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Infiltration sous-marine

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Ragnar Etzmurt
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Jeu 2 Aoû 2018 - 14:45

Les navires de la marine s’en vont, et parmi eux, dans un état tout à fait discutable, se trouve la courageuse Izya. Courageuse, oui, car son sacrifice n’était pas le plus simple à accepter. Mais à bord du sous-marin fourni par la révolutionnaire, l’un des nombreux conçus par nos ingénieurs, la vigie m’annonce que les navire sont en route. J’ordonne qu’on les suive tout naturellement. Nous longeons Little Garden en me rappelant de nombreux souvenirs. Il faut admettre que j’y ai passé beaucoup de temps pour me ressourcer et me perfectionner.

À mes côtés, Rafaelo que j’avais rapidement rencontré sur Kanokuni, donc pas grand chose de partagé encore. On m’a cependant vanté les mérites de ce dernier et faisait parti des révolutionnaires avec lesquels je suis entré en contact via denden. À part la seule voix féminine, je les ai tous rencontré. Yuki est aux abonnés absents, Clotho nous a quitté pour projets et Rafaelo est le seul encore présent. Seulement trop occupé lui aussi.

Pour le moment tout semble se dérouler comme sur des roulettes. Suivre des types dans un sous-marin, à l’abri des regards indiscrets, c’est plutôt pas mal. Exceptés quelques monstres marins qui nous confondent avec leur repas, c’est cool. Le travail réalisé par Yuki, alias no-body, et les autres, sur les technologies sous-marines est fantastique. La seule personne pouvant nous détecter avec son haki de l’empathie n’est autre que Vasco, mais c’est aussi pour cela que nous nous déplacement à une telle profondeur.

L’équipage n’est constituée que de très peu d’hommes. L’essentiel de la troupe est quelque part derrière nous, incognito, pour arriver comme des seigneurs sur le champ de bataille. Indirectement, mais pas totalement puisque j’y ai pensé, ils serviront d’appât pour concentrer l’essentiel de la marine sur eux, et ce, pendant que Rafaelo et moi-même réglons quelques affaires. En somme, nous deux seulement allons infiltrer cette foutue prison à l’aide de nos capacités respectives.

Je suis relativement calme pour une fois. Pas de stress, pas de panique, seulement un peu d’excitation à l’idée de croiser des adversaires de tailles… que dis-je ? Je n’aurais pas le temps pour ces bêtises. Mais contrairement à mon infiltration sur Marie-Joie, je me sens bien. Je n’ai pas envie de taper sur un piano pour me détendre ou ressasser de vieilles histoires du passé. Tout ça est derrière moi maintenant, un avenir probablement plus désastreux s’ouvre à moi. Et comme je suis un poil débile, j’y cours volontiers.

C’est sur cette réflexion que la vigie annonce l’ouverture des portes de la justice. J’ai toujours voulu voir ça de mes propres yeux. Je demande au collègue de s’éloigner et prends aussitôt sa place pour observer ce phénomène. C’est tout simplement énorme. En plein milieu de la mer, deux énormes portes cachées par un brouillard s’ouvrent, comme si de rien n’était. La marine, sérieusement, y'a pas à dire, ils sont balèzes les cons. C’est cool d’avoir des sous-marins aussi, c’est pas mal la révolution.

Nous passons enfin ces majestueuses portes et pénétrons dans ce terrible courant Taraï. À la profondeur à laquelle nous naviguons, le courant nous impact peu. Cependant, notre visibilité est troublée par de fortes vagues qui obstruent celle-ci, sans pour autant que ce soit permanent. En effet, le courant se calme mais nous savons que cela peut reprendre d’un instant à l’autre. Rien n’est permanent ici.

J’en parle comme s’il s’agissait de chez moi. Pas du tout.


[°°°]


La traque devient légèrement longue et fastidieuse, on s’emmerde un peu. Mais c’est en réalité l’excitation qui trouble ma perception du temps, car ça ne fait en réalité pas si longtemps que ça que nous suivons Izya et ses nouveaux petits copains. J’en connais un qui doit être ravi au fond de son navire à imaginer sa belle entourée d’hommes. Ouais, ça me fait doucement sourire. Il n’empêche que je leur suis éternellement reconnaissant.

« Ragnar, Rafaelo, juste devant nous, la prison de glace, dit sobrement la vigie avec son nez coulant de morve. »

Le navire ne nous intéresse plus directement. Nous allons nous placer sous cette prison mobile et l’infiltrer comme nous l’avions prévu. C’est maintenant que ça commence enfin. J’attends ce moment depuis si longtemps. Mandrake, le modèle que j’ai indirectement toujours voulu suivre. Le libérer de cette merde serait pour moi un grand honneur. Mais avant ça, quelques étapes nous attendent. Je me retourne vers Rafaelo en tentant de voir s’il est prêt.

Un homme de sa trempe l’est toujours.


Dernière édition par Ragnar Etzmurt le Sam 11 Aoû 2018 - 14:48, édité 1 fois
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Rafaelo
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Ven 10 Aoû 2018 - 18:30





Face à un miroir, il tira sur sa tenue. Faite d’étoffes de bonne facture, elle s’ajustait parfaitement à son corps et épousait ses muscles dans le moindre détail. Elle était noire, taillée pour la discrétion. Il y avait des années qui ne l’avait pas enfilée, des années qu’il s’était juré de la laisser au fond du placard. Mais elle était, avec le temps, devenu plus qu’une tenue. C’était un uniforme, un étendard. C’était ce qu’il était. Il avait façonné cette tenue, autant qu’elle l’avait façonné. Il rangea ses dagues dans leurs gaines, enfourna sa rapière dans son fourreau. Ses haillons traînaient dans un coin, dépossédés des poisons et autres subtilités de son travail. Il avait taillé sa barbe, s’était fait force de l’harmoniser. Elle était percée de fils blancs, tout comme sa chevelure d’ébène, argentée au niveau de tempes et au-dessus de son œil balafré. Son cache-œil était bien mis en place. Il était en cuir noir et arborait le symbole de l’Ourobouros, le serpent qui se mordait la queue. Il n’était que le reliquat d’une époque passée. Mais aussi, celui d’une ère en devenir.

Le cri de la vigie le tira de ses préparatifs. Affronter la mort et la peur demandait une apparence irréprochable. Il inspira profondément, légèrement troublé par cette reprise de service quelque peu forcée. Il se passa une main dans les cheveux, puis accrocha ses diverses fioles à sa ceinture. Il y accrocha, aussi, une étrange boîte en métal, puis quitta la pièce. Il s’engouffra sur ce qui servait de pont au fond de ce sous-marin, où la majorité des officiers de bord étaient déjà présents. Il n’aimait pas être sous l’eau, surtout par les temps qui couraient. Mais ce n’était pas la première fois qu’il montait à bord d’un sous-marin. La première fois ayant été dans celui de Jonas …

« Bien. » répondit-il simplement, arrivant derrière Ragnar dans le noir.

Ses nombreuses armes ne cliquetaient pas à ses pas. Seule se faisait entendre le chuintement huilé de son gantelet d’arme qui remontait jusqu’à son épaule droite. Il adressa un regard entendu au jeune révolutionnaire, puis se reporta sur la vigie qui venait de leur annoncer l’heureuse nouvelle. Il inspira de nouveau, c’était étrange de reprendre … du service. De jouer au chef de guerre une fois de plus. Non, jouer n’était pas le bon terme. D’incarner un nouvel espoir ? Non plus. D’être enfin à la place qu’il aurait dû occuper depuis toujours.

« Préparez les capsules pour nous faire remonter en toute discrétion. Le succès de la mission repose sur notre efficacité et, surtout, sur notre discrétion. La Marine doit avoir quelques secrets à notre disposition. Coupez l’alimentation du sous-marin, mettez les activités électromagnétiques au minimum. Ne laissez ouvert qu’un seul canal de communication. Nous vous contacterons une fois la cible localisée et extraite. Soyez prêts à parer à toute éventualité. Si nous sommes alliés avec des pirates aujourd’hui, ce n’est que dans le but d’une cause plus grande. Ce ne sont nos alliés que de nécessité. Ne leur faites pas confiance, ne comptez que sur vous-même. Me suis-je bien fait comprendre ? »

« Oui, monsieur. »


L’assassin opina du chef. Il était conscient que la tenue avait renforcé son prestige et instillé un peu de crainte chez les hommes du sous-marin. La tenue noire de l’assassin, encore plus connue que l’assassin lui-même. De le voir ainsi, dans ses oripeaux, n’en rendait son retour que plus réel. Il posa sa main sur l’épaule de Ragnar et lui offrit le salut des révolutionnaires, attrapant son coude de son autre main.

« Jusqu’à la mort, jusqu’à la fin. »
murmura-t-il, avant de se diriger vers les capsules situées au fond du sous-marin.

Il s’installa dans cette dernière, commença à inspecter ses fumigènes et autres gadgets d’assassin. C’était étrange de penser qu’un logia reposait autant sur ses objets pour se battre. Pourtant, il était connu pour être bien plus qu’un simple assassin. Il ne louvoyait pas dans le brouillard, il était le brouillard. Il commandait aux brumes et à la fumée, il était intangible, insaisissable et terriblement meurtrier. Il s’équipa donc, ses rituels de tueur revenant au galop. Il attendit patiemment que Ragnar s’installe en face de lui. Cette capsule n’était prévue que pour eux deux. Serrés, peu d’intimité, mais discrète au possible. Elle était conçue pour se désagréger une fois à la surface, pour ne laisser aucune trace de leur passage. Après tout, ils avaient un autre plan pour la sortie …

« Bien, tâchons aussi de sauver Izya des griffes de la Marine si nous le pouvons. Je ne veux pas que nos hommes risquent inutilement leur vie à cette fin, mais son sacrifice nous a permis d’en arriver là, je préférerai éviter qu’il ait été fait en vain. » murmura-t-il à son interlocuteur, enfonçant son regard acier dans le sien.

Il serra sa ceinture dans un cliquetis métallique.

« Prêt ? » demanda-t-il à Ragnar.

Les hommes de sa trempe l’étaient toujours.
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Ragnar Etzmurt
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Dim 12 Aoû 2018 - 18:57



Prêt ? Hùhù. Je ne me prépare jamais à une mission, je suis seulement toujours prêt à être dans l’action. J’affiche alors un sourire diabolique à mon partenaire du jour, signifiant que je suis « prêt » à braver n’importe quelle épreuve. Je m’apprête à entrer dans l’antre de l’enfer avec le minimum d’équipement. Pas d’arme, pas de protection particulières. Une chemise blanche, un pantalon noir et serré, suffisamment souple pour me donner de la liberté dans mes mouvements, puis des bottes en cuir noir.

M’inspirant totalement de Rafaelo, mon bras-droit, Suelto, n’a pas jugé débile que je m’équipe de petites capsules remplies d’encre. C’est tout dont j’ai besoin de toute manière. Plus que ça m’encombrerait. Ma tenue n’a aucune signification particulière et, surtout, personne n’est capable de me reconnaître sous cette apparence. Un nouveau visage, une tenue différente de celle que je portais avant mon opération. Seule la Browneye peut me reconnaître, sauf qu’on la détient toujours sur Jaya.

Je m’installe dans cette minuscule capsule, assez étroite, où je suis face à Rafaelo. Il rappelle brièvement le plan, et cela, sans oublier la pauvre Izya qui doit regretter son sacrifice. Je n’oublierai jamais son geste. Mais l’étape importante, avant même de sauver la dragonne, c’est quand même de détruire le système de refroidissement. Libérer notre coéquipière alors que les températures restent aussi glaciales, c’est une cause perdue d’avance.

« Nous allons probablement devoir nous séparer. Le système de refroidissement se trouve probablement au centre de la prison et plutôt en souterrain des cellules. », dis-je en réfléchissant les yeux rivés vers le dessus de la capsule.

Celle-ci se détache du sous-marin, il nous suffit de prendre les commandes et de nous diriger vers ce bloc de glace. Créer une porte d’entrée ne sera pas bien difficile, c’est comme découper un glaçon avec un couteau à beurre.

« Pour reprendre ma réflexion, je pense que l’on va devoir couvrir une large zone en un minimum de temps, c’est pour quoi nous serons plus rapide en nous séparant. Il nous suffira ensuite de suivre les conduits d’aération qui nous mènerons directement au graal. »

La capsule se colle enfin à la paroi à l’aide de crochets qui s’enfoncent dans le glacier. Nous utilisons ensuite un tunnel, juste assez large pour un seul individu, pour creuser dans le glacier en nous protégeant de l’eau. À coups de griffes au haki, c’est assez rapide de remonter. Je pars en premier et, alors à quelques centimètres de la surface, mes sens détectent la présence d’un individu qui marche juste au-dessus de ma tête.

Le froid me dérange moins que je ne l’imaginais. La chaleur, elle, me dérange bien plus. J’attends patiemment que la présence s’éloigne pour créer un léger trou duquel je m’échappe sous forme de filament d’encre. Je suis tenté d’éliminer discrètement les proies, mais j’aimerais néanmoins éviter les mêmes mésaventures qu’à Marie-Joie. D’autant plus que je ne suis pas seul sur ce coup, Rafaelo est un professionnel et je ne tiens pas particulièrement à le déranger.

D’ailleurs, par la même issue que j’ai utilisé précédemment, de la fumée s’échappe rapidement, se dirigeant directement vers un conduit d’aération. Il va droit au but et il a bien raison. Un peu plus loin, le même type de conduit se présente à moi. Je disais mieux résister au froid qu’à la chaleur, mais ce qu’il se dégage de ces conduits est si froid que je pourrais être congelé quelques secondes. Il m’est interdit de faire de la promenade à l’intérieur.

En grimpant au mur, toujours sous forme liquide et noirâtre, j’infiltre enfin ce conduit qui, je l’espère, me mènera vers le noyau de cette prison. La température est insoutenable. Je n’ose même pas imaginer l’état dans lequel se trouve Izya. À l’intérieur de ce tunnel de l’enfer, glacial, je me déplace le plus rapidement possible. Ma vue est obstruée par ce foutu blizzard qui est envoyé avec une puissance phénoménale.

Le temps m’est compté.

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Rafaelo
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Hier à 0:20



Atteindre son objectif ne serait pas chose aisée, mais ce n’était pas pour les choses aisées qu’on avait fait appel à lui. Qu’il s’était greffé à cette aventure, mettant de côté certaines de ses anciennes querelles. L’assassin opina du chef aux déclarations de Ragnar, acceptant sans discuter ce que son homologue proposait. Pourquoi aurait-il voulu le contredire ? Il était dans le vrai et faisait montre d’un esprit d’initiative qui ne le laissa pas indifférent. Ils s’étaient croisés, autrefois, juste croisés … Il leva cependant l’index, pour ajouter un point de précision à ce qu’il venait de dire.

« Tant que nous ne nous faisons pas repérer, cela marchera. Cependant, s’ils comprennent qu’ils ont affaire à des logias, cela risque de se corser. La moindre victime … pareil. » laissa-t-il en suspens, soutenant le regard de son alter ego.

C’était étrange qu’un assassin suggère de ne faire aucune victime. Du moins, c’était étonnant connaissant sa réputation. Mais Rafaelo n’avait jamais cherché à causer plus de chaos qu’il n’en avait besoin. Tuer quelqu’un lorsque ce n’était pas nécessaire, lorsque ce n’était pas une question de vie ou de mort … c’était un acte barbare, qui ne le séparait pas des criminels. Avait-il déjà franchi cette limite ? Il aurait aimé clamer haut et fort que non … mais il n’en était plus si sûr aujourd’hui. Il chassa ces sombres pensées d’une simple chiquenaude mentale, comme il l’avait si souvent fait. De tels états de fait ne devaient pas entraver sa mission. Et ils ne le feraient pas. Il joignit donc ses mains, laissant son esprit divaguer alors qu’ils cognaient la surface de la prison. Le révolutionnaire fronça les sourcils, captant les voix qui se glissaient entre les pavés de Jotunheïm. Pour une prison … c’était une sacré … prison.

« C’est étrange, je n’arrive pas à trouver la voix de … » commença-t-il à murmurer, avant que le choc des griffes de Ragnar sur la glace ne le tire de sa songerie.

Il se redressa donc, fit tourner son épaule, craquer sa nuque. Vérifia que sa lame secrète coulissait bien. Chose incongrue pour un homme capable d’en créer de fumée. Mais moins il laisserait d’indices sur sa véritable forme, plus il aurait l’avantage. Il fit donc glisser sa capuche sur sa tête, masquant ses traits. Ainsi, il devenait un assassin parmi les autres, il n’était plus Rafaelo ou qui que ce soit. Simplement … un assassin. Il inspira, gonfla ses poumons d’air. Depuis combien de temps n’avait-il pas usé de ses talents ? Depuis combien de temps n’avait-il pas … tué ? Bonne question. Qui n’aurait pas sa réponse ici. Il laissa le froid de sa conscience déferler dans son corps et, comme à son habitude, perdit en substance. L’assassin devint translucide puis se changea en un mince rayon de fumée qui se propulsa en dehors du conduit créé par Ragnar. Il se glissa en haut, frôlant le plafond et se cachant dans les ombres des conduits. Il fit fi du froid, qui ne représentait qu’un inconvénient mineur pour lui, et se glissa dans un conduit d’aération.

Le froid, contrairement au chaud, avait tendance à rendre sa fumée un peu plus dense et difficilement malléable. Mais depuis Drum, c’était un aspect de ses pouvoirs dont il connaissait les limites. Ainsi se mut-il en spirale, se tordant dans le conduit d’aération pour gagner en vitesse. Sa vision se limitait à un ensemble d’échos et de voix qu’il percevait en son for intérieur. Sa perception s’arrêtait à ce que sa fumée touchait. C’était une expérience autre que celle d’un humain normal. Il n’aurait pu expliquer ce qu’il ressentait littéralement, mais cela ressemblait un peu à l’écholocation de certains chiroptères. A la différence que c’était par le toucher qu’il percevait son environnement, et par l’intermédiaire des centaines de milliers de ses cellules converties en fumée. Il repéra rapidement un espace un peu plus grand dans le conduit, où il put reprendre forme humaine. Il redevint donc l’assassin, ridiculement coincé entre quatre murs, assit en tailleur.

De nouveau, Rafaelo fit craquer sa nuque. Il posa ses mains, paumes ouvertes, sur ses genoux et de la fumée commença à en couler, glissant sur le corps. Il inspira profondément, la fumée ralentit. Puis elle coula hors de lui comme une fontaine, poussée par le souffle intérieur du révolutionnaire. La fumée glissa le long des conduits s’égara dans les salles, releva chaque millimètre carré des tunnels et remonta rapidement dans l’ensemble du système avoisinant la position de Rafaelo. Ce dernier restait immobile, captant les informations de ses milliers de tentacules avares de touchers. Il se garda de se faire voir, il se garda de trop darder ses spirales hors de conduits. Mais petit à petit, il parvint à isoler une zone un peu plus ouverte que les autres. Un peu plus grande, un peu plus froide. Quelque chose d’imposant, qui était caché loin des yeux de tous. Des hommes circulaient là, ou s’affairaient, il n’aurait sur le dire. Ainsi leva-t-il les mains et la fumée fut comme aspirée, réintégrant le corps de l’assassin en quelques secondes à peine, alors qu’il lui avait fallu plusieurs minutes pour la déployer. Toute la fumée, sauf un mince filet, laissé négligemment en suspension dans les circuits, refusant de bouger malgré l’air qui circulait là. Surnaturel au possible.

« Et bien, nous aurions pu tomber plus loin … »
murmura-t-il, avec un sourire en coin.

Et il se fondit en un mince trait fumigène, qui s’engouffra à grande vitesse dans la direction de ce qu’il avait estimé être le système de refroidissement. Dans la salle, quelques dizaines de secondes plus tard, un nuage grisâtre se condensa au-dessus de la quinzaine de conduits qui émanaient d’une étrange turbine, aux circonvolutions et engrenages complexes. Quelque chose que l’assassin n’avait encore jamais vu, mais qui témoignait d’un avancement technologique inquiétant. La masse grise révéla un homme accroupit au sommet des conduits, guettant ses proies pareil à un grand rapace noir. Il dénombra une dizaine de personnes dans la salle. Il pourrait s’en occuper seul, certes. Mais cela serait très suspect, alors qu’un dysfonctionnement de la machinerie …

Une idée commença alors à émerger dans son esprit étriqué de combinard …

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