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Pas vu pas pris

Matin brumeux, les navires mouillent dans une petite baie depuis maintenant plusieurs heures et tout le monde est aux aguets. Il faut dire que face à ce cuirassé de la marine et à son escorte, nous n’avions pas l’ombre d’une chance. Après tout, on est peut être téméraires mais pas stupides… Dans ce brouillard, j’arrive tout juste à apercevoir l’immense montagne en forme de crâne qui surplombe tout. Pourquoi Union John, me direz vous, alors qu’un butin nous attend quelque part au Royaume de Drum ? La Marine. La probabilité de tomber sur un convoi lourd au milieu de nul part n’était pas énorme mais il a fallut que ce soit pour nous. Mais c’est le calme plat, plus aucun canon ne tire, plus aucune voile à l’horizon, nous voilà à priori débarrassés d’eux, du moins pour le moment… Reyshu s’amène alors à la proue du navire, me sortant de mes songes.


Je crois qu’on les a semé…

On dirait bien ouais. Des dommages sur l’un de nos navires ?

Rien du tout, on a eu beaucoup de chance.

Bien… Que les hommes restent sur le qui vive et qu’ils se tiennent prêts.. on ne restera pas longtemps ici, je vais jeter un œil à terre.


L’homme poisson acquiesce d’un hochement de tête et s’éloigne pour faire circuler les ordres. Quand à moi, je parcours le pont de L’Intrépide pour arriver jusqu’à Borat. Ren se trouve en contrebas, devant la petite maisonnette en compagnie de Megumi. S’il est essentiel de laisser quelqu’un en qui les homme ont confiance, comme Reyshu et Kutcham, ce serait peut être l’occasion de partir en vadrouille avec les nouvelles recrues.


Je vais à terre, ça vous branche ?


J’attends pas leur réponse, descendant à la chaloupe, pressé d’enfin poser pied à terre. Pris en chasse par les forces de l’ordre, les trois derniers jours n’ont pas été de tout repos. Faut dire qu’ils ont tiré à vue et se sont mit en tête que nous couler était une priorité, dès l’instant où ils ont aperçu notre jolly Roger. Heureusement pour nous, la mer était plutôt agitée et notre timonier est le genre de gars qui connaît plutôt bien les courants marins. Ni une ni deux, voilà que Ren et Meg’ descendent à la chaloupe et il ne nous faut pas plus d’une douzaine de minutes pour atteindre le rivage. La plage est déserte et silencieuse, j’entreprenne la rapidement de planquer notre petite embarcation pour le retour avec l’aide de Ren et nous voilà fin prêts pour une petite session exploration.

L’immense crâne rocheux est impressionnant mais le paysage n’est pas bien différent de Banaro. On passe quand même d’une « île au trésor » à une autre « île au trésor », donc question destination je pense bien qu’il y a plus dépaysant. Au terme d’une petite marche nous arrivons aux abords d’une espèce de petite ville. Nichée entre deux falaises abruptes, il s’agit d’un espèce d’assemblage de wagons de train et autres constructions en bois. À l’entrée, d’épaisses barricades de bois hérissées et quelques gaillards armés qui tiennent ce qui ressemble à un poste de contrôle. L’un d’eux vient interrompre notre avancée, l’air suspicieux.


Hé là.. qui va là ?

Nous ne cherchons pas les problèmes.. juste à nous approvisionner.

Pas de vague étrangers. Et pas de fouille sans s’enregistrer… On vous tient à l’œil.


Quel accueil, le type nous laisse passer, nous regardant tour à tour de travers et nous voilà enfin dans l’enceinte de Bella Union. En réalité, il s’agit d’une espèce de grande rue, bordée de bâtiments de bois, paysage qui n’est pas sans rappeler Hat Island, Djaymily se serait sans doute sentie chez elle ici. Je toise vite fait les types qui parcourent la grande rue et mon attention est captée par ces espèces de petits hommes non loin…
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Pas vu, Pas pris


Présent
✘Feat. Megumi & Aze




L’arrivée à Union John n’était pas prévue, mais nous avions dû faire un détour en tombant nez à nez avec une flotte de la Marine. Aussitôt pris pour cible ils nous avaient canardés à vue, j’avais été gonflé à bloc pour les affronter, rapidement déçu par la décision censée de Aze de prendre la fuite. Les gars de l’équipage avaient alors été obligés de m’attacher au mât tandis que j’étais monté sur le bastingage pour insulter et faire des gestes obscènes aux soldats de la Marine. Certes, nous aurions eus peu de chances de victoire au vu du nombre impressionnant de navires qui nous avaient fait face, mais je crevais d’envie d’éclater quelques mouettes pour faire honneur à mon nouveau statut.

Enfin, à présent, nous étions là, dans une baie embrumée d’Union John. À peine sortis de la maison, j’étais tombé nez à nez avec Megumi. Elle squattait la chambre du deuxième étage de ma maison et depuis, les embrouilles étaient devenues quotidiennes. Et, comme pour ne pas changer les bonnes habitudes, nous avions commencés à nous engueuler de si bon matin.

« Oh ! Je te rappelle que c’est Ma maison, si je veux laisser traîner mes caleçons n’importe où, je le fais. » m’exclamais-je en pointant un doigt menaçant vers la jeune femme. « Et si t’es pas contente, t’as qu’à squatter une cabine sur L’indompté au milieu de ton fan-club ! »

Elle avait le don pour me faire sortir de mes gonds, son petit air de princesse qui fait l’innocente tendait souvent à me faire passer pour le mauvais gars. De mauvaise foi, elle voulait toujours tout négocier comme un marchand accroc à la négociation. Mais, jusque là on ne s’était pas encore entre-tués et je parvenais tout de même à l’apprécier malgré nos nombreuses prises de bec.

Aze vint alors nous interrompre pour nous proposer de le suivre à terre, n’attendant pas notre réponse il repartit pour mettre la chaloupe à l’eau. Je me tournais alors vers Megumi pour lui lancer un regard menaçant.

« Crois pas que je t’oublie toi, on en reparlera plus tard...tout comme le partage pour le médaillon... » dis-je alors, lui rappelant au passage cette affaire restée en suspend.

Rejoignant le capitaine, nous nous mîmes à ramer jusqu’à atteindre terre. Union John, une île plutôt adaptée pour des pirates, avec sa montagne en forme de crâne. Enfin, pour le moment nous n’en voyions que les contours, mais je me posais mille et une questions sur ce crâne. Etait-ce vraiment une montagne ? Ou bien le crâne d’une créature géante antique ? Il y avait tant de légendes en ce monde que l’on pouvait aisément se poser des questions.

Après une courte marche, nous arrivions enfin au village de Bella Union, composé d’un ensemble de bric-à-brac qui aurait bien besoin d’un architecte digne de ce nom. Suite à un accueil qui aurait put être plus chaleureux, nous entrions finalement en ville, si on peut appeler l’endroit ainsi. Nous avancions dans cette longue et large allée qui représentait l’unique axe de la ville. Et, sortant d’un saloon, j’aperçus alors une bande des plus originales.

Une dizaine de gars, hauts comme trois pommes, littéralement. Ils étaient minuscules, coiffés de petits chapeaux pointus et, malgré leur taille, ils faisaient beaucoup de bruit.

« C’est un scandale ! Amenez-moi votre supérieur ! Eh, vous m’écoutez ?! Enfoiré ! » s’écria l’un d’eux, aussi rouge de colère que son t-shirt. « Laissez-nous entrer, en échange on vous rend vos slips ! »

« Laisses tomber Baldur, ces humains n’ont aucun savoir-vivre. » intervint un autre petit nain de jardin en agitant un slip, le tenant devant lui. « Et aucune hygiène apparemment. »

Alors que nous approchions, ils nous remarquèrent en levant les yeux lorsque nos ombres les recouvrirent. L’un d’eux se tourna dans tous les sens avant de se tourner vers nous en levant la tête, plaçant sa main à plat pour cacher le soleil derrière-nous.

« Qui ose cacher la lumière à nous, honorables tontattas ? » s’exclama-t-il outré sur un ton cérémonial, nous observant uns à uns. « Qu’avons-nous là, un homme à l’air ténébreux, un albinos neuneu et...tiens, salut belle demoiselle ! » énuméra-t-il en commençant par Aze, son regard s’arrêtant sur Megumi en haussant les sourcils de manière intéressée.

Je m’apprêtais à faire un scandale suite à la description qu’il avait fait de moi, mais à ses derniers mots je décidais d’attendre la réaction de Megumi en lui jetant un regard amusé. Elle jouait parfois de ses charmes, mais face à de petits hommes qui ressemblaient à s’y méprendre à des nains de jardin, j’étais curieux de voir ce qui allait se passer.





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Encore une matinée où je ressors vivante, ma foi je ne vais pas m’en plaindre. Mais après le boucan qu’on vient tout juste de fuir, j’en étais presque déprimée. Après s’être fait lamentablement voler la carte au trésor à Banaro, l’équipage avait décidé de mettre voile sur le Royaume de Drum et c’était bien parti à vrai dire. J’étais déjà en train de diriger à droite et à gauche des dizaines d’hommes afin de s’assurer de la direction qu’on prenait. Et j’vais vous dire que ce n’est pas la tâche la plus aisée d’éviter un crash soudain contre un iceberg géant. On est bien sur GrandLine où tout semble être aussi dérangé qu’on se pourrait l’imaginer. Mais ce n’était pas cela qui nous empêcha d’atteindre notre destination, mais l’apparition soudaine de nombreux navires bourrés de marines aussi déterminés à nous attraper. Mais par pure chance, nous leur échappons et débarquons à Union John. Après tout ce mouvement, j’avais décidé de partir me reposer dans ma chambre. A partir de mon balcon, je pouvais apercevoir l’île pas très loin et cela malgré la brume. Je me vêtis cette fois-ci d’une robe en laine noire plutôt courte entourée d’une ceinture dorée. Je laissais mes cheveux s’étaler sur mes épaules avant de me munir de ma faux.

Il semblerait qu’on était presque à bord, quelque peu énervée que l’on doit se poser à Union John au lieu de directement partir vers Drum, je soupirais avant de quitter la maison sur Borat le cochon vert. Il fallait dire que je m’entendais pas mal avec l’animal sauvage ainsi que le chat qui paradait autour de temps à autre. Ce fut jusqu’au moment où mon regard croisa celui de Ren … C’était une autre histoire et ce malgré le fait que les tensions s’étaient majoritairement calmées, il nous arrivait de nous disputer et cela bien sûr était de sa faute.  De là à ne pas savoir cohabiter, et avec une femme qui plus était ?

“ Même Borat est plus propre que toi ! ” Je posais mes poings sur mes hanches, criant presque sur le jeune homme. “ Aucune manière, mais je ne devrais pas être surprise maintenant … Tu ne changeras jamais. ” Disais-je avant de m’éloigner de lui, histoire de bien appuyer là où ça fait mal. “ Aucune manière … De là à vouloir me chasser ! “

On entendait déjà quelques pirates crier sur Ren, presque l’insultant avant que ce dernier ne leur accorde un regard de la mort qui tue. C’était tout de même quelqu’un de sympa, une fois toutes les trente pleines lune. Et voici qu’il ramène l’histoire du médaillon, je me mis à lui montrer ma langue, faisant mine de ne pas l’écouter. C’était une histoire non résolue, cependant, j’avais encore un poing fermé sur notre deal bien qu’il n’était pas vraiment très officiel. Aze’ vint ensuite nous interrompre et nous voilà dans une petite barque en direction du grand crâne géant.

“ Très joyeux comme endroit  … ” Je rajoutais suite à l’accueil qu’on nous offrait. Enfin à l’entrée de Bella Union, mes yeux se baladaient entre chaque maison, boutique présentées. Notre première vraie sortie à trois et rien de très beau à regarder. Mais notre curiosité se posa sur une bande de petits hommes tous plutôt adorables à première vue. Je déposais un léger coup de coude à Ren pour attirer son attention sur le petit groupe d’individus.

“ M-moi ? ” Ce n’était pas une mauvaise description, une qui me fit rougir même. Mais c’était assez surprenant à entendre de la part de ce groupe d’individus. Je me mis à me pencher vers l’avant, mains sur mes genoux pour les regarder de plus près. “ Trop mignons ! ” Je rajoutais sans vraiment faire attention à certains d’entre eux qui commençaient déjà à se dissiper dans l’ombre.  “ Je m’appelle Megumi, lui c’est Aze’ un homme très fort ! Et puis le neneu albino pas très beau, c’est Ren. ” Un petit sourire et je me redressais. “ Qu’est-ce qui vous est arrivé ? ” J’étais curieuse ouais, puis j’sais pas, j’les trouvais trop mims’ !
    Rapidement les petits gus s’amassent à quelques mètres et si Megumi semble trouver ça plutôt mignon, je reste un tantinet méfiant devant ces énergumènes. L’un d’entre eux se présente à notre jeune navigatrice comme le chef de cette petite bande. En retrait, je n’entends que quelques bribes de leur conversation mais je comprends assez vite qu’ils demandent notre aide. Et voilà qu’il se précipitent vers l’extérieur de la ville, nous invitant à les suivre avec empressement. Megumi se retourne alors vers Ren et moi, l’air agacé.


    Les gars ! Faut aller les aider là… Ren ! Rends-toi utile pour une fois !


    La jeune femme prend alors la même direction que les petits hommes, j’ai brièvement l’impression que Ren s’apprête à répliquer mais Megumi est déjà trop loin et il se contente de jurer dans sa barbe. On prend alors tous deux la même direction, une histoire de charrette coincée, apparemment ce groupuscule ne parviendrait pas à le déplacer… Histoire bancale, mais admettons ! Ni une ni deux, nous voilà à la lisière d’une forêt, devant un chariot de bois renversé. Ce qui me rassure un court instant puisque l’une des roues de ce chariot et effectivement brisée. Aucune trace d’une monture pour le tirer cependant et j’ai dans l’idée que c’est pas ces demies portions qui pourront le bouger.


    Les gars ! J’amène du renfort ! s’écrit alors l’un d’entre eux à l’approche du chariot.


    Une multitude d’autres petits bonhommes surgissent alors de derrière les broussailles alors que j’examine la charrette aux côtés de Ren et Megumi. Les choses se passent très vite et en un rien de temps, nous voilà entouré de petits gaillards. Ça caquète dans tous les sens, j’ai du mal à savoir où donner de la tête, quand soudain l’un d’entre eux s’écroule à côté de moi, comme s’il était en état de choc. Se relevant tant bien que mal, le petit gars rougit et bégaye.


    Ch.. ch.. chef ! Celle-là.. elle.. elle ne.. elle n’a pas de culotte !! dit il alors en pointant Megumi du doigt.


    Grand moment de surprise et d’incompréhension lorsque j’échange un regard avec Ren puis avec la jeune femme. Je pensais que je m’attendais à peu près à tout et n’importe quoi, mais celle-ci je ne l’avais vraiment pas vu venir. Un autre surgit alors de derrière la navigatrice, petite bourse en cuir dans les mains et se met à courir en ricanant.


    Pas d’soutif non plus ! Pas grave j’ai trouvé ça ! Courrez !!


    Les petits bonhommes commencent alors à s’agiter, à courir et à bondir dans tous les sens autour de nous. Ren se met à pouffer devant cette situation ubuesque laissant échapper que c’est « bien fait pour elle », alors que Megumi n’en croit toujours pas ses yeux, restant figée sur place en regardant son soutient gorge s’éloigner vers la forêt, impuissante. Je laisse alors échapper un soupir, ne pouvant m’empêcher de sourire devant une situation aussi ridicule, mais suis bien vite rappelé à l’ordre lorsque je sens que quelque chose est en train de tirer sur mon fut’. Tournant lentement la tête, je remarque alors l’un de ces petits gars qui est en train de tirer sur mon caleçon comme pour me le chaparder. D’un violent revers de main infusé de fluide offensif je balaye cet imprudent qui va s’écraser un peu plus loin. La foule se dissipe et disparaît rapidement dans la forêt et j’ai ce premier réflexe de tâtonner mes différentes poches pour être certain que ces vauriens ne m’aient pas volé quoique ce soit. Et là, c’est le drame. Mauvaise surprise, mon Gyropose a disparu…


    Mais.. heu.. en fait.. vous n’êtes que des petits porcs ! Mes.. mes Berrys ! s’indigne alors Megumi en réalisant peu à peu ce qu’il vient de se produire.

    Les enfants de pu.. Ces nabots ont prit le Gyropose ! Faut les chopper !


    Je m’élance alors dans la forêt, suivit de près par mes deux acolytes, à la poursuite de ces fichus nains voleurs de froc et j’ai comme l’intuition en voyant l’expression du visage de Megumi changer du tout au tout, que si par malheur on parvient à les attraper, ils vont passer un très mauvais quart d’heure.
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    Pas vu, Pas pris


    Présent
    ✘Feat. Megumi & Aze




      « Et dire que je loge cette pimbêche. » grommelais-je en traînant des pieds. « Ren fais-ci, Ren fais-ça, wesh elle se prend pour qui elle ? »

    Les mains dans les poches, je continuais de suivre le groupe en bougonnant. Une histoire de charrette cassée, vraiment ? Ça puait le traquenard leur histoire, mais Megumi s’était laissée berner par quelques compliments et voilà que nous suivions ces petits bonhommes. Je ne doutais pas qu’à nous trois nous saurions nous défendre, mais sait-on jamais, et je commençais à penser qu’on était abonnés aux emmerdes.

    Au fil des chemins, à suivre le petit groupe de tontattas qui n’arrêtait pas de tourner autour d’une Megumi enchantée par leurs compliments, nous arrivions en bordure d’une forêt, sur le côté d’un chemin où une charrette était en effet penchée à cause d’une roue brisée. Avais-je été trop suspicieux ?

    « R’gardez-ça là, c’est tout pété et c’est pas avec nos petites pognes qu’on peut le réparer. » fit l’un des petits bonhommes, attirant notre attention en sautant sur le chariot à plusieurs endroits en les pointant de ses petits doigts.

    Le nain faisait de grands gestes, comme pour nous garder concentrés sur lui. D’un bref coup d’œil alentours, je remarquais alors que le nombre de tontattas avait considérablement augmenté, de petits types sortant de tous côtés. Ainsi, mes suspicions se révélaient être fondées, toujours se fier à son instinct. Tout autour de nous, les nains de jardin miniatures ricanaient en s’approchant, apparemment confiants en eux, mais ils ne savaient pas sur qui ils étaient tombés.

    « On est des pirates, hauts les mains ! »
    « Et pas d’gestes brusques. »
    « Remettez-nous vos armes ! »
    « Et vos slips ! »
    « Ouais ! Vos slips ! »
    « On est les Nains Voleurs de Slips ! Aboulez la lingerie ! »

    Ça jacassait dans tous les sens, se répondant les uns les autres dans un brouhaha perturbant, ne nous laissant pas un instant pour en placer une. Enfin, alors qu’ils s’approchaient, l’un d’eux tomba au sol, rouge comme une pivoine. Il bégaya alors une révélation qui fit tomber un silence soudain sur toute l’assemblée. Megumi, jeune pimbêche insupportable bien sous tout rapport, ne portait pas de culotte. Nos regards se croisèrent avec Aze, tous les deux perplexes et ne sachant pas trop quoi dire dans cette situation mis à part commencer à ricaner bêtement.

    Soudain, un autre sort de derrière Megumi et s’enfuit avec une bourse en cuir dans les mains, nous donnant à son tour une nouvelle information sur la navigatrice. Décidément, de vrais pervers ces petits mecs, mais surtout de sacrés voleurs.

    « Bien fait pour sa gueule, ça lui fera les pieds. » me moquais-je, sans me douter que le ridicule me frapperait également.

    J’avais de l’expérience dans le vol à la tire et leurs mouvements étaient si rapides et discrets, aidés par leur petite taille, que je n’avais rien vu. Ni sentis d’ailleurs, car à mon tour je fus la victime de leurs larcins, sentant un courant d’air dérangeant. De derrière moi, un tontatta surgit entre mes pieds, mon caleçon tenu à deux mains au-dessus de sa tête.

    « Eh les copains ! J’ai trouvé un parachute ! » s’exclama le minuscule bonhomme qui s’enfuyait à toutes jambes avec le sous-vêtement dans lequel ils auraient pu tenir à deux, flottant légèrement dès qu'il faisait un bond.

    « Que...quoi ? » m’exclamais-je en me tâtant les hanches et les fesses, ne sentant plus la présence de mes sous-vêtements. « Comment est-ce qu’il a fait, l’enfoiré ?! »

    « Tiens ? Eh les copains, y avait même un médaillon en or dans son calebar ! Ce type a l’cul doré ! » fit alors le tontatta voleur en sortant la moitié de médaillon fièrement, rigolant à sa propre blague en s’enfuyant.

    Eh merde ! Voilà que l’emplacement de ma planque secrète était éventé, tournant mon regard vers mes deux camarades, je me sentis jugé, je rougis alors, légèrement gêné. Depuis que la navigatrice avait rejoint l’équipage, je l’avais gardée à l’œil, craignant qu’elle se mette à nouveau à me voler des trucs dans ma maison. Et surtout ce morceau de médaillon, pour lequel nous nous battions quotidiennement, j’avais finalement trouvé cet endroit pour le planquer.

    « Oui, bon ça va... » commençais-je sans savoir quel argument invoquer. « Au moins, j’étais sûr que tu viendrais pas fouiller là. » finis-je par dire à Megumi avec un air énervé avant de me rendre compte de ce que je venais de dire.

    Le capitaine aussi s’était fait voler, le gyropose en prime, et sans ça la navigation sur Grand Line deviendrait bien plus compliqué. À ce que j’avais compris, ce petit objet nous permettait d’outrepasser certaines lois de ces mers, nous faisant voyager plus librement. Assurément, ces petits bonhommes hauts comme trois pommes étaient de bons voleurs. Pour l’avoir affronté récemment, je savais que Aze avait de bons réflexes, et pourtant ils étaient parvenus à lui subtiliser cet objet.

    Ni une ni deux, nous nous élancions tous les trois dans la forêt à la poursuite de la bande de nains voleurs de slibards. Les petits salopards étaient rapides et discrets, disparaissant entre les racines et bondissant sur les branches en effectuant des sauts bien trop grands pour leur taille, et pourtant. Ils devaient probablement connaître les lieux par cœur, se fondant dans la nature avec une aisance surnaturelle. Ainsi, les uns après les autres, les tontattas roublards disparaissaient parmi les buissons, terriers et toute cachette naturelle qui s’offrait à eux et à leur taille avantageuse. J’en suivais un en particulier, traînant derrière ses camarades, pas aussi rapides qu’eux.

    « Viens là, mini-enfoiré ! » m’écriais-je, bien décidé à l’attraper.

    Je bondis alors dans les airs, effectuant une rotation sur moi-même en passant à l’horizontale avant de poser mes pieds sur un tronc et me propulser en direction de ma cible. Filant à toute vitesse, je tendis le bras en arrivant sur le nain qui lui-même bondissait en avant en direction d’un petit terrier. Cependant, je fus plus rapide et, de justesse, j’attrapais son pied avant qu’il ne disparaisse dans le trou.

    « Aaaaaaaaaah lâche-moi saloperie d’humain albinos ! » criait le tontatta en se tortillant dans tous les sens.

    Je me relevais alors, lui mettant quelques petites pichenettes pour le calmer alors que je me tournais vers mes camarades.

    « Maintenant, tu vas gentiment nous dire où se planquent tes potes. » dis-je alors en approchant mon visage de celui du tout petit mec en affichant un grand sourire carnassier.

    « Tu crois qu’tu m’fais peur face de craie ?! » s’écria le nain ronchon en gonflant les joues et en me défiant du regard. « Par contre... » commença-t-il en tournant un regard lubrique en direction de la navigatrice aux cheveux roses. « Si je peux à nouveau voir sous sa … ugh. » sans le laisser finir et n’ayant pas besoin de plus pour comprendre ce qu’il allait dire, je l’interrompis d’une pichenette en plein front qui le fit taire.

    « Tiens Meg, j'te le laisse. » dis-je à la jeune femme en lui jetant le tontatta encore sonné par le coup. « Tu mérites bien de le faire ‘parler’. » soulignais-je de guillemets, la manière forte étant probablement la meilleure solution pour le faire parler et, vu comment Megumi bouillait de rage, elle en avait grand besoin.




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    Je les trouvais plutôt adorable … A l’imparfait, maintenant ce ne sont que de petites créatures à tuer au feu vif. Après les avoir suivis brièvement, les éléments perturbateurs se mirent à courir dans tous les sens pour brouiller nos sens. La confusion n’eut que brève le temps de s’instaurer qu’ils s’étaient déjà barrés en un triomphe presque consternant. Oui oui, je me suis facilement fait avoir ! Oui oui, je suis sensible aux compliments … Mais que voulez-vous, les femmes comme moi ? C’en est une habitude qui s’apprécie. Mais là … Que dire que si j’en attrapais un, il ne suffisait que d’un pour faire exemple n’est-ce pas ? Après tout, il est vite arrivé un accident. Mon regard se transforma alors, comme si mon âme s’était absentée pour acheter un paquet de cigarette … Autant dire que personne ne savait quand elle serait de retour. Si il y a bien une chose que je haïsse, c’est qu’on se foute de ma tronche.

    Nains voleurs de slip ? Sans même attendre, voici que l’un d’entre eux rendit l’information publique, je ne portais donc pas de sous-vêtements ! J’étais encore toute rouge de sa déclaration et ma rage se décuple lorsque je sentais mon argent disparaître sans même que je puisse avoir le temps de poser ma main sur la bourse en question. Je n’osais même pas regarder les deux hommes dans les yeux, oh et puis merde si ! Je les regardais avec la flamme de satan dans les yeux. Certes je volais aussi les gens, mais j’étais gracieuse dans mes mouvements, discrète aussi mais non grossière de la sorte. Et sans forcément attendre mes deux compagnons, je me mis à courir à leur poursuite, criant telle une harpie.

    « Tiens ? Eh les copains, y avait même un médaillon en or dans son calebar ! Ce type a l’cul doré ! »

    Cette remarque attira mon attention, ma tête pivota tel un robot vers Ren. Je ralentis légèrement, puis je fais marche arrière pour me mettre à sa hauteur avant de lui coller un poing bien au-dessus de son crâne.

    “ MAIS T' ES VRAIMENT UN BOULET MA PAROLE ! T' ES PAS MIEUX QU' EUX GROS PERVERS ! “ Ouais, j’étais pas belle à voir là je pense, mon doigt pointait les nombreux tontattas qui bondissaient partout pour s’enfuir. “ LE GYROPOSE ! “ M'exclamais-je à mon tour.

    Je respirais de manière exagérée, parce que bien que l’adrénaline m’aidait à accomplir des prouesses, telle que courir à une certaine allure ; le poing était la chose de trop. Je sais très bien que j’étais une très bonne navigatrice, mais sans le gyropose, c’était bien trop dangereux. Surtout lorsqu’on fait face à une mer qui semble cacher les plus grosses créatures et donc les probabilités de se perdre sont plus que la norme. Sur ce, je me mis à courir derrière les deux hommes essayant de faire de mon mieux afin de garder le rythme. Toujours ébouillantée par la situation. Mais c’est là que Ren sortait du lot pour me prouver une fois de plus qu’il était bon de l’avoir autour. Il était utile quand il le souhaitait. J’aimais beaucoup le charrier et le taquiner, mais ce n’était pas quelqu’un de mauvais au fond. Il en attrapa un de manière glorieuse et le menaça alors. Celui-ci posa la mauvaise question et le voici sonné et dans mes mains. Un sourire plus que maléfique se dessinait sur mon visage, mes yeux devenaient sombres et mes cheveux commençaient presque à léviter tellement je développais une aura sombre.

    “ Tu penses vraiment que c’est la chose la plus judiciaire à demander–”

    “ Judicieuse*-- “ Répliquait Ren.

    “ TA GUEULE ! “ Je me suis mis à le serrer dans mes poings. “ Si tu ne nous dis pas tout de suite où se trouvent tes petits amis, je peux t’assurer que si c’est la dernière chose que je ferai, je brûlerai tous tes biens et tous tes proches ! Ainsi que tous les slips que vous avez pu voler … ” Je vous rassure, ce n’était que du bluff … Enfin je crois.

    “ QUOI NON– .. Non … Hum … Non je ne dirai rien ! ” Sa loyauté était à féliciter malgré tout. Bien qu’il était plus que terrifié, le jeune tontatta ne céda pas. Et avant même que je ne puisse le serrer encore plus fort dans mes deux mains. Une tontatta femme sorti d’un arbre appeurée par la situation.

    “ Ze vous dirai tout ! Zil vous plait, ne lui faîtes pas de mal ! ” Nous nous retournâmes pour l’apercevoir s’approcher de nous. Et en un simple regard, elle comprit que s’il fallait parler, c’était maintenant. “ Nouz z’avons une petite cabane au bord de la mer où nous stockons tous nos biens… C’est sûrement là où se trouvent vos affaires … Maintenant liberez le ! ZIL VOUS PLAÎT !”

    Sur ces mots, ma prise se relâcha légèrement avant de regarder les deux hommes. Gardant tout de même le petit tontatta en tant qu’otage. J’attendais la décision du capitaine.



      Ren et Megumi n’avaient pas traîné pour attraper un de ces petits bonhommes. Dans un sens, c’était une occasion idéale pour tester leur aptitude à travailler ensemble. Bon Megumi avait décroché un bon coup de poing à Ren.. Mais en finalité, tous deux semblaient capable de bosser ensemble. Le musicien avait fait preuve d’une rapidité impressionnante pour capturer l’un de nos ravisseurs, il envoya alors le petit gaillard à notre jeune navigatrice. À dire vrai, en cet instant, je n’aurais échangé ma place avec ce nabot pour rien au monde… Le visage habituellement plein de douceur de Megumi avait laissé place à un air qui faisait froid dans le dos. Pire, ses menaces me confirmaient là encore qu’il valait mieux l’avoir de son côté. Malgré tout, le nabot restait muet et déterminé à ne pas cracher le morceau. C’est alors qu’une femme minuscule sortit soudain des buissons, allant presque jusqu’à implorer pour qu’on laisse partir notre prisonnier. Elle nous donna rapidement des indications sur leur planque, reste à savoir s’il ne s’agissait pas d’un énième piège. Je m’approchais alors de Megumi et empoigna le petit homme par le col, le soulevant en direction de son amie.


      Hé ! Lâche moi enfoiré ! Lâche moiiii ! Mirabelle ! Couuuuurs je vais les retenir.. couuuurs ! hurla le petit homme en se débattant inutilement.

      Tu vas nous conduire à votre planque… Attention, si j’ai l’impression que tu te fous de notre gueule.. alors je le rends à ma camarade.. et pour être honnête, moi même je ne sais pas de quoi elle est capable…


      Pour accentuer la menace, déjà bien présente a voir l’expression aux portes du sadisme qui se dessinait sur le visage de Megumi, je lançais alors un regard démoniaque à la petite femme. On se passerait bien de toute autre surprise déplaisante et il fallait qu’elle le comprenne. Au bord du sanglot elle nous regarda tous les trois tour à tour, puis fixa le lutin que je tenais à bout de bras.


      Je suis désolée Norbert… Je refuse qu’ils ne te fassent du mal… Suivez-moi. dit elle alors en tournant les talons, direction la forêt.

      Mirabelle.. non…


      Petit coup d’œil à Ren qui semble s’amuser de la situation, nous voilà tous les trois dans la forêt, suivant la petite dame, son Norbert ne se débattant plus, totalement résigné. Toujours sur nos gardes, nous ne sommes pas à l’abris d’une nouvelle embuscade au vu de la perfidie de cette petite bande.

      Après un petit quart d’heure de marches, nous arrivons à la lisière de la forêt pour retrouver une vaste plage déserte. À l’autre extrémité, une sorte de vieux cabanon de pêcheur à moitié ensevelis par un énorme roncier. Probablement la planque dont cette Mirabelle nous a parlé plus tôt, vu que nous nous dirigeons dans sa direction. Rapidement, j’aperçois d’autres petits bonhommes, chapeaux pointus qui s’agitent à l’intérieur de la cabane, jetant des coups d’œil par les espaces et les trous dans les planches. Arrivé devant, c’est un véritable branle-bas de combat qui se joue sous nos yeux, les petits hommes sortent, armés de fourchettes, couteaux et autres ustensiles, prêts à en découdre.


      Vous allez lâcher Norbert !

      Et nous donner les slips restants !

      Et nous donner les slips restants ! Oui !


      Ils nous encerclent à une vitesse folle, resserrant leurs rangs autour de nous et même si mon intention première n’est pas de les massacrer, ma patience commence doucement à s’évaporer. Megumi semble également prête à se battre, je sens que la tension monte à la vitesse grand V et c’est Ren qui empêche alors ce bain de sang inutile.
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      Pas vu, Pas pris


      Présent
      ✘Feat. Megumi & Aze




      Megumi la Démone ! C’était le surnom que je lui aurais donné en assistant à sa rage, le masque de la jolie demoiselle laissant place à sa colère. J’avais bien fais de lui confier l’interrogatoire de notre prisonnier miniature, elle pouvait se montrer particulièrement effrayante et convaincante quand elle était comme ça. Cependant, le tontatta au chapeau pointu, trop fier pour céder, ne pipa mot. La navigatrice aux cheveux roses commença à le serrer de plus en plus fort, donnant une couleur bleu à son visage l’espace d’un instant.

      Soudain, une petite voix zozotante féminine interrompit la séance de torture, une tontatta sortant de derrière un arbre en nous suppliant. Sûrement sa copine, ou sa femme, vu comment elle semblait désespérée à l’idée qu’on fasse du mal au dénommé Norbert. Notre prisonnier d’infortune tenta de se débattre, mais celle appelée Mirabelle craqua face aux menaces du capitaine qui avait récupéré le nain. Décidément, le pauvre homme miniature était passé entre toutes les mains.

      La scène était comique et je ne pouvais m’empêcher de ricaner en voyant le visage désespéré du nain Norbert, impuissant à gigoter de moins en moins, commençant à se résigner. Mirabelle ouvrit alors la voie en direction de la planque des nains voleurs de slips. Toute cette situation m’amusait de plus en plus, comme quoi nous n’étions pas au bout de nos surprises sur Grand Line, tout était possible, même des voleurs de slips.

      Arpentant un petit chemin de terre parmi les arbres, nous suivions la tontatta qui nous guidait dans la forêt. Elle semblait soulagée qu’aucun mal n’ait été fait à son mari, mis à part les quelques pichenettes que je lui avais collé.

      « Alors comme ça, vous êtes mariés ? » demandais-je à Mirabelle pour faire la conversation.

      « Tout à fait, et depuis dix longues années, même si Norbert est rarement le mari parfait. » me répondit-elle en lançant un regard grognon à celui-ci. « Il préfère voler des slips que de s’occuper de sa femme ! » ronchonna-t-elle en gonflant les joues, jetant quelques regards à Megumi. « Et toi tu t’approches pas de mon mec ! » fit-elle alors en claquant des doigts à trois reprises devant elle, un air de jalousie protectrice mal placée dans le regard.

      Les poings sur les hanches, la petite bonne femme était particulièrement énervée, un sujet sensible probablement. Enfin, c’était pour moi l’occasion de glaner quelques informations sur ces petits êtres mystérieux, une fois que j’aurais finis de ricaner comme un idiot.

      « Et pourquoi voler des slips ? J’veux dire, ça n’a pas des masses de valeur. » je posais enfin la question qui me trottait dans l’esprit depuis l’attaque des tontattas.

      « Pour vous peut-être, mais pour nous ça en revêt beaucoup. » commença-t-elle son explication, levant un doigt devant elle comme un professeur lancé dans son histoire. « Je dirais que c’est culturel pour notre peuple et nous y trouvons de nombreux usages. »

      Lancée dans son explication, elle se mit à m’énumérer toutes les utilités que pouvaient avoir des slips et autres sous-vêtements pour des gens de leur taille. Du sac de couchage au parachute, en passant par la toile de parasol, idéal pour les barbecues, ou encore de tente, ces tontattas semblaient se servir de leur butin pour tout et n’importe quoi. J’espérais seulement qu’ils les lavaient après les avoir volés.

      Enfin, nous arrivions sur une longue plage déserte, seulement habitée de crabes qui se déplaçaient de côté sur le sable fin. Notre petite guide nous mena alors jusqu’au bout de celle-ci où on apercevait une cabane dans un piteux état, fusionnée à la nature. Alors que l’on s’arrêtait devant leur base, le comité d’accueil ne tarda pas à venir à notre rencontre, nous encerclant rapidement malgré leurs petites jambes. Ils étaient vifs, on ne pouvait pas leur enlever ça. Cependant, même si Aze et Meg semblaient prêts à en découdre avec la bande de tontattas, moi je me mettais à pouffer, tout d’abord discrètement. Les nains voleurs de slips se déplaçaient tout autour de nous, leurs petites jambes s’agitant si vite qu’on avait l’impression qu’elles disparaissaient dans une rotation grotesque, armés principalement d’ustensiles de cuisine. L’un d’eux était même armé d’un coton-tige terminé par un dé à coudre. Quelques autres, à distance, s’étaient improvisés des lance-pierres qui, à leur échelle devaient plus ressembler à des balistes, avec des slips en guise d’élastique. Leurs menaces étaient de plus en plus ridicules, toujours très axées sur les slips, et mon rire devenait incontrôlable, et bien moins discret.

      « Qu’est-ce qui te fais rire, salopard ? Nous sommes le fier équipage des Nains Voleurs de Slips, je te conseille de respecter notre autor... » commença un des tontattas, un petit rouquin avec un bonnet vert et une salopette de la même couleur, ses gros sourcils froncés et sa barbe lui donnaient encore plus l’allure d’un nain de jardin.

      « Pwawawa oh putain, oh putain. » explosais-je de rire, des larmes commençant à couler de mes yeux que j’essayais d’essuyer en gloussant comme un benêt, jetant de brefs coups d’œils aux petits bonhommes et bonnes femmes. Okay...fiou...j’en pleure bordel. Bon, on en était où déjà ? » demandais-je alors en essayant de reprendre mon sérieux, mon corps toujours secoué par mes gloussements que j’essayais de taire.

      « Eh ! Mais tu te moques de qui comme ça, enfoiré ?! » s’exclama le petit bonhomme, visiblement contrarié, son teint se rougissant à mesure que je riais.

      « De toi, mon petit pote. Pft...Pwahahaha. » je riais grassement, comme rarement mais c’était plus fort que moi, la situation était tellement ridicule que je ne pouvais pas m’en empêcher.

      « J’suis pas ton pote, mon gars ! »
      « Ouais ! C’est pas ton pote ! Et puis je vois pas le rapport avec les slips ! » surenchérit un autre à côté du premier, levant un poing rageur dans ma direction comme pour appuyer son propos.
      « Ouais ! Les slips ! » enchaîna un troisième.

      On aurait dit une secte d’adorateur des slips, et j’avais du mal à comprendre une telle admiration pour les sous-vêtements, mais chacun sa culture après tout. Je continuais de rire de façon incontrôlable en agitant la main devant moi comme pour demander un temps mort. Je tentais de reprendre le dessus, mais l’air sérieux et contrarié des nains voleurs de slips me renvoyait dans un fou rire incontrôlable. Et ça ne semblait pas leur plaire, ils se mirent à serrer les rangs et à avancer vers nous en levant leurs armes, ce qui ne m’arrêta pas de rire pour autant.

      « Bon, t’as finis d’te marrer l’albinos ? On va effacer ton petit sourire, hein les copains? » lança l’un des nains.

      « Ouais ! » répondirent en chœur le reste de la bande.

      Remontés à bloc par mon rire ininterrompu, ils continuaient de s’approcher dangereusement. Toutefois, j’avais prévu le coup et m’étais rapproché de Aze qui tenait toujours Norbert, notre otage.

      « Passe-le moi, j’ai une idée. » lui chuchotais-je entre deux rires, l’attrapant par le col à une main en le tendant devant moi, le pinçant de l’autre main à la ceinture en regardant les tontattas autour de nous d’un air méchant que j’avais du mal à maintenir. « Bon, finis de déconner les p’tits culs ! Lâchez vos armes ou je lui arrache le slibard ! » m’exclamais-je alors en tournant lentement sur moi-même pour que chacun voit l’élastique du slip du nain que je commençais à tirer.

      Tout autour de nous, les petits bonhommes se figèrent, choqués pour la plupart, une goutte de sueur coulant de leur front pour certains, leurs armes tremblantes entre leurs mains. Au bout de mes mains, Norbert se remit à s’agiter frénétiquement en tapant sur mes doigts à l’aide de ses petits poings et pieds.

      « Aaaaaaah noooooooooon ! Fais pas ça bordel ! » s’écriait le tontatta otage de ma torture, se débattant comme il pouvait. « Aidez-moi les copains ! »

      « Norbert nooooon, ne faites pas de mal à mon Norbert ! » renchérit une Mirabelle paniquée.

      « Aaaah non fais pas ça mec ! On peut s’arranger... » commença l’un d’eux en se plaçant devant moi en levant les mains comme pour apaiser les tensions, se tournant alors vers ses camarades pour faire de même. « ...reculez les gars, je crois qu’il est sérieux, ce gars a l’air d’être un grand malade. »

      Apparemment, ma menace était une sorte de tabou dans leur culture, ce qui me semblait un peu hypocrite au vu de leur passion. Cependant, cela fonctionna parfaitement et le cercle de nains qui nous entourait se desserra rapidement, nous ramenant à un statut quo de face à face. Considérant alors qu’ils avaient suffisamment reculés, la plupart les armes baissées, je détendis l’élastique que je tenais entre mes doigts pincés.  

      « Cool, cool, cool, on va pouvoir causer. » déclarais-je alors en me tournant vers mes camarades en levant un pouce victorieux, en me rapprochant d’eux je me mis à chuchoter pour que nos interlocuteurs miniatures ne puissent pas nous entendre. « Vous trouvez pas que ça manque de nains dans l’équipage ? » déclarais-je, tout sourire.




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