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Sea Cowboys [1624]

T’en penses quoi ?

L’gros avantage des Eternal de la Marine sur les Log normaux, jsuis en train d’le redécouvrir, c’est qu’les premiers t’indiquent où tu veux aller, alors qu’les seconds servent pas à bézef. D’puis qu’on s’est fait fouetter les voiles par la tempête qu’avait prédit Jack et d’puis qu’y s’est r’mis à faire beau puis chaud puis plus un souffle de zef, la boussole soigneusement gardée parce que jsuis pas trop gland non plus depuis Las Camp et ma rencontre avec la ptite Maya indique rien du tout. Et quand jte dis rien, c’est rien. Juste, l’aiguille tourne et tourne et tourne encore, sans s’arrêter nulle part, sans choper un pôle magnétique sur lequel s’arrêter. En gros, on s’démerde pour entamer GrandLine.

Et donc. T’en penses quoi, Jack ?

Jack pense pas, Jack est concentré. Sur les vagues qu’y a pas. Du coup me répond pas. Mer des Sale Garces, jcrois qu’la zone s’appelle. Sargasses, ptet, mais c’est moins funky comme nom. Deux courants d’air pour nous rafraîchir derrière les oreilles, du clinquant qui t’assèche le gosier en trois cris d’mouette si tu fais pas gaffe, et assez d’algue en surface pour une fois séchée nous constituer un bon stock d’herbe à pipe quand on aura fini l’tabac. Même Anthrax a trop chaud pour faire ses conneries, c’est dire. M’fin. La situation pourrait être pire. Mais en attendant l’embrun qui nous jartera hors d’ici, ben, on s’fait chier. Et Oz qui pourrait nous tirer mais qu’est parti s’faire un monstre marin sans nous mettre au jus. Jcomprends qu’il ait la dalle, le bon, mais c’tait pas l’moment…

Bwerf, c’mon moment blasé, ça passera. Pis jvais pas être mauvaise langue, ça fait une pause.

Mais les pauses, c’est chiant, merde. Et toi Wally, t’en penses que’qu’chose ? Jrepose la question aux uns et aux autres en m’baladant sur le pont d’l’Ecume. Mais Wally pense pas non plus. S’emmerde comme les autres sans pouvoir donner d’ordre. Une fois qu’les voiles sont sorties, quand l’vent est pas d’la partie, y a plus qu’a espérer qu’elles gonflent un jour, et les manœuvres sont limitées. Bref, Wally pense pas, m’regarde bizarre sans répondre, la main sur la nuque. A tous les coups c’packe j’lui ai tranché la tête l’aut’ jour, quand il a fait sa résurrection au Cap des Jumeaux. Ptain, ces gosses qui cherchent à imiter la figure paternelle par tous les moyens, jte jure. M’a piqué la vedette c’jour-là.

Bon, ça m’re-rend mauvais, jvais voir ailleurs.

Ent’ les deux mâts Noah joue aux cartes en fumant son slibard. Les algues dans les clopes, c’est ptet pas une bonne idée. Ou alors c’est l’Doc qui lui a r’filé un truc. ’dra qu’j’y cause un jour à l’Alex, propos d’ses pilules pas nettes qu’y paume partout. Si j’le chope, là jle vois pas. Encore en train d’se fritter avec le Reyson que jvois pas non plus ? Ptain. Maya aussi. Joue aux cartes. En graillant du chocotruc que je sais pas où elle en a trouvé tout ça. Hinu ? ’dra qu’j’aille voir les cales un jour, checker si elle m’a pas foutu d’la cargaison à la baille pour se faire de la place pour sa tonne de bouffe marron dégueulasse. L’reste des zigues a la cagne aussi, en branle pas une. Bien la peine d’avoir joué au bon samaritain avec les pauv’ jumeaux perdus sans leurs papas, tiens. Et jte parle pas des deux scientos avec leurs conversations d’merde. M’fin, eux sont restés dans l’entre-pont, de toute.

M’reste Hope pour m’occuper à la proue. J’m’approche. Afro-girl hors d’ses murs ? Rare pour être noté. J’le note. Elle a l’bourdon, r’garde au loin, ça s’voit derrière ses binocles. Jle note aussi.

Rare de t’voir ailleurs qu’à tes fourneaux, poupée. T’as grise mine, ça veut dire qu’on a plus rien à damer ? Dis-moi tout, pourquoi l’pouvoir de l’afro s’fout en berne ?

Conversation tranquille pour situation tranquille. Rien qu’de la flotte autour, pas un brin d’mouv’, aucune idée d’là où l’destin nous envoie. Faudrait pas qu’ça dure. A force de s’reposer ent’ deux passages de gros temps, jcommence à rouiller. Les autres aussi. Merde.


Sea Cowboys [1624] 661875SignTahar
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A noter que dans un équipage comme le nôtre, comme dans n’importe quel autre équipage, la seule personne susceptible d’avoir toujours du boulot, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, c’est le cuistot.
Vous me direz : Le doc aussi. Eventuellement. Je vous répondrai simplement que : quand on a des lurons comme les Saigneurs, qui n’ont probablement jamais attrapé de rhume de leurs vies (« Rhume ? Keskecé ? Un peintre, non ? ») et qui font que briser des os (en général pas les leurs mais ceux des autres), lorsqu’il y a rien à l’horizon excepté de la flotte à perte de vue, le docteur a pas grand-chose à faire de sa journée. Et pour peu que l’équipage soit particulièrement bien nourri, il a pas de raison d’aller saluer le copain toubib pour une carence en vitamine, une déficience en fer, un manque de sucre ou je sais pas quoi avec un nom sordide. Donc, le doc peut se concentrer sur d’autres occupations, d’autres passions, comme le cassage de gueule des newbies (passion qu’il s’est découverte récemment).
On pourrait songer au navigateur, éventuellement, mais pour son cas dès que la troupe a posé pied à terre, son job est mis entre parenthèse jusqu’au prochain départ.

Alors que le cuistot…
Le cuistot, lui, a toujours un tas de trucs à faire.
Vous allez probablement me dire : j’exagère probablement, j’en fais des caisses pour pas grand-chose. Je vous répondrai : à peine. Peut-être parce qu’on ne se rend pas forcément compte du travail que c’est de devoir nourrir une trentaine de bouches différentes. C’est doser, réfléchir, faire en sorte qu’il y ait de tout, surtout du bon, vérifier les réserves, s’organiser, interdire l’accès au frigo à ces ventres sur pattes qui rentrent dans la cuisine en mode furtif-ninja, prévenir les possibles allergies (quoique pour le coup, je suis plutôt chanceuse : ils bouffent de tout, souvent du n’importe quoi, c’est toujours ça de pris), faire plaisir pour que ces gars soient de bonne humeur et en forme toute la journée, se lever avant les autres pour préparer le petit dej’, se coucher après les autres pour ranger la cuisine… Et cela, quotidiennement.
Alors, qu’on ne vienne pas me dire que le doc en fait autant, surtout quand je vois qu’il s’amuse à éclater la gueule à (ou se faire éclater la gueule par) Reyson (quoique, ça lui donnera du taff comme ça), ou que le Noah s’échine à réparer le bateau alors qu’il a quinze paires de bras à son service qui lui récurent ce qu’il veut quand il veut ou que le navigateur est overbooké alors qu’y’a pas un pet de vent dehors et qu’il fait mine de réfléchir alors qu’on sait très bien que Jack, c’est pas le genre à savoir « réfléchir ». Et…

Rrrh.

C’est l’impatience qui me rend mauvaise langue. L’agacement, surtout. Une phase de bas régime, je dirais. Un peu tout ça à la fois qui me fait voir la vie en noir. Et bordel de merde, quand est-ce que y’aura moyen de refoutre le pied à terre ? Je me tais, je zigzague entre la cuisine et le pont pour voir si y’a pas une île à l’horizon… Depuis combien de jours ? Je compte plus. J’en ai marre. Faut dire que j’ai l’impression de faire du sur-place depuis qu’on a quitté le phare. Et qu’il se passe rien de bien folichon, si ce n’est Walt qui s’amuse avec sa tête et Maya qui joue aux cartes en bouffant du chocolat… c’est dire c’qu’on s’éclate.
Tout ce temps loin de toute forme de civilisation, ça veut dire aussi du temps loin de personne susceptible de me dire ou se trouve Lia. Et forcément, ça fait chier. Parce que j’ai plus rien à me mettre sous la dent pour l’instant, rien pour me faire avancer, progresser, me faire patienter un poil. Pas d’infos, que dal. Juste qu’ils sont sur Grand Line. Et vu que Grand Line, c’est vachement grand, ça m’aide pas des masses. Ça me fait suer, de la savoir si près, si loin surtout, ça me rend folle. Et pour pas bouffer les autres gars, je cause à personne depuis le départ en broyant du noir, me levant toujours du mauvais pied. Et puis…

« Rare de t’voir ailleurs qu’à tes fourneaux, poupée. T’as grise mine, ça veut dire qu’on a plus rien à damer ? Dis-moi tout, pourquoi l’pouvoir de l’afro s’fout en berne ? »

Et je lève l’œil vers le capitaine, un peu tirée de mes pensées. Et je le regarde. Et j’assimile ce qu’il me dit. Et je sais pas à quoi il joue… Il se sent l’âme d’un psychologue en herbe ? Il se fait tant chier que ça ? Je fronce un sourcil, je sais pas ce que je dois faire. Et puis, je crois que si je commence à causer, je vais jamais m’arrêter. Ça risquerait de l’assommer.

« Maintenant que j’ai plus de raisons de m’arracher les cheveux pour savoir comment nourrir Oz, y’a aucun soucis en cuisine. Tu me prends pour une débutante, bichon ? Je suis vexée. »

Je lui fais un sourire, quand même. Parce que c’est le capitaine, et que depuis que je l’ai vu faire son machin avec son fruit du démon, j’ai pas envie de l’emmerder.

« Mais puisque tu te proposes pour être une oreille attentive, j’ai pas le moral. Ma gamine est quelque part sur Grand Line avec ce connard d’enfoiré de fils de chien qui lui sert de père, et tant qu’on a pas posé le pied à terre, je pourrais pas en savoir plus sur ou ils sont. »

Je plisse le nez. De colère. Un peu. Mais je me ressaisis. Et j’y retourne.

« Je t’avoue que si Jack pouvait nous pondre un miracle, ça m’arrangerait. »
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Jack fait pas d'miracle. Jack est pas l'messie. Ni une sorte d'shaman qu'commande à la flotte. Non. Jack est un navigo' sans un pet d'vent. Y s'sent utile comme une MST sur l'gland d'un impuissant. Sans parler d'la gueule de bois Méga qui s'colle au train. Jack est pas d'bonne cont'nance. Alors foutez-lui la paix. Besoin d'calme. Pour mater les vagues, inexistantes. Ou plutôt mater le moindre frémiss'ment sur la surface, la plus p'tite chiure d'mouche qu'pourrait nous servir. Mais queud', nada. Pas un pet. L'aiguille du Logpose pointe, droite comme une trique, not'destination. C'est tout. Et ça aide pas.

J'me dis, au moins, Anthrax est en balade. Y m'lâche les basques pour une fois, probablement occupé qu'il est à torturer un rat qu'il aura traqué courageus'ment dans la cale. Brave Anthrax, reste loin. Et j'mate. Et j'gamberge. Ma cervelle ramollie par les coups d'tatanes tente d'rester à flot. Héhé. Tout en laissant Jamie Lee pester sur l'monde, craché son fiel sur tout c'qui pourrait êt'beau, ou rattrapable. Tronche dans l'fion, profond. Pour la énième fois, qu'j'calcule c'qu'on a. Not'bilan. Pas d'vent. Pour un voilier, c'est chié. Niveau rame, presque rien. Les pagaies grands formats des barques d'abordage. Inutilisable. A moins d'quelques mouv' d'flotte dont on tirerait avantage. Nada donc pour l'instant. Oz? Occupé à chasser en fond marin. A la r'cherche d'un casse-croute qu'sent l'surimi. ... ...

Face à c'désert d'possibles, j'me met à prier Gui, l'Dieu des flots et des grivelleries. L'Dieu des moyens vilains, l'Dieu des miens. En offrande, j'lui file le bouchon d'une 'teille d'Rhum, qu'viens d'décarrer. Hop, à la flotte. Allez, maint'ant, soit pas chiche, file moi un Deus ex Machina*. J'sais qu'j'ai pas l'karma d'un gus à sauver, mais c'est pour ça qu'ça d'vrait t'plaire, non? Promis, j'te d'mand'rai pas c'genre d'faveur trop longtemps. R'garde: hop, une nouvelle 'teille de vidée! A c'rythme, j'crame une d'mi journée d'vie par jour. Fais l'calcul Gui: j'suis pas un investissement à long terme, et ça, j'suis sur, t'aimes.

Pfff... C'est con, même si ça coute rien. Parfois Gui m'aide. Pas aujourd'hui, qu'j'me dis en r'matant la flotte, calme, immobile, déserte. Déserte.. ? J'doute, et m'tourne vers la vigie! Legault est pas un bleu, il gueule déjà:

Rafiot à l'horizon! Une jonque! Il avance!

Mer de chien! C'est quoi c't'histoire encore. J'entr'vois l'flottant, d'ici. Un p'tit point noir, sur la limite d'la flotte. Maximum huit lieue d'ici! Et y z'ont du putain d'vent!? C'est sélectif ici? C'est quoi s'vent qu'souffle par couloir! Gui est un putain d'farceur: m'envoie une proie, mais pas d'quoi la traquer! Parce qu'on est cloué ici, parce que rien pour... Mon oeil carde un p'tit r'muement, une vagu'lette. Qu'vient d'en-bas, des profondeurs! J'me lève en cata' ! Check la surface, penché sur la rambarde! Pour suivre la source d'c't'histoire! Elle vient d'en d'ssous pour sur, mais aussi derrière. De derrière l’Écume et la Santa. Et mon clinquant capte. Hahahaha! Nous y voila!

A vos pagaies les gars! Va falloir batailler, mais j'suis fier d'vous l'dire: à l'abordage!!

La surface semble s'distendre. Et monte comme poussée, forme une ch'tite colline. Un volcan! Qu'explose! Son magma? Oz et sa proie, qu'perce l'calme des flots d'leur masse mastodontesque! Qui, dans l'plus pur style du wotan, crée un raz d'marée comme y en a des pas naturelles. Les vagues naissent partout, mais surtout dans not'dos. Et nos deux barques s'voient monter, portées comme des coquilles d'noix! Et on bouge! Hahaha ! J'commence à les connaitre tes vagues, mon gros Oz ! Et mes pattes sont d'jà sur la barre, prêtes! On est parti, mes Saigneurs! Les bateaux prennent d'la vitesse, descendent les torrents, pour l'bonheur des p'tits et des grands!

Et ça tonne! Non, c'est pas fini! J'tourne la trogne, pour voir, d'vant mes yeux, vraiment, un nuage gris qui s'forme. Petit, menaçant, précis, y suce toute la flotte volante qu'pouvait y avoir dans l'air, et MÔk! Y pète! Nous chiant d'ssus des nues d'drache, et un vent d'tempête délicieux! C'dernier s'engouffre dans nos voiles, qui s'gonflent d'un coup, avides! Mec, tu l'crois ça?! Quelle mer de fou! Poussés par les éléments, bénis par le Gens d'en Haut, les Saigneurs fondent sur leur proie, une belle jonque de richard, qui maint'nant a plus l'air d'être bien loin! Trois lieues? Deux peut-être!! Héhé! Une belle vision qu'ça doit être pour eux! Et comment qu'ils vont s'le manger l'courant! L'moment aurait pas pu être mieux, mais si, parce que Legault crie, à nouveau!

Terre, Terre!

qu'il dit! Vrai qu'l'notre trajectoire suit l'aiguille du Logpose. Héhé! Les cieux sont bons. Hé quoi Gui, l'histoire, c'était qu'au centième bouchon offrandé, t'filais un bonus? On dit merci. Merci Gui.

* J'sais absolument pas ce que c'est, mais j'suis sur, ça aidera.
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Beuargh ...

Je le savais ! Je le savais !"Il est pas frais ton poisson". "Mais si j'viens d'le pécher" qui m'rétorque. Le 'qui' c'est Schnock. Ou Schnuck. Impossible de les différencier. "Bah y'est bizarre alors" que j'continue. "Mais non t'inquiètes Bishop, goûte moi-ça." Alors moi j'teste la marchandise. Comme un con ? Mais j'savais bien qu'j'aurais du d'mander à Micha d'le cuisiner. Ou t'checker pour voir si c'était un truc comestible, un truc pas pourri. Trop tard. Et j'avais raison. Une fois de plus ? Sauf que j'ai quand même fais confiance en mangeant la poiscaille. La blague aurait été drôle si c'était pas à moi qu'on l'avait faite. Mais là, la tête dans la cuvette, passant l'temps à dégobiller, ça retire le coté marrant d'la farce. Bon certes, ça va passer et dans genre une heure j'irai mieux. Et c'sert à rien d'prendre un médoc, faut juste faire sortir tout l'paquet.

Bref, j'm'attarde pas là-dessus. Et une fois qu'j'me sens plus léger, je sors. Drôle d'impression qu'j'ai là. Comme si, finalement, j'avais encore des stocks dans le bide. Comme si tout était pas ressorti. Bah tant pis, au pire, j'envoie la sauce du haut du bateau, direct dans l'océan. C'pas comme si celui-ci allez s'venger. Uhuh. Une fois sur l'pont, j'vois qu'quasi tout l'équipage est en train d'profiter du bon temps. Capitaine qui parle à Micha, d'autres qui boivent un coup, d'autres qui jouent à des trucs, d'autres encore en train d'rien faire. Mais Jacky lui l'est pas trop content on dirait. Car c'comme si on stagnait sur l'eau. Pas d'vent implique qu'on avance pas. Bah te plains pas Jacky, j'préfère ça à une tempête. Puis façon c'pas pour un jour de plus hein. Même si ça commence à bien faire. Puis là, relent.

Et Beuargh-bis. C'bien c'que j'pensais, y'a encore du poisson pas frais dans c't'estomac. Cor heureux qu'j'étais proche du bord. Du coup comme j'l'ai dit, le dégueuli file droit vers l'eau. Allez les poissons, v'nez manger vot' ex-copain. J'garde la tête vers la flotte, au cas où. C't'à c'moment là qu'Légault gueule un truc comme quoi y'a un bateau d'vant nous. Enfin un peu d'action. Puis Beuargh-ter. Si ça continue comme ça, j'risque de perdre dix kilos. S'rait ballot d'mourir à cause d'une blague pas drôle hein. C't'alors que j'remarque un truc bizarre sur la surface de l'eau. Comme si elle tremblait. Non. M'dit quand même pas qu'l'océan apprécie pas mon cadeau et qu'c't'à cause de ça qui va s'passer un truc pas cool. Et Jacky parle, il r'trouve la joie. Dans la s'conde d'après, geyser grandeur énorme. Et l'truc pas cool dont j'parlais c'est Oz en fait. J'espère qu't'as pas bu la tasse mon gros. Note que vu c'que tu bouffes en règle générale, un peu d'vomi doit pas vraiment t'dégouter toi. Et comme toute action entraine une réaction blablabla, bah y'a un raz d'marée qui s'forme. Et qui bien sûr, nous entraine vers l'avant, vers l'aut' bateau. Alors Jacky, tu vois, on finit par bouger. Uhuh.

On progresse vite, très vite, et c'qu'était qu'un point noir ressemble de plus un plus à un navire. Et l'beau temps s'transforme en tempête. D'accord, j'rendrai plus l'déjeuner dans la nature. Promis. L'destin tout ça moi j'y crois pas mais sur c'coup là, faut quand même avouer qu'c'est pas une simple coïncidence. Pis façon, j'suis sûr qu'le sort s'acharne sur moi. C'est ça d'être trop fort. Car j'te l'ai pas, encore, dit mais d'puis ma victoire écrasante contre le beau gosse, il m'arrive des trucs de fous. Comme si Dieu lui-même avait peur de moi alors il m'envoie des messages. Pour m'dire qu'lui aussi l'est très fort et qui peut faire d'ma vie un enfer. Ecoute Dieu, c'pas d'ma faute si j'suis puissant. Puis la vitesse, le tangage, l'excitation font que ... Bah font que beuargh-quater. Merci Dieu.

Et encore une fois, y'a Legault qui gueule. Terre en vue ? Deuxième bonne nouvelle. Magnifique ! Partir à la découverte d'une nouvelle île, faire connaissance avec de nouveaux gens, faire couler l'sang à nouveau. Ces pensées m'f'rait presque oublier qu'j'suis malade tiens. Bon malade, j'le suis tout l'temps c'est vrai. Malade mental j'veux dire. Mais ça c't'une autre affaire. J'me tourne alors vers Jack, qui risque de dire un truc parc'qu'on s'rapproche d'une île. D'habitude, il donne des directives quand y'a d'la terre en vue mais aujourd'hui, rien. P'tet qu'y'a déjà donné ses ordres taleur. Rappelle-toi Bishop. Bla bla ! Bla bla bla. Merde. Puis 'A l'abordage !'. Jack a dit à l'abordage. Jack a dit. M'fait penser à que'que chose ça Jack a dit. Mais ouais ! P'tain vite Bishop tu dois t'bouger. Si t'fais pas c'qui dit, t'as perdu la partie. Allez l'bateau, met le speed quoi. Oz, r'crée nous une vague, fais nous du vent, pousse l'Ecume. Oh ! Jack a dit à l'abordage, z'avez entendu ou pas ? M'dites pas qu'vous connaissez pas les règles du Jack a dit ?

Merdre, on est encore trop loin. Mais on les rattrape vraiment bien. J'peux plus attendre, parce que j'ai envie d'un peu d'action et aussi parce que j'vais être éliminé si j'suis pas les ordres. Mais si j'm'essaye à un saut pour rejoindre la jonque ennemie, sûr et certain qu'c'est dans l'eau que j'vais atterrir. Bah ouais, j'ai beau être ultra puissant, impossible d'sauter aussi loin. Puis là, la pièce tombe, l'ampoule s'allume. L'idée d'génie ! Y'a Reyson qu'est là-bas, à l'avant d'l'Ecume. Si j'lui dit d'm'envoyer sur l'bateau ennemi, il le f'ra. Car il peut pas s'permettre de réfuter un ordre venant d'un mec qu'est - beaucoup - plus fort que lui. Règle du dominé/dominant. Loi du plus fort. Etc. Puis comme y'est presque aussi puissant que moi, presque, il a sans doute assez d'force pour m'faire traverser la distance qui nous sépare d'l'adversaire. Mais d'abord, pourquoi on doit l'attaquer c'bateau ? Bah après tout on discute pas les règles du Jack a dit. Donc j'me rue à l'avant d'l'Ecume et j'gueule un ordre au beau gosse.

"Envoie-moi sur l'bateau !!"

J'ai bien pensé à rajouter un "Et qu'ça saute !" ou un "Et plus vite que ça !" mais étant donné qu'j'lui ai mis sa raclée il y a peu, j'veux pas en rajouter.

"Et fais ça bien !"

Et merde.

Fin soit, une fois arrivé pas très loin d'lui, j'vois qui fixe un truc dans l'ciel mais j'fais pas gaffe à quoi ce que c'est. Mon objectif à moi c'est la jonque. C'est aussi d'gagner l'jeu. Et quand j'suis plus qu'à un mètre, j'lui tends l'bras gauche pour qu'il s'en saisisse et m'lance de toutes ses forces. Mais l'type crie "Pool" et la s'conde d'après, sans avoir rien compris, j'reçois un masta coup de pied au cul.

"Aaaahhh !"

Et après 'Pool' vient 'Pan'. 'Pan' qu'est en fait remplacé par 'Paf' ici. 'Paf' dans la mouette qui passait dans l'coin. L'coin qu'le beau gosse était en fait en train d'zieuter. M'dit pas qu'il l'a fait exprès ? Tu paies rien pour attendre. Une fois qu'j'me s'rais occupé d'ces adversaires là, tu passeras un sale quart d'heure. C'moi qui te l'dit ! Pis la mouette comprend pas c'qu'elle en train d'vivre et reste collée à mon visage. L'point positif de tout ça c'est qu'le beau gosse a mal bien visé. 'Fin. Bien visé parce que j'me dirige vers l'ennemi mais mal visé parce que la mouette. Quoiqu'on pourrait dire qu'il a bien visé pour la mouette. Car il a réussi son coup. Si c'est c'qu'il a voulu faire. Et c'est c'qu'il a voulu faire.

Maintenant, c'est opération atterrissage. Un truc dans lequel j'suis pas vraiment doué. Pis comme les éléments s'déchainent sur moi en c'moment, j'redoute le pire. Mais en fait ça s'passe bien et j'retombe sans m'casser quoique ce soit. La mouette toujours sur la gueule. C'qui relève du miracle en somme. Car déjà quand j'ai la vue dégagée j'galère alors que là, sans trop grande visibilité, j'atterris nickel. Ouais, j'aime bien les choses pas logique moi. A présent, que les choses sérieuses commence. Parce que bon, l'effet de surprise est inexistant. Ils ont eu l'temps d'nous voir arriver. Du coup j'me r'trouve quasi nez à nez avec pas mal de gars. Qu's'ont l'air tous assez fort mais pas autant qu'moi, pas autant qu'moi. Mais attends. J'oublie une chose !

"J'ai gagnnnééé !"

Ouep, l'seul à avoir respecter les règles du jeu. Boum ! Ca t’impressionne hein ? Bishop est l'meilleur dans toutes les catégories. Toutes. Mais quand on y réfléchis, c't'assez ambiguë. Parce que Jack a pas dit Jack a dit. Mais si c'est Jack qui l'dit c'comme si on disait Jack a dit. Compliquée c't'affaire là. A c'moment là, un type s'élance et crie un bon coup. Impatient on dirait. Et jamais compris pourquoi fallait gueuler comme un putois pendant une baston. P'tet qu'il croie qu'ça lui donne plus de force. Auquel cas c't'un con. Bon avant qu'tu t'rapproches trop, voila un cadeau pour toi. Une mouette à moitié mourante ou qu'a p'tet déjà trépassé. Tiens amuse toi avec et laisse moi tranquille. Ah c'te fois-ci l'effet d'surprise est présent et l'projectile touche la cible. Allez viens ! Mais c'pas lui qui vient. Un d'ces potes qu'a pas apprécié, lui non plus, l'intrusion et qui s'est décidé à passer à l'action. Il surgit d'nulle part. Et m'fous son poing en plein ventre. A voir sa gueule, le monsieur est pas content. Et puis comme ça f'sait longtemps bah ...

Beuargh-j'ai-perdu-l'compte.

T'es pas malin non plus. D'puis j'sais pas combien d'temps j'suis malade alors forcément qu'un coup à m'retourner l'estomac va m'faire ressortir l'peu truc qu'il m'reste encore dans l'corps. Heureusement pour lui, il s'prend la déferlante au niveau du torse. Et là y'a encore plus la rage. Et donc il s'apprête à m'mettre une autre bonne droite. Niveau d'la pommette j'prévois. Mais c'qui vient d'se passer donne des idées à Bishop. Bonne ou mauvaise idée, ça dépend du point de vue. J'me fous deux doigts dans la bouche, enfonce pas mal et r'ssort la main rapidement. Et comme tu t'en doutes : beuargh-j'ai-perdu-l'compte-plus-un. Mais là, j'ai ajusté l'tir. D'sorte qu'il parvienne jusqu'à la figure de Furax. L'liquide atteint ses yeux mais ça l'empêche pas de quand même m'frapper. Boum, pleine pommette. J'l'avais dit. Bon c'pas tout ça mais va falloir s'mettre au travail là. C'est parti !

Boum.

C'est mal parti. Nouvelle prune dans les côtes. D'la part d'un nouvel invité qui veut s'joindre, lui aussi, à la partie. Trois contre un ? No soucis pour la Bish. On s'la joue comment ? Chacun son tour ou tous en même temps ? Pis Boum encore. Ou Bam. Un quatrième gars ? Uhuh. Pas d'problème ... Pas d'pro...

"AU S'COOOUUUURS !"

      Entre mes mains se trouvait Shusui, la lame que j'avais récupérée sur les Blues et que je n'avais encore jamais utilisée. Afin de lui montrer que j'étais digne d'être son maître et à la hauteur de sa malédiction, j'avais passé les épreuves sans elle, en attendant mon arrivé sur Grand Line, l'océan où elle méritait d'être dégainée. C'était ainsi que, pour la première fois, cette lame et son fourreau étaient attachés autour de ma taille.

      Je me trouvais dans la cale du navire, et je comptais prendre discrètement l'une des bouteilles du stock pour fêter cela. Mais l'annonce d'un navire en vu résonna jusqu'à mes oreilles. Pas le choix, le travail de pirate n'attend pas. Je me dirigeai donc vers l'escalier au moment où une légère secousse se fit ressentir, manquant de me faire tomber. Notre bâtiment avait subitement prit de la vitesse.

      Poussé par la curiosité, j'accélérai le pas et fini par arriver sur le pont. Une grande partie de l'équipage s'y trouvait déjà. M'approchant de l'avant du navire, je regardais à l'horizon. Un bateau non loin, et une île après. Mon regard se tourna vers leur mat qui abordait un drapeau banal, ni sombre ni aucune représentation d'un quelconque crâne. Pas des pirates donc, à l'opposé de nous qui brandissons fièrement notre drapeau en se dirigeant vers eux. D'ailleurs, c'était étrange que le courant soit plus fort pour nous que pour eux, mais je n'allais pas me casser la tête pour ça. Je tentais d'affuter mon regard vers leur drapeau clair. Il n'y avait ni le symbole de la marine, ni celui du gouvernement. Des marchands ou de simples voyageurs, voilà ce à quoi nous avions probablement affaire. Rien de bien dangereux en somme.

      Par conséquent, mon attention ne s'attarda pas davantage sur eux. Par contre, mon regard alla un peu plus haut dans le ciel, là où une mouette volait. Réaction immédiate, le ventre râla. Si je l'attrapai, la cuistot pourrait sûrement en faire quelque chose. Ragout, soupe, mouette grillée, … Mais le souci était de l'attraper. Comment faire ?

      Ce fut à ce moment que le doc vint avec sa requête plutôt étrange. L'envoyer sur l'autre navire ? En somme, il me demandait de lui faire un baptême de l'air. C'était tout ce que j'avais compris, j'étais resté sur le verbe envoyer. Et puis, il n'était pas maudit lui, il pouvait nager, et sa vie ne m'importait que peu enfin de compte. Ainsi, un sourire sournois sur les lèvres, je m'écriais Pool avant que mon pied ne permette le décollage du doc.

      Dans les secondes qui suivirent, il y eut la collision entre la mouette et le doc. Comme quoi, je savais bien manier mon pied. Je devrais peut-être inventer un sport mêlant l'utilisation des pieds ainsi qu'un projectile à envoyer sur une cible… Le doc finit par atterrir sur l'autre bateau, il ne lui restait plus qu'à revenir avec la volaille. Allez le doc, rapporte le nonos, soit un gentil chien chien.

      Et mais, c'était pas du jeu si l'autre navire sort des rames ! Ils vont plus vite que nous, mon repas s'éloigne ! Rapidement, je dégainai ma lame avant de trancher l'air d'un mouvement vertical devant moi. Un arc de cercle se forma et alla jusqu'à trancher les rames les unes après les autres. Et voilà, on les rattrapait de nouveau. Mouette mouette mouette, par ici viande à plume.

      On approchait, et le doc criait à l'aide. En même temps, c'était lui qui voulait se rendre sur l'autre navire… Mais s'il se faisait tuer, qui allait me ramener la mouette ? Ah non alors ! Par mon estomac, vous ne tuerez pas le livreur de volaille ! Un coup d'estoc avec ma lame, et l'air fut tranché en un point, ouvrant le crâne de l'homme le plus proche du doc.

      Pendant ce temps, les deux navires étaient pratiquement à proximité l'un de l'autre, la phase de l'abordage allait débuter. Par contre, nos cibles semblaient plutôt bien armées pour de simples marchands, et mettre le doc en difficulté en plus… Soit lui était très faible, soit eux plutôt forts. La réponse n'allait pas tarder à venir d'elle-même.
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    Checklist du matin midi :

    ¤ S’faire chier douze plombes dans une zone sans un pet d’zéph’. Check.
    ¤ Tailler la bavette au quota d’sensiblerie du bord et prêter une portugaise distraite à ses atermoiements d’mère en mal d’enfant. Check.
    ¤ S’faire empapaouter l’miracle mouvatoire par le grand benêt d’service j’ai nommé Oz et les tsunamis surprises qu’il aime à balancer dans la baignoire d’sa vie. Check.
    ¤ Avoir l’meilleur barreur instinctif parmi toutes la flopée d’alcoolos d’la profession. Check.
    ¤ S’trouver soudain à deux jets d’ancres géantes d’une corvette suspecte et aguichante. Check.
    ¤ R’garder les jeunots d’la liste de passagers sauter par-dessus bord sans aucun respect pour la part du lion comme d’habitrude. Check.
    ¤ Les mater s’retrouver cons tous seuls là-bas sur un pont hostile dans un groupe de truands pas tibulaires mais presque, comme d’àcoupstumets. Check.
    ¤ Prendre la vie comme elle vient. Check.

    Jrange le crayon et l’calepin après la dernière case cochée. J’aime bien faire des listes, ça m’détend quand jsuis énervé. Ou blasé. Mais être blasé en général ça m’énerve. C’est pas constructif et ça m’rappelle mes anciens mauvais travers, d’quand j’étais r’devenu personne après avoir été quelqu’un. Blasé blasé. Arf, faudrait pas qu’j’y r’tourne. Pas maint’nant alors que le monde s’ouvre à nous. Pas maint’nant alors qu’GrandLine écarte ses mauvaises tendances pour nous laisser la pénétrer. C’srait trop con d’foirer l’remontage de voie jusqu’à son point l’plus velu. La demeure des saints et des pas saints marins. Marie-Joa. Et l’aut’ monde derrière. Si près, qu’on est… Non, c’srait trop con d’retomber dans les oubliettes de moi-même maint’nant. Alors pour m’réveiller j’jette un œil au log pendant qu’on va se harponner la jonque céleste. Il est bien fixé. Normal à deux lieues d’une terre ferme, tu m’diras.

    Et en guise de harponner la jonque céleste, c’est nous qu’on s’fait harponner. De là à là. On aurait pu s’y attendre, r’marque. Ce genre d’fusil d’assaut, c’est souvent les seuls calibres qu’on trouve à bord de ce genre de navire taillé pour la course et pas la guerre. Et là, au lieu d’fuir, y en a un qu’a eu le mauvais réflexe. J’entends déjà l’capichef d’en face engueuler l’matelot qu’a eu la gâchette sensible. Impossible de s’tailler maint’nant. Impossible d’nous éviter. Mais donc voilà, pas b’soin d’lancer les grapins d’not’ côté. On est bons. On peut sauter. Et quand jvois la Santa qui galère à babord pour reprendre un cap correct, et quand jvois qu’Linus va sans doute me la sombrer, jpeux te dire que j’ai envie d’sauter. D’ailleurs jvais. Mais pas tout d’suite. Avant. Faut que j’rappelle les préséances à tout l’monde. Que j’rappelle qu’ça a beau faire bien d’se catégoriser pirate, c’est un mot qui veut rien dire pour moi. Qu’j’ai beau encourager l’esprit d’initiative et l’indépendance des membres d’la bande de joyeux lurons, l’seul qu’a droit d’être complètement anar à bord, c’est moi.

    Moi et seulement moi. Le reste, on suit mes ordres.

    Pour ça, jsaute pieds joints d’puis la proue jusqu’au centre du pont, niveau du mât principal. Juste sous Legault qu’a arrêté l’basket avec Walt et sa tête pour jouer aux fléchettes. Walt et sa tête qu’s’sont déjà barrés r’joindre l’Alex en fâcheuse posture. Sans donner un ordre à l’équipage, putain d’bosco d’mes deux. Juste à côté d’Maya qu’a arrêté d’jouer aux cartes pour ranger son chocotruc. Et à Noah qui va tirer un boulet d’canon packe lui seul semble avoir gardé d’bons réflexes pour faire un abordage dans les règles, jlui dis d’me lâcher les basques et sa place. C’qu’y fait sans broncher en haussant les épaules comme si j’avais ma tête des mauvais jours. Et sans plus m’occuper d’savoir de quelle manière il est parti s’faire pendre ailleurs, je vise, et j’tire. Je vise aux pieds de Walt exprès. Sur la jonque d’en face. Et quand l’tonnerre retentit, comme c’est l’seul boum du coin, on écoute et on s’tait d’un coup. On écoute et on r’garde même pas l’borgne à la massue qui s’fait éjecter dans une poussière de planches défoncées par la fonte comme s’il avait r’bondi sur un trampoline. On l’regarde pas pack’on m’regarde. Moi. L’chef de ces Seigneurs.

    On est quittes, Scotty.

    Bien l’bonjour messieurs. Vous embêtez pas à nous remettre vos liquidités, on s’servira plus tard. C’que vous pouvez faire en attendant, c’est crier pour vos vies. Ca changera rien mais, parole de Saigneur, on s’montrera compassionnés dans l’abrégeage de souffrances.

    Mais ça c’est avant. D’bout sur le bastingage en mode beau gosse, j’ai que l’temps d’accrocher une écoute avec la palme quand jsens l’roulis qui fait encore sa pute sous la quille. Même que c’est tellement une galeuse que j’dois sauter en face pour pas m’sanglanter la tronche direct. On est trop tôt pour ça, c’srait dommage de dévoiler les réjouissances trop vite. Les autres interprètent ça comme le signal du carnage, deux-trois m’suivent. Puis après…

    ¤ Subir le comique de répétition d’un géant couillon qu’aime jouer avec le ptit canard galion dans son bain. Check.
    ¤ Subir le comique de répétition d’un géant couillon qu’aime jouer avec le ptit canard galion dans son bain. Check.
    ¤ S’crasher sur la première île de GrandLine croisée à bord d’un navire ennemi, dans une redite évidente des aventures de l’archipel vert. Bientôt check. Check dans cinq, quatre. Trois.


    Sea Cowboys [1624] 661875SignTahar


    Dernière édition par Tahar Tahgel le Mar 3 Juil 2012 - 19:31, édité 1 fois
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    « Ah les cons. »

    Ça m’échappe. Mais je le pense. Très fort. Et j’ai bien raison. Je fais partie d’un équipage de têtes cramées au troisième degré avec la certitude que les vapeurs toxiques ont atteintes toutes les fonctions plus ou moins fonctionnelles de leurs cervelles de piafs. Y’a plus rien qui marche correctement dans leurs têtes, mise à part le cortex préfrontal « coup de boule », et autre hémisphère « j’vais te casser la gueule » droit. Quelle bande de gros cons. Je me répète, mais je le pense très très fort. Se balancer, comme ça, sans sécurité, sur le premier navire qu’on croise, à Grand Line, c’est peut-être pas le truc le plus conseillé.
    Mais en matière de conseil, y’a pas à douter qu’aucun des membres des Saigneurs n’est capable d’en donner des plus ou moins valable dans le lot. Même pas moi. Surtout pas moi. Mise à part là, éventuellement, ou j’aurais peut-être dû soumettre l’éventualité que débarquer sur un navire dont on ne sait rien, ni d’où il vient, ni où il va, ni qui y est, au risque de possiblement tomber sur des mecs aussi tarés sinon violents de la même trempe que nous qui pourrait, potentiellement, nous mettre la misère. Mais non. Moi, je dis ça. Surtout, je dis rien. Parce qu’en matière de prévention, les Saigneurs, ils s’y connaissent pas des masses.
    Et Parce que gâcher le bonheur de ces petits camarades qui depuis des heures ne font rien, qui ont perdu des journées entières à griller le peu de neurones qui leurs restent sous un soleil de plomb, alors qu’aucun pet de vent nous permet d’atteindre l’île en vue, c’est pas sympa, même pour une afro-girl en déprime. Patience, Micha, le moral reviendra à un moment ou un autre. Je ferme ma gueule, je regarde avec un certain recul, en me disant que là, j’ai pas la foi, ni l’envie d’aller me taper sur du minet pas frais, que je suis pas d’humeur et bordel. Qu’ils s’amusent, ça les défoulera, ça les entrainera, et qu’ils me foutent la paix. Je m’inquiète pas d’avoir aussi peu d’entrain à péter des tronches et casser des couilles.

    Les deux navires sont côtes à côtes et le capitaine a changé de bord pour aller causer à ses nouveaux copains. Je m’accoude à la rambarde et je regarde sans vraiment écouter ce qu’il se dit, parce que c’est le discours répétitif et quasiment officiel du grand patron qui prévient ses futures victimes qu’elles vont avoir très mal. Mais que, quand même, bonne âme qu’il est, il fera en sorte de faire vite.

    Mais voilà. Tout se passe pas exactement comme prévu, un peu comme à chaque fois que le capichef se lance dans un discours plus ou moins construit sur le pourquoi du comment il va tuer des gens avec toute la classe du monde. Et c’est Oz junior qui interrompt son roi en sortant de sous la flotte, avec l’idée de refaire des petites vagues. On sent les remous approcher à pas de géant, le bois se frotte, ça fait balloter, ça empêche ceux qui veulent de passer de l’autre côté pour conclure l’abordage, ça empêche ceux qui veulent de revenir à bon port pour éviter de se retrouver chez les ennemis sans avoir la chance de s’en sortir.

    « Ah le con. »

    Et comme un comique de répétition, je vois le tsunami approcher, je m’accroche à la rambarde la plus proche tandis que le navigateur se jette à la barre pour éviter les surprises. Je préviens Reyson d’attraper la première chose fixe qui vienne pour éviter de se retrouver à l’eau avant d’avoir le temps de dire « AAAAAAH » et la séparation entre les deux navires se fait dans une violence brutale. L’écume part et se retrouve embarquée vers l’île la plus proche, à l’opposé de l’autre navire ou se trouve notre chef, notre médecin et notre bosco. On finit par la perdre de vue, mais on s’en inquiète pas, parce que le plus important c’est de stabiliser l’écume pour éviter de refaire un remake de l’archipel en se posant au centre de l’île.
    Mais on a Jack comme navigateur, alors ça gère le steak. Parce que Jack, c’est un peu le meilleur, mais en mieux. Et, avec tact, douceur, en gueulant à moitié sur Oz pour qu’il arrête ses conneries bordel de dieu, tu fais chier, connard de géant de mes couilles, on s’approche de l’île en se disant qu’on est bien à notre place et pour rien au monde on la troquerait pour celle des trois zigotos sur le navire ennemi qu’à l’air d’avoir été plus endommagé et balloté que le nôtre. En quelques minutes, on accoste au pan de terre le plus proche tandis que tout le monde se retourne vers Jack, lui, le second, le substitue de meneur d’hommes en l’absence du grand patron.
    Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’ils se demandent un peu parce qu’ils savent pas comment vivre maintenant qu’on s’est tous habitués à la présence du Tahar pour plus ou moins guider les troupes, même si on l’écoute jamais quand il s’agit d’aborder ou pas. La réponse la plus logique serait : retrouver les trois loustics pour les ramener à la maison, histoire de ne pas manquer d’ordres, de soin et de… euh… d’ordres ? Bref. Je plains le Jack, parce que j’aimerai pas être à sa place. Mais en bonne âme que je suis, je me décide à aller chercher mon attirail pour botter des culs et me dis que le nécessaire du doc ne sera certainement pas de trop s’il arrive quelque chose et qu’on le retrouve à temps.

    Mais voilà, notre rencontre fortuite, notre séparation brutale avec l’autre noix, notre accostage, ça a fait des vagues, au sens propre comme au figuré, dans la faune environnante, parce qu’on a atterrit pas dans le village mais pas très loin non plus. Et que y’a des gens qu’ont assisté au spectacle de loin. Et que j’ai la coupe afro qui se sent pas à l’aise et qui me souffle qu’y faudrait mieux qu’on fasse vite.

    « Jack, si on pouvait se dépêcher de les retrouver, je préfèrerai. Je sens pas l’endroit. »

    Il mettra ça sur le compte de ce qu’il veut : la connerie, l’instinct ou l’intuition afro-féminine.
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    J't'épargne tout le tsoin tsoin mon bon. Le Oz qui nous la joue coup-double, les adieux déchirants quand on s'sépare, ma maitrise totale ultimement ultime, tout ça on baque. Direct, on passe dans l'action. Elle démarre l'moment où j'pointe mes mires bien haut, pour contempler l'profil d'un crâne mastoc qui règne sur toute l'île. J'sais pas à qui appartenait c'te tronche, mais j'veux pas voir la tronche de son appendice. En tout cas sympa la déco' d'base. Sans compter l'soleil d'plomb qu'règne ici. Faudrait voir à pas s'faire insoler. Ou un truc dans l'genre.

    Jack, gros malin, arrête le plaisir de vacancier! C'est le moment! Ton moment!

    Ferme ta gueule Jamie Lee. J'profite.

    Ils te regardent, tous! Ils attendent... que tu prennes le pouvoir.

    En effet. On m'regarde. Les Saigneurs, la partie présente. Les autochtones? En tout cas les quelques péons v'nus voir qui débarquent. Et Jamie Lee Croquette, mon infame conscience mégalo. Mais si Jamie est parfois dans l'bon, c'coup-ci y craque son slip. C'doit être le soleil.

    D'abord, mettons-nous comme y faut.

    Ni une, ni deux. Faisons comme ça. Les malles à fringue d'rechange et autres tissus choppé à Las Camp sont ouvertes. Et on s'change. Comme ça, en une case, comme dans les livres avec des dessins dedans. Maint'nant paré pour la chaleur presque désertique d'l'endroit, on peut y aller. Aller à quoi?

    On est ici pour un bout d'temps j'crois. La grosse montre là, le Log Pose, c'truc doit s'recharger, ou un truc du genre. ... En gros faut rester sur c't'île l'temps qu'ça prend.

    Les yeux chavirés d'mes confrères et soeurs Saigneurs suintent la comprenure, mais on s'en fout. J'ajuste l'chapeau d'cuir qu'j'ai visé sur ma trogne, en serrant un peu plus la clope qui m'pend au coin du bec.

    On va partir à la r'cherche du Cap' et des aut'zigs. La jonque s'est embardée vers l'ouest. S'ront probablement sur une plage, à vider l'rafiot qu'z'ont abordé.

    Les péons locaux s'rapprochent, gentiment. Et comme j'dirais pas non à une bonne gnôle, accoudé à un bar, j'envisage l'calme et la volupté. J'ajuste mes holsters sur mon singlet, renonce à la caraboom masta chopé sur l'Archipel, et siffle mon singe. Il ne vient pas.

    On la joue cool. P'tit groupe, en mode pépère mais au taquet. Hope, Reyson et ... Maya, on part en ballade. Noah, j'suis sûr que tu prendras bien soin d'notre rafiot.

    L'bougre m'bave un truc sur la chaleur, c'qui m'fait penser qu'on a b'soin d'liquide pour notre marche. Je chope deux 'teilles de gnôle, et on se met en ch'min. La belle bande. Entre les ponchos, pétoires, gibus, une sacré dégaine qu'on a. Arrivé à hauteur des premiers autochtrucs, on s'plante, immobile, mires en embuscades. Eux s'fixent aussi. Mires rendues. L'vent caresse un caillou brulé, un type crache un glaviot noirâtre. J'tire sur ma tige.

    Vous z'êtes pas du coin, vous...

    M'affirme un type à la peau roussie. J'cure mes dents, longuement, à coups d'langue, avant d'lui répondre.

    Bien observé.

    Vous v'nez pour creuser?

    P't'être bien. On d'vrait?

    L'gus soutient mon r'gard, impassible. Laisse échapper un soupir.

    Faut dix jours pour qu'le Log se charge.

    C'est long dix jours... Faudra s'entendre.

    Faudra s'entendre...

    ...

    ...

    Tranquille, je sors une 'teille, que je tise. Après m'être épongé l'baveux d'l'avant-bras, j'tend la joyeuse au gars en face. Il hésite. Une goutte d'sueur perle sur son front, lentement. Doucement. Tout l'monde retient son souffle, pourtant, il fait calme. Vraiment calme. Pour finir, il tend la main, et chope l'offrande. Son gosier rincé, sa tronche prend des allures plus sympathiques.

    Vous trouverez des bars à la ville, Bella Union.

    Merci l'ami.

    Vous y trouverez aussi les ennuis si vous faites les marioles. Ici nous n'enterrons que nos morts.

    On fait comme ça. Perso, j'venais pas vraiment pour creuser.

    L'gus lache un rire qui r'ssemble à un étranglement, m'renvoie la 'teille et tourne les talons, accompagnés d'ses copains. Nous voilà seuls, face à la pampa. Seuls et décidés. On part vers l'Ouest.


    * Qu'est-ce qu'un camion? Saleté d'analogisme.
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    Putain. Mais y sont tous complètement abrutis ? J’leur ai bien dit qu’j’étais pas un marine infiltré. Tu m’expliques comment j’peux être assez con pour m’faire courser par un navire qui serait d’chez moi ?
    Apparemment mon cas divise. Y’en a qui m’prennent pour un sacré héros, l’type qui met des bâtons dans les roues d’ces foutues mouettes. D’autres qui préfèrent pas réfléchir et m’dire bye bye direct. Bah j’les comprends, l’nombre de types que j’ai refroidi avant qu’ils aient pu m’échauffer. Mais là, exception, on parle du bon Layr. J’peux pas mourir dans cette...prison ?

    J’ai atterri dans une ville d’desperados. L’genre de place que j’ai plus vu dans les bédés quand j’étais môme qu’en vrai. Y s’la jouent cures dents dans la bouche, barbes de trois jours dégueulasses et répliques cinglantes. Haha, j’aurais presque pu m’y plaire dans c’coin miteux.
    Mais c’est pas l’avis du shérif du coin. Y s’cachent un peu, mais j’crois bien qu’c’est des bons révolutionnaires. J’les ai jamais trop aimés ces Geronimo à la manche. Toujours à gueuler partout qu’y feraient mieux s’ils avaient le pouvoir. Ce s’rait la même merde à tous les coups, remplacer un fléau par un autre.

    Bref, le temps qu’ils statuent d’mon cas, bah j’suis encore prisonnier. Ça fait chier j’vais finir par croire à une malédiction. Et j’sais pas s’ils ont aperçu d’loin le p’tit bordel d’la nuit précédente, mais y m’ont fouillé d’fond en comble. L’aurait fallu qu’je planque mes billes dans mon cul pour les sauver. Mais j’m’appelle pas Coolidge, mon derche y reste clean.
    Heureusement, un des pros-Rimbau m’a filé du papier et un crayon. Quand on s’emmerde, l’mieux c’est d’le savoir. J’suis d’humeur ballade chantée aujourd’hui.



    J’ai rêvé d’un petit coin de paradis
    On foutait rien on était bien loti.
    T’as vuuuuu ?

    On piquait des biftecks ici
    On piquait des méchants aussi.
    Pas vuuuuuuus !

    Le jour où on s’est fait pincer
    Nos yeux direct ils ont percés.
    Ma vuuuuue !

    Ce petit coin de paradis
    S’est vite changé en coin pourri.
    J’vois pluuuuuus.





    J’étais bien parti pour l’deuxième couplet quand c’mec est revenu m’voir. Lui c’est l’premier partisan du « on l’enterre quelque part ça fera un bon engrais ». J’connais pas son nom et j’m’en contrefous. Mais là j’suis sans armes et j’ai pas d’plan. Faudrait qu’ils m’fassent sortir pour qu’je tente un truc. Mais apparemment j’suis pas tombé sur une bande d’zigotos.

    Écoute petite tête. Dans ce secteur mes potes et moi on fait la loi. Et ta gueule me revient vraiment pas.


    J’sais pas trop c’que j’lui ai fait mais il a du être cocu par un joli môme. J’ferme ma gueule, l’ironie c’est bien mais j’suis pas trop bavard. En y réfléchissant, c’est vrai que c’te moustache hirsute m’est pas inconnue.

    On s’est déjà vu ?


    Y remonte sa manche. J’vois une cicatrice d’balle. J’reconnais bien c’te forme de croix. À côté y’a un tatouage avec deux lettres, J&G. L’G est barré. Putain ça m’revient. Il esquisse le sourire du mec qui sait qu’on la reconnu et qui sait que j’suis dans la merde.
    Joe le Mariole. Bons baisers d’Inu Town.

    Alors j’dois t’appeler Jay ou Layr ?


    J’suis pas l’mec l’plus connu des mers, mais j’crois qu’je vais m’faire rebaptiser « La Guigne ».
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    J'ai vraiment crié à l'aide ? C'est triste pour quelqu'un d'aussi fort que moi. Mais non t'as rien compris. C'tait pour déstabiliser l'adversaire. Ou plutôt LES adversaires. Et ça a marché. Parce qu'ils ont arrêté d'me taper. Du coup j'me dis qu'ça s'rait pas mal d'en tuer un. Alors j'pointe mon doigt dans la direction d'ma cible, j'lui dit :'Toi !'. Et Bam, une sorte de pointe d'air vient s'loger dans le front du bonhomme. Comme si c'tait une balle d'un pistolet. Vise-moi ça toi. Quel pouvoir ce Bishop. Sans même rien faire, boum, déjà une victime à son actif. C'est ça d'être trop fort. Parfois, on fait des trucs complètement insensés, des trucs vraiment cool et vraiment balèze. C'est l'talent qu'ça s'appelle.

    Puis Walt me r'joins, latte un type qui m'collait aux basques et m'l'envois. J'reçois l'camarade, sa tête entre mes mains, ses genoux qui trainent par terre. 'Fin pas par terre, "par terre". Par terre, sur le plancher du bateau quoi. Parce que y'a pas d'terre sur un bateau. Pis j'vois pas l'intérêt d'mettre d'la terre sur un plancher d'bateau. A moins qu'tu veuilles faire un potager. Comme ça si t'trouves pas d'île pendant quatre mois, tu peux toujours bouffer des légumes. Pis ça irait bien avec l'arbre. L'arbre dont j'ai parlé pendant mon combat - que dis-je, ma victoire écrasante - contre Reyson. En fait j'vois l'intérêt d'mettre d'la terre sur un bateau. J'soumettrais bien c't'idée au Capitaine. Ouep.

    Mais comme c'est pas vraiment l'sujet en ce moment, j'me r'met à la tâche. Donc j'regarde l'bonhomme dans les yeux. Puis j'enfonce bien mes pouces dans ses orbites. Deuxième victime d'Bishop. Et là, forcément, t'en a un qu'est pas content. L'est pas content d'puis l'début c'type là mais là ça a cor passé un stade. Il gueule un coup, pour s'donner du courage. Bien sûr, j'en profite. Bon gros coup de pied dans le torse, l'adversaire recule de quatre pas et là ... PRAC. Démoli par un boulet. Boulet qui continue sa route et qui nous fait un trou dans la jonque ennemi. Bilan des comptes, troisième victime du Bishop. Trop fort Bishop. Bon c'est pas moi qu'a tiré l'boulet, certes, mais c'quand même moi qui ait envoyé l'type là-bas. Du coup c'est moi qui l'ait tué. Même si c'est pas moi qui l'ait tué. 'Fin tu vois c'que j'veux dire quoi.

    J'lève la tête et j'vois Walt. Ejecté à cause du boulet lui aussi. Alala, toujours à en rajouter des tonnes c'lui là. Toujours à s'donner en spectacle. J'vous jure, la jeunesse ! Maintenant qu'les bateaux sont proches, y'en a qui passent d'l'autre coté. Parce que la guerre c'est mieux qu'la paix. Parmi ceux-ci, y'a l'Capitaine. Ah bah tiens, tant qu'vous êtes là !

    "Dites Capitaine. J'me demandais : ça vous direz d'faire un potager sur l'Ecume ?"

    Alors qu'j'pose ma question tranquille, y'a un gars qui ose nous interrompre.

    "Tu vois pas qu'j'parle au Capitaine là ?"

    L'homme regarde le Capitaine, semble impressionné. Et ouais, il fait c't'effet à tout l'monde. Une fois de plus, j'profite qui soit distrait pour lui adresser un royal shoot dans les parties. Ahouch. J'peux voir sur son visage que ça fait pas du bien. Mais voila, fallait nous laisser taper discut'. Et comme j'suis un mec vachement altruiste, j'chope monsieur par le colbac et par la ceinture et l'envois sur l'Ecume. T'façon à c'que les autres aussi puissent faire joujou. Quatrième victime pour Bishop ? J'sais pas, j'me tâte. J'me r'tourne alors vers le Capitaine, pour avoir sa réponse. Disparu. Et merde. Tout ça à cause d'un con. J'vous jure, les cons !

    Oh ... oh ... La jonque s'soulève. Beua... Et non ! C'te fois-ci, j'crois qu'y'a plus rien qui puisse sortir. J'me tourne et vois l'pourquoi du comment. Même si j'me doutais du bazar. Tiens, ce s'rait pas ce p'tit - ironique - Oz qui continue à nous faire des misères ? S'il pouvait être aussi intelligent qu'il est grand c'lui là. Il aime bien faire mumuse dans l'eau. Faire des p'tits clapotis. Clapotis pour lui, énorme vague pour nous. Question d'point d'vue. C'qui a pour effet de r'donner un fameux coup d'boost. Tiens, parlant d'amusement, moi aussi j'aimerais bien me divertir mais y'a plus beaucoup d'gens pour ça. Avec Walt, Capitaine et compagnie qui sont v'nus à l'abordage, y'a eu un peu d'ménage de fait. C'toujours pareil, pourquoi on veut tout l'temps m'casser dans mes trips ?

    Et là, nouvelle idée d'génie. J'me magne et saute dans le trou qu'a été fait à l'aide du boulet. Yeah bingo ! J'aperçois un homme*. Grand, vêtement classe, lunette de soleil, chapeau, barbe, cigarillo. Tu m'plais toi. Mais qu'est-ce qu'il fout ici ? Pas envie d'se battre ? T'es triste comme mec. Quand il m'voit, il porte la main à ses lunettes, les retire et s'lève. Ah bah t'as quand même l'air d'être un peu motivé. J'fais craquer mes doigts, pour lui dire qu'j'suis ready. Il s'avance, calmement. L'est pas du même standing que les autres c'lui là. C't'un crack.

    CRAC

    Choc monstrueux. On s'fait tout les deux projeter vers l'avant. Et on s'tape, chacun son tour, contre le mur de bois. On est arrivé à destination à priori. J'me r'dresse sur mes jambes, avec un peu d'mal et zieute autour de moi. J'vois qu'la coque a pas t'nu l'coup à certains endroits. L'bateau est v'nu s'fourrer dans un rocher. Y'a aussi du sable au pied d'la rocaille. C'qui veut dire qu'on est sur la plage. Puis il s'passe un truc bizarre avec le gaillard. Cherchant après un truc. Il soulève un tonneau, l'envoie promener et r'ssort un p'tit coffre du capharnaüm. Un trésor ? Ca s'rait pas mal qu'Bishop ramène un p'tit cadeau au Capitaine. Comme ça on fait un deal. Un trésor contre un potager. Bon deal nan ?

    Mais l'homme a pas fini son cafouillage. Un deuxième trésor ? Mais attends, pourquoi j'suis pas en train d'l'attaquer là ? Question à un milliard d'berrys. J'met un pied d'vant l'autre, pour m'approcher. J'm'emmêle les pinceaux et m'retrouve le cul par terre. 'Fin, pas par terre, "par terre" mais ... Ok ... Alors l'gusse repense à moi et m'regarde. M'dit quand même pas qu'tu m'avais oublié ? Moi le grand Bishop ? J'lui adresse un haussement d'sourcil puis examine ce sur quoi j'me suis pris les pieds. Un ... coffre ... Je r'garde le coffre. J'regarde l'gusse. L'gusse me r'garde. R'garde le coffre. Me re-regarde. Merde. J'm'empare d'la chose et file vers le trou causé par le boulet puis lance l'objet par celui-ci. Puis action-réaction toussa, j'me ramasse une prune façon bien mûre. En plein estomac. Et une deuxième en plein sternum. Me r'vla qui touche le sol avec le postérieur. L'gars va sauter pour aller récupérer son bien mais Haar et Nolan passent leur tête par le trou. L'Cap dit un truc pour sa part. L'gars comprend qu'y'est dans la merde. Et comme il doit avoir un putain d'instinct d'survie, ben il s'sauve. Il s'sauve parce qu'il a compris qu'il peut rien faire contre Bibi. Uhuh. Mais dépêche-toi Bish, faut aller pécher l'trésor avant qu'un autre mette la main d'ssus. Flexion, extension et sortion d'la cale du navire. Ca existe pas 'sortion' mais il m'fallait un dernier mot en -tion pour faire classe. De suite, droite, gauche, devant, derrière. Et bam, redécouverte du coffre. J'cours, le prend et l'ouvre.

    Putain ...

    C'est rien qu'un fruit d'merde !!

    Ah non en fait. L'est marrant comme fruit. La forme d'une banane, en plus, avec une sorte de sourire sur la pelure. Alors j'le mets en bouche, pour faire une p'tite blague. J'lâche le coffre, me r'tourne et souris d'mon nouveau sourire au Capitaine. Mais il prend une expression autre que d'habitude. Bah quoi c'pas marrant ? J'ai fait une connerie on dirait. Et dans un réflexe très bizarre, mes mâchoires se serrent et coupe l'fruit, dont les trois-quart tombe. L'autre quart prenant un aller - p'tet l'retour viendra par la suite, 'tant donné qu'me sens pas bien - direction l'estomac. Nouvelle expression faciale du chef ...

    Oups ?

    Spoiler:
      Et vas-y que ça swingue, et vas-y que ça trusse, et vas-y que !!!BOOM!!!

      C'est vrai que c'est un petit peu abusé comme entrée en matière, mais c'est aussi pour marquer la surprise des gens du peuple qui se sont donné leur rendez-vous quotidien au seul saloon de la ville ayant un pianiste pour jouer sur son piano, les autres c'est que de la déco. C'est qu'il faut bien un peu de musique dans une vie passée dans un bled où y'a que le soleil au dessus de toi. C'est sympa pour le côté libertaire mais ça la fout grave dans le rayon insolation aussi. Du coup le mélange glaçon/rince-gosier passe bien dans les heures les plus chaudes.
      Et du coup, quand ça fait boom, y'a tous les gus qui s'arrêtent, les cartes se figent, les verres s'arrêtent, les langues se stoppent et la musique s'éteint. Le tout pour admirer le trou qui vient de se former dans le mur donnant du côté de la rue, le plus grand des quatre en gros, opposé au balcon de l'étage où les d'moizelles danseuses sortent de leur chambre pour voir ce qui se passe en bas. Sur le plancher, où un nuage de fumée se dissipe peu à peu, révélant un gus qu'a pas non plus l'air de comprendre ce qu'il fait là.
      Il a pas encore l'habitude de se crasher dans les bâtiments publics le bosco faut avouer. C'est peut-être la deuxième fois que ça lui arrive mais il a pas vraiment pris le coup encore. Enfin, y'a déjà une amélioration, il lui faut pas six plombes pour se relever cette fois-ci au moins. Vous voulez une explication de ce qu'il vient d'arriver n'est-ce pas ? Ben c'est plutôt simple, après l'envoi aérien impromptu made in Tahar, le borgne c'est choppé une reprise de volée inopinée par le géant national, il se dépasse ces derniers temps celui-là faut avouer. Bon, la suite vous y arrivez seuls ou bien, juste le réflex du bon moment qui fait que Walters a lâché sa masse pour se tenir le crâne avant son assaloonage. Et le temps que vous lisez ça, toutes les pièces tombent du jackpot sauf une. Elle est où, la masse ?

      "Eh... Il marche sur Scotty..."

      Il entend, il comprend pas. Qui c'est qui lui marche dessus ? Il sent rien pourtant. Le Scott est debout et se porte plutôt bien pour dire. Et c'est là que ça part en bite.

      "Putain il bouge plus !"

      "Sérieux ? Le con il l'a tué."


      "Hein quoi ?"


      "Les gars, Scotty Jiplon est froid !"

      "Et zieutez, le clavard est aussi en morceaux !"


      CHOPPEZ LE !!!


      Et c'est de là que ça commence de se foutre sur la gueule. C'est pas une bonne idée de se crasher sur le seul zicos du coin, c'est pas une question qu'il joue bien, mais bon, le principe quoi ! Il avait peut être aucun talent mais au moins il avait du rythme, pas comme celui d'avant là, Charly. Des chansons aussi groovantes qu'un bloc de béton sous huit lieux de fonds marins qu'il pondait lui. Dommage qu'ils n'aient pas pu combiner leurs talents, mais les deux gars pouvaient pas se piffrer même s'ils étaient aussi complémentaire que les deux uniques pièces d'un puzzle pour enfant de moins de cinq mois. Scotty était aussi sourd que son compère était aveugle après tout.
      Ouais, pauvre Charly... Dommage qu'il ait pas eu des yeux... Il aurait pas laissé trainer ses mains n'importe où... Il les aurait pas mises dans le mauvais panier... Il se serait pas pris de haut-talons en travers des burnes le con... C'était quand même un bon gars.

      "BON, Z'AVEZ PAS BIENTÔT FINI AVEC VOS CONNERIES EN BAS ?!!!?"

      Et ça, dans le genre signe, c'est assez mauvais. Déjà que y'a pas trente-six gamine du tripot qu'auraient les ovaires de brailler de la sorte, mais parmi les cinq qui restent, y'en a qu'une qui ne serait pas amusée par une pugilat de grande envergure au milieu de l'après-midi. Et comme dit plus haut, elle a les talons faciles celle-là.

      "Mais, mamz'elle Yukon, il a fait bouffé les pissenlits à Scotty pa-aaaaaaaaaaaaaaaa..."

      Lui, il est allé voir de l'autre côté du bar façon envol du faucon. Mauvaise idée d'ouvrir son clapet quand Walters Scott vous tient le col. Souvenez-vous en. Et pour le reste de la bande, c'est silence radio et regard vissé sur la danseuse et les oreilles sur le son du bruit de ses chausses sur les marches. Elle descend. C'est pas bon. Enfin, elle est pas contente quoi, un clampin tombé du ciel vient de se planter sur son musicien. Déjà qu'il était pas doué, ça va pas arranger la donzelle. Elle sourit en plus. Pas bon du tout.

      "Alors, c'est Yukon ton p'tit nom ? C'plutôt joli t'sais... Tu m'plais bien, pas envie de te faire une rond d'jambe ent'les deux non ? Eeeeeh mais doucement, tu pourais m'faire perdre la boule avec c'genre d'pas d'dance !"

      C'genre d'pas d'dance, c'est de ceux qui visent à planter l'aiguille prolongeant la cheville dans l’œil du partenaire. Et le suivant, c'en est un qui rase le sol et qui met le don Juan au sol avant d'enchaîner avec une clé de bras des familles. Il a pas eut les bons réflex sur ce coup le Walters. C'est ptet' dut à l'absence de la masse... C't'important ça la masse. Et un fois immobilisé, autant dire qu'il a du mal à bouger. Dans le genre pas un poil de cul sans avoir l'impression d'avoir une omoplate qu'éclate elle fait fort la donz'.

      "ET VOUS AUTRES, QU'ESS'VOUS R'GARDEZ ! Z'ALLEZ M'CHOPPER DES CORDES OU BIEN FAUT QU'LES ACCOUCHE TOUTE SEULE ?! ET TOI DERRIÈRE TON BAR, VA DIRE AU SHERIFF QU'IL A UN NOUVEAU LOCATAIRE QU'DÉBOULE !"

      Et voilà, encore une journée habituelle dans un bled tout à fait normal, sauf peut-être pour le trou dans la façade, on respecte un peu les bâtiments dans le coin tout de même. Dommage aux lieux administratifs, c'est bonbon pour le prix, il va casquer le responsable du tort. C'est qu'on rigole pas avec la pénalité dans le coin, il va au moins casquer cent ans, voir même passer au gibet si ça s'trouve. Sans parler du piano, le dernier qu'était accordé dans le coin, faudra aller r'trouver l'type qu'avait fait le boulot la dernière fois. Perdu dans les mines à ce qu'on disait...
      Enfin bref, pour ce qui est du pianassassin, il prend la direction de la case prison. Pas trop l'choix quand c'est si gentiment demandé par l'élue de votre cœur et douze mètres de corde.
      Et pour la masse, si vous vous posez la question... Bah, elle reviendra, elle revient toujours. D'habitude...
          Oz est cool, il arrange les rencontres. Mais Oz est pas cool, car il les sépare ensuite. Et ce fut l'cas, mais la rambarde me permit d'garder pied à terre, ou au plancher pour faire plaisir au doc. Et tandis que notre navigateur faisait son métier : nous sauver la mise, j'm'extasiais sur l'efficacité de mon arme, qui tranchait l'air avec tant de facilité. Une lame cool quoi, plus cool encore que Oz, à moins qu'elle ne prévoit d'se séparer d'moi ?

          Mais là n'était pas l'sujet. On arrivait à terre, la vraie terre c'te fois. Par contre, l'autre navire n'était plus en vu. Le cap' non plus, y était plus en vu. Hiérarchie oblige, on s'tourne vers Jack. Et heureusement, l'Jack me mit dans la ballade. De toute façon, j'étais obligé d'y aller, j'devais récupérer la mouette. Là, j'remarque un type qui n'avait rien à faire là. J'lui tiens l'col et comme par magie, l'explication sort de sa bouche. L'un des notre la lancer sur not' navire qu'il dit. Le doc sans doute… Il est con ou il est con ? J'voulais la mouette, pas un homme ! J'allais pas le bouffer ! Quoi que…

          Alors qu'un peu de bave coulait sur mes lèvres, Jack me rappela qu'il fallait l'suivre. J'pris donc l'homme avec moi, comptant l'échanger contre la mouette au cas où la volaille avait été kidnappée par l'ennemi. Un pigeon contre un autre, équitable non ?

          S'ensuit la ptite discutions entre Jack et les étrangers. Enfin, c'tait plutôt nous les étrangers, mais d'mon point d'vue, les étrangers c'tait eux, même si techniquement, ils habitent ici, mais comme j'les connais pas, c'sont des étrangers. Tu m'suis ?

          Bref, pendant que Jack ose offrir de la boisson à un étranger, boisson que j'exigerai plus tard, j'questionnais un peu notre hôte, ainsi que sur la possibilité de retrouver les siens, et donc la mouette. Après deux tartes, pas au chocolat mais à la main de pirate, il s'mit à parler. Y avait une baraque, dans le village, vers l'ouest, une sorte de relais en cas de pépin, pas de pomme mais de problème dû à la piraterie – comme quoi on pouvait en faire des choses avec la piraterie, des tardes, des pépins, des… - et donc, nous prîmes la direction de l'ouest.

          Très vite, les habitations apparurent à notre regard. Que des cabanes de bois, une grande allée sablée, quelques chevaux attelés ici et là. La maison de l'homme qui tire plus vite que son ombre quoi. Un titre que certains trouvent alléchants, mais je préférais de loin le mien : l'homme qui trouve de la bouffe plus vite que son ombre. D'ailleurs, mon nez sentit une bonne odeur, celle de mouettes rôtis… Bah quoi ? Bien sûr qu'on mangeait bien sur not' rafiot, mais là n'est pas le souci. Ta maman ne ta jamais dit qui faut goûter à tout ? Ben je mettais ses enseignements à profit !

          " Hey Jack, notre hôte dit que c'est dans ce bâtiment. "

          Bon, c'tait plutôt mes narines qui le disaient, mais une fois qu'il aura mangé, il m'pardonnera ce ptit mensonge. Hein ? Non ? Euh… Viens d'bord voir c'qui a dans l'bâtiment, on verra ensuite. Et ni une ni deux, je fus le premier à entrer dans c'qui semblait être une taverne, avec un ptit portillon en bois en guise d'entrée. Et d'vinez quoi, y avait bel et bien de la mouette qu'était servi ! Doc, plus besoin d'te retrouver, j'avais trouvé mieux.

          Alors que j'm'approchais du proprio pour lui demander sa spécialité du jour, mais avec des mouettes bien entendu, des types courraient derrière nous, dans l'allée principale. L'un d'entre eux avait un coffre sur lui. Alors qu'on les vit que brièvement, l'hôte que j'tenais toujours près de moi s'écria :

          " Lynch ! "

          Tiens, y s'connaissaient tous les deux. Mais l'autre n'entendit rien et continua sa course, se dérobant à notre champ de vision. A l'évidence, c'tait vraiment pas la bonne baraque… Bah, au moins j'aurais tenté. J'peux quand même manger un bout ou faut tout d'suite y aller ?
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        Les cartes, Maya s'y est initié tout récemment. Le plus drôle, c'était en pariant quelque chose. Elle, c'était le chocolat. Alors, motivée pour gagner, elle faisait son possible et a vite appris les règles. Alors, tout en grignotant quelques uns de ces gains, elle passait le temps en jouant. Pas une brise pour les emporter vers de nouvelles aventures de toutes façons.

        Au bout d'un moment, cependant, on s'ennuie à jouer aux cartes. Heureusement, l'action se profilait à l'horizon. Un rafiot est aperçu plus loin. C'est cool ça. Et puis, voilà qu'Alex' joue à Superman, grâce à l'impulsion de Reyson. Walters et sa tête l'a rejoint sur le pont de l'autre navire. Puis Tahar aussi. Maya, elle, elle range son chocolat. Elle ne rejoint pas les zouaves sur le pont ennemi. Elle va plutôt mettre à l'abri son trésor chocolaté dans la cale. Sans rien jeter par-dessus bord même. C'est juste bien calé, dans un coin où y avait rien.

        En ressortant, elle s'accroche. Parce qu'il y a une grosse embardée. Les deux navires qui s'étaient accrochés se décrochent. Et Tahar, Alex' et Walt' s'éloignent, restant sur l'autre rafiot. Maya craint l'atterrissage au début, mais grâce à l'habileté de Jack, c'est tout nickel. Pas un choc brutal. Alors la borgne lâche sa prise et s'avance sur le pont, avec les autres. Jack parle. Il remplace le capitaine quand celui-ci n'est pas là. Tout l'monde l'écoute. Maya, comme les autres. Hop, on se fringue de façon à coller à l'endroit sans souffrir du climat. Et puis on va se promener. Se rangeant aux côtés des heureux élus, la blonde garde son petit sac sur l'épaule. Le chocolat, c'est bon. Mais ça donne un peu soif. Cependant, ça n'est qu'un petit inconvénient par rapport au manque de cette sainte nourriture. Le truc qui embête Maya, c'est que ça risque de fondre. Elle écarte toutefois cet inconvénient d'un haussement d'épaule, et suit ses compagnons d'un pas décidés. Elle se retourne en entendant le pas caractéristique de Miel qui la suit. Vous savez, l'un des rejeton de Bobby. Mais si, à l'archipel ! Enfin bref. Elle se retourne, et lui fait signe de rester sagement par ici, avec Noah. Avec cette chaleur, ses plumes ne serviraient qu'à lui donner encore plus chaud. Autant rester là où y a la mer à proximité. Ensuite, certaine que Miel obéirait, Maya rattrape le petit groupe. Le manège de Jack avec le comité d'accueil est intéressant. Et le final également. Plutôt méfiants au départ, ils sont devenus plutôt sympathiques.

        Mais après ça, direction l'ouest. Et pas tellement longtemps après, Maya voit apparaître ce qui semble être une ville, même si il n'y a qu'une rue. Une Grande Rue, bordée de bâtiments en bois. Pas très attractif, vu comme ça. Mais la ville devait être toute récente alors. Dans les années à venir, ça se développerait sûrement. Et peut-être même qu'il y aurait une chocolaterie ! A cette idée, l'oeil d'émeraude de la petite blonde scintilla de bonheur. Mais elle revint très vite à la réalité alors qu'elle trébuchait en se marchant sur les pieds elle-même, s'emmêlant les pinceaux d'une manière assez comique.

        Se redressant, imperturbable en apparence, la jeune femme se retourna néanmoins, taraudée par une espèce d'intuition. Elle vit, à une distance assez proche, le bébé pigeon aux yeux de Miel avancer d'un pas lourd vers eux.


        _ Ha non ! s'exclama-t-elle. Miel ! Maya a dit qu'il fallait rester là-bas ! Vilain pigeon ! C'est quoi ces manières, hein ? Allez hop, tu y retournes. Non mais oh.

        Maman Maya a prit le relais de Maya tout court. Le ton, d'ordinaire légèrement distrait ou joyeux, est dur. Autoritaire. La borgne fronce les sourcils et son bras c'est tendu vers la direction du navire. Miel semble contrit, et fait demi-tour maladroitement avant de prendre son envol pour retourner avec Noah. Comme quoi, les enfants sont tous les mêmes. Prit sur le fait, il reconnaissent leurs erreurs.

        Ayant réglé ce détail, la blonde se retourna vers ses camarades et suivit Reyson qui venait d'entrer dans une de ces cabanes de bois qui bordait la route. Elle avait un petit creux, malgré le chocolat. Un bon petit plat serait pas de refus. Même si elle regretterait sûrement la bonne cuisine de Michaela. C'est pas donné à tout le monde d'avoir un bon cuistot à bord. Sur certains navires, Maya se souvenait que la nourriture était affreusement amer ou trop salée. Voire carrément immangeable.

        L'exclamation du type qui accompagnait Reyson sortit l'ex-gouvernementale de ses pensées. Curieuse, elle s'avança vers la porte et s'accouda à l'encadrement. Mais les bonhommes qui courraient n'étaient pas tellement intéressant en fait. Tellement ennuyants que Maya sombra dans le sommeil. Une petite sieste improvisée, comme ça, sur le sol près de la porte comme elle s'effondre après que son bras se soit dérobé. Ha non. En fait, c'est juste sa narcolepsie. Ça faisait longtemps tiens.
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        Rakham ressort d'un pas vif de la capitainerie. Le rapport des Légionnaire est trouble, ils parlent seulement d'une bataille entre deux navires avant qu'ils soient à portée de canon de la côté, et que las pavillons soient visible avec la longue-vue. Bella Union reçoit chaque semaine un chargement de bois, de corde et vivres nécessaires à son expansion. Si la marine ou les pirates se mettent à braconner les transports, il va falloir passer un message, qu'on sache que l'île est déjà organisée et a les moyens de se défendre. La journée s'annonce longue pour l'ex-pirate qui, avec l'âge, avait de plus en plus horreur des contre-temps.

        Pas de cheval pour lui, il marche vite et la ville n'est qu'à dix minutes du port. En chemin, il songe à la moins réjouissante donnée. L'un des équipages avait une créature marine immense, plus grosse qu'un navire. Si les canons de la côte peuvent percer les coques et les fusils calmer tout être humain, ils auront du mal en cas d'attaque de quelque chose qui soit plus massive qu'un géant. "Je pourrai toujours me faire cette chose au couteau" conclut-il sans plaisanter.

        Bella Union, une si longue rue qu'une balle s'y épuise à mi-chemin. C'est du moins ce qu'on dit. Aujourd'hui, une balle trouverait un dos à n'en pas douter, parce que les gens se battent dans un capharnaüm invraisemblable d'un côté à l'autre de la rue. Quelqu'un a encore déclenché un bagarre qui a viré en combat de masse. C'est la sixième cette semaine, et on est mardi. Pas un mardi malin. Le bon côté, c'est que tout le monde aime se réconcilier autour d'un verre, même les femmes qui, splendeur des conditions locales, boivent, tirent et crachent du tabac plus loin qu'un homme d'ailleurs arrive à pisser.

        Hey, Bullet!

        Le shérif se retourne sur le Gris dans s'arrêter. Il est le seul à ne pas se battre, le seul à ne pas faire comme les autres. Lui, son objectif est le bureau où un voisin de cellule attend le prétendu marine infiltré. Lloyd ne le pense pas, mais les gens en sont persuadés. Son arrestation est une façon de le préserver des nombreux préjugés des locaux qui n'aiment pas beaucoup les représentants de la loi dans la région.

        Shérif, ou vous vous arrêtez, ou je vous laisse flinguer le ciel avec vos deux barillets pour tenter de calmer la chaleur de l'ambiance.

        Lloyd Bullet cesse d'avancer et fixe Rakham qui les rattrape. "Les", c'est l'homme de la loi et un inconnu, un jeune avec un oeil en coeur et l'autre bandé. Un rescapé d'un des équipages ?

        Qu'est-ce que vous voulez ?

        On se détend, shérif, j'ai pas l'intention de vous empêcher de faire votre boulot. C'est qui ce gars ? Et qu'est-ce qu'il a fait ?

        Il a semé le trouble et tué un homme. C'était au Gin Hakhram, vous devez connaître.

        Le regard de Rakham se noircit.

        [color=#3D3D3D]Vous me le bouclez et vous me laissez calmer les gens. Surveillez bien ce prisonnier, c'est tout ce que je vous demande.

        Je n'ai pas besoin de vos instructions pour savoir comment faire mon travail.

        Hey, shérif, je suppose que vous étiez trop occupé à trier vos graines de tournesol avant la bagarre, mais je vous signale qu'on a une bataille navale aux abords de cette île et qu'en plus d'en recueillir les rescapés, l'un des camp possède un Oz. Alors tant que je saurai pas qui est qui et de quel côté ça nous rapporterait de se ranger, vous allez traiter tout étranger comme une commande à emmerde.

        Le regard noir passe du côté de l'étoile brisée. Il déteste Rakham et sa façon d'obtenir le pouvoir, mais il sait qu'il a raison et que niveau informations, personne n'est meilleur que lui. Sans se contenter d'un salut de chapeau, il poursuit sa route.


        ***

        Arrivé au commissariat, il retrouve deux hommes et en découvre un. Stumpy, le vieux grincheux au tromblon dort des deux volets sur sa chaise tandis qu'un homme s'entretient avec le prisonnier. Depuis combien de temps est-il là ? Il a dû profiter de la confusion en ville pour s'introduire ici, et duper la vigilance relative du vieux gardien dont seuls les petits ronflements pourraient dissuader le brigand de brigander.

        Cet endroit est réservé au shérif et à ses adjoints, sortez immédiatement d'ici si vous ne voulez pas que je vous arrête.

        Lloyd a beau être déprécié, aucun ne tire plus vite que lui. L'inconnu lit le danger que représente la loi et s'esquive. Stumpy se fait réveiller d'un coup de pied dans la botte et jure en remettant ses sens en fonction. Après avoir bouclé Scott dans la seconde cellule, il est brièvement briefé et, conscient de la gravité de la situation, se remet au travail et à la boisson. Lloyd déprécie d'un jugement muet et se dirige vers Layr.

        Qui était-il ? Et que voulait-il ? Je ne peux vous aider si vous ne me dites pas tout.


        ***

        Dieu merci, c'était Scotty.

        Le soulagement vient du fait que si Rakham ne s'attache pas fort aux gens, c'est d'autant plus vrai envers ceux qui jouent de la musique. Le piano installé dans son bar, c'était pour faire plaisir, un beau geste histoire de marquer le coup. Un article dans le Mondial atteste que la musique adoucit les moeurs, prévient des cancers et stimule l'appétit sexuel. En berçant de quelques notes les clients, le Gris songeait à motiver son chiffre d'affaires. Mais à part user ses nouvelles planches, chanter faux, casser les verres au rythme des mauvais pas et lui essouffler les oreilles à force d'une musique constante et souvent pas très harmonieuse, le tenancier n'a jamais noté de changement bien notable de cet apport. Le borgne lui a probablement rendu service, c'est à mettre dans la balance.

        Sa présence suffit à calmer quiconque croise son regard. Les clients se sentent fixés par l'oeil du dernier Juge et les filles s'exclament d'un "oh merde/putain" en retournant dans leur loge pour se refaire une beauté. La voix du patron est basse, calme, lourde.

        Sortez tous d'ici et calmez les gens du dehors. Je bannis pendant une semaine de mon saloon qui sèmera encore le trouble dans trois minutes. Il y aura aussi une réduction de moitié prix pour les filles et l'alcool jusqu'à minuit pour celui qui réparera la porte, remettra tout en place et sera prêt à se prendre une balle dans le dos s'il casse une chose chez moi dans le mois qui vient.

        Passez aussi une annonce. On a des étrangers en ville et je ne veux aucune hostilité gratuite. Si vous en croisez un, vous lui dites que le Gin Hakhram est le meilleur endroit pour boire, manger, baiser et qu'en plus le patron peut fournir de quoi réparer tout navire ou assurer son escorte jusqu'en dehors de nos horizons. Je veux les têtes pensantes de nos hôtes devant moi dans l'heure qui vient. Si la journée s'annonce bonne, ça déteindra sur les prix dès ce soir.
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        J’espère qu’la natation synchronisée f’sait pas partie d’tes doux projets une fois parti en r’traite, Bish.

        Des attaqués qui s’défendent, des gars avec des coffres, des gars qui bouffent des machins sans les finir, des gars dont un avec un masque et des fringues arc-en-ciel* qui restent à nous attendre sur l’sable et des gars qui s’tirent jusque dans l’intérieur des terres. J’observe, j’participe, mais j’me formalise pas. Maint’nant qu’me suis décolérer sur Walt, j’ai r’trouvé mon calme légendaire. T’sais, celui qui fait qu’on m’appelle le Chien Fou, j’ai vu ça sur un Wanted une fois. Sais plus où. Mais m’a bien fait marrer. Mais bon, donc, suis zen à nouveau. Tahar a vu pire.

        Me r’tourne pour circulmirer l’pano pendant qu’le Doc a la mâchoire qui bave. Qu’est-ce qu’il a graillé comme fruit, encore ? J’suis en train d’penser mais ça commence à faire quatre à bord, là. De sûr. ’drait pas qu’il arrive malheur à nos coques, tiens, héhé. C’srait con comme fin pour des seigneurs, engloutis par les flots. Quoiqu’ ça a aussi son ptit côté classe. T’es né d’la mer, t’as vécu en la saignant, elle te r’prend en t’noyant. Hum. Bref, l’pano j’ai dit. L’île, la plage, les récifs, le masta crâne là-haut là-bas. Pas d’doute, la dame fortune nous a fracassés d’ses courants traîtres en plein sur l’île de John. Paraît qu’elle a changé d’puis un brin, si j’me souviens bien d’la manchette aperçue à Hinu avant qu’ça dégénère. ’dra que j’retrouve les îles d’après, tiens, savoir à quoi s’attendre pour la suite de la voie sur laquelle on est. C’est loin les voies.

        Toc toc, who’s there ? L’clinquant sonne à la porte d’mon crâne avec insistance. Et si c’est comme ça tout l’séjour, c’pas la classe mais m’dis qu’on couvre-chef s’rait l’bienvenu. Alors j’avise le cadavre du défunt captain de feu c’te coque de noix qu’le ressac commence à bien malmener cont’ le roc, prend son tricorne en cuir massif sans lui dire ni merci ni merde puisque ça sert à rien et qu’y faut pas déconner, et une et deux, jsaute à terre en conquérant. Dix ans putain.

        Comme l’Alex derrière mais sûrement pas pour les mêmes raisons, j’ai les babines qui s’imbibent. S’imbibent d’la joie d’être rev’nu là où j’m’étais arrêté. Dix ans qu’j’ai pas foulé du pied l’sable d’une île de Grand Line. Dix ans. Y a comme un parfum d’déjà-vu en même temps qu’l’excitation monte.

        Haha, vous sentez ça les gars ? Vous l’sentez ?

        Pas sûr qu’y l’sentent. Faut dire qu’c’est diffus, qu’y a que les cerveaux malades dans l’bon sens qui doivent pouvoir le sentir. Mais ça fait genre. Aucun des trois répond en tout cas, ptet qu’y m’laissent m’émotionner tout seul. Enfin jdis "des trois"… jcause de Haar, d’Nolan, et du Doc. En guise de quatrième lascar, y a Oz qui s’ramène, façon j’ai rien fait on est contents tout baigne, hein, on va en ville Tahar ? Mais là jdis non.

        Nah. Toi t’es puni mon gros. Toi tu restes là à damer ton monstre marin.

        La crainte qu'y s’mette à chialer m’prend soudain quand j’vois ses paupières s’gonfler d’chagrin gamin. Sûr qu’ça f’rait d’la flotte, mais si on peut éviter l’inondation après l’crash, c’est tout bénéf. Alors j’le console tout en restant ferme. Faut savoir rester ferme avec les mômes. Même avé les mômes grands d’trente toises.

        Et quand tu s’ras plus puni on t’sifflera.

        Il a un sourire plein d’espoir et garde Haar avec lui en manquant lui péter les côtes de sa grosse main écailleuse. L’armuré est pas jouasse mais nous ça nous fait bien marrer alors on s’tire sans l’attendre. Reste Nolan qu’est bien content d’nous suivre moi et l’Alex. Et quand j’me souviens soudain qu’on a un public qui sert aussi d’peloton d’accueil, il est déjà trop tard. Sais pas si c’est mon saut à terre trop classieux qui les a impressionnés, la tristesse d’Oz qui les a attendris, ou l’ricanement étrange que nous sort Alex qui les a fait flipper leur race, mais le gars en armure et à la sale gueule (pas Haar, hein. Non, c’ui qu’était sur le bateau et qui s’est sauvé à un moment)** et l’autre avec son masque multicolore* sont déjà en train d’suivre celui en costard et chapeau qui s’est barré juste après l’échouement. On les voit à peine à une lieue dans les dunes.

        Et comme c’est toujours la direction qui semble s’prendre pour aller s’faire pendre ailleurs, m’dis qu’y a ptet une raison. Un banquet d’bienvenue ou un truc du genre. Et qu’le coup de pas nous causer, de pas s’montrer amical et d’nous accueillir sur un bateau dénué de tout intérêt à part pour le fruit qu’est parti dans l’estomac du toubib… que tout ça, c’est rien qu’une ruse pour nous attirer là-bas où y a une masta fête pour les voyageurs éreintés en mal d’activité dépaysante que nous sommes. M’en faut pas plus pour décider qu’on va, une fois n’est pas coutume, pas décliner l’invitation. Et à mes deux sbires en m'disant qu'probablement Jack aura la même idée lumineuse :

        Chaud devant, les ptit gars ! Préparez vos s’melles à bouffer du sable brûlant, c’est là-bas qu’on va aussi.

        *:
        **:


        Sea Cowboys [1624] 661875SignTahar


        Dernière édition par Tahar Tahgel le Mar 19 Juin 2012 - 14:58, édité 1 fois
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        Les Saigneurs n'écoutent rien. Les Saigneurs font ce qu'ils veulent. Les Saigneurs ont leurs petites fantaisies. J'en viendrais presque à plaindre Tahar. D'temps en temps, ça doit lui grailler l'sang. Mais j'crois pas. Pis, moi j'aime bien. Tant qu'ils font pas nawak. Et là, on est dans les limites des standards du raisonnable du bon goût. Ou pas loin.

        La ville est apparue. Rapidement, c'était l'histoire de quelques pas. Une marche saine, matinée d'sueur. La cagnard tape fort ici, suis pas mécontent du choix du chapeau. A mesure qu'on avançait, on pouvait voir apparaitre les bâtiments d'la "ville". Faut s'entendre, c'est pas d'la mégapole ici. Ça sent l'artisanat, à l'image du bois neuf qui fait les constructions. Toutes ces baraques en arbres... Ça m'donne des envies d'incendie. Réprimées par ma promesse de bonne conduite, ça va sans dire. On est pas des animaux non plus.

        La rue principale, unique, on s'y engage. Elle porte encore les stigmates d'une bagarre générale, ou dans l'genre. C'est l'calme d'après la cogne, la sainte camaraderie de l'échange de tarte qui embaume l'air, là. Mais faut pas s'leurrer, elle nous est pas adressée, la camaraderie. Même Anthrax sent les r'gards sur son pelage dégueu. Pour l'occaz, il a revêtu un gilet à sa taille, en peau. Pas trop compris où il l'a trouvé, mais j'ai arrêté d'me poser c'genre de question y a longtemps. L'bestiau campe sur mon épaule, en graillant de pipas, qu'il crache, régulièrement.

        Le gus dont on a hérité, l'crétin qu'a échoué sur not'barque, s'fait secouer l'coltard par Reyson. Il est tenu, et s'enfuira pas. Il est bavard aussi. Not'tout nouveau compagnon lui fait cracher c'qu'il sait, même si j'le soupçonne d'pas y mettre tout son sérieux. Soit, suis pas pressé. Même si on a "perdu" l'Cap', j'm'inquiète pas pour lui. Tahar a vu pire.

        Une nouvelle s'couade, et Reyson traduit et pointe le saloon. J'suis pas farouche, on en prend le chemin. Avant d'passer les doubles portes battantes toutes propres qui gardent l'entrée, j'crache un glaviot bien mâchonné. Puis, j'allume un nouveau mégot, et pénètre l'endroit. ... Il y fait calme, surtout d'puis qu'on est entré. Des zigs aux tables sirotent des bières plates, l’œil torve fixé sur vos serviteurs. Un piano crassé orne le coin d'cette pièce presque pas poussiéreuse. La musique est morte ici. Ça dérange personne. Le meilleur moyen d'prendre ses aises dans d'pareils troquets, c'est d'consommer. Conseil d'habitué. Alors, sous les mires insistantes, j'me dirige vers le tavernier. L'gus a pas cillé d'puis qu'on est rentré. Son regard lourd et serein nous a snipé sans vergogne, sans détour. Il est chez lui et il a peur de rien. C'est c'que bave son silence.

        Mais j'ai pas l'temps d'demander un 'teille de Sky tiède. On m'coupe. Deux fois. D'abord, d'puis l'extérieur. Semblent que des amis d'notre otage cavalent dans la grande rue. Ni une ni deux, j'me dis qu'on laissera les commodités pour plus tard, au profit d'un bon crachage de tronche/interrogatoire en règle. Ensuite, j'déchante. J'suis stoppé dans mon élan par une patte solide, qui m'agrippe l'épaule. J'me r'tourne, c'est l'tenancier. Sa tronche est marrante comme une pneumonie, mais pas mauvaise. Hmm. Soit, laissons les courir, ils pourront d'toutes façons pas nous échapper. Concentracture sur l'barman, non sans faire une signe aux aut'Saigneurs qu'tout va bien, qu'y a pas d'casse à envisager. Pour le coup, j'tolère ce contact d'sa paluche de singe sur mon beau poncho. Pour le coup.
        Alors donc faut commander au bar. Mets moi ton whisky l'plus sale, l'plus gravelleux. Ça aide à parler.



        Dernière édition par Jack Sans Honneur le Sam 30 Juin 2012 - 11:54, édité 1 fois
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          Enfin, à manger ! Malgré les gus qui couraient dehors, Jack était pour que l'on reste encore un peu. Il commanda de quoi boire, signe que l'on pouvait aussi prendre quelque chose. Ce quelque chose était tout trouvé : un plat à base d'mouette ! L'doc était pas assez doué pour m'en apporter une, alors fallait que j'en achète une, mais j'comptais bien lui envoyer la facture. Le tenancier s'occupa de tous nous servir, l'un après l'autre. Jack finit par l'avoir sa bouteille, et je finis par avoir mon plat, notre hôte finit par s'échapper, … Notre hôte s'est échappé ? Où qu'il est passé le con ? J'avais beau regarder tout autour de moi, je le trouvais pas. Rah, l'appel de l'estomac et la proximité du plat avaient baissé ma vigilance. Bon, de toute façon leur navire était sans doute endommagé après ce qu'avait fait Oz, ils ne partiront pas de l'île si facilement. De plus, le cap'taine était du côté où ils s'étaient échoués, donc aucun souci à avoir. Si je ne pouvais battre Tahar, ils ne pouvaient battre Tahar. Pourquoi ? Parce que je serais le premier à le surpasser, comme ça je pourrais lui rembourser cette dette un jour. En restant plus faible que lui, mon aide ne lui sera d'aucune utilité et mon ardoise ne s'effacera jamais.

          Mais pour le moment, contentons-nous de nous concentrer sur le moment présent. Pour moi, cela consistait à me régaler. Installé à l'une des tables, le tenancier vint m'apporter l'assiette demandée. Mouette frit. Bonne appétit ! Prenant les couverts, je m'attaquais au plat alors que l'on entendit quelqu'un ouvrir le portillon d'l'entrée plutôt brutalement. Les regards se levèrent vers le groupe de personnes qui venait d'arriver. Tiens, notre hôte faisait parti du lot. Il était allé chercher du renfort ? Que c'était gentil de sa part, on aura même pas besoin de les chercher sur toute l'île. Par contre, s'ils pouvaient attendre encore un peu, j'avais à peine commencé à me nourrir.

          Sauf que j'connaissais l'un des types du groupe, et par conséquent, il me connaissait aussi. D'ailleurs, tandis qu'les autres entraient à peine en inspectant les lieux, celui-là était déjà debout devant la table où j'étais installé. Le torse nu, un chapeau mexicain sur la tête et un pantalon ample, il portait deux épées et un pistolet autour de sa taille, ainsi qu'une moustache et un bouc sur l'visage, mais ces derniers n'étaient pas des armes, évidemment. C'était Curtis ! Un ancien ami. Il connaissait tout d'ma vie, comme moi d'la sienne, du moins jusqu'à ce qu'il prenne le mauvais chemin. Il avait choisi d'intégrer la marine, mais vu son accoutrement ce n'était plus le cas. Par contre, cela ne changera pas l'fait qu'il était passé dans le camp ennemi, tout en sachant pertinemment mes sentiments à leur égard.

          " Il faut qu'on parle Reyson… "

          C'est lui qui voulait parler ? Il n'avait qu'à pas vendre son âme au diable, et cela aurait été un plaisir de discuter avec lui. Et de toute façon, j'étais occupé là. Je mangeai. Ainsi, la seule réponse fut le silence, ou le son de la viande que je mâchais. Dans tous les cas, il ne semblait pas apprécier ce manque d'attention de ma part. D'un geste de la main, il envoya mon assiette voler à l'autre bout de la salle. Grossière erreur. Ne jamais vendre la peau de la mouette avant de l'avoir mangé ! Ah, c'est pas ça l'expression ? Avant… de l'avoir plumé ? Bref, c'tait pas l'important. L'important c'est qu'il allait payer pour mon repas. Enfin je daignai lever la tête vers lui, mais ce ne fut qu'un regard noir qui l'accueilli, malgré ce passé en commun.

          " Lui, il est à moi. "

          Lançais-je aux Saigneurs avant de bondir de ma chaise pour attaquer Curtis. Lui, c'était ma cible, ma proie. Par contre, ils pouvaient s'amuser avec les autres gus qui étaient venus avec s'ils voulaient. Ce qui était sûr, c'est que l'tenancier n'allait pas apprécier la tournure que prenait les choses, et que ce grabuge allait alerter les voisins.
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        Joe le Mariole. Ça rappelle quelques trucs. Saloperie d’chasseur de primes. L’avait voulu faire son rival avec son pote Glen la Perchette y’a quelques années d’ça. L’connard d’employeur m’avait pas fait confiance. Quel con. J’sais pas comment il a survécu mais d’un coup j’me rends compte que j’suis sacrément dans la mouise.

        C’pas ma faute aussi si j’ai eu ma période où j’aurais du m’rendre chez l’type qui t’allonge sur un divan pour dessiner des bites pendant qu’tu racontes que papa et maman étaient pas gentils avec toi et qu’t’aimerais bien bazarder d’l’acide sulfurique sur ta frangine qui t’casse les bonbons. Mais moi, ben ma méthode c’était d’buter un peu n’importe quel gus qui m’emmerdait. Même un collègue. Manque de pot c’était tombé sur les deux compères adeptes des folies bergères pendant leurs jours de repos.
        Mais tout ça c’une autre histoire.

        Un drôle de type le vire de l’endroit. Le pseudo shérif, le mec qui croit encore qu’on peut s’la jouer Mahatma alors qu’la marche du sel ressemble aujourd’hui drôlement à un champ d’bataille. Il m’demande même c’qui s’est passé. La Mariolette doit encore roder dans l’coin, la rue est pas un endroit sûr, pas question d’me faire libérer de suite. J’ferme ma gueule et j’le regarde d’un air circonspect. Le nouveau venu a une drôle de trombine, un œil en moins et un sacré air de pseudo-psychopathe. J’suis pas fan d’la compagnie, j’étais bien solo. Bah, y’aura ptet quelque chose à en tirer. Tout est bon à prendre quand on a les pieds dans la merde et qu’on veut pas chanter la Marseillaise.

        Le « patron » des lieux, un certain Lloyd, est resté une bonne heure. Et qu’je te pose des questions, et qu’je te raconte ma vie pour amadouer. Rien à foutre qu’un pape et un roi bourrés aient bousillé ton ancienne taverne. La reconversion ça a du bon, de barman à flic y’a un p’tit monde.

        Pendant la nuit, s’est passé un truc marrant. Commencé à blablater avec le borgne, jour de fête on a eu une bonne bouteille de sky. L’alcool ça délie les langues, l’alcool ça lit dans toutes les langues.
        On a monté un coup sympa pour s’barrer. Presqu’infaillible. Suffit juste d’attendre la nuit suivante. Bon j’finirai sans doute pas mes jours aux côtés du hedgehog mais au moins on pourra filer à la rosbeef pendant qu’le jeune rejoindra son équipage. Apparemment ses potes c’est des costauds, même qu’le chef possède un pouvoir sanguinaire.

        L’gros souci quand on s’appelle Rimbau D. Layr c’est qu’dès qu’tu penses qu’la situation va s’arranger bah y’a Lady Lucky qui ramène son dé pipé pour t’embourber sévère. Alors quand en fin d’matinée l’bon vieux Jojo fait irruption avec ses potes, j’me sens blasé par mon esprit d’anticipation.
        Apparemment dans la place les exécutions ça s’décide pas avec l’avis du public. Et c’est pas l’vieil endormi qui va risquer sa peau avec une demi-douzaine de gros calibres pointés sur son vieux matos.
        J’sais même plus pourquoi ils ont aussi embarqué Sonic, mais on s’retrouve en deux temps trois poings dans la gueule au milieu d’l’allée centrale, avec cinquante paires de couilles et vingt paires de loches qui nous zyeutent en souriant. La potence c’pas l’coin l’plus clean du monde.

        Alors bien sûr j’essaie de m’débattre un minimum. Mais vu les bras aussi gros qu’mes cuisses des deux gentils toutous qui m’escortent, j’vais visiblement pouvoir passer dans ledit « tunnel » V.I.P dont tout l’monde parle dans les journaux.
        Mon quasi pote Walty lui bronche pas. Ah les minots à notre époque, veulent toujours montrer qu’ils ont des couilles.
        J’ai pas d’plan, pas d’armes et pas d’temps. J’crois qu’dans le langage courant on appelle ça être dans la merde.
        Bordel, contracter le cou ça marche qu’à Sin city, j’vais vraiment y passer. Marisa, l’nombre de fois où j’pensais crever et où l’sort en a décidé autrement. J’crois qu’là j’suis dans l’top five des situations les plus foireuses possibles.
        La corde serre déjà alors qu’je suis toujours sur l’tabouret. God bless me, j’ai un p’tit souci papy.

        J’vois mon camarade de pendaison esquisser un sourire. Y r’garde droit devant lui, là où un p’tit groupe sortant d’une baraque s’approche. Son équipage ? Ce serait trop beau.
        J’regarde de plus près et j’vois un type qu’a l’air de coller à la mini description qu’Mister Cocktail m’a faite du chef. Un air sadique, un costume pour s’faire respecter, un...


        Oh putain.


        Les mots m’sortent comme ça. Bordel, c’pas possible. Avec c’te journée folle j’aurais du jouer à la roulette j’aurais forcément gagné bézef. Vingt ans déjà ? Plus ? Quand y’a une seule trombine qui vous r’vient sur c’te planète, bah vous l’oubliez pas. Quand y’a l’seul type qui vous a fait marrer en trente-cinq balais qui s’retrouve en face d’une situation impossible, vous pouvez vous faire tatouer « I love Jésus » sur la fesse droite et allumer un cierge sans passer pour un dégueulasse.

        Et un rire violent sort de ma bouche. Alors qu’certains spectateurs continuent d’me huer j’sors un son guttural, rare et acide qui s’envole dans les cieux. Ma mort dépend plus d’moi mais, ouais j’le dis pas souvent, d’un pote.

        Alors qu’je m’pète les cordes vocales en chialant presque, mes pupilles s’décollent pas d’l’ancien marine qui s’rapproche. Hahaha, les inconscients, savent pas c’qui les attendent tous ces fumistes. J’te devais un demi, j’vais ptet pouvoir t’le filer si j’retrouve ma thune mon brave Tahar.
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        Au niveau de faire le tour des autorités locale, on peut dire que ça se fait vite et bien, et qu'elles n'ont pas l'air très très folichonnes d'ailleurs. Le shérif à une poigne de shérif une étoile de shérif des menottes de shérif et tout l'équipement de shérif qu'un shérif doit avoir. Le barman quand à lui, bref, belle moustache. Walters suit l'échange sans comprendre qui il est d'ailleurs, sinon il lui aurait présenté des excuses et proposé un peu d'aide pour le trou dans sa façade pour lequel il se sent un minimum responsable. Quand même.

        Et il suit ensuite bien gentiment son guide jusqu'aux geôles. Pas très habituel dites vous ? Allez savoir mais bof quoi, qu'est-ce que vous vouliez qu'il fasse ? Il n'a pas vraiment besoin d'un défouloir dans l'immédiat et il a toujours une donzelle à séduire, le Walt', et détruire le lieu où elle gagne son pain n'est pas vraiment un bon début disons.
        Du coup, allez en case prison et passez votre tour jusqu'à ce que vous faites un double pour reprendre le jeu. En attendant, tapez la palabre avec votre coloc' de cellule et attendez que le type avec sa pétoire se rendorme pour lui taxer sa bouteille. Une belle nuit qui s'annonce, sans compter le rab' de gnôle qui vient pour fêter j'sais pas c'qui s'passe en ville. Et ensuite, ben plan sur la comète et compagnie quoi.

        Et voici l'bilan: Il a bien l'air sympa ce type, une répartie bien proportionnée et tout... Assez moins con que Walters pour pondre un plan d'évasion potable en une nuit, autant dire qu'il était assez bien tombé sur ce coup. Sans compter le fait qu'il tenait plutôt bien l'alcool. Dommage qu'il ait insisté pour garder un fond afin d'en faire un cocktail mopotof ou quelque chose du genre, un truc que le borgne ne connaissait pas mais qu'avait l'air assez goûtu pour accepter de pas se mettre un gentille petite mine ce soir là.
        Dommage aussi qu'les autorités ne soient pas tant de cet avis de leur côté. Attendre la nuit prochaine pour se faire la mâle, pire idée du siècle mon Rimbaud. Tu vois où ça te mène ? Potence & co', s'occupe de vos problèmes civils depuis 673. Les deux condamnés se font passer la corde au cou pendant que shérif étale son discours à l'ensemble de la populace regroupée devant l'échafaud. Le borgne, perché sur son tabouret, aperçoit le reste de l'équipe sortir du saloon. En même temps, la chaudasse de la veille apparait au balcon, autant dire que c'est le bon moment pour se faire remarquer.

        "S'cuse m'sieur, mais j'ai juste une dernière volonté à formuler, 'parait qu'c'est d'usage."

        Pas très poli d'interrompre les gens comme ça n'est-ce pas ? N'empêche qu'on ne lui a rien proposé jusque là, pas une p'tite clopinette ou quelque chose. Walters termine sans scrupule sa demande du coup.

        "Un fois qu'tu m'auras au bout d'ta corde, j'voudrais qu'ce soit les gens d'mon équipage, juste là derrière toi, qui s'occupe d'moi, ils sauront bien quoi faire j'pense. Ok ? Ok."

        Oh oui qu'il se sent malin, même s'il a un ptit truc qui lui chatouille l'échine au moment de faire le p'tit saut en avant qui tend la corde à la poutre. Il n'a même pas laissé le temps à l'homme de l'ordre de répondre. À la surprise général, le corps de Walters tombe souplement devant le tabouret alors que sa tête fait quelques soubresaut dans son nœud coulant. Comme quoi il n'y avait pas de soucis à se faire, c'était pas un coup de chance qu'il meure pas, la vie est visiblement une maladie chronique chez le bosco des Saigneurs.

        ...

        Voilà trois points remplaçant tout ce qui se passe en parallèle. Pas que c'est pas important, mais c'est juste que le borgne s'en fout et continue son cirque à côté. Aussi, si vous vous en cirez la caboche de son numéro, passez à la suite sans attendre, de toute façon c'est un truc rétrospectif alors...

        De son côté, Walters Scott subit le contre-coup de ses pitreries habituelles. Notons les faits: il a une sympathique gueule de bois et viens de se faire pendre. Dans l'absolu, aucun problème et il se marre plutôt bien jusqu'à ce que son cou s'échappe du nœud coulant qui le retenait en l'air. Conséquence directe prédite par la théorie du père Newton, la tête borgne tombe au sol et se met à rouler dans tous les sens en rigolant bien fort... Pendant un moment... Jusqu'à ce que des vertiges la prennent en fait...
        De son côté, le corps du pirate se tient les côtes, à cause du rire dans un premier temps, puis à cause des nausées qui se manifestent dans son estomac. Les genoux tombent au sol juste devant la foule et le buste se tord dans des sens peu probables. Dans la foule, les personnes avec un tant soit peu d'instinct s'éloignent du spectacle affolant. Autant dire que personne ne bouge. La tête elle ferme la bouche pour retenir le liquide jaunâtre qui s'échappe de la partie inférieure du cou. Ouais, celle qui est rattachée au torse. Bref...

        Walters Scott vomit.


        Dernière édition par Walters Scott le Jeu 28 Juin 2012 - 15:03, édité 2 fois
          Pendant que Rimbau fait copain-copain en prison avec Walt.

          Le bar, on y est. Et je peux toujours pas piffer l’ambiance. Je sais pas, c’est général. C’est l’endroit. C’est l’île en elle-même. C’est quelque chose qui me dit que ça tourne pas rond. Ou alors, c’est simplement que j’ai pas envie d’être là, que j’ai grave la haine et que ça m’emmerde grave. Pas un moustique dans les rues, seulement cette atmosphère à la con de western spaghetti qu’on dirait bien qu’on va te provoquer à tous les coins de rues.
          Donc, dans ce bar, on y est. Et les gens se rendent pas bien compte de qui on est. Regards en chien de faïence et grognements d’animaux en chasse. Voilà voilà. Et le Jack, souriant et impassible qui fait sa commande sans broncher même si on l’interpelle d’une façon franchement pas commode. Bon homme, le Jack. On sait pas trop ou on est ni dans quoi on se lance, pour le coup. Je suis peut-être la seule à rester sur mes gardes et à me dire « gaffe minette, on a pas l’air très aimé dans le coin ». Qui sait ce qu’on trafiquote. C’est l’absence de bizu qui me frappe le plus, faudrait que je me renseigne un peu sur l’endroit.

          Et j’entends qu’on rentre. Je relève négligemment la tête et je vois que y’a une tapée de gus qui nous fixe avec l’air de dire qu’on va probablement avoir mal. Y’en a même un qui connait le sobriquet du bretteur. Bretteur qui dévore une mouette frit commandée il y a peu en donnant l’impression de ne pas avoir manger depuis près de 43652346 jours. Faudrait lui dire un jour que ma cuisine est toujours ouverte et que je peux faire mon boulot à n’importe quelle heure. Pauvre garçon…
          Je m’égare, mais le mouvement brusque de notre interlocuteur me ramène brusquement à la réalité. Principalement parce que la mouette a volé à travers la pièce. Mais la mouette est morte. Alors, forcément, ça affole tout le monde. Et je sens déjà les ennuis arriver.

          J’ai pas tord.

          Je vois Reyson quitter sa chaise avec un sourire carnassier, l’envie de se jeter à sa gorge pour lui arracher la trachée avec les dents. Reyson est rapide, mais moi, je suis pas d’humeur. Alors… Ni une ni deux, sans même penser aux conséquences, j’attrape ma poêle dans mon sac et j’envoie l’outil rencontrer le sommet du crâne de notre bretteur en manque de combat. Emporté dans son élan, il a pas le temps de voir ce qu’il va se prendre sur la tronche. Et…

          CLONG !
          Clong, c’est le nom de ma poêle. Un nom doux, mélodieux, magnifique. C’est aussi le bruit qu’elle fait lorsqu’elle donne des coups, comme ça, là. Et.
          Ça résonne. Un peu. Contre sa tête, dans sa tête. Le Reyson doit voir des étoiles. Il s’écrase aussi sur le sol parce que je me suis pas ménagée pour le calmer. Et je le choppe par son froc et je le tire en arrière pour le remettre sur son siège bien sagement. Qui a vu quoi ? On s’en fout. J’attrape mon verre fraichement servi, un whisky sans glaçon, pour lui coller devant le nez et j’ai le genre de regard qui dit « pas bougé ».

          « Crois-moi que tu vas rester bien tranquille pour ce soir. »

          C’est pas des menaces. C’est qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Et moi, je me lève en bonne femme, toujours armée de ma poêle que je tends vers l’avant, les mains ouvertes pour montrer ma bonne foi. Et je prends la parole parce qu’il faut bien que quelqu’un arrête de jeter de l’huile sur le feu.

          « Messieurs, un peu de calme. Je propose de bien nous remplir la panse et après, nous verrons si nous avons toujours envie de nous mettre sur la tronche. Ça va à tout le monde ? »

          Je dis ça en faisant flamber ma poêle avec un sourire, que j’attrape les quelques épices que j’ai toujours dans mon sac qui vienne aromatiser les oignons que j’ai sorti aussi et que je fais dorer. Le tenancier me montre sa cuisine, j’ouvre la porte d’un grand coup de pied. Et en deux coups de couteaux et trois de fourchette, je reviens avec un plateau garni et rempli, et je vois les yeux s’illuminaient.
          Ça ira pour ce soir.

          Et dernière, un énième bruit de porte qui s’ouvre. On sait qui c’est pour cette fois. Alors ça va mieux.
          Salut Cap’.



          Pendant la pendaison.

          J’ai jamais assisté à une pendaison. Pas comme ça en tout cas. Pas d’un membre de mon équipage. Mais faut dire que là, c’est exceptionnel. C’est Walters qu’on pend. Qu’on va tuer. ENCORE. Et que même si y’a une chance sur deux que ça fasse absolument rien, on est là pour regarder s’il peut mourir ou non. Curieux, ouais. Enfin, moi, je le suis. Beaucoup. Je trouve ça presque drole parce que dans ma tête, je crois que Walters ne peut pas mourir, quoiqu’il arrive. Il est revenu une fois, il peut deux fois.
          Alors il cause, il parle, il demande sa dernière faveur parce que c’est l’usage qu’il parait. Et on a pas le temps de dire ouf que le tabouret tombe, que la corde se tend, que le corps du bosco se détache, que sa tête reste accroché quelques secondes, qu’elle virevolte, qu’elle lâche, qu’elle roule par terre parce que le nœud lui permet pas de tenir plus longtemps, et que les gens d’ici ont l’air sacrément bête. Et que le bosco aide pas à rester sérieux.

          « Bordel… »

          Je dis ça en fermant les yeux, en soupirant et en me pinçant le nez. Je commence à avoir l’habitude des âneries du gus. Je commence à peine, et ça fait quelque temps qu’on navigue ensemble. Reste à savoir si on arrivera à jour à s’en débarrasser de celui-là, ou s’il va nous coller aux basques toute notre sainte putain de vie.
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