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TodeZaungel

Zaun en vue, Lieutenant-colonel.

Je rassemble mes papiers et un tas parfaitement rectangulaire en faisant taper la liasse sur mon bureau, puis les pose avec attention dans un coin, lissant les angles avec le pouce et l’index. Je me lève ensuite et quitte ma cabine pour rejoindre le pont du navire. Je prends une grande inspiration de cette brise marine particulièrement fraîche en cette fin d’année 1628, et m’étire doucement. Le voyage a été long, depuis South Blue, mais j’ai un regain d’excitation alors qu’il touche à sa fin. Dans quelques heures tout au plus, je poserai le pied sur l’île et me retrouverai à nouveau dans le feu de l’action. Je balaye les environs de l’île du regard, et suis agréablement surpris à la vue de multiples voiles blanches et bleues. L’opération du Commandant d’élite Bathory semble se poursuivre lentement mais sûrement, et je me targue d’y avoir modestement contribué en permettant la prise d’un des deux ports de l’île lors de ma dernière mission. Notre navire manœuvre lentement à l’approche des falaises de l’île, esquivant les récifs et évitant de se faire rabattre contre les rochers. Nous arrivons finalement dans la rade du port, et après avoir passé les divers contrôles, lâchons l’ancre.

A quelques dizaines de mètres du bateau, je reconnais immédiatement le Couperet, le navire du Lieutenant-colonel Macallan et de ses hommes. Je ne suis jamais en retard, et pourtant à chaque fois que je le rejoins quelque part, mon collègue semble avoir une longueur d’avance sur moi. D’un autre côté, peut-être que le Sous-Amiral Leto du G-6 a moins tendance à envoyer ses hommes en mission à l’autre bout du globe, lui… Je ravale ma fierté, me dirige au bout du pont, et comme à mon habitude m’élance dans les airs grâce à mon Rokushiki pour rejoindre le navire allié.  En atterrissant sur le pont du Couperet, je suis immédiatement reconnu par quelques soldats qui me saluent. Les événements récents semblent confirmer que ma réputation commence à me précéder sur les mers bleues. En chemin, nous avons croisé et combattu plusieurs petits navires pirates… Enfin, combattu, c’est vite dit : ils se sont très vite rendus, et sans opposer la moindre résistance. Et bien que ça ne devrait pas m’importer, étant donné que seul le résultat de mes missions compte… J’en tire un plaisir immense, me rapprochant peu à peu d’un de mes objectifs personnels : éclipser mon frère et redorer le nom de Raines.

Lieutenant-colonel Raines ! L’adjudant Jack Bowmore, homme de main du Lieutenant-colonel Macallan, m’interpelle depuis l’autre bout du pont.
Adjudant Bowmore. Je le salue d’un rapide garde-à-vous qu’il semble me rendre à la hâte, sans forcément attendre que je ne le lui indique. Bon, les manières et le respect du protocole, chez les Viandards, ça n’est toujours pas ça… D’un autre côté, ce n’est pas vraiment ça que je suis venu chercher chez eux. Le Lieutenant-colonel Macallan est dans ses quartiers ?
Non, vous venez tout juste de le manquer. Il vient tout juste de débarquer avec Kyara et James.

Malgré ma très bonne mémoire, j’ai besoin de quelques instants pour me rendre compte que Bowmore parle des deux autres aides de Macallan. Quelle idée, aussi, de les appeler par leurs prénoms au lieu de leurs noms de famille. Je lui fais un signe de la tête et prends congé comme je suis arrivé, en m’élançant dans les airs.

Je me retrouve rapidement sur un des quais du port, où de nombreux hommes et femmes en uniforme s’affairent. Effectivement, il est raisonnable de penser que la prise d’une île de cette échelle ne se fait pas sans mal. Je parviens finalement, au milieu de toute cette agitation, à me faire aiguiller le bureau dans lequel je retrouve mon collègue et ses hommes, appuyés sur un bureau et visiblement en train de consulter des cartes. Alors que je rentre dans la pièce, Glendronach regarde par-dessus son épaule et tape Macallan sur la sienne pour lui notifier de ma présence. Le marine se relève et se retourne vers moi.

Raines. Il hoche la tête.
Macallan. Je lui rends la pareille, puis me tourne vers ses hommes. Glendronach. Talisker.
Lieutenant-colonel. Nous étions justement en train de passer en revue les dossiers de Sissy sur ce fameux Dr. Argilo.
Oui, je l’ai eu par escargophone avant mon départ du G-4. Elle m’a confirmé qu’il était bien sur sa liste de cibles à neutraliser, comme Kripke et Magnus, et m’a fait transmettre ce qu’ils ont sur lui.
Malheureusement, ça ne sera pas aussi simple dans ce cas là. Argilo est un cafard, il se cache dans un trou sombre. Sissy sait qu’il opère depuis une clinique clandestine, mais ses hommes n’ont pas réussi à la localiser… Macallan siffle entre ses dents, visiblement énervé à l’idée de devoir chercher plus que de raison celui dans qui il aimerait bien coller son pied de biche fétiche.
Oui, ils n’ont même pas réussi à restreindre le périmètre des recherches. Vous ne croyez pas si bien dire, en le qualifiant de cafard…
Ouais… Il va falloir la zone au peigne fin, interroger les habitants… Macallan râle, et je peste également. Je n’ai aucune envie de me lancer à nouveau dans des recherches interminables, à devoir violenter une racaille qui ne veut pas me répondre comme au Cimetière d'Épaves…
Je sais que ça ne sera pas une partie de plaisir, et je m’en veux un peu de vous traîner la dedans. Mais dans tous les cas, Lieutenant-colonel… Merci d’avoir répondu à mon appel.

Le remerciement est sincère. C’est une mission de routine, un nom de plus sur la liste du Commandant d’élite Bathory à rayer… Et très honnêtement, je pourrais continuer mon investigation et m’en occuper seul. Mais dans un monde où nous sommes souvent livrés à la solitude de l’océan… Je suis content de pouvoir m’entourer d’alliés.
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Comme on dit, on prend les mêmes et on recommence. Nous voilà de retour sur Zaun, prêts à frapper bien fort une nouvelle fois. Plaisir non dissimulé de revoir ce bon vieux Raines, le genre de gars sur qui on va pouvoir compter quand ça va commencer à péter dans tous les sens. Cette fois-ci, c’est un scientifique qu’on est venu choper, Tif Argilo, un putain d’cinglé, paraît qu’il se prend pour Dieu avec ses expériences. Si la première partie de la mission m’parait un peu emmerdante, la seconde partie me plaît bien. Une fois qu’on aura exfiltré l’autre tordu, y’aura plus qu’à démolir sa.. « clinique ». Et tu peux m’croire, quand il s’agit de démolir quelque chose, j’suis toujours le premier. Kyara laissée en retrait pour assurer la liaison avec Jack et le navire, me voilà en debrief avec Raines. À ce qu’on raconte, il a pas mal fait parler d’lui dernièrement, un élément prometteur, je ne le dirai jamais assez, mais il faudrait vraiment plus de gars comme lui.


On m’a dit que notre gars peut se trouver dans l’coin d’Ord Mantell. Mais j’ai entendu parler de galeries souterraines.. « Shad » ou un truc du genre. Faudra aller jeter un œil.


James hoche la tête, le Doscarien est gonflé à bloc comme toujours. Sûrement pour ça qu’on s’entend bien, quand il s’agit de castagne il est toujours là. Première cible localisée, on monte une équipe et tout ce beau monde s’met en route. James embarque un escargophone dans son paquetage, histoire de demander un appui en cas de pépin. Prévoyant ? Il faut bien l’être, généralement quand je pars en mission, y’a toujours un truc qui finit par me tomber sur le coin de la gueule, j’dois être maudit. Enfin ça, depuis mon petit coup d’éclat sur Kikai No Shima, c’est une certitude que je le suis. J’en viens même à espérer que le fruit du démon que j’ai croqué puisse me conférer de la chance, ça rééquilibrerait sûrement les choses. Mais non, tu vas voir que j’découvrerai bientôt être capable de faire des bulles de savon avec le nez… On finit par arriver à quelques minutes de ce que les Zauniens appellent Ord Mantell. Une vaste plaine à l’aspect désertique au cendre de laquelle trône une espèce de patchwork infâme, une tour composée de plusieurs strates posées les unes sur les autres de façon bien degeulasse. Pas de gardes ou d’individus louches de prime abord.


Bon ben « y’a plus qu’à » j’imagine… James avec nous, vous trois vous restez postés ici et surveillez les allées et venues. dis-je en désignant trois de mes hommes.


Ne pas re-commettre l’erreur de foncer dans le tas avec toutes nos forces Wayne… En laissant certains d’mes gaillards en retrait, postés en couverture, je nous évite un quelconque effet de surprise et de potentielles déconvenues. Enfin j’imagine. Le reste du groupe se met en marche vers la grande tour et rapidement on se tient prêts à dégainer. Si mes récents passages sur cette île de tordus m’ont bien apprit une chose utile, c’est qu’le danger peut venir de toutes les directions et à n’importe quel moment. Un tireur embusqué aura vite fait de nous mettre un pruneau entre les deux yeux. J’reste aux abois, mais notre descente dans cette plaine se fait dans le calme. Quelques minutes de marche jusqu’à la grande tour, j’espère sincèrement qu’on va faire mouche d’entrée de jeu, les enquêtes et les recherches c’est pas vraiment mon fort j’dois dire. D’ailleurs, petite surprise en arrivant, on capte bien vite qu’on est pas seuls sur site. Pourtant Bathory n’a pas dit avoir envoyé des hommes… Tu m’diras, s’il s’agit de forces d’intervention de l’élite, c’est pas dit qu’ils aient annoncé leur présence.

    Ma mission principale est de mettre fin aux agissements de Ral ZAREK, le Voleur de Foudres. Peu importe les moyens et le temps que ça prend, je me dois de l'arrêter coûte que coûte. Du fait qu'il s'agisse de mon éternel Némésis, 'suis le plus à même de m'en occuper. Comme il laisse aucun survivant par principe, 'suis le seul à pouvoir me dresser contre lui et ses machinations obscures. Par le passé, à chaque fois que je l'ai croisé, j'ai toujours été en mesure de résister, contrairement à la norme. Je connais le fonctionnement de ce type dangereux plus que quiconque, il est donc normal que cette tâche délicate et ardue me revienne. Les gens peuvent y voir d'un mauvais œil que ça soit moi qui dois accomplir ce devoir au point de m'y trouver obsessionnel, mais j'en ai rien à foutre! Y'a aucun intérêt de mettre un novice sur le dossier, car mon rival en fera qu'une bouchée. Sauf que cette fois-ci, je fais plus que tenir le coup. Je le traque. Et même s'il m'échappe encore une fois, je sais que c'est qu'une question de répit.

    Avec une équipe réduite, 'suis au pied d'Ord Mantell, cet hôpital à l'architecture affreuse en plein centre de Zaun. De base, ça ressemble à rien, mais depuis ma petite visite avec l'aide du Commodore Anton TORRES de la 91ème Division de la Brigade Scientifique, l'endroit est encore plus sens dessus dessous... Maintenant, c'est sécurisé, mais ça reste temporaire. Des corps jonchent çà et là autour du site, car les gus ont cru pouvoir nous retenir. Une perte de temps! 'Sûr, j'ai retourné l'édifice à l'envers dans le seul but d'y chopper Ral. Seulement, je me suis heurté à des complications, et résultat, il est encore en cavale. Et comme il s'échappe facilement par les airs, ça rend la recherche plus insupportable et fastidieuse. Avec mes connaissances et mon intuition, je peux éventuellement prévoir sa prochaine destination, mais malheureusement, 'va me falloir plus d'élément pour ça. Alors que je laisse Anton quitter les lieux, je m'adresse à ma petite troupe.

    « À défaut de rater notre proie, on peut au moins dire "bonjour" à notre façon aux scientifiques du coin, histoire de dégoter de nouvelles trouvailles. 'Possible que ces lascars fricotent avec Ral, vue comme ça pollue de vermines ici et que c'est bien son genre. »

    Comme le Voleur de Foudres est un ingénieur comme moi, il fait souvent des affaires avec des rats de laboratoire. J'ignore ce qu'il magouille, mais ça semble tellement important pour lui. Je pense pas vraiment dénicher une piste fiable, mais ça coûte rien d'essayer. Je me tourne ensuite vers l'une de mes officières, la Lieutenante d'Élite Karen LYONS.

    « Karen? »

    Relevant la tête, ses cheveux blonds se mettent à virevolter.

    — « Oui? »
    « Appelle des volontaires. Nous avons besoin de plus de gars. Puis, vois avec les Marines qui contrôlent le port pour leur remettre notre prise. »

    Le toubib qu'on a capturé se nomme Otto WALSZ. C'est lui qui s'est occupé de la prothèse de mon Némésis. Pour le moment, il parle pas beaucoup. Il est surveillé par l'un de mes soldats, John BROWN. Dans le milieu, on l'appelle John aux marrons, car il adore distribuer des marrons dans tous les sens du terme. 'Pourrait être facile Lieutenant, mais il préfère avoir zéro responsabilité et juste castagner des criminels. Quand il faut se lancer dans le traque, je peux compter sur lui, car il a du flair pour ça. Enjoué, il peut pas s'empêcher de s'exprimer.

    « C'est une bonne idée, ça. Avec un peu de chance, je pourrais tomber sur un type à ma hauteur. »
    « T'emballe pas trop, John. 'Pas sûr de trouver des pointures, je te rappelle qu'on est sur les Blues... »
    « Ouais, mais ça n'a pas empêché Ral de se pointer sur Boréa et sur Zaun. Et si on recroise des costauds comme GORCHKOV, il faudra bien que je m'en occupe. »
    « Je te le fais pas dire. »

    Le Titan des Mers, mon navire, est positionné à l'opposé du port principal. Comme Ral connaît mon bâtiment imposant, j'ai préféré joué la carte de la discrétion. Et il est inutile d'envoyer mes gars au casse-pipe, d'où le fait qu'on soit si peu nombreux. J'ai utilisé un sous-marin que j'ai laissé à Nar Shadaa. Après, 'sûr que saccager Ord Mantell est pas vraiment ce qu'on peut dire un acte qui passe incognito. Seulement, dès que mon rival sait que je suis à sa porte, alors autant tout défoncer. En parlant de ça, du fait que je dois poiroter, je vérifie rapidement la plupart de mon équipement et tout mon aspect cybernétique. Il faut dire que mon précédent affrontement a froissé la tôle qui me compose. Et je peux pas me permettre de partir au combat avec une panne. Alors que je bidouille mon bras mécanique, je vois que ça se pointe à l'horizon. C'est assez loin pour avoir le temps de se préparer, mais je fais signe à mes compagnons de se tenir prêts au cas où.
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    Je suis ravi de constater que Macallan et moi sommes sur la même longueur d’onde. Bien que la clinique du Dr. Argilo se trouve sans doute planquée dans les bas-fonds de Nar Shadaa… Commencer les recherches à Ord Mantell est loin d’être une mauvaise idée. Après tout, maintenir un établissement médical, clandestin ou non, demande de trouver un moyen de s’approvisionner en matériel et en drogues… Et avec la prise de contrôle d’un des deux seuls ports de l’île par la marine, il y a fort à parier que les filières de livraisons classiques sont perturbées… Et qu’il faut donc se rabattre sur d’autres moyens. Détourner les ressources du plus grand hôpital de la zone paraît être le choix le plus logique… Et il y a donc fort à parier qu’on y trouve un témoin ou un complice, quelqu’un au moins capable de nous aiguiller dans la bonne direction.

    Nous arrivons finalement à Ord Mantell. Il s’agit d’une espèce de tour quasi brinquebalante dont les cinq étages semblent avoir été empilés au hasard. L’endroit est poussiéreux, et semble sur le point de s’effondrer… Et ma première réaction est naturellement de me demander comment on peut parvenir à soigner des gens dans un endroit pareil. Pourtant, cet “hôpital” de fortune est réputé dans tout North Blue comme étant à la pointe du traitement des cas les plus difficiles. Je continue d’avancer, la tête levée vers cette structure particulièrement étonnante. Le Lieutenant-colonel Macallan m’arrête alors, en me barrant la route avec son bras.

    Yep, ne vous en faites pas, je l’ai vu aussi… Je réponds à son geste à voix basse, alors qu’il me prévient que nous ne sommes pas tout seuls. Deux soldats portant un uniforme de l’élite s’avancent vers nous, méfiants. Derrière eux, difficile de louper et de ne pas reconnaître le Commandant d’élite Baal. Déjà, parce qu’il est immense : il doit mesurer presque trois mètres, et semble faire partie de la même espèce que ces mastodontes comme Skellington. Ensuite, il y a tout l’ensemble de prothèses cybernétiques dont il est truffé… Et qui sont d’une qualité bien supérieure à celles des cyborgs que je croise tout récemment. On voit clairement la patte et le savoir-faire de la brigade scientifique. Dans tous les cas, c’est un officier de l’élite dont j’ai entendu parler. Quelqu’un d’efficace, procédurier… Mécanique, comme on pourrait s’y attendre. En somme, quelqu’un avec lequel je ne peux que bien m’entendre… Et ce même si son surnom, partagé par d’autres officiers de la marine, “le briseur de rêves”, me paraît particulièrement pompeux et mal choisi.

    Commandant d’élite Baal. Soldats. Nous sommes les Lieutenant-colonels Macallan et Raines, du G-4 et G-3. Une introduction simple et sobre, accompagnée d’un salut militaire en bonne et due forme. Bien qu’en nous regardant et en nous comparant, Macallan et moi-même ne semblons pas avoir le même grade… J’ai le mérite de bien représenter ma fonction et de rassurer nos interlocuteurs sur notre identité. Comme à mon habitude, je porte de manière impeccable mon uniforme sur lequel sont parfaitement alignées et lustrées les médailles que j’ai gagnées durant mon service. Le Commandant d’élite Baal hoche la tête.
    Que font deux officiers de la régulière dans une zone où a lieu une opération de l’élite ?
    Je suis actuellement en mission pour le compte du Sous-Amiral Niromoto, du G-3.
    Vous êtes pourtant loin de West Blue…
    Effectivement, une piste que je suis m’a conduit à la recherche d’un docteur qui agirait depuis Zaun. Je commence à lui expliquer la situation. Et comme l’individu en question semble également être sur la hit-list du Commandant d’élite Bathory, nous avons pensé pouvoir faire d’une pierre deux coups. Quant au Lieutenant-colonel Macallan, il l’a pas mal épaulée pour toute son opération sur l’île et m’assiste aujourd’hui.

    Je vois… Il commence, pensif, puis reprend. Votre Tif Argilo, là… Il s’y connaît en prothèses ?

    Mon regard se fige, surpris qu’il mette directement le doigt en plein dans le nœud du problème. Le sentiment de confusion ne dure pas, et je me ressaisis relativement rapidement.

    Euh… Oui, il y a une forte possibilité. C’est un chirurgien clandestin de la pègre. Je le cherche parce que j’ai des raisons de penser qu’il est impliqué dans un vaste trafic d’organes et d’êtres humains qu’il augmente avec des implants cybernétiques pour le compte de divers criminels.
    Intéressant… Vous pensez qu’il est à Ord Mantell ?
    Non. Il y a de plus fortes chances pour que sa clinique soit planquée dans les tréfonds de Nar Shadaa. Nous pensions dans un premier temps questionner les civils ici pour voir si le nom leur dit quelque chose.
    Je ne sais pas s’ils seront très coopératifs avec la marine. Je viens un peu de retourner l’endroit.

    Je relève la tête vers Ord Mantell. De me dire que c’est ici, dans ce patchwork d’architecture que les gens du coin sont le mieux soignés… Je comprends un peu mieux pourquoi cette île est le taudis qu’elle est. L’accès aux ressources basiques, dont l’éducation et les soins, est primordial au développement d’une société. Quand ses citoyens ne peuvent pas s’assurer de rester en bonne santé, quel intérêt à penser à l’avenir ? C’est la pente glissante vers une vie d’immédiateté, qui conduit indéniablement au crime. Alors… Si même la marine saccage ces centres de soins, quel espoir donnons nous aux habitants ? Mon regard se porte sur l’individu qui se trouve ligoté non loin du Commandant d’élite. Au vu de son accoutrement et du sang sur sa tenue, c’est un médecin. Ou un charcutier. Ou les deux. Une vraie question sel ou poivre. Dans tous les cas, je n’ai aucun doute quant au fait que le Commandant d’élite Baal a toutes les bonnes raisons d’être intervenu et d’avoir capturé cet individu… Mais tout de même… Faisons-nous le bon choix, par rapport à Zaun, de débarquer et de faire courber l’échine à l’île par la force ? Peut-on espérer autre chose qu’une résistance justifiée et une rancœur qui en découlera ? Peut-être. Après tout, quand on veut s’occuper de son jardin, on commence toujours par arracher les mauvaises herbes. Et Tif Argilo a tout l’air d’être un sacré chiendent. D’ailleurs…

    Si je peux me permettre, Commandant… Pourquoi cette question précise, tantôt, quant à l’expertise prosthétique de Tif Argilo ? Vous avez des informations sur ce réseau qui pourraient m’aider ?
    Malheureusement non… Mais je suis moi-même à la recherche d’un criminel qui m’élude depuis quelque temps, Ral Zarek. Il est venu sur Zaun pour se faire rafistoler sa prothèse que je lui ai salement amoché à Borea… Il marque une pause, et désigne d’un hochement de la tête la structure derrière lui. Je l’ai retrouvé à Ord Mantell, mais il a de nouveau réussi à fuir. Alors peut-être que ça peut valoir le coup que je fouille du côté de votre Tif Argilo…
    On peut toujours faire équipe sur ce coup là. Vous nous aidez à traquer Tif Argilo, et si votre Ral Zarek se trouve bien avec lui, on vous assiste pour le capturer.

    Je me retourne vers mon collègue.

    Ce serait bon pour vous, Macallan ?

    Avec le Commandant d’élite Baal à nos côtés, cette mission ne devrait être qu’une simple formalité, et le plus pénible sera sans doute simplement de taper chaque tas d’ordure du coin du bout de la botte en espérant voir les nuisibles en sortir en rampant. En plus, il a déjà appréhendé un individu à questionner… Et à trois dessus, quelque chose me dit que le docteur-charcutier va très vite se mettre à table et nous dire ce que nous voulons savoir.
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    Est ce que ça me convient ? J’suis plutôt de l’école « plus on est de fous plus on rit » et puis ce commandant d’élite m’a l’air pourvu d’un sacré attirail. Aucun soucis pour moi en ce qui concerne la coopération avec la marine d’élite, ce sont pas tous des abrutis écervelés finis à la pisse comme on a déjà pu me dire par le passé. Tiens par exemple le petit Lex Regalia avec qui j’ai bossé sur Jaya.. ça c’était un gars sur ! Fin bref tout ça pour dire que l’aide de l’officier Aran ne sera pas d’trop, surtout si on peut écourter la partie « chasse à l’homme ». On bouge rapidement, direction Shad’ pour tenter de mettre la main sur notre gars. Et au terme d’une interminable marche, nous voilà devant ce que je qualifierait littéralement de trou du cul du monde. L’entrée d’une grotte gigantesque, sombre et humide comme j’aime. Tu sens d’emblée qu’il pourrait s’agir d’un repaire de malfrats et comme d’hab on va me dire « tout doux Macallan, on parle avant de frapper ». Quelques gars laissés aux abords de l’entrée, petit signe de main comme pour indiquer que l’honneur revient à Raines, voilà qu’on lui emboîte le pas Baal et moi.


    On garde les yeux bien ouverts James…

    Reçu.


    Ah ce Doscarien.. toujours prêt à dégainer et à tirer dans l’tas quand la situation l’exige. On commence donc notre périple dans ce long ensemble de dédale souterrain. Au centre une rivière d’eau noirâtre dans laquelle j’ai pas franchement envie de faire trempette, des lumières se reflètent sur les parois ici et là et.. BORDEL DE MERDE C’EST QUOI ÇA ?! Rapide sursaut y’a cet espèce de mec l’aigrelet en haillon qui vient de surgir de je n’sais où et qui est parti en courant en nous apercevant. J’ai entendu parler des.. hum.. occupants.. de Shad’. Les Loosers ? Ouais c’est comme ça qu’on appelle ces pauvres diables. Parait qu’il s’agit de déchets de la société Zaunienne, de types qui ont perdu leur « grand combat existentiel ». Le combat de la survie hein… J’imagine que c’est pas le genre de bail uniquement réservé aux Zaunien. C’est alors que James dégaine son fusil et le pointe sur les hauteurs derrière nous à l’intérieur du tunnel, je fais halte.


    On est épié, j’ai un contact visu. Permission de faire feu ?

    On s’calme.. voyons d’abord de qui il s’agit.


    Le Doscarien baisse son fusil et je fais quelques pas dans la pénombre. Y’a effectivement une petite masse qui gigote un peu plus haut. Mes yeux s’habituent à l’obscurité mais c’est pas suffisant j’arrive pas trop à comprendre c’que c’est. Soudain le truc se met à bouger, rampe sur le mur.. puis sur le plafond… Et c’est là que ça nous tombe dessus. James réagit aussitôt, dégainant son couteau pour taillader la bestiole. Un scorpion… Un PUTAIN DE SCORPION gigantesque qui grouille juste là devant nous ! Je dégaine mon pied de biche et le frappe de toutes mes forces en prenant le soin d’esquiver sa queue. Jetant un rapide coup d’œil à mes acolytes, je constate avec dégoût que d’autres de ces bestioles nous foncent dessus…

      Au moins, ça fait plaisir de savoir qu'ils savent se battre. Je connais pas vraiment leur profil, mais de ce qu'on dit, z'ont l'air d'êtres prometteurs. Une montée fulgurante dans les échelons pour être d'une efficacité redoutable sur le terrain. Je suis pas étonné de voir Sisi faire appel à eux. 'Veulent pas venir dans l'Élite? Toujours est-il qu'ils sont les premiers à engager le combat. Par contre, 'sont sans doute pas au courant, mais faut pas guetter seulement en haut, ça grouille aussi en bas. Le sol est glissant à cause de l'humidité et le chemin est complètement escarpé. En contrebas, on peut encore voir des stalagmites aiguisées et un autre accès tout aussi dangereux. Je donne immédiatement mes instructions à mes gars.

      « John, va épauler les soldats du Lieutenant-Colonel MACALLAN. Karen, avec moi. »

      Sans perdre une seconde, je saute avec mon officière sur le second chemin en contrebas. Ça pullule d'autres Scorpions Géants. Avec tout mon poids, j'en écrase un facilement. Karen, quant à elle, utilise son marteau de guerre pour percuter le sol violemment tout en délivrant une charge foudroyante. Sous l'effet du choc combiné à l'électricité, plusieurs de ces infâmes bestioles se retrouvent soufflées hors de notre portée et totalement grillées. 'Faut dire qu'elle se ménage pas. D'ordinaire, elle forme un duo avec un autre de ses collègues, mais avec moi, elle est tout autant redoutable. Jouant avec son arme dans tous les sens, elle dégomme un à un les monstruosité du coin. De mon côté, j'utilise Sombracier, mon bras mécanique, pour me défaire de ces choses affreuses. De temps en temps, je fais parler mon lance-flammes pour repousser autant d'arthropodes que je peux. J'ignore ce qu'il se trame là-haut, mais parfois, de la caillasse nous tombe dessus.

      — « On avait plus de chances tout à l'heure. Il y en a d'autres qui viennent. »
      « J'te le fais pas dire! »

      Se mettant dos à dos, on combine nos efforts pour repousser l'invasion. Je me demande si c'est pas un coup d'ARGILO pour nous empêcher d'avancer, mais j'ai jamais vu autant Scorpions Géants en une fois. Alors qu'on se bat main dans la main, Karen et moi, j'entends un homme tomber. Je lève alors la tête pour tenter une récupération et je réalise qu'il s'agit du Lieutenant-Colonel MACALLAN. Instinctivement, je le rattrape avec Sombracier avant qu'il chute encore plus bas dans le gouffre. Alors que je ressers mes doigts dans le creux de ma main pour éviter qu'il glisse, il se met à faiblir à cause de mon alliage en Kairōseki. La seconde d'après, je me mets à hurler comme un gamin qui découvre une araignée.

      « OH, BORDEL! C'est un putain de Fruité!! »

      Je pivote dans la foulée pour le ramener hors du vide et le mettre en sécurité près de nous. Je peux être sûr que le Lieutenant-Colonel RAINES est également témoin du haut de son perchoir. Le sourire à l'envers, je le laisse reprendre conscience. Je déteste les utilisateurs du Fruit du Démon. Ça me fait resurgir de mauvaises pensée. Par le passé, je flirtais avec une nana qui en avait mangé un, rien de bien extraordinaire. Un Zoan insignifiant de mémoire. Elle a malheureusement croisé le chemin de Ral. Mon rival a pas hésité à la tuer pour revendre le FDD derrière. Pendant que je sombre dans mes souvenirs, Karen nous fait remarquer qu'il y en a d'autres qui viennent.

      — « Il faut qu'on avance et trouver un endroit plus sûr. »

      Je suis pas contre. J'espère que les gars de la Régulière vont capter.
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      AAAAAAAAAAAAAAAH ! SHIGAN !

      Je hurle d’une voix suraiguë en éclatant avec mon Shigan ce qui est sans le moindre doute une abomination venue tout droit des enfers. Le scorpion géant éclate à l’impact avec un “pop” particulièrement satisfaisant à entendre, comme celui que ferait un grain de maïs dans les flammes… Avant de s’éteindre dans un râle strident en giclant un jus verdâtre et puant. J’esquive la gerbe de liquide in extremis en utilisant mon Kami-E et la regarde finir sa course sur les rochers de la paroi contre laquelle nous évoluons.

      Attention, ne laissez surtout pas leur sang vous toucher ! Je m’exclame alors, pour prévenir mes collègues.
      Pourquoi ? C’est de l’acide ? Du poison ? Demande un des hommes du Commandant d’élite Baal, paniqué.
      Négatif, mais ça risque tout de même de bien tâcher votre uniforme ! Et aucune idée de si ça part au lavage !

      Bordel. Dire qu’il y a quelques instants à peine, je faisais un plaidoyer empathique de cette île, me disant que tout n’était peut-être pas fichu… Mais que peut-on espérer d’un trou où pareilles saloperies grouillent dans tous les recoins ? J’ai beau les exploser avec une certaine efficacité à coup de Shigan, c’est à croire que c’est sans fin… En plus, dans la cohue et la panique de l’attaque de ces engeances démoniaques, nous commençons à nous disséminer dans Nar Shadaa. Il ne s’agirait pas de nous retrouver isolés ! Le Lieutenant-colonel Macallan est tombé du chemin sur lequel nous nous trouvions, mais a fort heureusement été récupéré par le Commandant d’élite Baal. Ce dernier m’interpelle.

      Raines, par ici ! On se replie !

      Je suis tout à fait d’accord avec sa décision. Sa subordonnée et lui sont partis dans un chemin en qui se situe en contrebas et doivent y avoir trouvé une issue… Ou tout simplement moins de ces scorpions géants. Oui. Au point où nous en sommes, je me contenterais simplement de moins de scorpions géants.

      Affirmatif, Commandant !

      Par contre, hors de question de se retrouver poursuivi par ces horreurs… Je saute dans les airs et envoie une série de Rankyakus vers les tunnels creusés à même le flanc de paroi et d’où semblent pulluler ces saletés. Les lames d’air lacèrent la roche qui se morcèle et commence à s’ébouler dans les galeries qui mènent sans doute à leurs nids… Et tout le long de la paroi. Comme une boule de neige qui dégénère en avalanche, des rochers de plus en plus gros tombent le long de l’à-pic rocheux. Je me laisse alors tomber en contrebas, où je me réceptionne comme si j’effectuais un Geppou, rejoignant ainsi le reste du groupe… Je relève alors la tête, et constate que toute l’espèce de falaise est en train de s’effondrer ! Essayer de trouver une solution plus ou moins définitive au problème des scorpions géants était peut-être une bonne idée, mais encore faut-il s’en sortir en vie ! Un vacarme tonitruant retentit alors.

      Aaaaaaaah ! Attention ! Je fais signe au reste du groupe de s’éloigner le plus possible de la falaise pour ne pas finir enseveli par les pierres. Après quelques secondes, les gravats arrêtent de dévaler la pente et le silence revient à nouveau. Et surtout… Plus un seul de ces scorpions en vue. Douce musique à mes oreilles.

      Bordel… Vous n’y êtes pas allés de main morte… Lâche le Commandant d’élite Baal.
      Aux grands maux les grands remèdes… Personne n’est blessé ?

      Je tourne alors la tête et constate que Lieutenant-colonel Macallan n’a vraiment pas l’air dans son assiette.

      Que se passe-t-il ? Il a été piqué par une de ces saloperies ? Je me retourne vers le Commandant Baal.
      Non… Je l’ai attrapé avec ma prothèse en kairoseki, et comme c’est un putain de fruité, c’est comme s’il avait pris un coup dans les balloches.
      Sérieusement, Macallan ? Vous m’aviez caché ça !
      Grmbl… Il grommèle péniblement. Je repense alors aux missions que nous avons fait ensemble. Quel peut bien être son pouvoir ? Parce que pour être tout à fait honnête, il ne m’a pas semblé faire preuve de capacités surhumaines : pas besoin de pouvoirs pour éclater des Zaunites ou des zombies à coup de pied de biche… Ou pour être particulièrement désinvolte envers le protocole ou grognon. Quoique… A Zaun, le Lieutenant-colonel Macallan avait plongé avec moi dans ces eaux sales et froides… Il n’était donc pas encore maudit par le dieu des océans.
      Et du coup, vous pouvez faire quoi ? Vous transformer en fauve ? Projeter des boules de feu ?
      J’sais pas. Tout ce que j’sais, c’est que ça avait un goût de merde quand je l’ai bouffé, et que je peux plus nager. Il râle en faisant craquer ses cervicales, s’étant remis d’aplomb après son petit malaise. Effectivement, il coche deux des trois cases… Mais seulement les deux désavantages, sans la contrepartie positive. En somme, il a fait une très mauvaise affaire.
      Ah… Silence génant.

      Nous continuons à avancer, et semblons arriver dans une zone un petit plus urbanisée que les falaises grouillant de scorpions géants que nous venons de quitter. C’est comme se retrouver au milieu d’un immense bidonville. D’ailleurs, les fameux “losers” qui peuplent l’endroit semblent sortir de leurs tanières et s’approcher de nous… Et relativement vite, ils se mettent à nous encercler. Ils ont l’air sale, et sont habillés de guenilles et de haillons… Mais n’ont pas l’air agressifs. Peut-être est-ce là une bonne occasion pour essayer de débusquer la clinique de Tif Argilo ? Encore faut-il bien qu’elle se trouve dans Nar Shadaa… Toujours est-il qu’il va falloir faire preuve de tact et de finesse… Je tourne la tête vers le Lieutenant-colonel Macallan et le Commandant d’élite Baal, qui semblent aussi antipathiques que la grande porte d’Impel Down. Ce n’est pas gagné…
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      C'est foutrement pas passé loin cette fois. Tout ce merdier m'aura prouvé une chose : si la prothèse de nôtre ami cybernétique est faite de ce qu'on appelle kairouseki, alors le fruit que j'ai mâchouillé sur Kikai no Shima était bel et bien un fruit du démon... Quelle chiasse, et dire que je ne sais toujours pas ce qu'il va me permettre de faire, j'ai les inconvénients sans avoir les avantages. Bien joué Wayne, excellente idée de croquer la dedans. Pauvre con. Voila qu'on s'éloigne du traquenard grouillant de ces saloperies d'insecte, direction.. un bidonville. Peut être l'occasion d'en apprendre un peu plus sur le labo qu'on recherche, on croise rapidement ceux qu'on appelle dans l'coin les "losers". Dans le fond, le jour ou je vais découvrir que j'ai définitivement perdu la faculté de nager en échange d'un pouvoir complétement débile et inutile, alors moi aussi je mériterai ce surnom. Alex suggère qu'on se disperse pour interroger les locaux. J'suis pas sur que se séparer soit un superbe plan après les merdes qui nous sont tombées dessus juste avant... Mais passons, je me prête au jeu, rapidement notre petit groupe de joyeux lurons se déploie et nous voilà, cape du bon samaritain sur le dos, expliquant à ces mendiants des cavernes que nous ne sommes pas la pour leur faire le moindre mal. Attends un peu que ces cyborgs nous bondissent dessus pour nous suriner, tu vas voir si j'suis pas la pour leur faire du mal...


      Non. J'sais rien. Foutez l’camp. me rétorque une gamine alors que j'ai même pas eu le temps d'ouvrir la gueule.


      Je me retourne vers James, le Doscarien hausse les épaules, le doigt toujours sur la détente de son fusil. Lui non plus ne croit pas trop en la probabilité de trouver des infos utiles dans ces galeries. Sommes-nous en train de perdre notre temps ? Probable. Pour le coup, j'me fie à l'instinct de Raines. Est-ce un tort ? Probable aussi, mais pour je ne sais quelle obscure raison, j'ai cette confiance aveugle.. peut être parce qu'on à déjà faillit crever ensemble et que j'ai déjà pu compter sur lui ? Ouais doit y avoir de ça. J'tente d'interroger quelques types, mais la plupart se carapatent dès que j'approche. J'ai l'impression d'être le putain de grand méchant loup dans un compte pour enfant c'est dingue.


      M'est d'avis que si on est sur la bonne piste, ya peu de chance qu'on nous l'dise boss. Je veux dire.. à leurs yeux on est des envahisseurs. Ni plus ni moins. ajoute James.


      Le Doscarien n'a pas tort. Et c'est pas son aversion pour le Gouvernement Mondial qui parle pour une fois, non c'est plus réfléchit que ça. Faut dire que de leur point de vue on est effectivement les méchants de l'histoire. Au fond, j'en viens même à me demander ce que je fous là. J'veux dire, j'ai arrêté Behr et sa milice, j'ai accepté la mission parce que c'étaient des sales types. Le coup de la M-Boat ? Pareil, chantier naval qui fourgue des sous-marins à des organisation criminelles.. c'est avéré. Et là, je me retrouve embarqué dans une mission pour coffrer un espèce de gros malade qui mutile à tour de bras et qui se prend pour dieu. Mais au delà de mes considérations, pour les locaux, j'suis juste un parfait connard, qui vient mettre mon nez dans une affaire qui ne me regarde en rien. Un connard qui vient foutre le bordel sur une terre qui ne lui appartient pas, sur une terre ou il n'a logiquement aucune autorité. Hé ben Wayne... Vrai que vu comme ça, c'est bien difficile de concevoir pouvoir t'aider. J'vois Raines un peu plus bas qui discute avec des "losers", notre ami cyborg semble faire de même, à ma grande surprise. Disons qu'habituellement, les gars de l'élite sont pas franchement taillés pour ce genre d'activité, eux c'est plutôt "j'entre, je détruis tout, je réflechis". Ouais c'est dans cet ordre. Je reviens rapidement auprès des quelques gars que j'ai embarqué avec moi.


      Avec moi, on reste groupés et on s'endort pas les gars.

      Reçu Commandant !


      Je me dirige alors vers un nouvel ensemble de.. heu.. de bâtiments. Ouais on va appeler ça comme ça. Vaste taudis qui s'enfonce encore et toujours plus dans les sombres galeries de Shad. J'arrive dans une sorte de "ruelle" entre deux imposants assemblages de tôle et de bois. Un putain de coupe gorge, l'endroit idéal pour une embuscade... Mais rien d'inquiétant, juste une vieille dame cybernétique, mais surtout décrépie qui ressert sa prothèse avec un petit tournevis rouillé. Je fais signe aux gars de m'attendre, histoire de me laisser causer avec elle tout seul. En approchant je remarque que la prothèse qui remplace sa sans doute regrettée jambe gauche est plutôt tape à l’œil. Matos de choix, pas une seule trace de rouille dans cet enfer humide et insalubre. Je m’accroupis face à elle, sourire aux lèvres et je n'quitte pas la prothèse.


      Bonjour Madame. C'est une jolie prothèse que vous avez là...


      La dame relève la tête en silence, me regarde un instant, manifestement surprise. Puis elle tourne le regard en direction de mes collègues. J'crois avoir décelé un truc dans son regard à cet instant. Elle me fixe alors avec un sourire bienveillant. L'genre de sourire que grand mère te fait alors qu'elle te tend un plat de cookies fraichement sortis du four si tu vois l'genre. Et sans rien dire, voilà qu'elle m'envoie une caisse à outils en pleine gueule, avant de se lever et de taper le sprint de sa vie, faisant tomber un amas de tole entre nous histoire de me ralentir. Comme j'avais la foi de me mettre à courir après la caisse à outils rouillée de vingt kilos que je viens de me prendre en pleine gueule. J'vous jure qu'à cet instant, elle n'a plus rien d'une mamie gâteau...

        C'est marrant, mais je reconnais pas le coin. 'Suis déjà passé quelques fois dans Nar Shadaa des années auparavant, et plus particulièrement, plutôt dans la journée, mais impossible de savoir où on est. Cette galerie souterraine est un vrai dédale! On peut croiser plusieurs pauvres diables quelque part, puis, se perdre dans un couloir et tomber nez-à-nez avec des clochards à un autre endroit. De ce que j'en sais, il existe assez de bidonvilles éparpillés à droite à gauche pour qu'on puisse jamais retomber sur les mêmes. Généralement, la plupart des miséreux se cachent dans des taudis, voire carrément à même le sol dans des trous ou des culs-de-sac. Ils se terrent tellement entre les parois qu'il est pas facile de les capter. Niveau discrétion, on fait pas mieux...

        Manque de bol, le fait de débarquer dans ce pseudo-hameau à plusieurs aide pas à rester cloitrer chez-soi. Déjà, on fait du bruit avec notre attirail, puis, ma carrure imposante doit particulièrement se remarquer. Et le pire, c'est mon œil rouge de robot luisant dans les ténèbres qui doit sacrément impressionner tout en faisant peur. Ceux de la Régulière sont reconnaissables à leur uniforme, alors que ma troupe, c'est tout une autre paire de manche. Donc, il est facile de comprendre qui on est, sauf si ça fait des années que ces misérables ont pas vu de Marines... On peut oublier très vite, ça me surprendrait pas.

        Cela dit, quelle que soit la faction, on est des types à se méfier pour eux. Je laisse mes deux nouveaux collègues du moment enquêter de leur côté, mais je reste pas loin du maudit au cas où. Alors qu'il parle avec une bonne femme âgée, moi je débusque un gringalet squelettique à la chevelure dégarnie. Malgré ma taille, il a pas l'air de me tilter. Et d'un coup, la mamie qu'inspecte Wayne se carapate. Je réfléchis pas, je fais dix coups rapides avec mon pied, puis, je m'élance dans sa direction en un clin d'œil.

        SORU!!

        Je retrouve alors devant elle. Dans la foulée, je la choppe avec Sombracier et je la soulève. Je met ensuite son visage face au mien. Un rayon de lumière venant de plusieurs interstices vient nous mettre en évidence.

        « Ceux qui ont rien à se reprocher sont pas du genre à prendre la tangente, alors saurais-tu m'expliquer pourquoi tu as décider de détaler fissa face à mon collègue, grand-mère? »

        J'aime pas faire les interrogations, c'est pas mon truc, car je perds vite patience. Moi, je suis taillé pour la baston. Je fonce, je dégomme, j'encaisse, ça me pose aucun souci. On peut me balancer dans un nid de scélérats avec un bras en moins, je m'en cogne. Je me démerde pour survivre et je me fiche des conséquences. C'est ce que j'ai toujours fait. Après, je peux être une brute épaisse, mais je reste quand même sensible. C'est juste qu'au bout d'un moment, 'faut savoir que c'est pas possible de tout gérer. Je fais le focus sur la seule chose pour laquelle je suis fais et basta. Comme elle reste silencieuse malgré ma poigne, je reformule ma question.

        « Ou peut-être, pourrais-tu me dire pourquoi vous avez plus la trouille du GM que les Scorpions Géants?! Qu'est-ce que tu as à perdre, hein? »

        Je déteste la chair à canon. En principe, ils sont assez ignares. Le pire, ils sont souvent des pions qui sont malheureusement sacrifiés. Peu coopérants par crainte et peu mouillés pour être considérés comme des criminels. Alors que j'attends des réponses, je peux voir parfaitement la marque de la prothèse. Il est évident que ce matériel est beaucoup trop sophistiqué pour une traîne-misère. Je reconnais entre mille la signature de Dmitri GORCHKOV, dit la Poigne de Glace. Je l'ai croisé à Ord Mantell tout à l'heure en train d'épauler mon rival et je l'ai sacrément cabossé. C'est un cyborg d'En Marche assez robuste pour jouer le dernier rempart. Il est possible qu'il fricote avec le Dr. ARGILO, voire même, qu'il soit son homme de main. Je tourne alors la tête en direction de mon homologue fruité.

        « Vous avez du flair, Lieutenant-Colonel MACALLAN. On tient sans doute une piste, là. »

        J'ai pas le temps de parler plus longtemps qu'un bruit sourd de se fait entendre. Sans perdre une seconde, les clodos du coin se faufilent dans leur crevasse, certains se mettent dans leur trou à rat sous une pierre. Quelque chose me dit que ça sent pas bon. J'essaie de voir un peu partout, mais je capte rien. Je zoom avec mon œil cybernétique différent accès, mais je vois toujours pas de menace. Alors que je cherche à comprendre ce qu'il se passe, la grotte se met à trembler. Plus réactive, Karen fait rassembler les soldats de mes deux acolytes autour d'elle et donne ses instructions.

        — « Faites attention. Ne vous éparpillez pas. Quelque chose vient... »

        Je me remets face à la dame âgée, l'air mauvais. Je compte pas la laisser partir tant qu'elle me donne pas de réponse.
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        Bonjour. Je suis le Lieutenant-colonel Raines. Je recherche des informations sur un docteur du coin. Un certain Tif Argilo.
        Bonjour, maître…
        Non, Lieutenant-colonel. Pas maître.
        Je m’appelle Gloum !
        Ça part mal…
        Vous allez chercher mon précieux, c’est ça ?
        Quoi, votre précieux ? Ce n’est pas ma mission, mais vous pouvez me faire une description détaillée et je ferai un signalement. Eh… Mais lâchez-moi !
        Tu veux me voler… Mon précccccciiiieux… ?
        Hein ? Mais je croyais que vous l’aviez perdu ! Eh, lâchez… Cassez-vous !
        Voleur… VOOOLEU… Sbaf. Je dégage le fameux Gloum d’un revers de la main, et il disparaît dans la pénombre en sautillant à quatre pattes, comme un animal. AAOOOOOH… !
        Mais quelle plaie ! Suivant… Vous là… Je suis le Lieutenant-colonel Raines. Vous vous appelez comment ?
        Yé soui travail.
        Non mais… J’ai demandé votre nom…
        Yé soui travail.
        Ça va mal finir… C’est QUOI votre nom ?
        Mé yé soui trav… Aïe ! Aïe… Aïe… Aïe…

        Lui aussi s’en va sans demander son reste. Il n’y a vraiment que des nazes et des losers ici. Déjà que le Zaunite moyen ne vole pas très haut, il semblerait que les habitants de Nar Shadaa n’usurpent clairement pas leur réputation… Et les recherches de Tif Argilo ou de ses potentiels alliés pataugent, du moins de mon côté. Je tourne la tête à droite, puis à gauche. Je ne vois plus le Lieutenant-colonel Macallan et le Commandant Baal. A la place, je suis entouré de badauds qui soit essaient de m’approcher pour mendier quelques berries, soit me dévisagent méchamment. Entre la xénophobie latente qui semble les habiter et le fait que je vienne d’envoyer paître les deux seuls individus avec lesquels j’ai pu entamer une conversation, ce n’est pas si étonnant… Mais bon, ils étaient tout de même sacrément gratinés.

        Tout à coup, il y a comme un tremblement et je sens le sol vibrer sous mes pieds. Instantanément, tous les losers qui m’entouraient commencent à s’agiter et se dispersent, rampant dans des trous dans la roche ou allant se carapater dans leurs abris de fortune. J’en attrape un par le col alors qu’il me passe à côté.

        Hé, que se passe-t-il ?
        Elle arrive !
        Qui ça ?

        La réponse ne se fait pas attendre alors qu’un bruit sourd se fait entendre. Toute une partie de paroi rocheuse s’effondre avec fracas, et les pierres s’effondrent sur plusieurs taudis. Un épais rideau de poussière s’élève. En utilisant le Soru, je me déplace jusqu’au sommet d’une bâtisse de quelques étages montés les uns sur les autres à la hâte dans le style d’Ord Mantell, afin d’avoir une vision un peu plus globale de la situation. Et puis, alors que le voile de poussière se disperse, je les vois. Une douzaine d’yeux qui brillent d’une lueur rouge. Accompagné d’un cri strident, un immense scorpion émerge du trou dans la roche, bavant un liquide visqueux qui fume en tombant sur les débris des habitations qu’il piétine. Je peste intérieurement. Cette sale bête nous a suivi jusqu’ici ? Ou bien vient-elle nous traquer parce que nous avons attaqué ses congénères ou ses petits, un peu plus tôt ? Toujours est-il que je ne peux m’empêcher de sentir que c’est de notre faute si le scorpion attaque… Et même si les gens qui sont ici ne sont clairement pas les meitous les plus affutés du tiroir et sont complètement ostracisés par leurs semblables… Ils méritent que je mette ma vie en jeu pour les défendre. Et puis, dans tous les cas, le Commandant d’élite Bathory mène une offensive pour purger l’île des individus malfaisants et corrompus qui la dirigent… Quel intérêt si ce n’est pour offrir un avenir meilleur à ses habitants ?

        Je m’élance avec mon Kamisori jusqu’à l’immonde scorpion géant – pour le coup, celui-ci mérite vraiment d’être qualifié de tel – et en un instant, bien avant qu’il ne puisse réagir je me retrouve au-dessus de sa tête… Et j’abats mon talon en plein dans l’arrière son crâne, profitant de l’angle mort dans son champ de vision pour porter un coup puissant et décisif… Du moins, c’est ce que je pensais. Alors que le monstre accuse le coup et s’aplatit au sol, ses quatre paires de pattes cédant sous le poids de l’attaque… Cette dernière semble simplement avoir rippé sur son exosquelette chitineux. Merde. Elle a la carapace solide… Et il semblerait que ce qu’on m’avait dit sur les scorpions et leur prétendue partie molle à l’arrière de la tête pour pouvoir se suicider quand ils sont entourés de flammes n’est qu’une légende urbaine !

        Je n’ai pas le temps de pester contre ma propre bêtise d’avoir cru à ces sornettes : la bête a de bons réflexes. Elle réagit très rapidement en essayant de me transpercer d’une fente de son immense queue. J’esquive de justesse en utilisant le Kami-E et m’y accroche, juste en dessous du dard… Au moins, comme ça, je ne risque pas d’être piqué ! Car outre les litres de poison que cette saleté doit pouvoir débiter à la seconde, je crains bien que ce ne soit que le dernier de mes soucis au vu de la taille de son aiguillon…

        Celle qui doit sans le moindre doute être la mère de couvée des scorpions sent bien que je me suis accroché à sa queue, et elle la fait alors virevolter dans tous les sens pour m’en décrocher. Mais je tiens bon, même si je commence sérieusement à avoir la nausée… Jusqu’à ce qu’elle décide d’abattre sa queue au sol pour essayer de m’aplatir. J’encaisse avec un Tekkai judicieusement exécuté et me décroche de son appendice caudal. Je balaye les environs du regard en triple vitesse. Quelques pouilleux regardent la scène, comme tétanisés.

        Fuyez ! Je m’occupe d’elle, alors mettez-vous à l’abri !

        Cet instant d’inattention me vaut de me prendre un coup de pince de plein fouet. Le coup est lourd, malgré le Tekkai qui me permet d’y résister… Et surtout d’éviter d’être broyé par la pression de son étreinte. La bête semble surprise de forcer sans parvenir à ébrécher autre chose que… Mon uniforme ! Putain ! Encore une mission où mes ennemis s’attaquent à ce que j'ai de plus cher. Je donne tout ce que j’ai et utilise toutes mes forces pour desserrer son emprise et me glisser avec un Kami-E puis un Soru hors de portée.

        Même si le Commandant d’élite Baal et le Lieutenant-colonel Macallan ne viennent pas me prêter main forte… C’est une affaire personnelle, désormais, entre cette saleté d’arthropode et moi !
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        Et voilà.. et voilà... Ça part en cacahuète. Kyara avait raison en fin de compte, je peux pas mener à bien une seule mission sans que ça déraille quelque part. Est-ce que le problème vient de moi ? J'en sais foutrement rien, mais c'est bien possible. Alors que le commandant Aran a réussit à chopper la petite vieille, une violente secousse se fait ressentir. Y'a les loosers qui s'mettent à ramper comme des putain de larves pour aller se planquer ici et là. Mon intuition me dit qu'on ferait bien de faire de même. Ressaisis toi Wayne, t'es la pour accomplir une mission, un peu d'amour propre bordel, c'est pas parce que tu viens de te faire berner par une quinquagénaire qu'il faut t'avouer vaincu. Putain pourvu que Kyara ne l’apprenne pas... Rapide coup d’œil en arrière, je mets pas trop longtemps avant de capter d’où proviennent les secousses. Ben mon pote... Ça c'est du scorpion. Plus gros que ses prédécesseurs, cette fois-ci c'est pas une bestiole taille yorkshire comme tout à l'heure.. non c'est un MEGA-Scorpion. Et déjà Raines se jette dessus ! J'en attendais pas plus de lui, champion Alex, vas-y ! Vas-y ! Ouais ! Oh.. non... AIE... Merde. Alors qu'il dit autour de lui d'aller s'mettre aux abris, voila qu'il se prend un de ces coups de pince violents... J'ai mal pour lui. Même s'il est parvenu à se dégager, il en a mangé une belle. Je m'apprête à foncer prêter main forte à mon camarade quand la mémé parvient à se soustraire de la tendre étreinte de notre ami cyborg. Glissant dans son pull tricoté main, la bougresse tente de se faire la malle. Rapide coup de pied de biche que je lui enroule autour du cou pour la stopper et l'attirer vers moi. Et là. Bah j'suis pas très fier. Au moment ou elle est à ma portée, je vois son visage bouffie se déformer sous la colère et j'ai ce mauvais réflexe de lui flanquer un pain dans la gueule. Ouais. La pauvre dame est k.o technique, j'crois bien que je lui ai pété le nez... Elle retombe lourdement dans les bras de Morphée et James pointe son fusil sur elle dans un geste éclair.


        Heu.. Ouais. Gardes-la à l’œil James, je fonce filer un coup de pouce à Raines !

        Reçu...


        J'devine assez facilement à la mine déconfite de James qu'il aurait aimé être de ceux qui castagne plutôt que de ceux qui regardent. J'ai dans l'idée qu'il est aussi gêné d'avoir vu son supérieur filer un beigne à une vieille dame. On dira que la fin justifie les moyens ! Rapidement, me voilà aux côtés de mon camarade, bref coup d’œil j’constate avec stupeur qu'il a pas l'air blessé pour un sous. Surement ce qu'on appelle le "tekkai". Pratique. Pied de biche en main, me voilà à bondir sur la bestiole pour la frapper de toutes mes forces. Sa carapace se fend légèrement, mais j'ai comme l'impression que mon coup n'a en réalité pas vraiment eu d'effet. Merde. Un gros coup de pince que je contre de justesse avec mon arme, mais qui m'envoie malgré tout m'écraser un peu plus loin. On pouvait pas rêver pire, je me relève douloureusement et je constate que cette saloperie me fonce dessus. Raah si seulement le fruit que j'ai bouffé me donnait des pouvoirs utiles. Putain, je pourrais lancer des flammes avec mes mains.. tirer des lasers avec mes yeux.. me transformer en une créature plus gigantesque encore... Mais non. Toujours l'impression que je suis dénué de toute compétence utile. Déprimant. Je contre un puissant coup avec mon pied de biche, mais perds ce dernier des mains. Bruit de ferraille derrière moi, il disparait dans l'obscurité. C'est bien ma veine. James détourne alors brièvement l'attention de la créature en lui logeant plusieurs balles au dessus de la tête. Mais ça ne suffit pas pour la stopper et voilà qu'elle me donne un autre coup que je n'ai d'autre choix que de parer avec mes avant bras.

        Et je voltige encore, m'écrasant dans l'obscurité, sur cette roche froide et humide... Je plonge alors ma main dans ma veste et j'en sors ma flasque de whisky. T'as raison Wayne, c'est tout à fait le moment pour s'en jeter un. Quitte à mourir autant faire que ce soit le plus agréablement possible hein ? Je garde le précieux nectar en bouche, dégaine mon briquet et quand cette foutu bestiole est à portée, je lui fais le coup du dragon. Souffle enflammé qui manifestement à eu de l'effet ! Elle se met à pousser un hurlement strident tout en se dressant sur ses pattes arrières.


        Manges-toi ça connasse !


        Léger regain d'assurance, pas l'temps de chercher mon pied de biche, je dégaine mon couteau de chasse et me met à courir en boitant, maudit cheville gauche. Passant sous cette immonde bestiole, je tranche dans le vif, un liquide visqueux verdâtre jaillit et j'en prends plein la gueule. Par pitié, dites moi que c'est du sang et pas une énième surprise qui risque de faire fondre mon visage. Quelques secondes passent et toujours rien. Ouf. Hélas, je n'ai pas le réflexe de contrer le coup qui suit, que je prends de plein fouet dans le dos et qui me projette comme une vulgaire marionnette à une demi-douzaine de mètres en avant. Raines m'aide à me relever et nous voilà tous les deux à la merci de la bête. Pas question de se dégonfler, je me prépare à réceptionner le prochain assaut avec mon couteau de chasse, mes gars font feu sur le scorpion mais les balles ne passent pas l'épaisse carapace. Nous voilà dans de beaux draps. Bah nous reste plus qu'a espérer que le commandant Aran nous sorte de là...

          Et voilà que la grand-mère s'arrache de mon étreint. Heureusement qu'elle est neutralisée dans la foulée. Je sais pas ce que glande Karen et John, mais je profite du spectacle. Malgré son air un peu gringalet et son côté trop protocolaire, Alex semble utiliser le Rokushiki. J'aurais pas cru! Par contre, le Wayne me fait de l'œil avec sa ténacité. À eux deux seulement, ils ont l'air de bien se débrouiller. Malheureusement, 'faut que j'intervienne au risque de leur voler la vedette et montrer ce qu'on fait dans l'Élite. Ma camarade est la première à surgir. D'un bond majestueux, elle abat la tête de son marteau géant sur le crâne de la créature.

          IMPACTE DIVIN!!

          Une explosion est alors délivrée à l'extrémité de son arme lors de l'impact, soufflant alors la zone dans un terrible fracas. Le Scorpion Géant s'écrase alors sur le sol, arrêtant sa progression et permettant à mes deux acolytes de la Régulière de sortir de cette mauvaise passe. Sauf que la bête réagit encore. C'est là que ma partenaire nous révèle la véritable nature de cette chose.

          — « Soyez vigilant, c'est un robot! »

          Ni une, ni deux, je m'élance vers ma cible grâce au Soru, puis, pendant que ma collègue fait un saut pour se mettre à distance près d'Alex et de Wayne, je lui assène un puissant coup de poing sur les côtes avec Sombracier tout en délivrant une décharge électrique.

          ELECTRO IMPACT!!

          L'arachnide mécanoïde décolle pour s'écraser sur une paroi avec un petit son métallique. L'électricité parcourt alors l'ensemble du corps, provocant des courts-circuits. Celui qui pilote cet appareil semble pas s'arrêter là et parvient à redresser la machine. Pas loin de moi, j'entends les gars marmonner.

          « Ça va Wayne? »
          « Ouais, ouais, trois fois rien. »

          Afin d'éviter que le pire arrive, je me relance à l'assaut avec Karen.

          « Tu as vu juste Karen. Occupe-le. »

          Courant vers le flanc de la bestiole de métal, je fais pas gaffe à sa queue et je me fais balayer sur le côté. Ma camarade doit reculer pour éviter les coups de pinces, mais elle tient le coup. Je me relève en grimaçant. 'Va falloir neutraliser cette appendice caudal de malheur. J'analyse rapidement la situation. La tête semble protégée même des explosions, la carapaces et les pédipalpes sont particulièrement résistantes. Je vois qu'un seul endroit viable pour endommager cette chose pour le moment...

          « Fais la queue, Baal! C'est à mon tour. »

          Voilà John qui se rapplique. Les jumeaux l'ont corrompu avec leurs jeux de mots foireux. Mon partenaire tente de bousiller la coque du Scorpion Géant. Ses poings sont pas assez puissants pour traverser la chair et atteindre le revêtement en métal. Je suis assez bluffé de voir une telle prouesse. 'Faudra que j'inspecte tout ça une fois qu'on l'aura mis hors service, car ça reste impressionnant. 'Suis sûr qu'Alex et Wayne s'en rendaient même pas compte. En tout cas, je suis fasciné par la robustesse de cette machine. Et surtout, par sa dissimulation. Depuis combien de temps elle berne les loosers du coin? Alors que je cherche un angle d'attaque, l'arachnide d'acier s'en prend toujours à ma blonde au marteau. D'un coup, elle se fait expédier du côté des deux Lieutenants-Colonels. Elle roule alors maladroitement jusqu'à leurs pieds. L'instant d'après, la bête énorme oriente l'une de ses pinces vers le trio. Une lumière se met à clignoter.

          SORU!!

          Un laser fuse alors dans leur direction, mais je parviens à intercepter le faisceau lumineux avec Sombracier, dévient alors sa trajectoire. Le projectile de lumière vient percuter alors le plafond dans un vacarme sans nom. L'instant d'après, un éboulis vient s'écraser un peu partout. Les soldats tentent de s'échapper, mais certain d'entre eux y parviennent pas. Je m'adresse à tous ceux qui veulent bien participer au combat.

          « 'Faut neutraliser ces saletés de pinces et ce foutu dard si on veut éviter de mauvaises surprises... Je suis prêt à parier que son arsenal est pas encore épuisé... »

          Avec Alex, Wayne, James, John, Karen et moi, on devrait sans doute pouvoir mettre un terme à cette chose. Je m'occupe pas des blessés, j'ai pas le temps pour ça. Ni de la grand-mère. Ce tas de ferraille m'en dira clairement plus. Moi qui pensais finir le travail, nous voilà partis pour un second tour... D'un air mauvais, je suis le premier à repartir à la charge.


          Dernière édition par Baal Z. Aran le Mar 18 Oct 2022 - 5:20, édité 1 fois
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          Ah, il semblerait que ce soit un scorpion mécanique… Ou du moins un cyborg, un animal augmenté tout comme les humains peuvent l’être grâce à des prothèses… Mais ne jouons pas sur les mots, car il faut quand même avouer que ça a de la gueule ! “Affronter un animal géant mécanisé” est un élément de ma liste de choses à faire avant de mourir, alors hors de question de laisser passer cette opportunité de le rayer… Et ce bien que je commence à en avoir ma claque de ne tomber que sur des ennemis dopés au chrome. J’imagine que c’est normal, au vu de la mission dont je suis actuellement chargé… Mais tout de même, j’ai un peu du mal à comprendre quel intérêt Tif Argilo, si c’est bien lui le responsable, aurait à robotiser une bestiole comme ça. A mieux la contrôler, pour ne pas qu’elle perturbe ses opérations ? Ou pour tenir les indésirables hors de son activité ? Il ne vaudrait mieux pas, car si ce monstre nous attaque, cela veut dire que nous avons été bien vite repérés… Et que notre cible pourrait potentiellement s’enfuir, à cause de notre manque de discrétion. D’un autre côté… Qui ne compterait pas sur son scorpion cyborg géant pour se sentir en sécurité et ne pas avoir à fuir ?

          Raines, à droite ! Le lieutenant-colonel Macallan me happe hors de mes pensées et m’avertis juste à temps pour que j’esquive, grâce à mon Kami-E… UN PUTAIN DE LASER !

          Affronter un animal géant mécanisé qui tire des lasers.
          Affronter un animal géant mécanisé qui tire des lasers.

          Je n’ai pas le temps de m’extasier sur cette prouesse technologique ou de penser à comment décrire cette scène dans mon rapport de fin de mission sans que le Sous-Amiral Niromoto ne me prenne pour un plaisantin. Je n’ai pas non plus le temps de continuer à me préoccuper des idées farfelues d’un médecin qui joue sans doute simplement au savant fou. En attendant, le Commandant d’élite Baal a raison. Derrière son apparence particulièrement classe, ça reste un ennemi comme les autres. Il y a donc deux manières de le neutraliser, comme un humain normal : il faut soit viser des points vitaux, soit le priver de ses armes. Quand j’affronte des pirates, j’utilise mon Shigan avec une précision quasi chirurgicale pour neutraliser leurs bras, leurs jambes ou les deux… En visant les tissus mous des articulations. Quelle que soit la solidité du squelette, à moins d’être complètement rigide et immobile comme lorsqu’on utilise le Tekkai, impossible de ne pas avoir de parties souple qui soit plus fragile… C’est d’autant plus vrai sur un membre aussi articulé qu’une queue qui doit être capable d’être particulièrement flexible.

          J’utilise mon Kamisori pour feinter un déplacement dans une direction et repartir aussi sec dans l’autre. Entre la vitesse du mouvement et le fait que je reparte en contrepied dans les airs, je ne risque certainement pas de me prendre un coup de pince. Et puis… L’animal-cyborg doit déjà avoir du mal à savoir à quel Dragon Céleste se vouer, vu qu’il subit en plus de mes attaques les assauts du Lieutenant-colonel Macallan, du Commandant Baal et de ses hommes. Je glisse à toute vitesse dans son dos et vient me repositionner au niveau de sa queue. Contrairement à ma première attaque, je ne cherche pas à m'agripper à son extrémité, juste sous le dard, mais j’essaie cette fois-ci de m’attaquer à la jointure entre la queue et le reste de la carapace… Profitant d’être passé dans l’angle mort de l’arthropode, qui bien que la nature l’ait doté d’une multitude d’yeux a également eu la facétie de tous les orienter dans la même direction, j’observe avec attention les différents plis de l’articulation… Et j’y plante les doigts dedans. J’enchaine les Shigan entre deux plaques de chitine et m’en donne à coeur joie, mordant la chair et perforant les différents renforts métalliques qui s’y trouvent. L’animal lâche un cri strident et sa queue se tord dans tous les sens, frappant mes alliés à l’aveugle.

          Je me recule et me replace, faisant état de la situation et laissant le cyborg à sa frénésie destructrice, puis dès que je revois une ouverture dans sa garde, je fonce avec un nouveau Kamisori. Restant cette fois dans les airs, car son membre s’agite dans tous les sens et m’empêche de retourner utiliser des Shigans plus précis, j’enchaîne les Rankyakus en visant toujours la même zone. Dès que le scorpion se retourne vers moi, je bondis avec un Geppou et répète l’opération, le harcelant depuis les airs d’une façon qui doit confirmer au Commandant Baal que je ne me tournais pas les pouces lorsque j’étais dans l’élite.

          Ce déluge d’attaques dure quasiment une minute… Ce qui est déjà une éternité pour n’importe quel combattant aguerri. Et forcément, le scorpion mécanique accuse sévèrement le coup. Soudain, le Commandant d’élite Baal s’attire les foudres de notre adversaire en lui décrochant une puissante mandale renforcée par son squelette métallique. L’animal réagit en tentant de l’empaler de son dard, arquant la croupe et étendant sa queue au maximum. Je réagis instantanément. D’une puissante impulsion de jambe, je me ramène au sol et y dérape en glissade le long du monstre, pour me retrouver derrière lui. Mes yeux se posent sur la base de queue, dont la carapace chitineuse toute entaillée par mes lames d’air commence à se ciseler. Je n’ai pas de temps à perdre. J’enfonce mes doigts raidis dans ses plaies et les interstices créés par son exosquelette morcelé, laissant s’échapper du sang verdâtre et fluorescent. Le monstre lâche un cri de douleur et tente de se retourner pour m’envoyer valser à nouveau. Mais cette fois, je plante mes talons fermement dans le sol, et contracte tous mes muscles, encerclant la queue entre mes bras. Je serre de toutes mes forces.

          Non… Pas… Cette… Fois !

          Je donne alors un puissant coup de hanche, pour mettre tout le poids de mon corps. Le sol se craquelle et je m’y enfonce d’une dizaine de centimètres, comme si toute la gravité de la zone avait tout à coup augmenté. Et surtout… Dans un bruit immonde de chair qui se déchire et de câbles métalliques qui rompent, accompagné des hurlements de la créature, alors qu’une gerbe de sang verdâtre vient ruiner mon uniforme et renforcer ma rage et ma puissance… Les tissus de la queue du scorpion cèdent, et je suis projeté en arrière alors l’énorme appendice me reste dans les bras. Je le balance alors au sol, et la bête lance un nouveau cri de douleur, bien plus aigu.

          J’esquisse une grimace contrite. J’ai en temps normal une empathie toute particulière pour les animaux, et j’estime que ceux qui les maltraitent sont bien souvent des humains qui ne valent pas grand chose. Cependant… La pauvre bête n’est sans doute déjà plus que l’ombre d'elle-même, tellement elle a été truffée de prothèses et d’ajouts… Et sans non plus devoir débattre de la théorie du bateau de Thésée, nous lui rendons peut-être service en abrégeant ses souffrances.

          Oh et puis merde. Cette saloperie m’a attaqué gratuitement et a bousillé mon uniforme ! Pas de pitié qui tienne !
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          Grâce aux efforts conjugués de mes chers camarades, voila que la bestiole commence à dérailler sévère. Encore une machine, c'est étonnant.. Je profite alors de son instant de défaillance, de l'ouverture crée par mes équipiers pour tenter un truc, me ruant dans sa direction avec mon couteau, je roule sur le coté pour esquiver un coup et j'la taillade. Je suis instantanément repoussé et je m'écrase sur le sol non loin. Mon dos me fait mal, dur de se sentir aussi insignifiant... Énième effort désespéré, flasque dans une main, briquet dans l'autre, j'offre a ce putain de scorpion un nouveau numéro de souffle enflammé. Et c'est à cet instant qu'un truc de dingo se produit, le liquide visqueux qui semble s'échapper de ses entrailles optimisées prend feu. Un vrai barbeuc le bordel, le cri strident qu'elle pousse en s'écroulant me perce les tympans mais cette fois-ci à priori on en est enfin débarrassé. Je vois Raines un peu plus loin qui me jette un regard comme pour s'assurer que tout roule, essoufflé, je lui offre un pouce en l'air en guise de réponse et hoche la tête en regardant le commandant Aran. James s'amène avec la vieille peau qui semble encore un peu dans le flou.


          J'ai pensé que tu voudrais récupérer ça. me dit il en tendant mon pied de biche vers moi.

          Ouaip. Beau boulot messieurs... dis-je en direction de Raines et Aran.


          Je donne l'ordre à mes gars de sécuriser le périmètre puis je secoue un peu notre prisonnière histoire de la ramener dans le monde des vivants. Yeux dans le vague, elle reprend peu à peu connaissance et tente une nouvelle fois de se tirer, mais c'est peine perdue. Le Doscarien l'a solidement ligoté, c'est pas le genre de type qui laisse filer ses proies en général. Politesses d'usage, j'interroge alors la gueuse sur ses prothèses, c'est peut être un peu présomptueux, mais j'ai pas l'impression que les locaux de ce bidon ville aient les moyens financiers de se payer ce genre de prothèse dernier cri. Mon instinct de vieux marine me dit qu'elle a des infos et qu'elle va devoir cracher le morceau. Cette fois-ci je mène la danse, l'asseyant sur un rocher je tire un petit tabouret métallique et m’assois face à elle.


          Je disais donc tout à l'heure.. c'est une jolie prothèse que vous avez là.

          Tseu.. vous vous croyez toujours tout permis chiens du gouvernement...

          Peut être. Mais c'est pas l'sujet. Vos prothèses.. qui vous a optimisé ?


          L'air renfrogné, la vieille reste muette et j'devine qu'on brûle. Probablement que notre cible est concernée. Probablement qu'le labo n'est plus très loin. Mais plus le temps passe et plus Argilo risque de nous filer entre les doigts. Surtout avec le boucan qu'on fait depuis taleur... J'essaie de jouer les bons samaritains, lui expliquant que nous ne sommes ici que pour une question de maintien de l'ordre, que plus vite elle nous aura dit ce qu'on a besoin de savoir, plus vite on la laisserait filer et retourner à ses activités de tricot. Mais rien n'y fait, elle reste muette comme une fichue tombe. Je remarque alors qu'elle jette régulièrement des regards sur fond d'inquiétude en direction du commandant Aran, ce qui m'étonne pas tellement. J'pense que peu de gens auraient envie d'avoir affaire à lui, après tout, même quand tu connais pas vraiment sa réputation, t'as qu'a voir son look pour comprendre qu'il s'encombre pas spécialement d'états d’âme lorsqu'il a une mission à mener à bien. Je souris alors et me lève pour me rapprocher d'elle, je me penche et pose ma main sur son épaule pour murmurer.


          J'amène la chose en douceur vous savez... Mais si vous savez quelque chose et que vous vous obstinez à nous empêcher de faire notre boulot... C'est le commandant Aran qui va finir par prendre le relais. Et ni vous ni moi ne voulons en arriver là croyez moi...


          Bon flic mauvais flic ? Non ça sonne légèrement comme une menace. On dira que la fin justifie les moyens, c'est d'ailleurs une approche efficace puisque j'ai à peine le temps de finir ma phrase que je sens l'inquiétude grossir. Notre prisonnière se tourne alors vers moi et pousse un profond soupir avant d'accepter de nous mener à la clinique. La clinique ? Putain c'est surement notre labo ça... Je l'aide à se relever et nous nous mettons donc en marche, laissant passer notre guide devant, sous le regard prudent de James. Est-ce qu'on fait bien de la suivre ? Aucune idée. Est-ce qu'elle ne nous mènerait pas dans un nouveau traquenard ? Possible. Mais je pense que tout le monde ici sera d'accord avec moi pour dire que c'est pour l'instant la seule piste exploitable.

            Juste avant qu'on parte, je regarde en détail la carcasse du monstre. Mon visage s'assombrie en constatant qu'il s'agit d'un produit signé DarkSmoke. Grinçant des dents, je peux pas m'empêcher de faire remonter des vieux souvenirs obscurs. Dans ma jeunesse, sur North Blue, alors que j'étais seulement un bleu dans la Régulière, je me suis retrouvé capturer par un mafieux qui m'a revendu à cet équipage, des fous de la science et de la robotique. Avant de sombrer dans la piraterie, leur capitaine était une pointure dans la Brigade Scientifique. Il était spécialisé en armement chimique. Il combinait cet aspect à celle de la cybernétique. Il magouillait avec son statut pour mener des recherches interdites. Alors, avec une occasion pareille, il s'est pas retenu pour faire des expériences sur moi. Je dois ma survie seulement parce que le Gouvernement Mondial l'avait démasqué et localisé. Les soldats m'avaient retrouvé salement amoché. Le plus improbable, était mon état psychologique. Je le considère comme étant mon deuxième trauma'...

            Si je parle d'eux, c'est parce que je suis pas étonné de voir qu'il existe encore de leur aberration en liberté ou employée par quelqu'un. Ce qui me chiffonne, c'est que c'est pas la première fois que je passe par Nar Shadaa. Des scorpions, j'en ai écrasé. Si une abomination de métal sort seulement maintenant faire du ménage, c'est clairement pas pour deux trois péquenauds. On représente une menace sérieuse dans cette investigation. Pour moi, on doit clairement être sur la bonne piste. Et quelque chose me dit que je vais pouvoir mettre la main sur ce toubib pour qu'il me révèle la destination de mon Némésis. Ral est très ambitieux et rusé. Pour son problème de prothèse, je suis sûr qu'il est venu voir ce Tif. Savoir qu'il fréquente des scientifiques aussi dérangés que lui me surprend pas et c'est bien pour ça que je compte l'arrêter.

            Ça fait bien une heure qu'elle nous fait tourner en rond cette bourrique, et je commence à croire qu'elle le fait exprès. Je suis resté silencieux pendant la marche à resonger aux DarkSmoke et au Voleur de Foudres. De toute manière, on avance pas vite à cause des soldats blessés durant l'éboulis. Je suis bien content de plus être avec la Régulière à cause de cette latence insupportable. Toutes les secondes que je perds ici sont celles gagnées par ZAREK. Et si je peux pas mettre la main sur lui avant son prochain méfait, qui sait l'ampleur des dégâts qu'il causerait à lui tout seul? Le pire, c'est que je crois savoir ce qu'il mijote. On me prend peut-être pour un fou, mais s'il parvient pour une obscure raison à capturer Thunderbird, alors il pourra assurément prétendre au titre de Yonkō.

            De la lumière de plus en plus vive nous fait face. On arrive vers l'un des nombreux passages de Nar Shadaa. On peut entendre de l'eau s'écouler et l'odeur est de plus en plus désagréable. Les bleus font alors des remarques. L'accès donne directement dans des égouts. Du coup, qui dit canalisation, dit bâtiment. Et qui dit, structure, dit ville? Si c'est le cas, sa devanture doit sûrement présenter quelque chose de différent et disposer d'un symbole discret pour que les "habitués" puissent reconnaître l'établissement. Après tout, sa clientèle est plus proche des zones urbaines que de la plaine d'Ord Mantell... Et pour gérer la logistique, ça doit sûrement être plus commode. 'Manquerait plus que le canal débouche dans une rivière souterraine où on pourrait trouver un submersible de la M-Boat Corporation. Pour moi, tout me semble crédible, mais mes sens sont en alerte. Je m'adresse alors à mes deux collègues du moment.

            « Hum, vous pensez que c'est ici ou que c'est un traquenard? »

            À côté de moi, Karen observe également attentivement les environs et ajoute.

            — « Ou les deux? »

            Alex est le premier à répondre.

            « Aucune idée. »
            « De toute manière, y'a pas le choix. »

            On longe les égouts encore un certain moment. À part entendre l'eau goutter et voir des rats s'enfuir, l'animosité se fait grandissante. Les soldats commencent à redouter le pire. Soudain, un éclat de cri de douleur retentit au loin. Serait-ce là? Au détour d'un croisement, on entre par une nouvelle ouverture. Un mur de briques qui débouche dans une cave. Le sol est fait de graviers et les parois sont à même la roche. On distingue complètement le bruit. Il s'agit bien d'un patient sur le billard. Ou d'une victime? Comme les deux Lieutenants-Colonels ouvrent la marche avec la grand-mère, je laisse le reste de la troupe s'engouffrer.

            « Soyez vigilants. Je surveille nos arrières. »

            Un dernier cri vient cette fois-ci glacer le sang des grivetons. Y'a comme une résonance mécanique. C'est là que mon cerveau fait tilt. Je reconnais cette voix entre mille puisque je l'ai entendu y'a même pas quelques heures. Instinctivement, je me mets à hurler tout en emboîtant le pas.

            « RECULEZ!! Reculez tous!! »

            Je bouscule tout le monde en remontant la file indienne et l'expression qui se lit sur mon visage les rassure pas. Je vois une silhouette qui apparaît au-devant et s'adresse à mes deux camarades. Je reconnais que trop tard qu'il s'agisse de Dmitri GORCHKOV.

            « Tiens donc, mais il s'agit des Lieutenants-Colonels RAINES & MACALLAN, hum? Vous avez bien foutus la merde sur Zaun, vous deux. Non seulement vous allez regretter d'avoir mis la ville sens dessus dessous, mais en plus vous allez payer d'avoir agressés ma grand-mère. »

            Sans perdre une seconde, la Poigne de Glace lève son puissant bras mécanique, et, fout une méchante torgnole gelée à mes deux acolytes. Les deux gradés volent alors dans ma direction, faisant renverser la plupart de la troupe dans un vacarme sans nom. Wayne échappe à nouveau son pied-de-biche et se retrouve derrière moi, salement amoché. Je suis pratiquement le seul qui reste debout. En me voyant, mon opposant me fait un rictus agacé.

            « Toi... »

            Aussi glabre et aussi haut que moi, le cyborg qui me fait face est pas d'humeur, car je l'ai rencontré tout à l'heure et notre combat a été écourté. Il veut absolument me stopper et gagner les faveurs de mon Némésis.

            « J'étais censé rejoindre Ral, mais il m'envoie t'arrêter pour de bon. Il a flairé que tu allais venir ici, alors ne t'attends pas que je te laisse agir comme bon te semble. Surtout pour ce que tu as fait à ma grand-mère... »

            Étant sacrément vénère, il s'apprête à me lancer un assaut, mais je lui braque Sombracier l'instant d'après. Faisant les gros yeux, réalisant la menace que mon joujou représente, il se couche in extremis.

            PYRO SHOT!!

            Un jet de feu intense vient alors souffler dans sa direction allant jusqu'au mur du fond. La zone s'illumine le temps que mon carburant se consume, chauffant alors les environs. Avec une pointe de prétention, je peux pas m'empêcher de faire la remarque.

            « Ça, c'est du lance-flammes! »

            Ne laissant pas ma cible se replier, j'active ma fonction principale en baissant mon bras dans sa direction.

            LIGHT SHOT!!

            Un laser sort tout droit de mon arme. Roulant sur le côté, mon adversaire échappe de justesse. Le faisceau lumineux déglingue le sol où il se trouvait quelques secondes plutôt. Vue son agilité, le Scorpion Géant est de la rigolade. Il va nous mener la vie dur, je le sens. Ramassant le pied-de-biche de mon collègue, je lui tends. Sans le regarder, je lui fais part de ma proposition.

            « Bon, comme la menace est sérieuse, je m'occupe de lui. Je vous laisse rattraper l'autre zigoto de Tif. Il doit sûrement en profiter pour prendre la tangente... »

            Finalement, retomber sur Dmitri est pas si mal. Si je parviens à l'arrêter lui aussi, ça sera toujours une vermine de moins et il pourra toujours me dire où compte se rendre Ral. Je suis prêt à toutes éventualités et à encaisser le plus dur s'il faut. Mon opposant semble bien déterminé à me repousser, et ce, qu'importe le prix, ce qui augmente sa dangerosité. J'ai pas beaucoup participé pour l'arachnide cybernétique tout à l'heure, mais je suis celui qui a le moins morflé et le plus apte à déglinguer la Poigne de Glace.
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            Des scorpions, des cyborgs, tout commence à s’boucsuler un peu trop vite à mon goût. Me voilà au milieu d’un sacré guêpier. Au milieu de ce long égout, la vieille parvient à se dégager et s’mets à cavaler à nouveau. James la prend en chasse et comme si ça ne suffisait pas, notre officier de la marine d’élite favoris vient d’croiser un vieil ami. Alors je beugle un « je m’en charge » à Raines, j’hoche la tête en direction d’Aran puis je me mets à sprinter comme un furieux et j’ai à peine fait quinze mètres que je suis déjà là à haleter comme un goret… Bref tout ça pour dire que j’crois bien être trop vieux pour ces conneries. Faut pas bien longtemps à ma proie pour disparaître dans un bâtiment un peu plus haut. Voilà encore une énième taudis insalubre, génial.


            Elle est entrée là dedans.

            Ouais j’ai vu.. et ça pue le traquenard.


            On est rapidement rejoint par deux d’mes gars. J’ouvre la porte d’un coup de pied et me retrouve dans une pièce sombre, sorte de débarras. Aucune autre issue que la porte d’entrée, échange de regard surpris avec mon acolyte Doscarien, on s’met a tout retourner pour chercher une quelconque trape ou autre passage dérobé. Bingo. Dans ce trou à rat, au milieu des déchets, j’parviens à trouver une petite trappe rouillée et lorsque je l’ouvre j’entends des cliquetis qui résonnent un peu plus bas.


            Bon Ben quand faut y aller…

            On fait quoi pour Aran et Raines ?

            Vous deux, positionnez vous à la porte. Comme ça ils sauront nous trouver.


            Les gars s’exécutent, James hocha la tête et je passe devant. Descendant rapidement l’échelle rouillée pour atterrir dans un petit sous sol faiblement éclairé. Pied de biche en main, j’avance lentement dans le couloir, suivi de près par James et après quelques minutes de marche, nous atteignons une cage d’escalier. Marchés avalées quatre à quatre, on arrive dans ce qui ressemble à un vieil entrepôt, la faible luminosité me permet d’identifier la personne qui se trouve au milieu de la pièce : la morue qui m’a échappé à deux reprises. Et cette fois elle n’ira pas plus loin.


            Comme on se retrouve. C’est sympa ici.. c’est chez toi ?


            Sans daigner me répondre, je la vois s’agiter, elle convulse, ses yeux s’revulsent et j’entends ses articulations craquer. Bordel c’est vraiment degeu… James pointe ses flingues sur elle et attend juste un mot d’ma part. Et si de prime abord je pensais pas qu’on aurait besoin de la flinguer, je change vite d’avis quand je réalise ce qui est en train de se produire. Une araignée. Une putain d’araignée mécanique. Ses bras et ses jambes se changent en longues pâtes de metal, sa mâchoire s’ouvre et la voila à quatre pattes. Tu parles d’une vision d’horreur, cette saloperie pousse un cri strident avant d’se précipite dans notre direction. Pas la peine de faire un dessin à James pour qu’il comprenne que c’est quand il veut ! Le Doscarien vide ses chargeurs, les balles touchent la vioque mais ne lui font pour ainsi dire aucun dégât. Ni une ni deux, cette chose est déjà sur mes côtes et manque de me tailler en pièce. Je contre son attaque avec mon pied de biche et suis repoussé par le choc. Quand je me relève, je cherche mon pied de biche du regard, mais pas possible de mettre la main dessus, c’est bien ma veine… Un peu plus loin, James joue du couteau et tient spidergranny en respect. Et moi ? Je sais foutrement pas quoi faire.

            C’est à cet instant que je la ressent… Cette envie meurtrière qui me chatouille les entrailles… Sorte de présence, délicieuse présence… Et ce doux sentiment finit par me monter à la tête, je ne sais pas comment l’expliquer c’est comme quelqu’un me soufflait de vilaines choses. Je marque un temps d’arrêt pour essayer de comprendre ce qui se passe.. et j’finis par porter ma main à la poignée de mon sabre. Faut dire que depuis Water Seven, pas une seule fois je l’ai sorti de son fourreau. Pourquoi ? C’est une bonne question.. mauvais pressentiment quand je vois dans quel état sa précédente propriétaire était après l’avoir manié. J’ai déjà entendu causer de maudîtes lames mais je dois admettre que jusqu’à présent j’y croyais pas du tout… Je fais quelques pas en direction du duel qui se poursuit plus loin, ma main bien serrée sur la poignée d’Enma et l’instant d’après, je me retrouve debout, meitou dégainée, essoufflé comme si j’venais de me taper un marathon, juste au dessus de la vieille. Son corps sans vie est coupée en deux. Littéralement coupée en deux putain. James est au sol, comme s’il était tombé à la renverse et il me fixe avec stupeur. Je réalise alors que j’ai eu une absence et je m’empresse d’essuyer ma lame avant de la rengainer.


            Je.. merde… Allons-y James. dis-je en l’aidant à se relever.


            On continue à avancer dans le sombre entrepôt, dans un silence gêné. Bordel il s’est passé quoi là… Est-ce ce foutu sabre ? J’peux à peine le croire. Bien la première fois que j’ai ce genre.. d’absence. Et le pire dans tout ça c’est que j’suis sobre. On fera la lumière sur ce qui vient d’se passer plus tard, après quelques minutes, nous arrivons devant une porte qui semble en bien meilleur état que tout l’reste au cœur de cet entrepôt. James hoche la tête et s’occupe de l’ouvrir, on débouche donc sur une pièce un peu plus petite mais beaucoup plus glauque. De grands réservoirs d’un liquide verdâtre ici et là, une multitude de.. morceaux d’êtres vivants, plusieurs prothèses rapiécés, un grand bureau recouvert d’outils et de rapports et au milieu de tout ça une table d’opération. J’crois qu’on vient de dénicher le labo…

              Je crois qu'Alex est out, mais tant pis, je vais devoir compter sur Wayne. Et il me fait plus de l'œil que son collègue de toute manière. Les gens qui résistent et qui en redemandent se font rares. Dommage qu'il soit rapidement au bout de ses peines. Je sais pas s'il sera à la hauteur, mais j'ai pas le choix. Les hommes qui sont bloqués entre les égouts et le reste de la cave se mettent à évacuer la zone de combat. Déjà, moi, faut que je gère l'autre menace. Et il en faut largement plus pour qu'il puisse abandonner. Se relevant, il s'empresse de venir vers moi pour me bourriner avant que je réplique à distance. Instinctivement, je braque Sombracier à la verticale devant moi pour me protéger. J'encaisse le coup sans trop mal. Dans la foulée, John profite que ma cible m'attaque pour lui foutre une torgnole dans le flanc, mais mon adversaire contre-attaque aussitôt en l'éjectant contre la paroi avec l'aide de son pied. Mon compagnon se fait temporairement encaster dans un mur délabré, faisant un rictus en signe de désagrément, puis, crache un mollard de sang.

              « Laisse les pro' entre eux, gamin! »

              Oh, mauvaise idée de le rabaisser. OK, il fait pas le poids face à la ténacité de Dmitri, mais il a de la réserve et il est pas prêt de se coucher. En attendant, de mon côté, je me laisse pas faire, toujours en prise avec ma cible. Et forcément, pendant qu'on s'échange quelques coups, Karen reste pas les deux pieds dans le même sabot. Tenant son marteau de guerre à l'extrémité, elle effectue un mouvement circulaire afin que la tête puisse s'écraser sur l'ennemi.

              THORNADE!!

              Sur l'ennemi, ça aurait été mieux... Bordel, non seulement elle se plante, mais en plus, c'est moi qui mange!! Me pliant en deux, je vole en une fraction de seconde contre la roche tout en me faisant électrocuter, ce qui fait bien rire ce crétin de GORCHKOV. La décharge est telle qu'elle me rebooste au lieu de me paralyser! Et ça, ni ma collègue, ni mon adversaire l'aurait capté. Horrifiée de me foudroyer, ma Lieutenante se déchaîne, cette fois, sur la bonne personne, faisant parler de toute sa fougue. Pendant ce temps-là, John parvient à sortir de son impasse. Dégainant un cornet de marrons qu'il a pas encore dégusté, il se met à les utiliser comme projectile pour distraire le cyborg et soutenir l'officière. Dmitri bat en retraite tout en lâchant pas sa garde. Cela dit, il mesure pas à quel point et se retrouve acculé au mur du fond. Sentant l'étau se refermer, avec l'une de ses armes au niveau du bras, il réussit à faire repousser mes acolytes d'un seul mouvement.

              ICE SHARP!!

              Faisant appel à leur instinct, ils sont contraints de plier les genoux jusqu'au visage et de croiser les bras au niveau du corps pour éviter que la volée d'échardes de glace viennent les cribler. Saisissant l'occasion d'intervenir sans plus aucune gêne désormais, je fonce d'un Soru vers le criminel et je lui assène le plus puissant coup de poing que je peux faire dans le bide.

              PUNCH IMPACT!!

              Avec mon duplicateur de forces, la puissance est si forte que ça ébranle l'immeuble au-dessus de nous, créant même un sacré cratère dans la paroi rocheuse. Crachant du sang et de l'huile, courbé comme un bossu, je sens qu'il morfle sévère, mais ses yeux sont pas encore révulsés et ses bras se tétanise pas. Je vois dans son regard encore de la détermination et il me défie avec mépris. Je vais pour lui mitrailler de coups, mais il bloque avec ses mains et encaisse, me laissant être trop sûr de moi. Puis, à force de bourriner, loin de me rendre compte de ce qu'il me réserve, il me fout un putain de coup de boule à m'en faire reculer et vaciller. Sonné, je m'en retrouve à devoir parer à mon tour. Déstabilisé, je sens que je suis dans une mauvaise posture. John perd pas une minute pour faire un bond afin de lui frapper le haut du crâne, cherchant à me faire comprendre que c'est moi qui brise les rêves des gens et que c'est pas le moment de douter. À peine son entreprise faite, l'hors-la-loi l'expédie dans la direction opposée alors que Karen, après s'être assurée si je lui en veux et si je vais bien, enchaîne dans la foulée.

              IMPACT DIVIN!!

              Cette-fois, elle abat son arme violement de toute sa hauteur, forçant Dmitri à s'écarter. À l'impact, elle délivre une explosion qui fait à nouveau trembler l'édifice et morcèle les fondations. Le coup est raté, mais il a le mérite de nous faire gagner du répit en vue de la fumée qui se dégage. Puis, sortant de la poussière qui s'élève, une sorte de harpon vient me saisir au niveau de la cuisse. Pliant le genou, je grimace tant la douleur me ronge la jambe, mais surtout, tant que ça me met en rogne de pas l'avoir vu à temps. Je sais pas si c'est du Granit Marin, mais je serais presque prêt à parier que mon os soit brisé. C'est bien la première fois qu'un projectile parvient à passer en force mon alliage d'acier. Toujours est-il que j'ai pas le temps de m'apitoyer sur mon sort que je me fais traîner jusqu'au propriétaire de la chaîne. Puis, je me fais cueillir.

              SHIGAN!!

              Je ressens une vive douleur au niveau du torse, près de mon cœur. Déçu de m'avoir manqué, il réitère sa technique, mais je croise instinctivement mes bras, ce qui fait qu'il ripe sur le côté. Agacé, il recommence avec les poings. Mon souffle diminue, je peine à garder ma lucidité. Je vais devoir retrouver de la ressource ailleurs de ce que j'ai l'habitude de faire. Alors que je galère à me défendre, Karen refait jouer de son arme, obligeant le sbire de Ral à se concentrer sur deux fronts. Faisant parler sa rage, il ignore les dégâts qu'il reçoit et cherche à se défaire de mon officière. Tout s'assurant que je reste à terre en m'écrasant avec ses pieds, il place le creux de ses deux mains au niveau de la tête du marteau pour bloquer une charge. L'instant d'après, il tire subitement pour désarmer ma camarade. Surprise, elle tombe en avant et reçoit un coup de genou dans le bide. À ce moment-là, je m'extrais de son emprise en roulant sur le côté.

              MAROON 5!!

              Mécontent de voir sa collègue mal au point, John balance cinq marrons simultanément. Le criminel se les mange en plein face, l'aveuglant temporairement. Me relevant avec peine, je constate que je suis toujours relié à cette maudite chaîne. Sans compter que ma respiration est inquiétante. Retrouvant ses esprits, Dmitri frigorifie mon gars en deux secondes avec son arme principale.

              ICECUBE SYSTME!!

              Totalement congelé, John est encore vivant, mais il peut plus bouger, impuissant de voir une scène où il est simplement spectateur. Il peut tenir une minute ou un peu plus, mais le temps est désormais compté.

              « Je t'ai dit de pas traîner dans mes pieds, gamin! »

              Satisfait d'avoir plus que deux personnes à gérer, il continue sur sa lancée pour faire pareil avec ma Lieutenante. Celle-ci arrive in extremis à échapper. Étant désarmée, elle représente plus du tout une menace pour lui et s'imagine déjà gagner. Une traînée de glace recouvre alors une partie du sous-sol, mais toujours pas sur ma subordonnée. Profitant de son focus, je me mets à générer de l'électricité tout autour de mon corps.

              ELECTRO CHOC!!

              L'électricité parcourt alors la chaîne et vient griller quelques composants de mon adversaire qui se retrouve légèrement paralysé. Et j'enchaîne avec un autre arsenal plus approprié.

              PYRO SHOT!!

              Le jet de flammes permet de décongeler John, mais surtout, d'occuper ma cible pour qu'il y voit que du feu. Et pour finir, je sacrifie ma jambe sous l'impulsion d'un dernier Soru afin de lui assèner un coup ultime.

              ELECTRO IMPACT!!

              Sombracier vient s'écraser sur le haut de son crâne, délivrant au passage un arc électrique qui vient lui détruire ses dispositifs. Je serais pas étonné de voir un traumatise crânien avec un coup pareil. Grillé de l'intérieur, il se fait éjecté contre un mur porteur, perdant des dents au passage. Tétanisé, les yeux révulsés, il est enfin hors d'état de nuire. Seulement, j'ai bien peur que la baraque s'écroule. Le plafond commence sérieusement à s'émietter... J'ignore par où est allé Wayne, mais j'espère qu'il fait le boulot et que Tif est définitivement en arrêt. En attendant, 'faut retrouver les soldats qui se sont éparpillés et réveiller Alex. Karen, prenant soin de John, me regarde avec inquiétude.

              — « Je ne sais pas si la traque de Ral t'aveugle, mais je constate que tu n'es plus au sommet de ta forme. Je crains que le Voleur de Foudres puisse avoir encore plus d'un atout dans son sac et que ça te dépasse pour de bon. Es-tu sûr de ne pas vouloir faire une pause et reprendre l'investigation dans de meilleure performance? »

              Tantôt mon regard fuit le sien, tantôt, je maintiens difficilement. Un combat dans ma tête me pousse au doute. Elle a sans doute pas tort. Peut-être que je suis même pas encore à la cheville de mon Némésis? Mais qui peut l'arrêter?! Pour le moment, je crains que je sois le seul, alors je vais y mettre un terme. En tout cas, je réalise bien que je suis encore une fois passé à deux doigts de la mort. Le temps de rassembler tout le monde, j'en profite pour voir l'ampleur des dégâts, mais il me faudra clairement un toubib dans les prochains temps. Et retrouver ce découpeur d'organes est donc une priorité supplémentaire!
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              C’est fascinant. Pas des bouts de gens qui flottent dans du formol hein… Non je parlais plutôt de cette maîtrise de l’art du morbide. Si je m’attendais à tomber sur ce genre de truc. Qu’est ce que tu racontes là Wayne.. bien sûr que tu t’y attendais, Tif Argilo est décrit comme un vrai putain d’cinglé. Avec James on fait un rapide tour d’horizon, des prothèses un peu partout, des bouts d’humains mutilés, des tiroirs qui contiennent des maccabés ici et là.. on s’croirait dans une espèce de morgues. J’approche du bureau pour y découvrir tout un tas de notes, à propos de diverses expériences, des photographies dégeulasses, des outils chirurgicaux… La mission est simple, je renverse ce foutu bureau et tourne la tête vers mon acolyte Doscarien.


              On casse tout.

              Bien commandant.


              Sans s’faire prier, voilà qu’il fait basculer l’une des cuves de formol qui se brise en tombant, déversant son contenu sur le sol. Pendant ce temps, je renverse les étagères, tous les bouquins dégringolent, toutes les fioles se brisent, absolument tout finit par terre. Et quand on s’est bien déchaîné, quand le labo n’est plus qu’un joyeux bordel, on rebrousse chemin pour quitter la pièce, je plonge ma main dans ma veste pour sortir mon briquet. Sourire sadique aux lèvres, je fous l’feu au formol et en un craquement d’allumette, le laboratoire ou plutôt ce qu’il en reste s’embrase. Je reste un bref instant à contempler tout ce merdier partir en fumée avec une certaine satisfaction, probablement mes tendances pyromanes qui refont surface. Volte-face, première partie de la mission accomplie, nous reste encore à mettre la main sur l’arracheur d’organe. Et on a pas besoin d’chercher bien loin puisqu’on tombe nez à nez avec lui en rebroussant chemin. À voir la surprise qui s’lit sur sa gueule, le pauvre gars s’attendait sûrement pas à croiser un officier de la marine dans sa planque sinistre. James pointe ses deux flingues sur lui.


              Tif Argilo. Je suis le lieutenant-colonel Macallan. Vous allez me suiv..


              J’ai pas le temps de finir ma phrase qu’une masse imposante me charge au flanc et m’écrase contre le mur, pour me laisser tomber lourdement sur le sol humide de la galerie. Pas l’temps de réaliser ce qui se passe, quelques coups de feu fusent et James se retrouve balayé à son tour. Je m’attendais à ce qu’Argilo prenne ses jambes à son cou et m’offre une nouvelle chance de m’illustrer dans une épreuve de course à pied, mais à ma grande surprise il ne bronche pas. Ce connard se contente de nous toiser avec un large sourire… Je me relève douloureusement pour découvrir ce qui vient d’le déglinguer. Un gus. Inexpressif. Silencieux. Une putain d’montagne de muscles.


              PATRIIIIICK ! Occupes-toi d’euuuux ! hurle Argilo.


              Le colosse reste de marbre. Pris par un excès de rage, j’attrape mon pied de biche et lui colle un violent coup sur la tempe. Bruit métallique, ce Patrick ne bronche toujours pas. Putain d’cyborg. Il ne tarde pas à répliquer, m’envoyant une reprise de volée qui me coupe littéralement le souffle, en plus de m’envoyer valser dans le mur à quelques mètres. J’arrive plus à respirer, j’arrive plus à penser.. James se jette sur le géant mais il se fait lui aussi écarter avec une facilité déconcertante. Patrick marche lentement vers moi, il m’attrape par le col. Je lui colle alors un coup de genou au niveau des côtes, mais à l’impact j’ai l’impression d’cogner dans un mur… Il me rappelle aussitôt à l’ordre en m’assenant un violent coup d’boule. Je m’écroule sur le sol, complètement sonné, complètement secoué. Merde Wayne ressaisit toi… Je sens alors une colère brûlante monter au creux de ma poitrine.. une colère qui est rapidement suivie par une puissante envie meurtrière… Bordel mais qu’est ce qui m’arr…….

              Nouveau coup de poing qui m’envoie au tapis, une chose est sure, ce Patrick, il est pas là pour déconner. James passe alors son bras autour de sa gorge et lui plante son couteau au niveau des trapèzes en hurlant. Mais rien n’y fait, le cyborg ne bronche toujours pas. Saisissant la chevelure de mon acolyte Doscarien il le gratifie d’un puissant coup de poing et l’envoie mordre la poussière. Je devrais être reparti à l’assaut. Mais pour une raison étrange je ne bouge pas. Je suis comme paralysé devant cette force de la nature. Mais étrangement, c’est pas de la peur.. c’est bien plus doux, bien plus agréable. Mon corps est parcouru de tremblements d’excitation, pour une raison obscure, je suis grisé… Cette envie d’en découdre continue de grandir dans mes entrailles, mais plus puissant encore, c’est cette envie meurtrière qui me gagne.

              J’ai l’impression de ne plus être maître de mon corps, sans m’en rendre compte, j’ai lâché mon pied de biche et j’ai porté la main à la poignée de ce maudit sabre. Enma, roi des enfers… Bordel de merde Wayne… Est ce que ce serait pas cette lame.. ? Improbable… Toujours sans vraiment capter, voilà que j’ai dégainé le meitou. Le cyborg avance doucement mais sûrement vers moi… Je lève mon sabre. J’ai pas peur. J’suis même dans un putain d’état d’euphorie. J’arrive pas à l’expliquer. En un instant, je frappe l’air dans sa direction et je sens mes forces m’abandonner. Déchaînement de violence, puissante lame d’air teintée de magenta qui frappe Patrick et déglingue un tas de caisse derrière lui dans un bruit assourdissant. Je me sens partir. Je me sens faiblir. Je m’empresse de rengainer cette lame de malheur et à l’instant même ou la garde touche le fourreau, le cyborg se coupe en deux, dans le sens de la longueur, avant de s’écrouler. Genou à terre, je contemple mon œuvre. En un éclair me voilà victorieux… Bordel de merde.


              Il se tire !

              Il est à moi !


              Pas de temps à perdre, j’aperçois Tif Argilo qui s’fait la malle. Je me redresse et commence à courir. Malheureusement je me sens comme épuisé.. vidé de toutes mes forces, vidé de toute volonté. Je trébuche et m’écroule sur le sol, vision troublée… James se précipite vers moi et m’aide à me relever. Qu’est ce qui m’arrive putain… Et je vois l’arracheur d’organe disparaître dans l’obscurité, sans pouvoir le prendre en chasse. Laissez moi un instant pour reprendre mon souffle. Rien qu’un instant…

                Les hommes d'Alex sont rassemblés autour de John, Karen et moi. Leur toubib sait vraiment pas part où commencer en me voyant. Mon officière appelle par Den Den Mushi Moïra, l'experte en greffe de prothèses de mon équipage.

                — « Bon sang, je fais comment pour vous rafistoler?! Je ne suis pas expert dans la robotique, moi! »
                « Déstresse. Tu vas suivre les indications qu'on te donne. »
                — « Sérieusement?? Même avec un guide, je ne suis pas à l'abri de faire un bourde et je ne veux pas en être responsable! »
                « S'il y a un souci, tu en seras pas responsable. Et j'ai confiance en ma collègue, alors active-toi. »

                Le gars est pas à l'aise, mais il finit par souffler un coup. Prenant son courage à deux mains, il écoute attentivement ce que ma scientifique lui raconte au bout du fil. Et pendant qu'il bidouille mon corps, voilà que Tif déboule des escaliers, coursé par l'homme de Wayne.

                « QUOI?! Je ne peux faire confiance ni sur Patrick, ni sur Dmitri! Il était censé me garantir une voie de secours... »

                S'il compte retrouver les égouts pour fuir par là où je pense, c'est raté. Espérant trouver une solution pour sortir d'ici, il fait demi-tour quitte à devoir affronter James. Ou plutôt l'esquiver. Mes camarades se regardent alors, puis, zyeutent dans ma direction pour enfin se fixer à nouveau dans les yeux. Alors qu'on s'imagine qu'il est inutile de bouger, le Doscarien dégringole des escaliers. Bordel, c'est que ce découpeur d'organes a plus d'un tour dans son sac! 'Faut encore que je fasse le boulot moi-même. 'Me dit pas que le Lieutenant-Colonel MACALLAN est H.S. lui aussi?! Soufflant un coup, alors que je me fais opérer, je m'arrache de ma position sous l'étonnement du toubib. Prenant sur moi la douleur, en quelques foulées, je me retrouve en bas des marches. Je les avale quatre par quatre en grimaçant. Une fois en haut, je me mets à frapper le sol avec mon pied dix fois de suite.

                SORU!!

                En un éclair, j'arrive à la hauteur du criminel. L'employant par la nuque avec l'aide de Sombracier, je le plaque contre le sol juste devant Wayne qui semble être en P.L.S. et je le maintiens pendant un certain temps histoire de lui faire regretter ses atrocités. Avant qu'il étouffe, je le relève.

                « LÂCHEZ-MOI, GROSSE BRUTE!! »

                Mais, c'est qu'il a la tête dur?? Pour un gringalet comme lui, je trouve ça étonnant. Cette fois, j'enfonce sa face de rat contre un mur pour qu'il se taise. Je suis pas d'humeur à entendre des cris. Je le retire de la paroi.

                « Vous... Vous... Allez le payer cher... »
                « Mais, c'est qu'il parle encore?! »

                Sans attendre, je le recogne contre un décor en flamme. C'est que le fruité a pas le boulot à moitié, c'est bien.

                « Vous... Vous... Vous allez le regretter... »
                « Comme si ça allait m'arrêter, misérable. »

                Histoire de le calmer définitivement, je lui administre un coup de jus. Maintenant qu'il est enfin inconscient, je le fous sur mon épaule afin de me dégager une prise de ma seule main valide. Je saisis donc au passage le col de Wayne pour le tirer jusqu'à l'étage inférieur. En bas, James est un peu secoué, mais il s'en remet.

                « Occupe-toi de lui. »

                Comme le laboratoire est en flamme, tout risque de s'écrouler d'un instant à l'autre. Je prends alors les choses en main puisque je suis le seul gradé encore debout.

                « Évacuation immédiate! Aller, bougez-vous! C'est dangereux par ici. »

                Les soldats s'exécutent sans broncher et font marche arrière en gardant une discipline toute militaire. Dmitri et Tif étant ligotés, ils sont traînés jusqu'à la sortie. Une fois dans les égouts, soit, on refait le même chemin dans Nar Shadaa, soit, on emprunte l'accès que j'ai vu tout à l'heure. Avec un peu de chance, ça nous conduira vers une zone moins chiante. Au moins, les locaux sont saccagés et ce fou aux arrêts. La mission est accomplie. Et moi, je vais pouvoir récolter les informations dont j'ai besoin.
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                Avec l’aide de James, j’arrive à remonter les couloirs et retrouve Baal. Il aura pas mît bien longtemps avant de chopper le boucher et j’dois dire que j’en suis soulagé. Je titube comme un estropié, je me sens faiblard, j’suis plus trop en état de continuer la traque. Plus trop en état de quoi que ce soit même. On finit par retrouver la surface, en silence et mon DenDen émet à sonner. Jack au bout du fil, il semblerait qu’il y ait du nouveau au sujet de Rhazeus. J’peux pas m’empêcher d’être excité, faut pas traîner si j’veux avoir une chance de lui mettre la main dessus. Argilo neutralisé, labo à priori saccagé, j’crois bien que j’ai plus grand chose à faire dans l’secteur. Rapide briefing de fin de mission dans les locaux de la M-Boat, serrage de pince avec la délicieuse « Sissi », et si Raines semble étrangement être aux abonnés absents, c’est pas le cas du commandant d’Elite. J’en profite pour le féliciter, m’est d’avis qu’on s’reverra. Je laisse alors mes confrères de la marine d’élite tailler un brin de causette et en deux temps trois mouvements, me voilà dans une chaloupe en direction du Couperet. Bordel c’que je suis content de retrouver mon navire. Non en réalité je suis surtout ravi de quitter Zaun. Cette putain de poudrière ne demande qu’à sauter. Regard dans le vague, je m’interroge alors sur les raisons qui peuvent bien pousser le gouvernement à vouloir pacifier cette fichue île… Si même les locaux ne veulent pas de notre « aide » alors qu’est ce qu’on fout la bas… Je cogite encore et encore et j’suis plus très sûr de vouloir m’impliquer là dedans. Oh et puis peut être qu’il serait temps de laisser ce genre de mission à la bleusaille et de me concentrer sur de plus gros poissons sur la route de tous les périls. D’autant que j’ai toujours un compte en suspens avec « Le Sanguinaire ». Mon acolyte Doscarien me rejoint alors.


                Ou est-ce qu’on va ?

                Grand Line. On a du pain sur la planche.


                Je vois alors toutes ces mines résolues qui m’fixent en silence et je donne mes ordres et tout le monde se mobilise. Je reste un instant à admirer mes gars qui s’activent sur le pont. Les Viandards. C’est comme une putain de chenille qui finit par devenir un majestueux papillon. La première fois que j’ai embarqué avec eux, c’était une belle bande de bras cassés.. mais ces salauds ont fait du chemin. Je pense vraiment qu’il est grand temps de passer aux choses sérieuses. Je sens que tout le monde est fin prêt. Je fais volte-face, tournant alors le dos ,de manière probablement définitive, à Zaun. J’hésite une petite seconde avant d’agripper Enma par son fourreau. Je sens qu’avec cette lame, j’suis pas au bout de mes peines. Puis j’me met à beugler sur les matelots, donner des ordres, faut bien avouer que je commence à y prendre goût… Je peux pas m’empêcher d’sourire, c’est quand même bien grisant. Le croiseur s’éloigne alors lentement mais sûrement, direction la route de tous les périls… Sois patient Rhazeus, tonton Wayne arrive pour te mettre la branlée que tu mérites.