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Eeny, meeny, miny, moe



Eeny, Meeny, Miny, Moe


Flashback ~ Quête
✘ Solo




Naviguer sur les mers a ce petit quelque chose d’apaisant, bercé par les vagues, quand tout se passe bien. J’avais déjà affronté trop de tempêtes sur ces eaux et je savais pertinemment qu’il fallait toujours être sur ses gardes, que l’on n’était jamais à l’abri d’une tempête. Mais, en ce jour, le temps était dégagé, une brise fraîche chatouillant mon visage tandis que j’étais posé sur un transat étendu sur le balcon. De plus, j’étais libre de faire ce que je voulais, bien que ce soit mon comportement habituel même lorsque je me trouvais aux côtés du capitaine. Mais, au départ de Boyn, nous avions décidés de nous séparer avant d’atteindre Water Seven où Aze souhaitait se rendre pour recruter de nouveaux camarades et récupérer des matériaux pour son chantier naval. De mon côté, je devais d’abord faire le plein de provisions, comptant m’arrêter à la première île venue pour remplir les cales et les greniers, la traversée s’annonçait longue après tout. Et, les tontattas avaient beau être petits, ils mangeaient comme dix les petits bâtards.

À la table dans le coin opposé du balcon, se trouvait la mystérieuse rousse qui était montée à bord à Boyn. Bien que nous l’ayons aidés dans la défense de l’île-carnivore, la beauté fatale se montrait froide et peu encline à la communication, restant dans son coin à lire des livres sur les plantes. Par moments, je la surprenais à me lancer des regards de ses yeux émeraude, toujours très furtifs. Elle semblait être restée solitaire pendant très longtemps, et un changement tel que rejoindre un équipage pirate était très brutal comme ‘retour à la civilisation’. Ainsi, je la laissais se faire à la situation à son rythme, ne souhaitant pas la brusquer après avoir vu de quoi elle était capable.

‘Liquor’ Jack, en tant que bon tenancier, passait régulièrement pour s’assurer que nous n’avions besoin de rien, la seule voix qui venait troubler ce silence pesant entre moi et la rouquine.

« Merci mon pote. » lui dis-je en posant mon verre vide sur son plateau. « Tu pourrais m’apporter une bière s’teuplait ? »

« Ça marche patron, je t’amène ça tout de suite. »

Le barman disparut dans la maison, laissant de nouveau l’embarras s’installer. Je me levais de mon transat, m’accoudant au bastingage pour me sortir une clope et l’allumer en observant les beautés de la mer. Des dauphins bondissaient par grappes de trois un peu plus loin, et quelques mouettes voletaient ci et là, indiquant que nous étions pas loin des côtes d’une île. Enfin, je n’étais pas pressé, profiter ainsi des embruns marins avait du bon pour le moral.

« Alors, c’est ça le quotidien d’un pirate ? » dit finalement la douce voix de celle qui se faisait appeler Eve Rosemary.

« Plus calme que ce à quoi tu t’attendais, n’est-ce pas ? »

« Oui, je dois l’avouer, je m’attendais à être poursuivie par la marine dès notre départ de Boyn. »

« Vu ce qu’on leur a mit, on devrait plus revoir ceux-là avant un moment. » ricanais-je en me tournant vers elle. « Mais tu as raison, la vie n’est pas toujours aussi calme lorsqu’on est pirate, il faut s’attendre à être attaqué à tout moment.. »

Et, comme une réponse divine à mes provocations, une explosion survint de l’autre côté de la taverne. Me précipitant aussitôt dans le bâtiment pour me poster à une fenêtre arrière et observer ce qui se profilait. Heureusement, calmant mon inquiétude grandissante, l’explosion qui avait détonné n’avait pas touché la taverne ou le cochon géant, mais avait touché la mer en projetant une trombe d’eau qui retombait à présent en pluie à quelques dizaines de mètres. Un tir de sommation ? Pourtant, ces navires ne semblaient pas correspondre aux standards habituels de la marine. Et, alors que je m’emparais d’une longue-vue, je pus observer leurs drapeaux avec attention. Noirs, arborant fièrement les crânes de leurs jolly roger, contrairement à moi qui optais pour un style un peu plus discret, pas un seul drapeau au sommet de la maison biscornue. Trop loin pour être à portée de canon, les trois navires à notre poursuite ne se gênaient pourtant pas pour tirer à foison de leurs canons frontaux postés sur leurs ponts supérieurs ou dans la gueule de leurs figures de proue. Trois navires, tous pirates, et apparemment ils m’en voulaient.

« Tous à vos postes les petits trublions ! » m’écriais-je à l’attention des tontattas qui, comme à leur habitude se mirent à attacher tout ce qui pouvait bouger un peu trop dans la maison-taverne.

Le désavantage du King’s Hat, c’est qu’il n’existait qu’une arme à bord en l’absence de tous canons. Et, cette arme, c’était moi. Craquant ma nuque d’un mouvement similaire à si j’avais souhaité me la briser, une main sur le front, l’autre sous le menton, c’était un sourire qui animait mes lèvres. Et voilà la folie qui repointait son nez, remplaçant la peur contre toute attente désirée de mes nouveaux adversaires. Craindre la mort, très peu pour moi, je l’avais sentis me frôler à maintes reprises et l’accueillerais comme une vieille amie le jour où elle me tendrait la main dans mon dernier souffle. Non, jusque là, mon sang aurait coulé sur chaque côte de ce putain de monde. Ils voulaient jouer ? J’allais les dévorer.

Descendant à toute berzingue au rez-de-chaussée, je sortis de la taverne en hâte en m’assurant que les tontattas étaient bien à l’œuvre. Je croisais Norbert et Mirabelle qui vinrent m’escalader pour se poster chacun sur une de mes épaules.

« Qui nous attaque chef ? T’as encore emmerdé quelqu’un ? » demanda le chef des tontattas, sa salopette mal enfilée ne laissant que peu d’idées à ce qu’il faisait avec sa femme quand nous fûmes attaqués.

« Des pirates, et c’est probablement pour cette raison, bien que je ne les reconnaisse pas à leur jolly roger. » répondis-je en descendant le perron, me dirigeant vers la tête de Borat.

« T’es sûr que t’as rien à nous dire ? Vilain Ren ! » gronda Mirabelle comme une daronne qui vous fait la leçon, les poings serrés sur les hanches accompagné d’un air bougon, elle aurait eut une main de libre qu’elle aurait fait aller et venir son doigt en disant, ah ben justement elle l’a fait. « Fais attention à toi jeune homme ! »

« C’est pas impossible qu’une prime alternative à celle du gouvernement mondial trône sur ma tête. Apparemment j’aurais pas buté le bon gars, ce Sal Veol me pète les roustons même en étant mort... »

« T’es sûr que c’est ça ? »

« J’vois que ça qui pourrait motiver autant de navires à nous coller au cul. » déclarais-je pensif, enfin à portée de l’oreille du pachyderme pour m’accroupir et communiquer. « Hey copain ! On a de vilaines personnes qui nous veulent pas du bien derrière, alors si tu peux accélérer autant que tu peux, atteints la terre-ferme au plus vite, ça marche ? »

~ Gruiiiik gruiik ! ~ * Comptes sur moi, accrochez vous !* grogna le pachyderme géant avant d’augmenter les brasses de ses larges oreilles avec plus d’ampleur pour doubler notre vitesse de croisière.

« Parfait ! Continue comme ça tu gères mon pote ! » m’exclamais-je en luttant contre la soudaine pression de l’air face à la vitesse en perpétuelle augmentation du cochon géant.

Assurant chacun de mes pas, j’atteignis le perron pour m’aider de la balustrade pour faire le tour de la taverne et me retrouver de l’autre côté à observer les trois navires qui continuaient leur bombardement d’intimidation. Comme s’ils ne voulaient pas nous toucher, mais nous pousser prestement vers la terre qui se profilait à l’horizon. Et, sans trop de choix hormis nous confronter frontalement à eux, le Borat en prit la direction comme je le lui avais ordonné précédemment, jouant le jeu de nos poursuivants sans le savoir.

Les minutes passèrent, angoissante pour l’équipage, excitantes comme le calme avant la tempête pour moi. Enfin, leurs bombardements n’avaient rien de calme, les boulets s’approchant malgré la vitesse du cochon géant. Trois encâblures, puis deux, et enfin plus qu’une où les boulets s’approchaient certainement plus que dangereusement. La main paume ouverte en leur direction mouvante, tentant de calculer leur trajectoire. Et la lueur violette se prononça, douce amie à présent si commune à mes yeux, part de moi-même maintenant que cette puissance était mienne. L’aura entoura vivement ma main alors que les boulets arrivaient droit sur moi.


Wonderwall !



En réponse à la violine lumière pourléchant ma paume levée, des anneaux luisant de la même lueur se formèrent juste devant moi, pour délimiter la zone de renvoi. Et le cercle s’élargit, jusqu’à atteindre une dizaine de mètres de diamètre, couvrant tout le postérieur du pachyderme verdâtre menacé par la salve. Les boulets vinrent alors, s’enfonçant dans la zone formée, ce mur immatériel qui, comme un trampoline, ralentit d’abord la projection des boulets, ceux-ci parcourant les quelques mètres qui nous séparaient. Tout d’abord vivement, puis de plus en plus lent jusqu’à n’être plus qu’un boulet flottant mollement vers ma position. Narquois mon sourire ne quittait plus mes lèvres, la paume levée se courba de ses doigts telle une serre d’un prédateur ailé. D’une poussée gravitationnelle, la zone projeta violemment les boulets vers l’endroit duquel ils avaient été tirés.

Les premiers connurent la noyade, sombrant pitoyablement entre les navires. Mais, quatre ou cinq boulets rencontrèrent le bois et les ponts, arrachant bois et marins à la rencontre des eaux. Et, derrière moi, les tontattas continuaient de s’activer, sortant l’arme qu’ils considéraient comme la plus aboutie de leur arsenal. Ridicule, risible même, l’arme en question consistait à un assemblage de poutres large de deux mètres, équipé de deux bras qui tendaient un maillage de sous-vêtements cousus ensemble par des fils et noués à des cordes pour former un ersatz de catapulte. Toutefois, nous n’avions rien à leur balancer, à moins que…

« Jack !! Ramènes tes alcools les plus forts ! » criais-je à pleins poumons, espérant que l’intéressé m’entende.

« Bordel à cul ! Tu te rends compte de ce que tu me demandes ?! Tu veux gâcher de l’alcool, vraiment ? » s’exclama alors le barman en ouvrant la fenêtre la plus proche donnant sur son lieu de travail.

« Tu sais que je te le demanderais pas si c’était pas une situation d’urgence ! »

« Tu fais chier... » grommela-t-il avant d’accepter à contrecœur et de retourner son attention vers la salle de la taverne. « Z’avez entendus le captain ?! Embarquez moi ce tonneau, et c’ui-là aussi, et aussi lui là il est vénère. »

Aussitôt, une ribambelle de tontattas firent sortir une dizaine de tonneaux, les faisant rouler jusqu’à l’endroit où je me trouvais, aux côtés de la catapulte des nains voleurs de slips. Armant l’outil qui contre toute probabilité fonctionna à la perfection, ils tirèrent les slips en y ayant placé quatre tonneaux entassés les uns sur les autres, si maladroitement posés pour que cela fonctionne. Les petits bonshommes avaient placés des mèches qui sortaient des tonneaux et, à l’aide d’un briquet à percussion j’y mis le feu. La corde d’élastiques à slips tendue, je m’assurais de la bonne direction du tir, baissant un bras tandis que l’autre était tendu dans la même direction.


Shlack



L’élastique fut lâché, et les tonneaux libérés partirent à veau-l’eau pour la plupart, ou en direction du moins. Ma main s’ouvrant en paume telle un bourgeon se change en fleur, ses pétales s’affichant au bout de mes doigts sous la forme d’une aura violette. Et à nouveau, les objets, déjà soumis à une certaine célérité, furent réorientés en un couloir allant droit en direction des nos poursuivants. Le feu d’artifice pouvait débuter et, avec lui, sonner le début de la fête.

Les projectiles alcoolisés et enflammés volèrent, croisant la course d’une nouvelle volée de canons qui, pris dans le mouvement repartirent en leur compagnie vers leur point d’origine, ou s’écrasant dans l’océan dans des clapotis furieux. Une nouvelle salve tonna et entreprit de détruire une partie des tonneaux qui explosèrent en boules de feu qui retombèrent en pluies enflammées. Et, la moitié des tonneaux catapultés s’écrasèrent sur les bateaux, éclatant en projetant des gerbes de feu un peu partout sur le pont du navire touché. Quelques flammèches parvinrent même à embraser une petite voile sur l’un des trois vaisseaux. Par la longue-vue, je voyais les marins s’activer sur le pont alors que les flammes mêlées à l’alcool collant se propageaient.  

« Voilà, avec ça on devrait avoir une bonne avance. » m’exclamais-je fièrement, les poings sur les hanches. « Bien joué les petits gars, comme quoi vos inventions loufoques ont leur utilité. »

Les navires endommagés perdirent un peu de leur vitesse, permettant à Borat d’atteindre les abords de l’île en toute sécurité. Une ville d’un côté, d’où s’échappaient des volutes et où des navires semblaient mouiller au port, et de l’autre côté ce n’étaient que ruines calcinées et plaines arides, ne laissant que peu de place à la forêt qui couvrait un autre flanc de l’île. Autant dire l’endroit idéal pour un affrontement, les ruines offrant suffisamment de reliefs et de petits espaces pour s’en aider au combat. Je ne savais pas ce qu’ils me voulaient exactement, mais j’allais bientôt en connaître les raisons.



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Dernière édition par Ren Aoncan le Ven 26 Aoû 2022 - 22:12, édité 1 fois
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Flashback ~ Quête
✘ Solo




Cela faisait vingt minutes que j’avais débarqué sur l’île pour attendre mes adversaires de pied ferme. Ce coup-ci, j’avais demandé à Borat et à l’équipage de partir se cacher plus loin dans une crique. Cette affaire, je voulais la régler moi-même, quel que soit le problème. Je ne reconnaissais pas le drapeau du navire qui s’avançait seul dans ma direction, les deux autres mouillant à quelques encâblures. Bien qu’un canon trônait fièrement à la proue, ils ne semblaient pas décidés à m’éliminer de la sorte, ou avaient retenus la leçon des boulets que je leurs avais renvoyé un peu plus tôt.

Mon luth entre mes mains, je jouais quelques mélodies pour patienter tout en gardant les yeux rivés vers les pirates inconnus dont le navire s’arrêtait à une centaine de mètres pour faire descendre quelques personnes. S’ils avaient souhaités me couler, ils auraient probablement pu le faire en mer et, malgré ma contre-attaque ils n’avaient pas insisté, se contentant de me forcer à descendre à terre. Ils étaient quatre à s’approcher prudemment et je restais là à les fixer sans dire un mot, me contentant de gratter mes cordes. Ils s’arrêtèrent alors à une vingtaine de mètres, mains sur leurs armes, préparés à une attaque soudaine sans s’annoncer.

« Ren Aoncan ! Nous sommes là po... » commença une femme assez jeune avant que je l’interrompe, ses longs cheveux noirs tombant en cascade en encadrant son visage fermé et bardé de cicatrices et tatouages. J’avais simplement levé un doigt, stoppant la musique en leur lançant un regard renfrogné, mais toujours aucun mot.

Tranquillement, je repris ma musique, douce et mélodieuse, ignorant complètement les arrivants en détournant le regard, me concentrant pleinement sur mon instrument. Je les entendais parler entre eux, mais n’en avais cure, bien que mes yeux ne les regardaient pas j’avais déployé mon haki de l’observation tout autour de moi pour m’assurer d’une certaine tranquillité. Je continuais allègrement de faire jouer mes doigts, remontant le manche et grattant les cordes en arpèges montants et descendants, comme une introduction à ce qui s’annonçait à quelques mètres.

Je ne pouvais pas deviner leurs émotions, mais il ne fallait pas être un expert pour deviner leurs intentions. J’étais un pirate, et j’avais emmerdé plus d’une personne depuis le début de mes aventures. Récemment, j’avais entendu parler d’une prime qui avait été mise sur ma tête, ou plutôt un genre de dette qu’il m’incombait soi-disant de payer. C’était là la réponse de la Guilde des Usuriers au meurtre de Sal Veol que j’avais commis à Îlipucie quelques temps auparavant. L’argent, toujours l’argent, c’était là leur seule motivation au détriment de la vengeance. De mon point de vue, le sang appelait le sang et c’était là quelque chose que j’aurais même trouvé noble. Mais non, voilà que l’on m’inventait des dettes.




La mélodie changea, faisant danser mes doigts dans ce style médiéval, battant la mesure d’un de mes pieds tandis que l’autre tapait du talon contre la souche sur laquelle je m’étais assis. Un sourire vint agrémenter mes lèvres, une lueur traversant mes yeux qui se reposèrent sur mes adversaires du jour. Sans discontinuer, je décidais d’enfin briser le silence vocal pesant qui régnait dans la plaine.

« Oui, que puis-je pour vous ? » demandais-je alors dans le plus grand des calmes, ponctué par les notes qui continuaient de déferler par vagues sautillantes.

« Nous sommes là pour récupérer la dette que tu dois au Capitaine Red et, si tu n’as pas les berrys nous te ramènerons à Armada pour que tu vois ça directement avec lui. » déclara l’homme qui se tenait tout à droite, vêtu d’une armure rouge rappelant celle des samouraïs.

« Non, j’ai pas envie, ça a l’air crasseux un peu comme coin, non ? » répondis-je en affichant une mine dégoûtée. « Bon, si vous permettez, j’ai un morceau à terminer. » concluais-je, reportant mon attention sur les frètes et les cordes qui continuaient de vibrer dans cette ritournelle que je me plaisais beaucoup à jouer. Elle avait ce côté piquant qui aurait presque pu passer comme des insultes envers ceux qui me faisaient face, ou bien était-ce le simple fait que je ne leur porte que peu d’attention qui les faisaient taper du pied ainsi ?

« Si tu refuses, ces trois personnes ici présentes et moi-même nous chargerons de toi et te ramènerons de gré ou de force à Armada. » déclama la pirate brune, ses sourcils se froncèrent, dénotant clairement d’un début d’agacement certain.

« Noms ? » dis-je simplement, une phrase qui à l’oreille pouvait revêtir différentes significations.

« Pardon ?! »

« Et tu es toute excusée ma jolie, mais je demandais vos noms. » répondis-je en fixant toujours mon instrument un certain moment avant de reposer mon regard sur le club des quatre, un sourire étendant toujours mes idiomatiques. « Vous connaissez mon nom, j’aimerais connaître les vôtres. »

« Et qu’est-ce que ça peut te foutre putain ?! » s’insurgea celui tout à droite, de faux airs de ninjas avec des peintures de guerre sur le visage et un arsenal impressionnant d’armes trônant à sa ceinture. Le plus notable était probablement sa chevelure, nouée en une longue natte qui atteignait le sol derrière lui, terminée d’une lame en éventail, très tape à l’œil. « On lui doit rien, fumons ce bâtard ! »

« Intéressant...J’attends de voir, mais vous pouvez commencer par vous présenter, non ? » soufflais-je amusé.

« ...Mono... » se contenta de grommeler celui qui avait un sac sur la tête, percé de deux trous pour les yeux, armé d’une grande hache à deux mains qu’il tenait posée sur son épaule. Ma curiosité, plus forte que moi, je ne pouvais m’empêcher de m’imaginer ce qu’il pouvait bien cacher sous ce sac.

« Vadinka ! » cria la femme aux allures barbare, des cheveux d’un noir intense descendant en boucles furieuses dans son dos, une peau tannée par l’exposition au soleil prolongée et bardée de cicatrices. Ses vêtements s’apparentaient à une tenue nordique, renforcée de pièces de cuirs recouvertes de fourrures blanches. Elle ne portait aucune arme, mais serrait ses poings si forts que j’y devinais une certaine envie d’en découdre, et si sa spécialité était les poings alors elle serait servie.

« Sssalinger, enchanté. » siffla le dernier, faisant une révérence digne d’un noble, comme son apparence le laissait sous-entendre. Des cheveux blancs, tout comme ses vêtements, des chaussures noires tout comme la canne qu’il tenait sans avoir l’air d’en avoir besoin, encore une lubie de bourgeois. Et des yeux violets, de la même teinte que l’animal qui s’enroulait autour de son épaule, un serpent d’une taille impressionnante et qui n’avait pas l’air commode.

« Tss bien, moi c’est Tensumi. » céda finalement le ninja-samouraï en levant les yeux au ciel en soufflant comme un enfant à qui on prend le jouet.

De mon côté, je terminais mon morceau, fouettant de mes doigts chacune de mes cordes dans un accord frappé puis tut en reposant ma main délicatement dessus pour les faire taire en de fines vibrations avant que ne repose le silence. Satisfait, je me levais de la souche, l’instrument attaché en bandoulière par une sangle pendait devant moi. Mon sourire toujours flanqué au visage.

« Parfait, maintenant je connais vos raisons, et vos noms. » m’exclamais-je d’un air enjoué, à la limite d’applaudir, les yeux plissés, l’air goguenard. « D’habitude, je pense jamais à demander avant de tuer quelqu’un. » mon sourire s’effaça progressivement à mesure que j’eus parlé, les fixant de mes yeux carmins, ils trépignaient d’impatience de me faire ravaler mes paroles.

« Ton choix est fait, on va t’éclater pendant que nos équipages vont se charger du tien et de ton cochon géant. » grogna la barbare brune en affichant un sourire sadique, levant un bras à l’attention du navire resté une centaine de mètres plus loin qui tira une fusée éclairante qui fit réagir les deux autres qui mouillaient un peu plus loin. Je ne m’en faisais pas trop pour Borat et l’équipage, ils étaient débrouillards et très doués pour se cacher comme pour le combat.

Les quatre sortirent leurs armes pour ceux qui en avaient. Ils affichaient tous une assurance impressionnante et n’attendirent que peu de temps avant de passer à l’attaque. D’un même mouvement, se jetant de brefs coups d’œil pour voir ce que faisaient les autres, ils s’élancèrent de concert dans ma direction, chacun à leur manière.

« Bon, j’imagine que c’est le début des choses sérieuses, c’est ça ? » dis-je en haussant les épaules, ramenant mon instrument dans mon dos avant de me craquer la nuque d’un mouvement léger.

Tensumi, ou ninja rouge comme j’aimais déjà à l’appeler, parcourut une dizaine de mètres avant de faire éclater une boule fumigène qui le fit disparaître dans le nuage. L’homme à la hache raclait le sol avec son arme dans une course sans fioritures mais qui promettait un impact violent, bondissant dans les airs pour s’assurer de couvrir une issue, ou bien souhaitait-il simplement me trancher en deux parties égales. La barbare aux cheveux d’ébène commença sa course comme tout humain lambda, mais son apparence changea à mesure qu’elle avançait. Des poils se mirent à recouvrir sa peau, aussi noirs que la nuit, son corps prit de l’ampleur jusqu’à mesurer le double de sa taille initiale. Sa mâchoire grossit et se muni de larges crocs tranchants, son visage devenant celui d’un ursidé. Elle termina sa course à quatre-pattes dans une forme mi-humaine mi-grizzli qui promettait de bons gros coups de papattes. Et enfin, le siffleur qui semblait aussi rusé que son serpent, debout sur ce dernier qui se faufilait à toute vitesse jusqu’à moi en arborant une grande paire de crocs.

Je sentis venir le ninja, profitant de mon analyse individuelle de mes adversaires et de son fumigène pour passer sur le côté dans mon angle mort. Recouvrant mon tibia de cette carapace noire caractéristique du haki de l’armement, je levais la jambe pour parer la lame. Je le vis lever son second sabre accroché au-dessus de son poignet, mais le repoussais de ma jambe toujours aux prises avec le premier. Juste à temps, un bond en arrière trop tard et la hache de la tête-de-sac m’aurait véritablement tranché dans le sens de la hauteur. L’arme s’enfonça dans le sol juste devant moi en l’éclatant, le déchirant en une fissure qui se dirigeait dans ma direction, m’obligeant à bondir de côté alors que les deux autres approchaient. Le serpent se releva avant de filer dans le vent comme un fouet qui claque, tous crocs dehors. Le coude en avant, je frappais l’animal en tournant sur moi-même le long de son corps afin d’éviter par le même temps ses crocs probablement empoisonnés. Son maître me tomba alors dessus, l’épée dissimulée dans sa canne jusque là dans sa main, il entreprit de frapper de multiples coups d’estoc dans sa chute. Une nouvelle fois obligé de battre en retraite de deux bonds successifs en arrière, je vis arriver la masse, mais ne pus m’y soustraire. Mon talon butta sur ce que je pris pour une branche, avant de me rendre compte que c’était le bout de la queue du serpent. Et le choc vint, la femme-grizzli l’épaule en avant m’intercepta en plein déséquilibre pour me projeter violemment.

Je me mis à rebondir sur le sol, tentant de freiner mes vols planés en plantant mes doigts recourbés tels des serres dans la terre. Reprenant finalement constance et équilibre, je me relevais en grommelant, tâtant mes côtes et mon épaule pour m’assurer que rien n’était cassé. En surface tout du moins, car un tel choc avait dû sacrément secouer mes organes. Les pauvres, entre la picole et la bagarre, je ne leur laissais pas une minute à eux. Crachant un glaviot légèrement teinté de rouge au sol, cela me permit d’évaluer succinctement mon état : toujours bon pour moi, prêt à continuer la castagne. Au moins, bien que risqué, ce premier échange de coups avait eut l’avantage de me renseigner sur leurs styles respectifs. Une idée en tête, mon sourire revint, moqueur cette fois-ci. J’aurais plissé les yeux et placé ma main devant ma bouche que ça aurait été pareil, mais cela les aurait privés de mon magnifique visage et, ça franchement, ça aurait été dommage.

« Un cache-cache, ça vous dit ? » m’exclamais-je alors comme un enfant qui s’ennuie depuis bien trop longtemps, tapant dans mes mains avant de me carapater en direction des ruines. Au passage, j’en profita pour leur faire quelques doigts et leur tirer la langue, histoire de faire passer leur énervement au stade supérieur.




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Dernière édition par Ren Aoncan le Ven 26 Aoû 2022 - 23:18, édité 1 fois
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Flashback ~ Quête
✘ Solo





« T’as pas honte de fuir ? Je croyais que t’étais un puissant pirate moi, pas un gros lâche ! » s’écriait Tensumi, le ninja aux lames bizarrement placées sur ses poignets ou avants-bras.

Tout en me suivant sur un côté, il me lançait en continu des projectiles tels que des shurikens ou des kunaïs depuis quelques minutes. Pour les éviter, je sautais et bondissais autant que possible, ayant parfois recours au haki ou à la soft palm pour parer ou réorienter les armes de jet. Deux doigts couverts de noir jusqu’aux ongles accompagnèrent un shuriken de l’intérieur vers l’extérieur, l’envoyant légèrement derrière moi. Là où les trois autres me suivaient, plus lents que moi ou le ninja, mais assez endurants pour suivre le rythme. Profitant que le ninja rouge soit temporairement séparé de ses alliés, je tournais une de mes mains dans sa direction, l’ouvrant avant qu’elle ne se mette à luire d’une lueur violette.


Pull Punch



La zone fut créée en un instant entre lui et moi, tel un couloir qui se mit à l’aspirer dans ma direction. Ma main, pourtant à dix mètres de sa cible, mima de l’attraper par le col pour le tirer en avant, mes doigts se refermant en poing. Tout d’abord surprit, Tensumi parcourut quelques mètres sans pouvoir freiner sa course, ayant alors l’idée de planter ses lames dans le sol. Insuffisant pour autant car, j’en avais profité pour parcourir les quelques mètres qui nous séparaient à présent, lui envoyant un magnifique coup de genou en plein visage alors qu’il s’était accroupit pour planter ses sabres. Atterrissant de l’autre côté, j’assénais un nouveau coup de pied en le faisant monter à la verticale au-dessus de ma tête avant de l’abattre. Toutefois, le ninja roula de côté pour éviter l’attaque qui brisa le sol en y laissant son empreinte, taille quarante-trois.

Déjà, les trois autres nous rejoignaient. Tout d’abord la femme-grizzli qui, à la force de ses quatre pattes, avalait les mètres dans ma direction, réitérant le même genre d’assaut mais avec un petit quelque chose de différent. La couleur luisante se fondant partiellement dans sa fourrure noire formait comme une plaque au niveau de son épaule. Un léger bond dans les airs, je plaçais ma main sur son épaule en passant par le dessus pour esquiver, me retrouvant à la verticale à l’envers. Une nouvelle fois, mes doigts se couvrirent de cette lueur surnaturelle.


Kneel !



Dans une zone de quelques mètres entourant la barbaroursonne, la pesanteur augmenta drastiquement, la forçant à ployer le genou et bloquant un nouvel assaut du serpent violet qui s’était approché insidieusement avant de bondir, rapidement ramené sur le sol. Je poussais sur l’épaule de la zoan pour me projeter quelques mètres en l’air, me repliant sur moi-même pour entourer mes mains autour de mes genoux et amorcer un mouvement de rotation. Le bon moment, c’était primordial, dépliant la jambe après être retombé et me retrouver proche de la nuque de mon adversaire agenouillée. Enfin, c’était sans oublier l’homme à la tête de sac, s’étant élancé assez haut pour que la pesanteur augmentée le ramène droit vers moi, profitant de cette accélération à son avantage. La lame noire luisante sous le soleil retombait droit vers moi, annonçant un choc violent. Encaisser ou contre-attaquer ? Pourquoi choisir quand on pouvait fuir.

Paume en l’air, brillante de l’utilisation de ma malédiction, j’inversais la zone de pesanteur pour faire légèrement flotter ce qui s’y trouvait. Pierres, branches mortes et le corps de la barbaroursonne s’élevèrent, me permettant de la frapper avant que Mono ne retombe, le ralentissant dans les airs par la même occasion. D’un coup de pied sur l’épaule de la barbare, une nouvelle fois, je pris mes distances d’un salto arrière académique. Selon moi, un douze sur dix, mais je n’ai jamais été très bon pour me juger moi-même.

La lourde hache du masqué s’abattit dans un fracas, à quelques centimètres de la zoan et ne manquant pas de lui entailler la cuisse dans une giclée de sang. Mais, ça ne semblait pas freiner celui qui répondait, ou non d’ailleurs, au doux nom de Mono. Arrachant l’arme du sol, il fit tourner le manche dans sa main alors qu’il remontait la lame dans ma direction. Il enchaîna de coups rapides et puissants malgré le poids de la grande hache. L’un d’eux parvint à m’entailler entre l’épaule et le pectoral, tranchant la sangle de mon instrument au passage et m’obligeant à retenir le luth d’une main. Renforçant l’objet de haki, je repoussais la hache à grands coups contondants, parvenant finalement à le faire reculer lorsque j’abattis l’instrument renforcé droit sur son visage, le masqué para mais fut projeté en arrière sous le choc. L'instrument explosa entre mes doigts, éclatant le bois en copeaux, une triste vision que celle-ci, lâchant ce qu'il en restait.

« Alors, c’est tout ce que vous pouvez faire ? » ricanais-je en les observant uns à uns qui se relevaient, il ne manquait plus que le serpent sournois.

Toutefois, il ne fallut pas longtemps avant de le sentir approcher, attaquant dans mon dos armé de sa canne épée. En face, c’était le ninja qui revenait à la charge, envoyant un fumigène à mes pieds qui recouvrit mes alentours directs d’un nuage. Les yeux fermés, je laissais mon haki empathique se déployer sur plusieurs mètres, sentant venir quelques shurikens que j’évitais de côté en faisant le moins de mouvements possibles, sentant un projectile me frôler la joue en y laissant une légère entaille. Ne voyant pas ce qui se passait dans son propre nuage de fumée, Tensumi continuait d’envoyer une myriade de shurikens et petits couteaux.


Soft Flow



Les yeux toujours fermés, attentif à chaque intention offensive de mes opposants, je me mis à bouger mes bras à grande vitesse, soufflant légèrement le nuage de fumée. Les mains tendues, leur dos rencontrait les projectiles sur leurs parties planes pour les repousser, voir même les réorienter pour certains. Ainsi, sentant s’approcher Ssalinger dans mon dos, la pointe de sa canne-épée pointée vers moi avec la ferme intention d’y percer des trous, je réorientais plusieurs projectiles dans sa direction pour l’en empêcher. Toutefois, il parvint à s'en défaire et se rapprocher plus vite que prévu, m'obligeant à me retourner lorsqu'il asséna plusieurs frappes d'estoc que j'évitais ou réorientais tant bien que mal, me valant plusieurs coupures sur les avants-bras, à la frontière de mon haki. Mes mouvements étaient si vifs qu’ils en devenaient presque flous maintenant que le fumigène se dissipait. Ce qu’il en restait était comme aspiré par mes mouvements de bras, suivant le rythme de mes mains en créant un flux blanc sur leur passage.




Le ninja se rendit compte que ses lancés continus ne servaient à rien et opta pour la solution de corps à corps. Pris en tenaille, il fallait que je me défende à la fois devant et derrière moi. Je levais alors mon pied pour l’écraser avec puissance en faisant s’affaisser le sol sur plusieurs mètres autour de moi. La terre se craquela, lézardant le sol de mille et unes fissures.


Broken Step



Pour enfoncer le clou, je créais une nouvelle zone de pesanteur augmentée, enfonçant les pieds du ninja rouge et du fourbe aux cheveux blancs dans le sol partiellement brisé. Mais, l’oursonne et le gars à la hache n’avaient pas dit leur dernier mot non plus. La femme-ours, ayant apprit de son erreur précédente, poussa puissamment sur ses pattes pour se projeter dans les airs, joignant ses deux grosses pattes velues en retombant tel un boulet de canon dans ma direction. Les bras levés croisés et chargés en haki, j’accusais le choc qui m’enfonça à mon tour dans le sol déjà abîmé. Toute la zone sur cinq mètres de diamètre autour de moi se changea en un cratère comme si un météore s’y était écrasé, faisant voler les mottes de terre et des pierres en tous sens et brisant suffisamment ma concentration pour que la pesanteur forcée s’évapore. Et voilà que le dernier gus arrivait avec sa hache face à moi. Déliant avec force mes bras de la prise de Vadinka la barbare, je la repoussais en arrière. Toutefois je n’eus pas le temps de ramener mes bras devant moi et dus me contenter de recouvrir ma poitrine de haki pour encaisser le coup de hache. Cette dernière également renforcée, elle brisa mes défenses en y dessinant une longue coupure avant d’être projeté en arrière sur plusieurs mètres.  

Je me réceptionnais d’une roulade arrière, essuyant le sang perlant de mon torse. Les quatre pirates me toisaient, probablement convaincus de leur victoire. Mais, j’étais loin d’être mort, il fallait juste que je parvienne à les séparer pour les combattre individuellement. Proches les uns des autres, ils s’élancèrent en une ligne droit sur moi. C’était idéal pour mes pouvoirs, plaçant ma main tendue vers eux, ma paume se couvrant de cette lumière violette avant que la gravité ne refasse un tour de magie. Soudain, le large champ gravitationnel vint s’opposer à leur course, les projetant en arrière sur plusieurs dizaines de mètres, sauf un. Ssalinger et son serpent mauve, que je soupçonnais de posséder l’empathie. Monté sur sa bête, ils s’étaient décalés de la zone juste avant son activation, devinant les limites de la zone en décelant mes intentions. Toutefois, le jeune homme aux allures bourgeoises se retrouvait à présent seul avec son animal pour me faire face. Bien que les autres étaient rapides ou endurants, il leur faudrait un peu de temps pour nous rejoindre.

Je m’élançais sur lui sans perdre un instant, zigzagant et exécutant des sauts acrobatiques dans tous les sens, rendant ma course imprévisible. En accélérant le pas, bondissant de côté ou tournant sur moi-même, le mirage se créa. Derrière-moi, une image rémanente, puis deux, puis trois et ainsi de suite à mesure que j’avançais vers le fourbe au serpent. Il tenait son épée dont la pointe suivait mes mouvements alors que je me fondais dans mes clones illusoires. À trois mètres de lui, je créais une très brève et petite zone pour soudainement l’attirer dans ma direction, tiré vers moi l’espace d’une seconde, juste ce qu’il fallait pour lui faire perdre sa posture de combat. Déstabilisé, il ne put éviter le poing noircit qui le cueillit en plein ventre juste sous les côtes, le faisant cracher une gerbe de sang alors qu’il était projeté dans les airs en plein dans le tronc d’un arbre, retombant lourdement après une courte chute. Le serpent en avait profité pour planter ses crocs, juste à la frontière du haki qui recouvrait mon avant-bras. J’attrapais sa tête triangulaire, tirant si fort que les crocs restèrent plantés dans mon bras et arrachés de sa gueule que je comprimais en l’écrasant légèrement avant de le balancer vers son propriétaire.

Je sentis aussitôt un vertige, retirant les longs crocs courbés qui gouttaient de leur poison violet. À mesure que le venin remontait mes veines, la fatigue me gagnait, comme si chacune de mes forces m’était ponctionnée. Je tournais les talons, m’élançant dans la plaine pour mettre de la distance entre moi et mes quatre adversaires. Portant la blessure à mes lèvres je me mis à aspirer tout ce que je pouvais extraire, recrachant le poison à intervalles réguliers. Les vertiges se calmèrent, me faisant tout de même tomber dans ma course à deux reprises, me relevant directement pour repartir en clignant frénétiquement des yeux. Par moments il y avait comme un voile qui retombait sur ma vue et menaçait de me faire trébucher de nouveau.

Je quittais finalement la plaine, débouchant dans des ruines, hautes pour certaines, écroulées pour d’autres. Par endroits, des tunnels se creusaient naturellement entre deux ruines de bâtiments écrasés l’un sur l’autre. Certaines pierre étaient calcinées, laissant penser qu’un combat terrible avait eut lieu sur cette île où la végétation semblait avoir du mal à repousser. Mais, subsistant à tout, la nature repointait le bout de son nez par des lierres et plantes grimpantes apparaissant ci et là en entourant des colonnes et ruines au hasard. Je m’enfonçais au milieu des semi-bâtiments, c’était là un terrain de jeu parfait pour moi et mes camarades de bagarre.

Techniques utilisées:



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Flashback ~ Quête
✘ Solo




Plusieurs minutes que je n’avais pas vu un des quatre salopards, sur mes gardes à m’attendre à les voir débarquer d’une minute à l’autre. Je m’étais enfoncé dans les ruines de ce qui avait dû être une église ou un genre de temple à la gloire d’un quelconque dieu. Un autel avait survécu aux années au fond du bâtiment et je m’y étais posé en tailleur pour soigner brièvement mes blessures en les couvrant de bouts de tissu arrachés à mon sweat-shirt. Une fois chose faite, je fermais les yeux pour me concentrer totalement sur mon haki de l’observation. J’étendis mon domaine mètres après mètres, découvrant chaque vie cachée dans ces lieux, les familles de lézards qui habitaient des fissures, les milliers d’insectes qui formaient de si petites tâches blanches dans l’obscurité de mon esprit que l’on aurait dit un ciel étoilé. Et enfin, ceux que je recherchais, séparés en trois groupes à ma recherche, comme je m’y étais attendus en me cachant ainsi. Attendant patiemment, ce que j’avais prévu arriva lorsque le groupe de deux, composé de la zoan du grizzli et de l’homme au serpent dont l’empathie semblait m’avoir détecté, débarquèrent dans le temple. Ainsi, ces deux-là avaient décidés de faire équipe, à l’instar des deux solitaires restants qui voulaient sûrement la récompense pour eux seul. Quelque part, cette alliance ne m’arrangeait pas. J’avais prévu d’éliminer le bourgeois d’apparence en premier à cause de sa maîtrise du haki de l’observation qui lui permettrait de me retrouver où que je me cache.

Finalement, l’oursonne-hybride et le dompteur de reptiles débarquèrent à l’entrée du temple, s’avançant dans la salle pour s’arrêter à l’autre extrémité de la salle, face à moi qui ouvrais les yeux. Un sourire affiché au visage, je me levais sur l’autel, pliant et dépliant les genoux qui avaient commencés à s’engourdir légèrement.

« Mieux déjà, deux contre un c’est déjà plus gérable. » ricanais-je en leur faisant signe d’approcher.

« Alors, on a peur pour sssa vie ? » siffla Ssalinger en souriant, se pourléchant les lèvres de manière inquiétante. « T’as appréciiié le poison de Niliya ? » continua-t-il en caressant la tête de son serpent géant à ses côtés.

« Rends-toi, Ren Aoncan, et il ne te sera pas fait plus de mal. Tu sera livré à Armada par nos soins pour payer ta dette de quatre cent millions de berrys. » déclara Vadinka sous sa forme humaine, une certaine fierté se lisait chez elle, torse bombé et une démarche dénotant d’une certaine assurance alors qu’elle s’approchait.

« C’est dommage, mais j’ai pas le pognon. » répondis-je en haussant les épaules, descendant de l’autel pour avancer à mon tour à la rencontre de la barbare. « Enfin, quoi qu’il en soit je ne comptais pas payer, je ne reconnais pas la légitimité de cette dette. »

Du coin de l’oeil, je vis Ssalinger et son serpent nommé Niliya se séparer de chaque côté de la zoan, gardant leurs distances pour m’encercler doucement. Le corps de la femme se recouvrit de nouveau d’une fourrure alors que son corps gonflait, en taille comme en muscles. De mon côté, j’en profitais pour ouvrir mon sweat-shirt et m’en dévêtir, le nouant à ma taille en exhibant muscles et cicatrices. Toujours cette vieille tactique d’intimidation depuis mon adolescence : montrer à son adversaire qu’on ne le craint pas, ni lui ni ses armes. L’autre interprétation était une promesse, celle que le sang allait couler, et que ça ne serait pas beau à voir.

Marchant tous jusque-là, nous passâmes à l’attaque dans le même instant. Un serpent de chaque côté et un ours en face, cela ferait un bon conte pour enfants en y changeant quelques détails. D’une soudaine accélération, je bondissais un genou en avant pour percuter les pattes croisées devant elle de l’oursonne, une canne-épée à droite et une mâchoire reptile à gauche. Y opposant mes deux poings pour les repousser, Vadinka en profita pour placer un coup de patte, me renvoyant en arrière, le torse griffé sur plusieurs centimètres, participant au rouge qui couvrait ma peau. Les deux serpents revinrent à la charge en tenaille tandis que la femme-ours chargeait au milieu. Levant ma paume, je fis de nouveau appel à mes pouvoirs.


Rise



J’avais toujours voulu tester cette technique en combat dans un espace confiné doté d’un plafond depuis que j’avais obtenu ce pouvoir. La main luisant de violet, la gravité fut inversée dans toute la salle, anticipant une esquive de Ssalinger à l’aide de son haki empathique. J’avais alors décidé de faire les choses en grand, faisant léviter mes trois opposants ainsi que chaque pierre, bout de bois et motte de terre détachés de leur support. La scène avait un petit quelque chose de féerique, mis à part que ce qui allait se passer n’avait rien à faire dans un conte.

D’un bond, je sautais sur une roche assez large pour m’accueillir, visant d’autres pierres plus hautes pour courir dessus à la rencontre de mes adversaires quasiment au niveau du plafond. Malin, Ssalinger fit une pirouette pour placer ses pieds au plafond, ayant déjà compris comment fonctionnait mon pouvoir. La tête à l’envers, il bondit dans ma direction en frappant de multiples coups de lames envoyant de courtes lames d’air. M’aidant des pierres et tout objet flottant pouvant servir d’obstacle, j’évitais les attaques en continuant de bondir d’un côté puis de l’autre, me baissant pour éviter une lame avant de rebondir sur une nouvelle pierre, arrivant enfin à portée du dresseur de serpent. Un nouveau coup d’estoc vint à ma rencontre droit vers mon visage mais ce fut ma main qui l’intercepta, faisant rencontrer ma paume et la lame fine en me plaçant de côté, celle-ci traversa la chair, ressortant de l’autre côté alors que je poussais moi-même sur ma main pour l’enfoncer dans une grimace jusqu’à la garde de l’arme. Refermant mes doigts dessus, j’envoyais une droite en plein visage de l’épéiste pour le faire lâcher prise, martelant à plusieurs reprises jusqu’à ce, que d'un dernier coup renforcé au haki, il soit projeté vers le haut en rebondissant sur le plafond, la gueule en sang. Je tendis mes doigts noircis et frappais la lame du tranchant de ma main pour la briser et m’en débarrasser plus facilement. L’épée tomba au plafond dans un tintement. La main en sang, je sentis vite revenir les vertiges et une sensation d’engourdissement dans tout mon bras.

« Tu m’as quand même pas déjà oubliée ?! » s’exclama Vadinka sous forme hybride en apparaissant sur le côté en se servant des pierres pour bondir et m’attaquer, sa large patte noircie au haki me frappant de plein fouet à l’épaule en y laissant quatre entailles sanglantes.

Mon corps n’étant pas soumit à mon contrôle de la gravité, je fus projeté en direction du sol à quelques six mètres plus bas. Déconcentré, le champ gravitationnel inversé fut annulé, faisant tomber mes adversaires à ma suite ainsi que chaque gravas qui s’était élevé. Je rebondis sur le sol, terminant ma course dos à l’autel sur lequel je m’étais tenu quelques minutes plus tôt. Vadinka se réceptionna lourdement au sol sur ses quatre pattes tandis que Ssalinger était rattrapé par son serpent avant que de larges débris ne lui tombent dessus. L’entrée de l’église fut encombrée par la chute de pierres, faisant s’écrouler une partie du mur adjacent qui se lézarda de fissures sur plusieurs mètres.  

Me relevant en grommelant, je crachais un glaviot ensanglanté au sol en m’étirant pour faire craquer mon dos. L’impact avait été violent et les blessures commençaient à s’accumuler dangereusement. Mon bras gauche était comme paralysé, l’épéiste ayant probablement recouvert sa lame du poison de son serpent. Toutefois, les entailles que m’avait fait Vadinka semblaient avoir fait couler suffisamment de sang pour empêcher que la paralysie ne se propage au reste du corps. Un mal pour un bien en soi, et Ssalinger semblait hors combat pour le moment, probablement pas mortellement blessé mais c’était déjà un bon début. Ainsi débarrassé de l’utilisateur de l’empathie, me cacher et attaquer discrètement serait bien plus facile.

« Toujours pas mort ? Bien, je vais continuer à te taillader jusqu’à ce que tu sois aux portes des enfers et te ramener à Arrmada pour récupérer tout le pognon pour moi seule. » ricana la barbare et sa grosse tête d’ours, avançant de son pas lourd dans ma direction.

« Cries pas victoire trop vite, l’oursonne, tu comptes faire quoi toute seule ? » ricanais-je malgré la douleur qui m’assaillait, le bras pendant pitoyablement dans le vide. « Un seul bras sera suffisant pour te massacrer. »

Un bond en avant et c’était repartit, évitant les coups de pattes ou les repoussant d’un bras pour contre-attaquer de coups de poing, coude et genoux, habilement parés par ses lourdes pattes. Pendant un bon moment, aucune attaque ne toucha d’un côté comme de l’autre. Je sentais ses griffes me frôler, passant proche de ma gorge à plusieurs reprises. Toutefois, même affaiblit, j’étais toujours plus rapide que la masse imposante d’ursidé qu’elle était. Évitant un coup de patte en me baissant, je passais sur son flanc pour la marteler de plusieurs coups de mon seul poing en état. Rapides et puissants, elle fut soulevée dans les airs, la suivant d’un bond pour la frapper d’un coup de genou qui la projeta contre un mur. Finalement, exécutant une vrille sur moi-même dans les airs, j'abattais mon pied renforcé au haki en plein dans sa gueule d'animal velu. Le bâtiment déjà en piteux état fut une fois de plus abîmé, la taille et le poids imposant de l’oursonne détruisant tout un pan de mur qui s’écroula dans un fracas à son passage, la recouvrant de lourdes pierres. Des fissures se mirent à zébrer les murs de toutes part, comme une toile d’araignée qui s’étendait à toute vitesse en faisant trembler la ruine de bâtiment au-dessus de ma tête.

Les roches se mirent à dégringoler les unes après les autres en faisant trembler le sol à chaque chute. En évitant une, puis une autre, je reculais de bonds successifs jusqu'au centre de la salle, l'autel à deux mètres dans mon dos. Levant ma main au-dessus de moi, celle-ci se mit à briller de sa lueur violine significative de l’utilisation du fruit de la gravité.


Wonderwall



Presque en contact avec mes doigts, des cercles de plus en plus larges de couleur violette se formèrent les uns après les autres en délimitant clairement une zone qui me couvrait sur quelques mètres. Chaque pierre qui y tombait était ralentie avant de repartir dans l’autre sens, soulevée suffisamment haut pour qu’elle tombe un peu plus loin dans la salle en phase de destruction. Les débris qui encombraient l’entrée furent balayés par une explosion venant de l’extérieur, dévoilant le ninja rouge qui profita que je sois aux prises avec l’éboulement pour m’envoyer plusieurs projectiles. Recouvrant mon bras droit de haki jusqu’à l’épaule, je pus en contrer quelques-uns et éviter que mon seul bras valide ne soit également blessé, toutefois je ne pus empêcher les shurikens de s’enfoncer dans ma hanche et ma jambe droite. Une lourde roche tomba entre nous, l’empêchant de continuer alors que le plafond du temple finissait de s’écrouler. Si je continuais de bloquer ceux qui me tombaient dessus, je finirais ensevelis quoi qu’il en soit. Profitant d’une courte accalmie au-dessus de ma tête, j’annulais mon pouvoir avant de réorienter ma main vers le sol sous mes pieds.


Head Like a Hole



J’appliquais une zone à même le sol, poussant celui-ci avec une telle force qu’il s’affaissa de plus en plus profondément, m’offrant un abris un peu plus spacieux, bien que quelques pierres y tombaient encore. Jusqu’à ce qu’un large morceau de plafond ne vienne couvrir l’entrée, me laissant au fond de mon trou dans l’obscurité la plus complète. Je réitérais alors mon action, creusant le sol sur encore une dizaine de mètres en espérant trouver une grotte souterraine où je pourrais me cacher. Et, au bout de quelques secondes, le sol disparut sous mes pieds, me faisant chuter de quelques mètres face contre terre, me valant quelques contusions et une lèvres ouverte.

« Bordel, où est-ce que j’ai atterris moi encore ? » grommelais-je en me relevant, plissant les yeux pour tenter d’y voir quelque chose.

Quelques rayons du soleil traversaient des fissures dans le haut plafond de la grotte un peu plus loin, offrant une semi-obscurité dans laquelle ma vue s’habitua peu à peu pour voir à plus de trois mètres devant moi. Profitant du calme qui m’était offert, je me reposais contre un mur pour soigner mes blessures. Je n’étais pas médecin, mais je pouvais au moins bander mes plaies pour stopper les saignements intempestifs qui me ponctionnaient mes forces petit à petit. Arrachant quelques morceaux de tissu de mon sweat-shirt déjà abîmé, je m’employa à couvrir chaque plaie, pressant celles sur mon bras ankylosé pour tenter de faire partir le poison, mais rien n’y faisait, seul le temps me permettrait de le bouger à nouveau probablement. Je me servis alors d'une manche de mon pull pour attacher mon bras en bandoulière. En analysant la surface à l’aide de mon haki de l’observation, à une trentaine de mètres au-dessus de ma tête, je m’assurais que mes poursuivants n’approchaient pas par le trou que j’avais creusé. Fort heureusement, ils étaient encore à la surface, deux d’entre eux semblant me chercher activement parmi les décombres tandis que les deux autres ne bougeaient pas, probablement encore bloqués sous les décombres. J’avais encore un peu de temps avant qu’ils n’atteignent la grotte dans laquelle je me cachais.



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Flashback ~ Quête
✘ Solo





Cela faisait quelques minutes que j’explorais la grotte, aidé d’une torche improvisée avec ce qui restait de mon sweat-shirt, trouée de nombreux tunnels qui partaient en tous sens, à l’image de celui dans lequel j’avais atterris. Tous ces couloirs naturels, ou creusés par une antique civilisation, donnaient sur une grotte immense où reposaient d’autres ruines. Mieux conservées, il devait y avoir tout un tas de trésors qui reposaient là. Prudent, j’empruntais un chemin qui y descendait en m’assurant à l’aide de mon haki qu’il n’y avait personne d’autre en ces lieux, aucun humain en tout cas.

Des temples, des habitations et de plus grands bâtiments qui devaient accueillir la communauté de cette civilisation ancienne. Je marchais dans ces rues, faisant fuir quelques rongeurs et autres bestioles qui y avaient élues domicile. Ces ruines étaient recouvertes d’une dense végétation qui avait dû pousser grâce aux quelques puits de lumière qui trouaient le plafond rocheux à une trentaine de mètres au-dessus de ma tête. Je ne savais pas si quiconque avait découvert ces vestiges du passé ou si j’en étais le premier explorateur, mais aucun indice ne prouvait le contraire. Mes déambulations me menèrent jusqu’à un chemin entouré de deux plans d’eau qui se rejoignaient sous le pont naturel de roche. M’assurant que ce dernier était assez solide pour supporter mon poids, je m’y engagea prudemment. Le ‘pont’ allait tout droit, jusqu’à un renfoncement dans la parois qui s’ouvrait sur un énième couloir creusé dans la roche. M’y engageant, il ne me fallut que quelques pas avant de déboucher dans une grande salle circulaire.

Des peintures rupestres et autres dessins en habillaient les murs, racontant des histoires ou des légendes de cette civilisation. Des textes étaient également écrits dans une langue inconnue ici et là. Je n’y prêtais pas plus attention que cela, non ce qui attira mon attention était cette grande porte en pierre noire au bout de la salle. Elle occupait la moitié du mur, haute d’une dizaine de mètres et moitié moins large. Je m’en approchais, touchant le matériau sombre pour me rendre compte que ce n’était pas de la pierre mais du métal, froid au toucher. Je ne voyais aucune serrure ni aucun battant et, j’avais beau pousser de toutes mes forces, rien n’y faisait.

Levant ma paume face à elle, je fis appel aux pouvoirs de mon fruit du démon pour exercer une pression qui aurait été suffisante pour plier n’importe quelle plaque de métal. Et pourtant, la porte ne grinça même pas sous la gravité surpuissante qui s’abattait sur elle. Je m’acharnais ainsi pendant plusieurs minutes avant de baisser les bras, j’avais d’autres choses dont je devais m’occuper pour le moment et, bien que la curiosité me titillait, il faudrait remettre cette découverte à plus tard. Je ressortis de la salle un peu déçu, rebroussant chemin jusqu’au village antique où j’entrepris de trouver un endroit tranquille pour me reposer. Je trouvais une maison encore pourvue d’un toit, à moitié défoncé certes mais c’était mieux que rien. Il n’y avait aucun mobilier, sûrement réduit en poussière par le temps.

En fouillant dans mes poches, j’en sortis une pomme que j’entrepris de manger pour reprendre quelques forces. Je sentais que, peu à peu, les sensations revenaient dans mon bras gauche, parvenant déjà à bouger le bout des doigts. Par moments, je sondais mes alentours pour m’assurer que mes poursuivants ne m’avaient pas retrouvés. Peut-être pensaient-ils que j’étais mort sous les décombres du temple. Cela m’aurait arrangé mais, à ce que j’avais compris de leur mission, ils devaient me ramener vivant dans le cas où je n’aurais pas payé, me ramener mort ne semblant pas correspondre à l’objectif donné. En y réfléchissant bien, il y avait peut-être une carte à jouer là-dessus. Après tout, jusque là, aucune de leurs attaques n’avait visé ma tête, bien que les coups de hache du masqué avaient faillis me trancher en deux. J’étais confiant dans le fait d’être capable de les battre individuellement, mais encore fallait-il trouver un moyen de les séparer.


J’avais pus me reposer quelques heures, bien que je n’avais pas trouvé le sommeil de peur d’être assaillis sans pouvoir me défendre. Mon bras avait retrouvé des forces et je pouvais à nouveau le bouger, la plaie sur ma main ayant stoppé tout saignement. Tout comme mes autres blessures, encore sensibles à chaque mouvement. Mais, je ne pouvais pas me reposer trop longtemps, j’avais quatre pirates à éliminer et j’espérais que mon équipage s’était occupé des leurs ou étaient parvenus à se mettre à l’abri. Mes opposants avaient dû baisser leur garde à présent, ou s’imaginaient peut-être que je m’étais enfuis. C’était le moment idéal pour frapper.

Je repris mes pérégrinations dans les tunnels, regagnant celui dans lequel j’avais atterris pour analyser la surface à l’aide de mon haki, n’y décelant aucune présence assez lumineuse pour être humaine. Décidément, ce pouvoir était vraiment utile dans ce genre de cas. J’espérais seulement que, celui d’entre eux qui le maîtrisait, l’homme-au-serpent, avait été assez gravement blessé pour ne pas trouver ma cachette. Continuant à arpenter les couloirs, je finis par percevoir quelques loupiotes dans l’obscurité de mon esprit, des tâches plus larges et lumineuses que les animaux et insectes.

Toutefois, ils étaient bien plus que quatre, et certaines disparaissaient à mesure que le temps passait. Dans un tel imbroglio, il était dur de discerner qui était qui, voir impossible pour mon niveau de maîtrise actuel. Il y avait seulement une forme que je reconnaissais, longue de plusieurs mètres et évoluant au niveau du sol en s’élevant pour faire disparaître quelques lumières en se projetant sur les formes humaines. J’y devinais un affrontement entre les pirates et d’autres forces, peut-être des habitants de ce lieu. Mais, au rythme où allaient les choses, le combat serait bientôt terminé. Une forme en particulier s’occupait de les faire disparaître à toute vitesse, voltigeant parmi les lumières en les éteignant comme on briserait une ampoule. Une lueur ne bougeait pas dans un coin, proche de là où devaient se trouver les ruines qui s’étaient effondrées plus tôt dans la journée. Inconscient, mais vivant apparemment et, pour confirmer mes doutes, la forme longiligne s’en rapprocha pour s’enrouler de toute sa longueur autour de lui, comme pour le défendre. Sans trop me mouiller, je pouvais affirmer que ces deux formes étaient Niliya et Ssalinger.

Alors que le massacre continuait et que les lumières disparaissaient, une dizaine partirent dans le sens opposé. Visiblement, les inconnus s’étaient rendus compte de leur défaite totale à venir et avaient opté pour la fuite, poursuivis probablement. Le lieu se vida, ne laissant plus que la forme du duo serpent, animal et humain, dans leur coin. Le serpent ne semblait pas vouloir s’éloigner de son maître de trop loin et l’entourait pour le protéger de toute menace extérieure le temps qu’il se réveille, m'empêchant par ailleur de distinguer clairement "l'aura" de Ssalinger. La main violacée de cette lumière liée à la gravité, je l’orientais dans la direction où se trouvaient les deux lueurs que je percevais grâce au haki.


Head Like a Hole



Je créais une zone, sous forme d’un tunnel assez large pour englober les deux formes à la surface. La terre se mit à tomber devant moi, s’éboulant et formant une petite pile qui s’écroulait jusqu’à mes pieds, prenant de l’ampleur et m’obligeant à reculer pour éviter d’être ensevelis. Finalement, au terme de quelques secondes où je me sentis comme une taupe, le tunnel creusé laissa tomber deux formes provenant de la surface, suivis d’encore un peu de terre qui, même la zone désactivée, continuait de tomber. Les deux corps roulèrent de l’autre côté du monticule qui s’était créé devant moi, sous le trou circulaire qui trouait la terre sur une dizaine de mètres.

Contournant l’amas de terre, je reculais ma tête en voyant arriver la gueule grande ouverte du serpent qui se projetait sur moi. J’avais évité la tête, certes, mais sa queue claqua dans l’air comme un fouet, me frappant puissamment en me projetant en arrière. Réceptionné en roulade arrière, à quatre-pattes sur le sol, d’un regard dans sa direction je vis arriver une nouvelle fois l’animal, s’enroulant et se déroulant en claquant de sa mâchoire. Je me projetais de côté, tentant de me relever mais en vain, la bête me poursuivait sans relâche sans me laisser le temps de me relever. Finalement, je trébuchais sur une pierre, tombant en arrière sur le dos en grimaçant alors que le reptile fondait une nouvelle fois la gueule grande ouverte. Il souhaitait probablement se venger du moment où je lui avais arraché les crocs, bien que ceux-ci avaient l’air de repousser. Acculé, je n’eus comme seule solution de tendre mes mains en les recouvrant de haki, attrapant la gueule en sentant les crocs  empoisonnés tenter de percer la carapace. Derrière la tête, le corps se contorsionnait comme un ressort pour pousser de plus en plus fort, mais je résistais, me reprenant en appliquant de plus en plus de force pour repousser ses mâchoires, continuant en me relevant. Et, finalement, il y eut un bruit de craquement en écartant tellement les deux parties que la peau écailleuse se déchirait. Debout, je tirais des deux côtés pour ouvrir le serpent en deux parties sur la moitié de la longueur de son corps dans une bruine de sang poisseux et de liquides malodorants.

« Bien fait pour ta gueule. » soufflais-je en lâchant les deux parties de la bête, nettoyant les liquides puants qui avaient giclé sur mon torse.

Me faire tuer par une sale bête comme celle-là, ça m’aurait fait mal. Bien que j’appréciais les animaux de manière générale, celle-ci m’avait particulièrement énervé et avait bien mérité son sort. Je fis enfin le tour du monticule, pressé de finir la vie du siffleur mais, contre toute attente, il avait disparut. Était-il seulement tombé dans le trou ? Il me semblait bien, mais l’attaque soudaine du serpent m’ayant empêché d’approcher plus tôt, j’avais comme un doute. C’est là que je remarquais quelques traces de sang, partant d’une flaque un peu plus large et s'éloignant comme une piste dans une direction. Le salopard avait dû se réveiller après sa chute et s’était enfuit, mais en piteux état apparemment.

« Bordel, c’est si compliqué de crever ? » me plaignais-je en suivant la piste.

Je remarquais bien vite que de petites bêtes se dirigeaient dans ma direction, toutes reptiles, des serpents et des lézards pour la plupart. Au bout de quelques-uns écrasés sans ménagement, ils se tinrent à distance et je pus me concentrer sur la traque de ma proie. Le chasseur devenait chassé, et ça ne terminerait pas bien pour lui. Après quelques minutes à suivre les traces, je tombais finalement sur Ssalinger, contre un mur la main collée contre une plaie qui devait être la responsable de la trace qu’il avait laissé.

« Putain, te voilà... » cracha-t-il accompagné d’une gerbe de sang qui déborda sur ses lèvres, il ne semblait plus en état de combattre et se contentait de se maintenir en vie dans une tentative désespérée. « Ssss Approches pas ! .. Kof kof … Nili..yaa ! » appela-t-il désespérément son serpent, son appel restant sans réponse.

« Je crains que ton amie reptile ne soit morte. » dis-je en m’approchant, les mains toujours tâchées du sang de l’animal. « Bon, il semblerait que tu vas crever ici toi aussi. » déclarais-je en m’accroupissant devant lui, repoussant la main qui était posée sur ses blessures pour y jeter un œil. Une large plaie de laquelle perçait une côte, ne lui laissant aucune chance de survie dans cet environnement. Il n’eut même pas la force de m’empêcher de lui faire les poches où je trouvais plusieurs affiches soigneusement pliées. Des primes, de visages inconnus pour la plupart mais je finis par tomber sur ma propre prime ainsi que celles des quatre pirates. « Voyez vous ça... » soufflais-je, impressionné par la valeur de leurs têtes et observant le pauvre pirate agonisant d’un tout nouvel œil.

La Corsair Race était toujours en cours et le capitaine ne cracherait pas sur quelques centaines de millions pour se positionner en tête de la course. Ssalinger se remit à tousser du sang, essayant de s’exprimer entre deux gargouillis sanguinolents.

« Kof kof achèves-moi bordel, j’vais crever t’façon. » commença-t-il, la lueur dans ses yeux s’éteignant peu à peu. « ..Je..je n’aurais jamais pu... » reprit-il avant que je ne l’interrompe.

Une main tendue et recouverte du haki de l’armement, je la fis siffler dans l’air juste sous le menton de l’homme agonisant, le faisant brusquement écarquiller les yeux. Gorge tranchée, un flot de sang paraissant interminable se mit à couler abondamment en m'éclaboussant..

« Ouais ouais, je sais, pas besoin de me regarder comme ça avec tes yeux hallucinés, t’as des regrets de choses que tu n’as jamais pu faire Bla bla bla. » me plaignis-je alors que le charmeur de serpent était prit de convulsions. « C’est vrai quoi, pourquoi il faut toujours dire une phrase marquante avant de mourir ? La pression que ça doit être quand même, au moins je t’aurais empêché de dire une connerie, vois ça comme un...ah bah il est mort. » dis-je finalement en plaçant ma main sous sa bouche, n’y sentant plus aucun souffle. « Aucune politesse, t’aurais pu attendre que je finisse de parler. »

Enfin, j’avais pu me débarrasser de l’un de mes opposants, non sans mal. Ssalinger éliminé, c’était une épine dans le pied que je me retirais, débarrassé de son fluide de l’observation et de son serpent sournois. Toutefois, je ne pouvais pas m’attarder ici et, une fois que j’eus délesté le pirate mort de ses objets de valeur ainsi que de sa tête, je repartis dans les tunnels en attendant l’arrivée des trois autres.    



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Flashback ~ Quête
✘ Solo




Il n’avait pas fallut longtemps pour que les trois autres pirates débarquent. Avec la mort de Ssalinger, sa tête trônant accrochée à ma ceinture, je pouvais à présent me cacher, bien que je me méfiais du flair de la zoan. Heureusement pour moi, elle était sous forme humaine lorsqu’ils étaient descendus par le tunnel que j’avais créé. Ils avaient dû être surpris par la disparition du dresseur de serpent et son animal, puis de le retrouver décapité dans un coin d’un des couloirs à même la roche. Enfin, à présent, ils savaient de quoi j’étais capable.

Je m’étais terré dans les ruines en contrebas de leur position, celles-ci étant assez grandes pour leur préparer un piège. Mais, je n’avais pas eus beaucoup de temps devant moi et devais trouver l’endroit idéal car déjà, les trois pirates arrivaient. Je gagnais une sorte de tour qui surplombait la ville, tapis au dernier étage derrière le mur adjacent à une fenêtre. Je les vis descendre le chemin en pente qui menait à l’entrée du village, avançant prudemment en regardant de tous côtés. Vadinka s’était changée en ours, humant l’air à la recherche de mon parfum. J’espérais être assez haut dans le bâtiment pour échapper à son odorat, ne bougeant pas un muscle pour ne pas faire réagir son ouïe fine de prédateur. C’était le ninja et le bourreau qui ouvraient la voie tandis que l’ours restait en retrait pour renifler d’éventuelles pistes. Toujours trempé d’un mélange de mon propre sang, de celui de Ssalinger et de sa bête, ainsi que d’autres liquides qui appartenaient au serpent, je ne devais pas être si difficile à pister. Mais ça, je m’en étais déjà rendu compte plus tôt et avais étalé autant du liquide poisseux que je pus sur le sol jusqu’au pont de roche qui menait à la grande porte noire pour faire diversion et séparer la piste.

Me faisant le plus discret possible, attentif à chacun de mes pas et à chaque objet ou moindre petite pierre qui aurait pu trahir ma position en tapant dedans, je me mis à grimper les escaliers déjà à moitié détruits pour gagner le toit. J’avais choisis ce bâtiment avant tout pour sa hauteur qui offrait un bon panorama sur le village en ruines, mais également pour sa taille imposante qui favoriserait mon plan si tout se passait comme je l’avais imaginé. Allongé au sol, je m’assurais d’un coup d’œil que mes proies étaient au bon endroit, arrivant au pied de la tour à l’ouverture du plus grand carrefour des ruines. Un côté était déjà écroulé, bouchant toute une voie sur quelques mètres, n’offrant que deux chemins à emprunter aux pirates. Les deux qui servaient d’éclaireurs inspectaient l’intérieur des maisons pour sécuriser les lieux avant que la zoan ne hume l’air pour suivre ma piste. Et, alors qu’elle sortait d’un bâtiment proche, elle leva la tête dans ma direction en reniflant puissamment.

Pas de temps à perdre, surtout pas attendre qu’elle crie. Les deux autres étaient un peu plus loin, déjà engagés dans une des deux rues qui s’offraient à eux. Levant un pied recouvert de haki, à la verticale au-dessus de ma tête, je l’abattis avec force sur le bord du mur juste devant moi.


Broken Step



« Il est là ! » s’exclama Vadinka, sa voix couverte aussitôt par le grondement qui s’ensuivit.

Une première fissure se forma en lézardant droit vers le pied de la tour, rejoint dans sa course par une myriade d’autres, plus petites qui évoluaient sur toute la façade du bâtiment en quelques instants. Je fis un bond en arrière sur le toit, m’assurant de ne pas m’écrouler en même temps que le vieux bâtiment qui avait survécut à l’usure du temps, jusque là en tout cas. Le grondement devint assourdissant lorsque les morceaux de roche se séparèrent de la forme unie qu’ils formaient pour s’écraser dans le carrefour. Alors que des pans entiers de murs s’écrasaient en dégageant de grands nuages de poussière, la tour fut déséquilibrée et se mit à pencher dangereusement dans la rue. Et la tour s’écroula, m’emportant avec elle alors que je me retenais à un bout du plafond encore intact, pour l’instant. Plaçant mes pieds contre la pierre, mes mains lâchèrent et je poussais de toutes mes forces sur mes pieds, me projetant quasiment à l’horizontale, partant en salto en tournant de plus en plus avant de retomber droit vers le nuage de poussière qui couvrait tout le carrefour à présent encombré.

Aidé du haki de l’observation pour la repérer dans ce brouillard, j’atterrissais non loin de l’emplacement de l’oursonne, m’élançant aussitôt dans sa direction en bondissant comme un chat depuis ma position accroupie. Contre toute attente, les premiers coups de poings ne passèrent pas le barrage de ses larges pattes qui interceptaient chacun d’entre eux. Je n’y voyais toujours rien, mis à part grâce au mantra, mais mon adversaire avait des sens proches voir supérieurs à l’animal qu’elle imitait. Je n’avais pas beaucoup de temps devant moi avant que l’avantage tactique du nuage de poussière ne se dissipe. Il y avait toujours la tour écrasée en travers du carrefour, nous du côté de la sortie du village tandis que les deux autres étaient du côté du pont de pierre menant à ma mystérieuse découverte archéologique. Toutefois, au vu de leurs compétences, ce n’était pas ce genre d’obstacle qui les arrêterait.

Remonté à bloc et testant au passage mon bras encore légèrement engourdit, je martelais aussi vite que je le pouvais l’oursonne, mes coups commençant à la prendre de vitesse et à passer sa défense. Finalement, d’un coup de poing en pleine mâchoire, je la fis reculer, déstabilisée par la vibration qui lui remontait jusque dans le cerveau. Profitant de son instant d’hébétement, je pris un puissant appui pour m’élancer sur elle en ramenant mon poing en arrière dans ma course. Si je voulais me débarrasser d’eux, il fallait que j’y aille à fond.


Fly Me to the Moon !



Mon poing renforcé de sa carapace noire s’enfonça dans l’épaisse fourrure pour rentrer brutalement en contact avec son gros ventre d’ursidé, appliquant les pouvoirs de mon fruit du démon à ce moment-là. Un ‘couloir gravitationnel’ fut formé dans la direction que prenait mon poing, légèrement relevé en diagonale, partant droit vers les couloirs par lesquels nous étions arrivés, une quinzaine de mètres plus haut. Toutefois, je n’avais pas pris en compte les réflexes de l’oursonne qui avait refermé ses pattes autour de moi, encore sonnée cette prise ne mettait pas ma vie en danger, j’avais plus l’impression d’être câliné par un gros nounours. Mais, ainsi bloqué je fus également pris dans la zone de gravité en étant attiré par elle qui ne voulait pas défaire ses pattes peu importe comment je me débattais. Propulsés à toute vitesse, nous parcourions près de cinquante mètres en survolant le petit village jusqu’à enfin atteindre l’une des parois de la grotte. Le dos de l’ursidé rencontra la roche dans une explosion de cailloux en tous sens. Je fus un peu plus épargné qu’elle, le choc amortit par sa fourrure et son corps. Sa prise se défit alors que je poussais avec mon dos, mon pied posé sur son ventre. Je perdis l’équilibre soudainement, roulant en arrière en m’arrêtant à quelques centimètres au bord du léger précipice surplombant le village.

Tournant ma tête de côté, je la vis alors s’ébrouer en toussant beaucoup de sang par terre. Me relevant en grommelant, tout de même touché par l’impact précédent plus que je n’osais l’avouer, je lui fis face en reprenant une position de combat.

« Mais tu vas crever, oui ? Tout ça pour quelques millions, est-ce que ça vaut ta vie ? » m’exclamais-je d’une voix enrouée qui ressemblait plus au grognement d’une bête blessée.

Elle parvint à se relever sur ses quatre pattes, son physique changeant en revenant à sa forme hybride, légèrement plus grande et large. Ses traits humains étaient plus marqués sur son visage lorsqu’elle me sourit en crachant du sang, tentant visiblement de garder constance face à moi. Elle ne s’avouait toujours pas vaincue, sachant pertinemment que celui qui perdait dans cet affrontement n’ouvrirait plus jamais les yeux. Enfin, de mon côté j’avais l’avantage de valoir plus vivant que mort, et échapperais peut-être ainsi à la mort même dans la défaite. Cependant, je ne voulais pas l’imaginer, ma liberté primant sur ma vie à mes yeux.

« Grr kof kof...c’est trop tard maintenant de..toute façon, non ? » elle marqua une pause en manquant de peu de s’écraser sous son propre poids et une patte avant trop faible, parvenant à se relever en grognant comme l’animal acculé qu’elle était à présent. « Même si j..je m’en vais maintenant, rien ne m’assure que tu ne..me traquera pas pour me tuer à ton tour. Le..le commanditaire dev..ra s’en contenter mais, si je te ramène ce sera mort... » fit-elle alors sèchement en exhibant ses crocs et en grognant, ses longues griffes s’enfonçant dans le sol.

Labourant la terre dans son mouvement, elle se lança sur moi toutes griffes dehors, s’écrasant de tout son poids sur moi. Les bras croisés, j’interceptais une de ses pattes, ne voyant pas venir la feinte alors que son autre patte me frappait violemment de côté. Par chance, seule la patte en elle-même me percuta et je parvins à éviter les longues griffes effilées. Comme une vengeance adaptée, projeté dans sa direction mon dos rencontra une des parois d’un couloir, tombant au sol à genoux en grommelant longuement pour taire le cri de douleur qui se profilait à mes lèvres. Un filet de sang coulant de ma bouche, je l’essuyais prestement avant de reporter mon attention sur la lourde masse qui me fonçait dessus en s’aidant de ses quatre pattes pour prendre de la vitesse. Un véritable bulldozer prêt à tout écraser sur son passage, et surtout moi.

J’étendis de nouveau mon haki perceptif pour analyser ses intentions, ne souhaitant plus me faire surprendre par des attaques en traître ou des feintes. J’attendis le moment idéal, toujours au sol mais prêt à réagir, les pieds pointés sur le sol, les mains posées devant moi comme un coureur sur le départ. Poussant d’un coup, je partis dans une vrille horizontale qui me fit soudainement partir de côté dans une rotation à peu près contrôlée, perdant l’équilibre à l’atterrissage pour m’écraser sur mon épaule en grognant et en mordant si fort ma lèvre inférieure qu’elle ajouta au filet coulant déjà de ma bouche. De son côté, la zoan fonça dans le mur en projetant de nouveau de gros morceaux de roche à l’impact en s’enfonçant dans celle-ci sur plus d’un mètre. Ses lourdes pattes posées de chaque côté de sa tête, elle semblait pousser pour s’en débloquer, l’occupant suffisamment longtemps pour que je puisse me relever et préparer mon prochain assaut.

Placé derrière elle, je m’élançais dans sa direction à toute vitesse alors qu’elle sortait finalement sa tête en s’ébrouant, se retournant, mais trop tard. Les bras croisés en formant un X devant moi, recouverts du fluide offensif jusqu’aux deux épaules, les mains tendues comme un enfant qui imite une épée. Mais, l’enfant avait grandit et avait apprit à rendre ses jeux d’enfants réels. Dépliant mes deux bras alors que l’oursonne levait ses pattes pour tenter de se protéger, je frappais avant qu’elle n’en ait l’occasion. J’aurais dû y penser plus tôt, la plupart de mes techniques et attaques étant contondantes de mes poings comme de mes pouvoirs, mon style de combat le plus adapté à une mort rapide était l’aspect offensif de la Soft Palm. Trancher telle une lame à l’aide de mon seul corps.


Cross Impact



La frappe en croix déchira le torse de la zoan en se croisant parfaitement en son centre, partant sur les côtés jusqu’à ses épaules et ses hanches en se propageant aux murs alentours sur deux mètres. Les yeux de l’oursonne se révulsèrent, crachant une nouvelle gerbe de sang qui m’éclaboussait, couvrant une mèche de mes cheveux blanc, dépassant de ma casquette, en pourpre. La fourrure de la bête se mit comme à rentrer dans sa peau alors qu’elle perdait en taille, reprenant en quelques secondes sa forme humaine, tombant à genoux devant moi en me regardant d’un regard à demi-vide. Je la toisais, aucun sourire, un visage neutre, mes yeux rouges posés sur elle avec plus de pitié que d’excitation. Encore un pirate qui mourrait de mes mains, valais-je vraiment mieux que le gouvernement mondial qui s’adonnait aux mêmes pratiques ? J’aurais bien dis oui, mais c’est toujours difficile de se juger soi-même. Je levais une de mes mains jusqu’à mon épaule opposée, croisé d’un côté avant de frapper vivement dans un léger sifflement digne d’un coup de sabre d’un expert. La première trace visible fut celle sur le mur derrière elle, dessinant une nouvelle partie tranchée sur près de trois mètres. Puis elle chuta doucement, glissant sur sa nuque jusqu’à ce que la tête ne tombe au sol et roule à mes pieds, jusqu’à ce que son regard complètement vide se pose sur moi. L’attrapant par les cheveux, je l’attachais aux cordes qui pendaient à ma ceinture.

« Je vois qu’on arrive trop tard pour Vadinka. » fit une voix rieuse derrière moi, reconnaissable par ce côté toujours moqueur. «Tant pis, ça fera plus de thunes pour nous.» ricana-t-il bêtement et méchamment.  

Je me tournais pour voir Tensumi et Mono se tenir à quelques mètres en haut du chemin venant du village. Je leur fis face, conscient que cet affrontement serait le plus compliqué, observant attentivement mes deux adversaires qui, depuis le début, semblaient être les plus forts des quatre. Les poings serrés, j'affichais un nouveau sourire, luttant pourtant contre la douleur mais n'en montrant rien, serrant les dents alors que mes lèvres s'étiraient d'un air amusé, défiant mes adversaires.

« On continue de se regarder comme des connards ou on se bat ? » ricanais-je à mon tour en me mettant en position de combat, poings en avant, solide sur mes appuis, prêt à défier le monde.




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Dernière édition par Ren Aoncan le Sam 27 Aoû 2022 - 0:20, édité 1 fois
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Flashback ~ Quête
✘ Solo




La situation était catastrophique, j’étais affaiblis par mes affrontements précédents et voilà que les deux derniers sur mon tableau de prédation arrivaient ensemble. Les combattre tout les deux en même temps relevait de l’impossible dans mon état actuel. Toutefois, je ne reculais pas pour autant, avançant dans leur direction en contractant mes muscles douloureux. Chaque pas m’aurait arraché un cri si je n’étais pas si concentré sur l’idée de ne pas afficher ma faiblesse. La douleur m’assaillais violemment, l’oursonne avait probablement brisé un ou deux os, ou peut-être même beaucoup plus, à l’aide de ses énormes pattes velues et griffues. Ma vision passait de flou à net, parfois un flash m’aveuglait avant que ma vue ne revienne à la normale. Si j’avais eus le choix, je me serais écroulé de tout mon long pour panser mes blessures mais, bien qu’ils me préféraient vivant, mon avenir et mes objectifs seraient compromis si j’abandonnais maintenant.

Ma petite provocation antérieure avait eut son petit effet, les deux s’élançant dans ma direction en levant leurs armes respectives. Le ninja avait l’arsenal le plus étrange mais, à force de m’en envoyer, il semblait à court de projectiles. Ses lames n’étaient pas tenues par ses mains, l’une montée sur un poignet et l’autre sur l’avant-bras. Et, enfin la dernière que je n’avais pas encore vu en action, cette lame en éventail accrochée à la longue natte de ses cheveux blancs qui flottaient derrière lui dans sa course. Sa tenue était un mélange entre tissus légers et pièces d’armures de cuir et de métal qui couvraient les zones sensibles.

Mono, lui, ne disait toujours rien, je n’avais entendu sa voix que lorsqu’il s’était présenté en donnant juste son nom. Depuis, je ne l’avais pas même entendu pousser un cri, que je le cogne ou non. C’était le plus mystérieux des quatre, habillé de vêtements simples et communs recouverts par un long manteau qui descendait jusqu’à ses chevilles où apparaissaient des bandages. Ses vêtements étaient abîmés, déchirés par endroits et ce sac qui recouvrait sa tête continuait de m’intriguer au plus haut point. Il tenait sa hache à deux mains contre son flanc, prêt à l’abattre pour me trancher en deux malgré leur objectif de me ramener à Armada.

Tensumi lança une nouvelle boule de fumigène qui recouvrit la zone d’un épais nuage blanc en explosant. J’étendais aussitôt mon haki perceptif, difficile à maintenir dans mon état et, malgré ça, ce que je ressentis ne me rassura pas. Deux présences, puis une troisième apparaissant du côté du ninja, et une autre, une cinquième et ainsi de suite, apparaissant de nulle part. Ces présences ne brillaient pas de la même intensité mais avaient forme humaine et s’élançaient également dans ma direction. Esquivant d’un bond de côté une attaque que je sentis à ma gauche, j’arrivais vers une des loupiottes vacillantes, devinant la forme du ninja lorsque je m’en approcha. D’un coup de poing, j’eus la mauvaise surprise de traverser la silhouette comme s’il faisait partie du nuage de fumigène. Je me tournais, attentif, mais l’attaque vint de derrière moi, sentant le contact froid d’une lame qui fit vaciller ma concentration et ma perception de ce qui m’entourait.

L’ombre d’une silhouette apparut alors soudainement devant moi, découpée clairement dans le brouillard blanc, bien physique cette fois-ci. Je sentis un nouveau coup de sabre dans mon dos, le contact froid et effilé m’entaillant la cuisse, devinant l’ombre rouge du ninja du coin de l’œil avant qu’il ne disparaisse à nouveau. Croisant alors mes bras devant moi, les renforçant de cette carapace noire du fluide offensif, j’encaissais un coup de hache arrivé à toute vitesse devant moi. Sous le choc, mes pieds se décollèrent du sol et je fus projeté en arrière. Je vis alors très brièvement Tensumi qui apparut devant moi pendant ma projection pour m’envoyer un violet coup de pied dans le ventre, laissant deux petits trous causés par les lames rétractiles présentes dans ses chaussures. Un nouveau flash lumineux m’assaillit dans cet environnement monochrome, m’aveuglant l’instant qui précéda le choc, lorsque mon dos entra en contact avec l’une des parois du couloir. La roche s’enfonça sous l’impact, formant un cratère de fissures alors que mon corps retombait au sol, à quatre pattes, retenu de mes bras par les seules forces résidant dans mon corps à ce moment précis.

Je clignais des yeux plus lentement qu’auparavant, mes oreilles assourdies par les battements de mon propre cœur. Tout semblait brouillé, flou, même mes pensées ne parvenaient plus à s’organiser. Analyser, esquiver et frapper, tant d’ordres qui n’atteignaient plus mes muscles et l’intégralité de mon corps. Le temps sembla être une éternité, tentant de faire réagir ce corps qui ne répondait plus. Un dernier effort, il fallait que je bouge ou le couperet tomberait, si ce n’est sur ma vie, sur ma liberté.

Un instant de lucidité, c’est tout ce qu’il fallut. Conscient d’être en mauvaise posture, je fis appel au fluide perceptif comme un dernier recours à ma survie, porté par une force qui renaissait lentement au fond de moi. Étendu sur mes alentours direct, quelques mètres au plus, je le vis arriver. Mon cerveau hurla à mon corps de se mouvoir, poussant de cette force mystérieuse qui me prenait parfois aux portes de la mort comme une gardienne à la faucheuse. Le regard hagard, je me relevais contre le mur, bougeant ma tête de côté au moment où la tête de la hache s’écrasa dans le mur avec une telle violence que le cratère déjà large qui l’habillait s’agrandit. La lame était enfoncée à quelques infimes centimètres de mon visage, noircie jusqu’au manche de haki de l’armement.

Poing ou main ? La question ne se poserait pas habituellement dans cette situation et c’est pourtant ce qui me vint à l’esprit. Enfin, esprit c’était vite dit, dans cette semi-conscience brumeuse, c’est mon inconscient qui fit le travail. Et son choix fut pour la curiosité maladive qui m’assaillait depuis que je l’avais vu, ce sac en papier qui recouvrait sa tête, à quoi pouvait-il bien ressembler là-dessous ? Bras tendu, agrippant le papier, ma seule réaction fut de mettre les masques à bas et de révéler ce qui se cachait dessous. Le sac se déchira, un bruit qui sembla briser un certain silence, interdit bafoué selon un certain point de vue. Son visage se révéla alors que son masque improvisé était détruit. Brûlures, cicatrices, des entailles profondes et des parties enfoncées du visage, il n’était clairement pas beau à voir. Et, lui-même semblait avoir du mal avec cette réalité.

« Non...non..pas Mono...non.. » murmura-t-il en faisant quelques pas en arrière, tâtant son visage de ses mains comme pour s’assurer que son casque-de-sac était toujours en place, absent à son grand dam. « Pas Mono...dans ma tête..pas Mono...pas Mono...Pamono. » continua-t-il en se tapant sur le front du plat de la main, son environnement semblant avoir disparu à ses yeux.

Le nuage du fumigène s’était grandement dissipé, révélant le ninja rouge qui me fonçait dessus, frappant en croix à l’aide de ses deux sabres. Il zigzaguait dans sa course, d’un côté puis de l’autre à contretemps, rendant ses mouvements imprévisibles. Une de ses lames raclait le sol tandis que l’autre était à l’horizontale, il bondit en vrille en frappant de tous côtés, retombant comme une toupie cinglante et tranchante. La folie passagère, ou pas, de Mono avait permit de gagner suffisamment de temps pour laisser la bête sortir de sa cage. Mes mains, ballottées par le manque de force que j’avais affiché jusque là, étaient fermés en poings à présent. Mon regard hagard avait reprit en vivacité, pupilles rouges à nouveau attentives aux mouvements de mes adversaires. Et cette bouche, fermée sous l’assaut incessant de mes douleurs, affichait de nouveau ce sourire, pire qu’avant même, plus carnassier que le plus carnivore de tes copains.


Golgoth



Le fluide offensif qui couvrait mes bras se propagea au reste de mon corps, jusqu’au visage qui, couvert de cette carapace ébène aurait pu passer pour de l’appropriation culturelle. Aucune partie ne fut exclue, tandis que mon esprit vacillait vers ces pensées emplies de rage qui vrillaient mon cerveau dans ce genre d’état. Une respiration saccadée, un regard ahuri et ce sourire qui forçait sur mes idiomatiques. Tout ce à quoi je pensais à ce moment exact, était la destruction pure et simple de mes ennemis, une rage bouillonnante qui se mêlait à une colère qui vint me frapper comme une inconnue. Comme si cette dernière émotion n’était pas la mienne, qu’elle venait de quelqu’un d’autre, proche et qui continuait de balbutier des mots incompréhensibles. L’air semblait alourdit autour de lui, comme lorsque l’on regarde juste au-dessus d’une source de chaleur. Et chacune de ses respirations appelait à la colère, se propageant à nous.

Mais chaque chose en son temps, il fallait d’abord s’occuper de ce ninja pendant que Mono était prit dans son délire. J’opposais un coup de poing direct au ninja toupie, sentant ses lames frapper mon bras à plusieurs reprises dans sa rotation avant mes phalanges ne l’atteignent en plein torse, l’envoyant en arrière. D’un ample mouvement de tête il fit tournoyer sa chevelure tressée, la lame filant à toute vitesse par-dessus mon épaule avant de tourner autour de mon cou et de s’enrouler avec ses cheveux. La lame éventail crissait sur ma peau noircie, affichant la peau à son passage comme on écaille un poisson. J’attrapais alors les cheveux, tirant de toutes mes forces pour ramener le ninja en avant et le frapper de nouveau pour le projeter contre une paroi, sa tresse se démêlant de mon cou pour l’y suivre. Et, alors que je m’apprêtais à me lancer sur lui pour l’achever au plus vite, c’est le rire du masqué qui m’interrompit.

« Krékéké Putain ça faisait longtemps mon p’tit Mono ! » susurra-t-il, la tête baissée, ses deux mains relâchant le visage qu’il s’était prit dans sa crise, dévoilant cette face brûlée et tailladée, vestiges d’une probable séance de torture que je n’osais imaginer tant le résultat était repoussant. Et, cela semblait lui avoir laissé son lot de traumatismes. « Enfin libre bordel ! Alors, qui j’dois buter ? » s’exclama-t-il en affichant un sourire démoniaque.

L’air continuait d’onduler autour de lui comme une aura malsaine de violence pure qui parvenait à s’exprimer physiquement dans ses alentours. Et, cela nous affectait également, cette violence palpable qui me faisait serrer les poings de toutes mes forces. Rage et violence m’animaient tel un pantin qui ne pensait plus qu’à frapper, peu m’importait la défense à présent et au vu du regard diabolique de Mono, il en était de même pour lui. Enragés, nous nous lancions l’un sur l’autre, Tensumi se relevant de son côté pour faire de même, également soumis à l’émulation de violence. Mon poing entra en contact avec la tête de hache, repoussant l’arme sans même me soucier de mon armure d’ébène qui avait éclatée au point d’impact sous la puissance du coup. Je ramenais ma tête en arrière, désireux de la cogner contre le front du grand brûlé, mais une des lames du ninja passa entre nous, juste sous mon menton à un centimètre de ma gorge. Le coup de boule fut finalement donné dans son bras, le repoussant lui et sa lame attachée à son avant-bras, venant taillader le gars à la hache qui y répondit d’un violent coup de pied dans les côtes de l’armuré de rouge. Visiblement, il ne tenait plus tant que ça à faire équipe avec lui.

« Espèce d’enfoiré, qu’est-ce que tu fous ?! » s’écria le ninja en se relevant, grimaçant en se tenant les côtes.

« Krékékéké Tu f’sais équipe avec Mono, moi c’est Pamono, déso pas déso mon con. » ricana-t-il comme un possédé, ce qui y ressemblait de plus en plus, ou une double-personnalité due à son traumatisme.

Il se remit alors à frapper, sans grande précision mais avec une puissance impressionnante. Reculant de nouveau, la lame écorcha mon armure en dessinant une ligne non-protégée au-dessus de mes pectoraux. L’arme finit sa course dans une paroi qui vola en éclats, se creusant sur plusieurs mètres en créant de multiples fissures qui partirent dans tous les sens en faisant trembler le couloir. J’en profitais pour contre-attaquer d’un coup de genou dans le bas-ventre qui lui fit lâcher le manche de son arme. Toutefois, poussé en arrière, il en profita pour m’attraper par le col afin de me soulever du sol, me faire passer par-dessus son épaule avant de m’écraser au sol de l’autre côté. Je perçus un éclair rouge quand Tensumi passa également à l’attaque, frappant le grand brûlé d’une coupe en croix qui laissa une marque sanglante dans le dos du gars à présent sans hache. Mais, il en fallait plus pour l’arrêter et se retourna en l’agrippant à la gorge, le soulevant à son tour pour le projeter contre la paroi qu’il avait déjà creusé.

« Maintenant, laissez-moi vous déchiqueter en petits morceaux Krékékéké ! » ricana-t-il en allant récupérer son arme, la sortant du mur dans lequel elle était restée plantée.

« Bordel...j’te préférais quand tu fermais ta gueule. » grommelais-je en me relevant, ma main luisant des pouvoirs de la gravité.


Kneel



J’appliquais une zone de pesanteur augmentée, faisant tomber Tensumi du mur dans lequel il s’était encastré et mettant Mono un genou en terre, sa hache fraîchement récupérée était comme collée au sol. Ne perdant pas un instant, je m’élançais sur lui, exécutant un bond en vrillant l’avant de mon corps pour entamer un mouvement de rotation, parcourant quelques mètres en tournant sur moi-même jusqu’à décocher un coup de pied de haut en bas qui termina de plaquer l’ancien masqué à terre. Mais, contre toute attente, il résista, bougeant à peine lorsque mon pied entra en contact avec la couche de haki qui avait recouvert sa joue. Il se mit à grogner, poussant sur ses jambes pour se relever petit à petit. Ne souhaitant pas le laisser faire, je l’enchaînais de coups de poings, coudes, genoux sans qu’il n’abandonne pour autant, parvenant finalement à attraper ma cheville lors d’un énième coup de pied. Il me projeta dans les airs d’un mouvement de main, comme si j’avais été aussi lourd qu’une balle. Relâchant ma concentration, mon pouvoir s’annula et mes deux adversaires se relevèrent pour reprendre le combat. Je retombais à une dizaine de mètres après avoir rebondis au plafond, roulant sur le sol jusqu’à ce que mes pieds reprennent contact avec la terre-ferme.

« Vous faites chier putain, vous vous êtes passés le mot pour pas crever ou quoi ? » m’insurgeais-je en crachant du sang à mes pieds, ayant comme une impression de déjà vu.




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Eeny, Meeny, Miny, Moe


Flashback ~ Quête
✘ Solo




Nous nous toisions tous les trois, attentifs au prochain mouvement de nos adversaire. L’armure ébène du haki de l’armement de Mono recouvrait à présent tout son corps, tout comme moi, tandis que pour Tensumi c’étaient ses trois lames qui en étaient renforcées. D’un même bond, nous nous élancions les uns sur les autres. La hache siffla en passant à côté de moi alors que j’esquivais, je me baissais pour laisser passer la lame éventail attachée aux cheveux du ninja. L’ancien masqué attrapa la tresse blanche pour tirer l’homme vers lui. J’en profitais pour arriver sur le flanc de Mono, frappant d’un puissant coup de poing qui le repoussa vers le ninja rouge. L’épaule en avant, je les suivais pour les percuter violemment, les projetant contre une des parois.


Head Like a Hole



La paume dans leur direction, elle brilla furtivement d’une lueur violette avant qu’une zone de gravité fut appliquée, repoussant mes adversaires contre la roche qui s’affaissait. Une nouvelle fois, j’eus l’impression d’être une taupe alors qu’un nouveau couloir se creusait rapidement, avec en son sein les deux guerriers qui étaient repoussés, collés à la pierre. Le tunnel se creusa sur encore quelques mètres jusqu’à ce qu’il débouche sur l’extérieur, laissant une forte lumière aveuglante pénétrer les lieux. Je les suivis de près, sortant sous le soleil après tout ce temps passé sous terre, replaçant la visière de ma casquette en avant.

« Eh les glandus, vous êtes toujours en vie ? » m’exclamais-je en sortant de la grotte, observant de tous côtés pour les repérer.

« Mais tu te tais jamais bordel ?! » s’écria Tensumi en tombant depuis quelques mètres au-dessus de la sortie du tunnel.

« Et toi tu cris toujours lors d’une attaque surprise ? »

J’attrapais ses poignets pour l’empêcher de me percer à l’aide de ses sabres mais, d’un mouvement de tête il envoya de nouveau sa lame éventail me fouetter d’un violent coup qui m’envoya rouler de côté. Tombé de biais, Mono me fonçait dessus en levant sa hache au-dessus de sa tête. Les mains au sol, je me tirais en avant pour commencer une roulade dans sa direction avant que je ne tende brusquement les bras, mains posées au sol, pour envoyer mes deux pieds joints frapper les mains du schizophrène enroulées sur le manche de son arme. Cette dernière lui échappa et fut projetée plus loin mais mon adversaire ne s’arrêta pas pour autant, m’envoyant un coup de poing qui me coupa le souffle. Retombé un peu plus loin, je me relevais pour le voir aux prises avec le ninja. Ce dernier pointa son sabre de poignet dans sa direction avant de le projeter dans une petite détonation, l’arme accrochée à une corde vint s’enrouler autour de Mono jusqu’à ce que la lame ne se plante dans sa cuisse en brisant l’armure de haki. Il forçait pour se défaire de la corde qui le saucissonnait, m’offrant suffisamment de temps pour me relever.

Un gros rocher trônait un peu plus loin, ne demandant qu’à être projeté sur mes adversaires. Ou, au moins sur l’un d’entre eux. Après ces nombreux échanges de coups, il n’était pas compliqué de déterminer lequel des deux serait le plus difficile à gérer. Son revirement de personnalité m’avait arrangé pour m’en sortir jusque là, mais les chances de s’en sortir face à lui étaient minces. C’est ainsi que je décidais d’en faire ma cible prioritaire et de profiter qu’il soit immobilisé pour cela. Plaçant ma paume brillante de violet en contact avec la roche, derrière celle-ci, je la soulevais grâce à la gravité avant de la projeter droit sur la direction du fou à la hache. Le projectile géant fila dans les airs et le percuta de plein fouet, l’entraînant dans sa projection en tirant sur la corde qui le ligotait. Tensumi résistait de son côté pour ne pas être emporté, s’écrasant contre un tronc d’arbre avant de parvenir à trancher le lien qui le retenait. La roche vola à toute allure sur une centaine de mètres avant de s’écraser en contrebas dans un bois trop dense pour que je puisse m’assurer de son état. De plus, j’avais un autre chat à fouetter.

Fondant sur lui suite à un haut bond dans les airs, je frappais du tranchant de la main. Il esquiva d’une roulade, me laissant trancher l’arbre sur mon passage. Les coups pleuvaient de tous côtés, tranchants et puissants qui découpaient les troncs les uns après les autres en créant un chemin un peu désordonné dans le bois. Sa tresse passa sous mon bras et commença à s’enrouler autour de ma poitrine, la lame s’enfonçant dans mon dos avant que, d’un coup de tête, il me projette un peu plus loin contre un arbre dans une vrille incontrôlable. La lame éventail m’avait entaillé du dos jusque sous mon bras, éclaboussant le sol de mon sang. Je ne ressentais plus la douleur, mais la fatigue me guettait de plus en plus sérieusement et je ne pourrais plus tenir cet état berserk bien longtemps. Déjà, l’armure ébène se craquelait par endroits, autour des failles causées par les attaques de mes adversaires.

Tensumi revint à la charge, projetant son dernier sabre, accroché à son avant-bras, grâce à un système similaire à mes grappoings. Je regrettais de ne pas les avoir pris avec moi, ils m’auraient été utiles. La lame fila droit vers ma tête, plus question de me laisser en vie apparemment. Je roulais de côté mais le sabre se planta dans mon épaule en me ramenant au sol pour m’y fixer. Le mécanisme accroché au bras du ninja s’enroula sur lui-même en le projetant dans ma direction. Je ne sentais plus mon bras gauche, mais cela ne m’arrêtait pas pour autant. Du tranchant de la main, je séparais la corde, déstabilisant Tensumi dans sa projection, retombant vers moi avec un peu moins de vitesse. Ma main agrippée sur le manche de l’arme qui me clouait littéralement au sol, je l’arrachais pour la retourner vers lui. Le ninja me retomba dessus, s’empalant sur sa propre arme, une grimace de douleur étirait ses traits alors qu’il s’enfonçait de plus en plus profond sur sa lame, approchant une main de mon visage dans un dernier effort avant de lâcher prise. Le repoussant d’une main, je m’assurais qu’il ne bougeait plus et me relevais, constatant mes multiples blessures sanguinolentes.

Un bras hors service, je me penchais sur le ninja en retirant le sabre qui lui traversait la poitrine, m’en servant pour lui trancher la gorge et ainsi éviter qu'il ne se relève, récupérer la tête attendrait. À une centaine de mètres, Mono apparut alors dans un piteux état entre les arbres. Le rocher semblait lui avoir enfoncé tout un côté de son corps, n’arrangeant absolument pas son visage déjà fort abîmé. Et pourtant, il était toujours en vie, et même encore plus fort que ça, il continuait d’avancer dans ma direction. Claudiquant dans une démarche entre le saoulard fort bourré et le zombie. Son regard était vide mais, son sourire lui, était toujours présent, étirant ses lèvres dans cet air dérangeant, d’autant plus avec cette allure de mort-vivant.

« Bon...si t’insistes... » soufflais-je difficilement en serrant mon poing.

Un pas, plein d’assurance et d’aplomb tandis que le second fut soudainement plus faible, manquant de me faire vaciller. Le troisième fut plus décisif, contractant chaque muscle qui me permettrait d’avancer, et de vaincre. M’en servant comme appui, le pas se transforma en trot puis en course, ignorant du mieux que je pouvais la faiblesse grandissante pour m’élancer sur l’homme-zombie. Sa hache, tenue de sa seule main valide, traînait au sol dans les feuilles mortes, comme un sombre présage alors qu’un corbeau se posait sur une branche d’un arbre un peu plus haut. Mais, il n’y avait pas de demi-tour possible, les charognards auraient ce qu’ils convoitaient, mais à savoir qui leur servirait de repas, seuls nos poings et lame pourraient le décider.

Et ce fut le contact, mon poing contre sa hache, celle-ci repoussée en arrière alors que l’armure de haki sur mon poing se brisait comme du verre. Il répliqua d’un coup du manche qui me prit en plein visage, faisant de nouveau voler ma dernière défense en éclat. Poussé de biais, je profitais du mouvement pour tourner légèrement sur moi-même et lui décocher un coup de pied qui le cueillit à la gorge. Il tituba en arrière, souffle coupé tandis que je revenais sur son flanc abîmé pour asséner un violent coup de poing qui le projeta dans les airs. Je sentis la tête de hache me lécher la joue alors qu’il était projeté contre un arbre, il m’avait manqué de peu.

« Kof kof...dans le genre increvable..j.je te discerne la palme, bravo.. » toussais-je en tendant ma main dans sa direction, celle-ci luisant de ce violet démoniaque.


Pull Punch



Attiré dans ma direction, Mono fut soulevé du sol et se mit à léviter à grande vitesse, accélérant jusqu’à moi, tendant le bras pour le frapper violemment de l’intérieur du coude dans un lariat encore renforcé de haki. Mais, l’armure ébène du schizophrène n’eût pas cette chance, s’étiolant suite au coup sur tout son visage en s’écrasant au sol.

« Krékéké tu crois pouvoir m’tuer ?! » s’écria-t-il en ricanant soudainement comme un fou, glissant sur le sol en ramenant sa hache en visant mes jambes.

D’un bond, j’évitais l’attaque, mais Mono se releva pour me percuter d’un coup d’épaule qui me projeta dans les airs. Soulevé jusqu’à une dizaine de mètres, je rentrais dans un arbre qui craqua sous l’impact, grinçant longuement jusqu’à s’écraser, tandis que je faisais pareil à son pied. Peu à peu, la douleur revenait et la vision floue avec elle. Je grommelais, le visage face au sol, mes mains tentant faiblement de me relever. J’entendis les feuilles mortes craquer sous son pas, son arme lourde raclant violemment la terre comme s’il avait souhaité la labourer. En voulant me relever, je ne parvins qu’à me retourner sur le dos, observant l’homme qui peinait à traîner son arme jusqu’à moi.

Il fallait réfléchir vite, ne parvenant pas à me relever suffisamment, il me vint l’idée folle de fouiller dans une poche de mon pantacourt. J’en sortis un harmonica, pas très grand mais tout aussi efficace. Je le portais à mes lèvres et soufflais, faisant bouger légèrement l’objet d’un côté puis de l’autre en faisant vibrer les notes. J’y mettais tout mon souffle, tout ce que mes poumons étaient capable à ce moment-là. La musique emplie alors les bois, faibles notes montant crescendo en prenant peu à peu de l’ampleur dans ses vagues lancinantes.


Lachrymae





Tristesse dansante dans le vent au gré de notes vibrantes, se réverbérant dans le silence de la mort. Inspirées, tant sur l’instrument que dans le sentiment, expirant chaque note du vécu qui un jour me fit pleurer. Sentiment lancinant, sentiment terrifiant. Sans le savoir, mon haki s’y mêlant. Si mélancolique surtout, si profond et empathique qu’il en affecta ma cible. Sa démarche claudicante ralentie, et quelques larmes vinrent agrémenter ses yeux d’un semblant de vie.

C’était là l’effet le plus perceptible de cette technique : des larmes de crocodile coulant abondamment des yeux de ses victimes. Et, mon dernier adversaire y semblait particulièrement réceptif, s’arrêtant net à quelques mètres pour lâcher son arme et s’attraper la tête. Il grognait comme une bête, prit dans un combat intérieur dont je n’étais témoin. Du moins, jusqu’à ce qu’il s’exprime dans un cri terrifiant, ou peut-être fascinant.

« Tu...crever..putaaaiiiin !!! » hurla-t-il en se mettant des claques, son fluide offensif totalement disparut. « Krékéké restes..à ta..place ! » se parlait-il à lui-même, prit dans un dilemme inter-personalités.

De mon côté, je continuais ma mélopée, si je pouvais ainsi le déstabiliser cela m’offrait plus de chances de survie. Et, malgré mon état, je me montrais plutôt inspiré dans mon requiem lacrymale. Le souffle me manquait par moments, mais je continuais encore et encore, détournant l’attention pour permettre de retrouver les sensations dans mes jambes, ou d’y trouver des forces. Mais, malgré sa dichotomie mentale, il continuait d’avancer, luttant contre l’opposition de sa personnalité initiale. Enfin, il était toujours compliqué de savoir qui de l’œuf ou la poule était venu en premier.

« Rends..moi...mon...corps.. » s’exclama-t-il sur un ton différent, sa propre main se plaçant sur sa gorge, comme retenue par une force invisible alors que les doigts s’écartaient. « T..t’es trop fa..faible pour ça Mono, lais..laisse faire les grandes personnes !! »

Un hurlement plus qu’une voix, tonnant comme l’éclair après qu’il ait frappé. Il se baissa pour ramasser son arme et se remit à avancer, un visage fermé. Un de ses yeux clignait comme s’il buguait, toujours larmoyant sans qu’il ne puisse les contrôler. Et, il fut juste devant moi qui, toujours allongé au sol, me relevais péniblement contre le tronc de l’arbre dans mon dos. La lame de la hache scintilla sous l’éclat du soleil plongeant, lugubre mais pourtant luisant.

Ma main levée devant moi, je ne parvins pas à faire appel au haki, tant combatif qu’observateur et encore moins à manifester mes pouvoirs de maudit. Était-ce là ma fin qui se profilait ? La lourde hache levée à une main au-dessus de sa tête, prêtre à s’abattre sur mon crâne pour le fendre en deux. Cette vision et la fatigue me firent fermer les yeux comme si j’acceptais mon sort, réflexe naturel de la bête acculée obligée de se résoudre à son destin. J’entendis alors un claquement, m’attendant à sentir le couperet tomber dans l’instant. Mais il n’en fut rien, suite aux quelques claquements qui s’ensuivirent, rien ne se passa. Ouvrant les yeux, je vis alors mon adversaire immobile, des formes vertes semblables à de la mousse commençant à lui recouvrir le bras qui tenait son arme, se propageant en plusieurs endroits, principalement ses membres qui se retrouvaient entravés par le lichen et le lierre agressif. Aussitôt, je compris ce qu’il venait de se passer.

D’un regard de côté, je les vis alors, tout d’abord celle pour qui mon cœur ne pouvait s’empêcher de s’emballer. Visible entre tous par sa chevelure rougeoyante, brillants sous un ciel de couché de soleil qui en prenait les mêmes teintes. Ses deux revolvers de bois lanceurs de graines étaient pointés sur Mono. À ses côtés se tenaient Norbert, Mirabelle et une vingtaine de tontattas. Je fus soudain soulagé de les voir tous sains et saufs.

Mais, l’ancien masqué ne se laissait pas faire pour autant malgré sa faiblesse manifeste, forçant de ses membres encore en état pour déchirer la mousse petit à petit. De nouvelles graines furent tirées, précises en visant ses articulations pour l’immobiliser au mieux et empêcher tout mouvement dangereux. De plus, son attention était à présent tournée dans leur direction, son regard vide mis à part de larmes, ses lèvres retroussées telle une bête prête à fondre et dévorer sa proie. Cependant, ce n’était pas au programme, pas si je pouvais l’en empêcher. Car, aussi diminué qu’il était, je le savais tout de même capable de se débarrasser de mes hommes s’il parvenait à se défaire de ses entraves.

Serrant les dents, ma main valide ramenée derrière moi pour pousser contre le tronc dans mon dos, m’aidant à me relever sans attirer l’attention du fou furieux pleureur. Les sourcils froncés, mon poing serré, enfonçant mon pied gauche dans le sol, concentrant toute ma force restante dans cet ultime coup de poing. Seules mes phalanges se recouvrirent de l’armure ébène, des mitaines inversées de haki. Comme si le contact avait du mal à se faire, la lueur violette apparue sous la forme de brèves étincelles avant que l’aura n’englobe ma main. Ramenant mon épaule en arrière et vrillant légèrement mes hanches, il était temps de frapper.


Fly Me to the Moon !!!



Et ce fut l’impact, déroulant mon corps des hanches à l’épaule puis à mon poing que je fis filer droit vers la poitrine de Mono. Mes phalanges entrèrent en contact avec sa poitrine, directement au cœur alors qu’un couloir gravitationnel se formait, bien plus réduit en taille qu’à mon habitude, n’habillant que la largeur de mon poing. Les os se brisèrent, craquant à mon oreille alors que la peau se déchirait dans un flot de sang soudain, mes phalanges s’y enfoncèrent de plus en plus profondément alors qu’un éclair de vie revenait dans son regard. Un soudain sursaut avant la chute, crachant une gerbe de sang. Mon poing le traversa alors de part en part, ressortant dans son dos. Une chaleur battante et sanglante habitait l’intérieur de ma main, son cœur se gonflant à un rythme qui se calma bien vite. Je ressortais alors mon bras du trou béant qui ouvrait sa poitrine, couvert de sang jusqu’au biceps avant de lâcher l’organe qui retomba mollement au sol. Je titubais en arrière, retrouvant le contact du bois dans mon dos, sentant l’écorce griffer ma peau alors que mes jambes perdaient en force et que je m’écroulais le long de l’arbre.

Face à moi, Mono maintenu par le mélange de lichen et de lierre qui l’enserrait était resté debout, les yeux révulsés et toute vie ayant quitté son corps. Décidément, jusqu’au bout l’ancien masqué sera resté debout.

« Kof kof kof..in..crevable ces bâtards... » soufflais-je, accablé par la douleur qui m’assaillait de toutes parts, mes yeux papillonnant frénétiquement pour lutter contre le sommeil, ou bien était-ce la mort cette ombre là-bas qui m’attendait patiemment en tenant sa faux ?

Hallucinant alors que je défaillais, je n’entendis pas mes camarades se rapprocher, me rappelant de leur présence lorsqu’ils entrèrent dans le cadre de ma vue floue. Ils s’affairaient autour de moi, Mirabelle sortant ses aiguilles et ses bandages pour s’occuper de mes plaies et Eve préparant ses cataplasmes dont elle avait le secret. Mon seul réflexe fut de lever ma main pour pointer les deux corps gisant de Tensumi et Mono.

« Kof..ré..récupérez l..têtes.. » murmurais-je faiblement accompagné d’un flot de sang qui se mit à couler abondamment de ma bouche, achevant tout ersatz de conscience qui m’activait encore.

Quelques heures plus tard


Mes yeux se rouvrirent sur le plafond de ma chambre, incapable de bouger autre chose que ma tête à l’heure actuelle, mais toujours en vie. Tout autour du lit, quelques membres d’équipage m’observaient avec inquiétude. Norbert tenait même son chapeau à longs bords contre son cœur comme s’il était en deuil. Mirabelle tenait son mouchoir sous ses yeux à les tamponner furieusement pour débarrasser les grosses larmes, presque aussi grandes que ses yeux, de couler. Même Eve avait l’air inquiète, elle qui était pourtant toujours si froide et impassible, pas au point de pleurer mais c’était déjà un bon début.

« J’suis pas..pas mort b..bande de cons. » soufflais-je en affichant un léger sourire avant d’être pris d’une quinte de toux.

Norbert se précipita vers moi en portant un verre qui faisait la moitié de sa taille, grimpant sur mon corps en évitant de marcher sur mes blessures comme s’il faisait de la marelle.   « Tiens chef, parles pas trop ça risquerait de rouvrir tes plaies. Tu nous as inquiétés mec. » déclara le petit bout d’homme, littéralement pas plus haut que trois pommes.

Je bus calmement, ayant l’impression de revivre alors que le liquide coulait doucement dans ma gorge. « L..leurs équipages ? » soufflais-je après avoir réfléchis à une phrase contenant le moins de mots possible.

Contre toute attente, ce fut Eve Rosemary, surnommée ‘Wood Siren’, qui me répondit. « On s’en est occupés. On s’est d’abord cachés dans le bois et on les a patiemment attendus, ça n’a pas manqué. Ils devaient probablement penser que l’on était moins nombreux et n’ont pas envoyés tous leurs hommes. » commença la femme des bois en prenant place sur une chaise au bout de mon lit. « Ce fut rapide et facile, t’as bien entraîné ces p’tits pervers. » fit-elle d’un sourire surprenant, elle échangea un regard complice avec Mirabelle, les deux semblaient être devenues de bonnes amies.

Norbert pris alors le relais de l’histoire. « Puis, on les a contournés par la mer à l’aide de Borat pour coincer tout espoir de fuite depuis la crique dans laquelle ils avaient amarrés. Le peu d’hommes à bord pour manœuvrer les navires et les canons nous a facilité la tâche, mais ils avaient du répondant les bougres. » raconta le tontatta en quittant ma poitrine, ce qui me soulagea de son poids, certes léger, mais douloureux dans mon état. « Ça a été une sacrée boucherie et on a eut quelques blessés graves, mais aucune perte à déplorer. Deux de leurs navires ont aussi été assez violemment touchés par nos tir-slips-catapulte et quelques explosions, on a récupéré ce qu’ils avaient dans leurs cales mais on pourra rien en faire de ceux-là, le troisième néanmoins est intact. »

Beaucoup d’informations d’un coup qui me vrillèrent le crâne l’espace d’une seconde alors que je réfléchissais à plein de choses en même temps. Je m’éclaircis alors la gorge en toussant un peu, quelques gouttes de sang projetées sur les draps. « B..bien joué, v...vous avez géré ça comme d..des chefs...De mon côté..j’ai découvert un truc sympa sur ce..cette île. Il y a...une entrée vers une...une grotte...faites-la péter avec un bar..il de poudre. » déclarais-je faiblement avant de me remettre à tousser.

Mirabelle s’approcha de moi en sautillant sur le lit pour prendre ma température. « Bon, laissons-le se reposer il en a besoin. Norbert, va t’occuper de cette grotte, nous on va rester à son chevet pour surveiller son état. »

Le chef des tontattas hocha la tête et sortit de la chambre en descendant du lit d’un saut. Il faisait nuit à l’extérieur, mais la lueur des lampes était suffisante pour me provoquer un soudain mal de crâne. Je finis par perdre de nouveau connaissance, passant le reste de la nuit entre sommeil profond et réveil agité, trempé de sueur en respirant difficilement. Cette journée avait été éreintante et avait faillit causer ma mort mais, dans mon malheur, j’avais peut-être fais une découverte inestimable. Cette porte immense en fer noir que je n’étais pas parvenu à faire bouger, quels secrets pouvait-elle renfermer ? Une chose était sûre : je reviendrais ici sous peu en compagnie des Sandstorm Pirates pour lever le voile sur ce mystère.




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