d'habitude, mais je suis revenu à la surface avec gros coffre devant moi. Suis pas revenu tout seul, mais ça ils n'ont pas besoin de le savoir. Ce n'est pas non plus moi qui ai trouvé ce coffre ni ne l'ai rempli, mais ça aussi c'est mon affaire. L'accord avec Ascii est en marche. En échange du blé qu'il a trouvé en fouillant dans ces sous-sols où il est maître des lieux, j'investis l'entièreté du butin dans l'aménagement d'un moyen d'attraction des crapules de Grandline, pour que cet endroit ne puisse plus jamais être foulé par le Gouvernement.

Me suis dit qu'une ville faite par les hors-la-loi, pour les hors-la-loi se devait d'être l'endroit où assurer leur avenir et la sécurité de leurs biens. C'est beau d'enfouir son fric dans le sable et de prendre une carte en pense-bête, mais outre l'attrait de l'aventure, on risque surtout de ne plus trouver son pognon quand on revient à sa cachette. Pire encore, on perd son trésor quand le navire coule ou se fait piller. Je vais offrir aux ordures de Grandline la première banque où chacun d'eux pourra en toute impunité entasser ses larcins. Le trésor de cette île, ce sera celui de tout le monde. Le mien, je le trouverai à Alabasta.

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